đĄLe travail, dans sa rĂ©alitĂ©, est un phĂ©nomĂšne complexe qui ne se rĂ©sume pas Ă la simple exĂ©cution des consignes et procĂ©dures dĂ©finies en amont par l’organisation. Trop souvent, l’analyse du travail se concentre uniquement sur le « prescrit », c’est-Ă -dire sur les tĂąches, objectifs et moyens formellement dĂ©finis. Or, le travail « rĂ©el », celui qui se dĂ©roule concrĂštement sur le terrain, est bien plus riche et complexe. Il implique des ajustements, des compromis et des prises d’initiative de la part des travailleurs, qui doivent faire face Ă des alĂ©as et contraintes imprĂ©vus. Cet Ă©cart entre le prescrit et le rĂ©el n’est pas sans consĂ©quence. Il peut ĂȘtre source de stress, de fatigue, voire de souffrance pour les travailleurs, lorsque l’organisation ne parvient pas Ă reconnaĂźtre et Ă valoriser leur travail effectif. Dans le mĂȘme temps, cet Ă©cart est aussi une formidable source d’innovation, car il pousse les travailleurs Ă dĂ©velopper des solutions crĂ©atives pour surmonter les difficultĂ©s.
đ Cet article propose un tour d’horizon de ces diffĂ©rents concepts.
L’emploi : une notion socio-Ă©conomique
âïžL’emploi se dĂ©finit gĂ©nĂ©ralement comme une situation contractuelle liant un individu Ă une organisation en Ă©change d’une rĂ©munĂ©ration.
Il reprĂ©sente un cadre structurant pour l’activitĂ© professionnelle, influençant non seulement les conditions de travail mais aussi le statut social et la sĂ©curitĂ© Ă©conomique des travailleurs.
Cependant, avec l’essor des nouvelles formes de travail telles que le freelancing et l’Ă©conomie de plateforme, cette notion est de plus en plus remise en question. Ces nouveaux modĂšles remodĂšlent le paysage professionnel, offrant une flexibilitĂ© accrue mais aussi une prĂ©caritĂ© souvent plus grande, manquant des protections sociales typiquement associĂ©es Ă l’emploi traditionnel.
đLa mutation du monde du travail pose de nombreux dĂ©fis, notamment la nĂ©cessitĂ© pour les institutions de repenser les structures de protection sociale et de reconnaissance des travailleurs. Il devient crucial de concevoir de nouveaux cadres lĂ©gislatifs et Ă©conomiques qui reconnaissent ces formes atypiques tout en assurant une sĂ©curitĂ© et une Ă©quitĂ© pour l’ensemble des travailleurs. Cette rĂ©flexion continue est indispensable pour adapter le concept d’emploi aux rĂ©alitĂ©s modernes et aux attentes des nouvelles gĂ©nĂ©rations de travailleurs.
Le travail : une activité humaine porteuse de sens
âïž Le travail, concept plus large que l’emploi, englobe toute activitĂ© humaine productive, rĂ©munĂ©rĂ©e ou non. Le travail est intrinsĂšquement liĂ© Ă la notion de crĂ©ation de sens et de valeur dans la vie quotidienne. En dĂ©passant le cadre strictement Ă©conomique de l’emploi, il comprend toute activitĂ© produite par l’humain, qu’elle soit rĂ©munĂ©rĂ©e, comme le travail salariĂ©, ou non, comme le bĂ©nĂ©volat, les soins aux proches ou le dĂ©veloppement personnel. Yves Clot souligne que le travail est une activitĂ© orientĂ©e, impliquant non seulement une relation entre lâindividu et ses tĂąches, mais aussi vers les autres et lâobjet de son labeur, ce qui le rend profondĂ©ment social et interactif.
La question de la centralitĂ© du travail dans la vie sociale est au cĆur dâun dĂ©bat contemporain. Dominique MĂ©da, par exemple, met en question cette centralitĂ© en soulignant les risques dâune survalorisation du travail au dĂ©triment d’autres dimensions de la vie, comme le loisir, la famille, et la citoyennetĂ©. Elle propose de rĂ©flĂ©chir Ă un rééquilibrage qui pourrait mener Ă une sociĂ©tĂ© oĂč le bien-ĂȘtre ne serait pas uniquement dĂ©terminĂ© par lâactivitĂ© professionnelle.
Ă l’inverse, des penseurs comme Yves Clot dĂ©fendent l’idĂ©e que le travail est fondamental pour la construction identitaire et la rĂ©alisation personnelle. Ils voient dans le travail une source essentielle de dignitĂ©, d’estime de soi et de cohĂ©sion sociale. Il est perçu non seulement comme un moyen de subsistance, mais aussi comme une voie de contribution Ă la sociĂ©tĂ© et dâĂ©panouissement personnel.
đCes perspectives traduisent un besoin de redĂ©finir lâimportance et la place du travail dans nos vies, en tenant compte des transformations Ă©conomiques et sociales actuelles. Promouvoir un Ă©quilibre entre travail et autres activitĂ©s humaines est essentiel pour rĂ©pondre aux attentes modernes en matiĂšre de qualitĂ© de vie et de satisfaction personnelle. Ce dialogue continu est essentiel pour construire des sociĂ©tĂ©s plus inclusives et Ă©quilibrĂ©es, oĂč le travail reste un pĂŽle significatif mais pas exclusif du sens de la vie humaine.
Tùche et activité
đLa distinction entre tĂąche et activitĂ© est cruciale pour comprendre la rĂ©alitĂ© du travail et l’Ă©cart entre ce qui est demandĂ© et ce qui est effectivement rĂ©alisĂ©.
La tĂąche
đDĂ©finition :
- La tĂąche correspond Ă ce qui est prescrit par l’organisation. Elle reprĂ©sente le travail tel qu’il est conçu, planifiĂ© et attendu par les concepteurs et les organisateurs du travail.
đCaractĂ©ristiques :
- Elle est définie a priori, avant la réalisation du travail.
- Elle inclut les objectifs à atteindre, les procédures à suivre, les moyens mis à disposition, et les conditions de réalisation.
- Elle est souvent formalisée dans des documents comme les fiches de poste, les manuels de procédures, ou les cahiers des charges.
đExemple :
- Pour un opĂ©rateur de centre d’appel, la tĂąche peut inclure : rĂ©pondre Ă 20 appels par heure, suivre un script prĂ©cis, utiliser un logiciel spĂ©cifique, et maintenir un taux de satisfaction client de 90%.
L’activitĂ©
đDĂ©finition :
- L’activitĂ© reprĂ©sente ce que le travailleur fait rĂ©ellement pour accomplir la tĂąche. C’est le travail tel qu’il se dĂ©roule concrĂštement, avec ses ajustements et ses imprĂ©vus.
đCaractĂ©ristiques :
- Elle est observée a posteriori ou en temps réel.
- Elle prend en compte les contraintes réelles de la situation (variabilité des conditions, aléas, etc.).
- Elle mobilise les ressources personnelles du travailleur (compétences, expérience, état physique et mental).
- Elle inclut des actions non prévues dans la tùche mais nécessaires à sa réalisation.
đExemple :
L’opĂ©rateur de centre d’appel peut, dans son activitĂ© rĂ©elle :
- Adapter le script en fonction de l’interlocuteur.
- Gérer des appels plus longs que prévu pour résoudre des problÚmes complexes.
- Collaborer avec des collĂšgues pour trouver des solutions.
- Faire face Ă des pannes du systĂšme informatique.
L’Ă©cart entre tĂąche et activitĂ©
Cet Ă©cart est systĂ©matique et inĂ©vitable. Il ne doit pas ĂȘtre vu comme une dĂ©faillance, mais comme une adaptation nĂ©cessaire aux rĂ©alitĂ©s du travail.
đRaisons de cet Ă©cart :
- Variabilité des situations de travail non anticipée dans la tùche prescrite.
- Diversité des stratégies individuelles pour atteindre les objectifs.
- Contraintes imprévues (pannes, absences de collÚgues, etc.).
- Objectifs parfois contradictoires à gérer (par exemple, quantité vs qualité).
đImplications pour l’analyse du travail :
- L’Ă©tude de l’Ă©cart entre tĂąche et activitĂ© permet de :
- Identifier les compétences réelles mobilisées par les travailleurs.
- RepĂ©rer les difficultĂ©s et les contraintes non anticipĂ©es dans l’organisation du travail.
- Comprendre les stratĂ©gies d’adaptation et d’efficience dĂ©veloppĂ©es par les travailleurs.
- AmĂ©liorer l’organisation du travail en prenant en compte la rĂ©alitĂ© de l’activitĂ©.
đMĂ©thodes d’analyse :
- Observations directes sur le terrain.
- Entretiens d’auto-confrontation oĂč le travailleur commente son activitĂ©.
- Analyses de traces de l’activitĂ© (logs informatiques, productions, etc.).
đ En rĂ©sumĂ©, la distinction entre tĂąche et activitĂ© est un outil puissant pour analyser le travail dans sa complexitĂ© rĂ©elle. Elle permet de dĂ©passer une vision simpliste du travail comme simple exĂ©cution de consignes, pour reconnaĂźtre la part d’intelligence et d’adaptation inhĂ©rente Ă toute activitĂ© professionnelle.
Le prescrit et le réel
đ La distinction entre le travail prescrit et le travail rĂ©el est un concept fondamental en ergonomie et en psychologie du travail.
Le travail prescrit
đDĂ©finition :
- Il correspond Ă ce qui est dĂ©fini Ă l’avance par l’organisation, incluant les objectifs, les procĂ©dures, les normes et les moyens mis Ă disposition.
đCaractĂ©ristiques :
- Formalisé dans des documents officiels (fiches de poste, procédures, rÚglements)
- Basé sur une anticipation des situations de travail
- Souvent idéalisé et ne prenant pas en compte toutes les variabilités possibles
Le travail réel
đDĂ©finition :
- Il englobe l’ensemble des actions et dĂ©cisions effectivement prises par les travailleurs pour accomplir leurs missions, face aux contraintes et alĂ©as de la situation concrĂšte.
đCaractĂ©ristiques :
- Observable dans l’activitĂ© quotidienne des travailleurs
- Inclut des ajustements, des compromis et des prises d’initiative
- RévÚle les compétences réelles mobilisées par les travailleurs

Apports des chercheurs
đAlain Wisner
- Fondateur de l’ergonomie francophone, il a mis en Ă©vidence l’importance de l’analyse de l’activitĂ© rĂ©elle.
- Il a souligné que le travail réel est toujours plus riche et complexe que le travail prescrit.
- Concept clĂ© : « L’activitĂ© de travail », qui englobe les dimensions physiques, cognitives et sociales du travail rĂ©el.
đJacques Leplat
- A dĂ©veloppĂ© le concept de « tĂąche effective », intermĂ©diaire entre la tĂąche prescrite et l’activitĂ© rĂ©elle.
- Il souligne que le travailleur redéfinit souvent la tùche prescrite en fonction de ses propres représentations et objectifs.
- Insiste sur l’importance de comprendre les processus cognitifs Ă l’Ćuvre dans cette redĂ©finition.
đCatherine Teiger
- A mis en lumiÚre les stratégies développées par les travailleurs pour faire face aux contraintes du travail réel.
- Elle a notamment étudié les « régulations » mises en place par les opérateurs pour gérer la variabilité des situations.
- Souligne l’importance de prendre en compte le point de vue des travailleurs dans l’analyse du travail.
đChristophe Dejours
- Dans le cadre de la psychodynamique du travail, il a mis en Ă©vidence le « travail vivant », qui inclut la subjectivitĂ© et l’engagement personnel du travailleur.
- Il souligne que l’Ă©cart entre le prescrit et le rĂ©el est source de souffrance mais aussi de crĂ©ativitĂ© et de dĂ©veloppement personnel.
đYves Clot
- DĂ©veloppe le concept de « rĂ©el de l’activité », qui inclut non seulement ce qui est fait, mais aussi ce qui n’est pas fait, ce qui aurait pu ĂȘtre fait, ce qu’on voudrait faire.
- Il met l’accent sur la dimension subjective et Ă©motionnelle du travail rĂ©el.
Implications et enjeux
- đOrganisation du travail : la comprĂ©hension de l’Ă©cart entre prescrit et rĂ©el permet d’amĂ©liorer l’organisation du travail en la rapprochant des rĂ©alitĂ©s du terrain.
- đFormation et dĂ©veloppement des compĂ©tences : l’analyse du travail rĂ©el rĂ©vĂšle des compĂ©tences souvent invisibles dans le prescrit, ce qui peut orienter les politiques de formation.
- đ SantĂ© au travail : la gestion de l’Ă©cart entre prescrit et rĂ©el peut ĂȘtre source de stress et de fatigue, mais aussi de satisfaction quand elle permet de surmonter des difficultĂ©s.
- đĂvaluation du travail : la prise en compte du travail rĂ©el permet une Ă©valuation plus juste et pertinente de la performance des travailleurs.
- đInnovation : l’Ă©cart entre prescrit et rĂ©el est souvent source d’innovation, car les travailleurs dĂ©veloppent des solutions crĂ©atives pour faire face aux situations imprĂ©vues.
- đDialogue social : la reconnaissance du travail rĂ©el peut amĂ©liorer le dialogue entre direction et employĂ©s, en valorisant l’expertise des travailleurs de terrain.
- đConception des systĂšmes de travail : l’analyse de l’Ă©cart entre prescrit et rĂ©el permet de concevoir des outils et des environnements de travail plus adaptĂ©s aux besoins rĂ©els des utilisateurs.
- đGestion des risques : la comprĂ©hension du travail rĂ©el est essentielle pour anticiper et gĂ©rer les risques professionnels, qui ne sont pas toujours visibles dans le travail prescrit.
đ En rĂ©sumĂ©, l’analyse de l’Ă©cart entre le travail prescrit et le travail rĂ©el est un outil puissant pour comprendre la complexitĂ© des situations de travail. Elle permet de dĂ©passer une vision simpliste du travail comme simple exĂ©cution de consignes, pour reconnaĂźtre la part d’intelligence, d’adaptation et de crĂ©ativitĂ© inhĂ©rente Ă toute activitĂ© professionnelle. Les apports des diffĂ©rents chercheurs dans ce domaine ont permis d’enrichir notre comprĂ©hension des processus Ă l’Ćuvre dans cet Ă©cart, ouvrant la voie Ă des approches plus nuancĂ©es et efficaces de l’organisation du travail, de la formation professionnelle et de la gestion des ressources humaines.
Le genre professionnel et le style individuel
Le genre professionnel
đLe genre professionnel se situe Ă un niveau intermĂ©diaire entre le prescrit et le rĂ©el. Il reprĂ©sente les rĂšgles tacites, les façons de faire partagĂ©es par un collectif de travail, qui ne sont pas nĂ©cessairement formalisĂ©es dans les procĂ©dures officielles. On peut le considĂ©rer comme un « prescrit collectif informel ».
Le genre professionnel se construit comme une rĂ©ponse collective aux limites du prescrit, permettant de combler l’Ă©cart entre ce qui est demandĂ© formellement et ce qui est rĂ©alisable concrĂštement. Il traduit la maniĂšre dont un groupe professionnel interprĂšte et s’approprie les prescriptions formelles, en les enrichissant de pratiques collectives Ă©prouvĂ©es.
Le style individuel
đ Le style individuel est une expression unique de la maniĂšre dont une personne interprĂšte et applique les directives et les normes Ă©tablies dans son domaine professionnel. Il s’agit d’un phĂ©nomĂšne qui met en lumiĂšre l’interaction entre les rĂšgles collectives et la crĂ©ativitĂ© personnelle. Chaque individu, influencĂ© par ses expĂ©riences, ses compĂ©tences, et sa personnalitĂ©, dĂ©veloppe un style qui lui est propre.
Ce style individuel ne se limite pas Ă une simple exĂ©cution des tĂąches prescrites, mais plutĂŽt Ă la façon dont ces tĂąches sont personnalisĂ©es pour reflĂ©ter l’identitĂ© personnelle du travailleur. De plus, le style individuel peut Ă©galement jouer un rĂŽle essentiel dans l’innovation et l’amĂ©lioration des pratiques professionnelles. En adaptant les normes Ă©tablies Ă leur propre vision et crĂ©ativitĂ©, les travailleurs peuvent influencer positivement l’Ă©volution de leur domaine. Cela peut se manifester par l’introduction de nouvelles mĂ©thodes ou par la proposition de solutions plus efficaces Ă des problĂšmes courants.
đAinsi, le style individuel est une composante cruciale qui enrichit non seulement l’expĂ©rience personnelle du travailleur mais contribue Ă©galement au dynamisme et Ă la diversitĂ© du milieu professionnel dans lequel il Ă©volue.
Articulation entre ces concepts
đ On peut considĂ©rer qu’il existe un continuum allant du prescrit au rĂ©el, passant par le genre et le style.
Chaque niveau reprĂ©sente une forme d’adaptation et d’enrichissement du prĂ©cĂ©dent, permettant in fine de rĂ©pondre aux exigences concrĂštes du travail :
- đDu prescrit au genre : le genre professionnel comble les limites du prescrit.
- đDu genre au style : le style individuel permet une appropriation personnelle des normes collectives.
- đDu prescrit au rĂ©el : l’activitĂ© rĂ©elle intĂšgre les adaptations collectives (genre) et individuelles (style) pour faire face aux exigences du travail.
La mobilisation de ces concepts pour l’analyse du travail
đCette articulation entre prescrit, genre, style et rĂ©el offre un cadre d’analyse riche pour comprendre les situations de travail :
- L’ergonomie de l’activitĂ© s’appuie sur l’Ă©cart entre tĂąche prescrite et activitĂ© rĂ©elle pour identifier les adaptations nĂ©cessaires dans l’organisation du travail.
- La clinique de l’activitĂ© utilise les notions de genre et de style pour explorer les tensions entre collectif et individuel dans le dĂ©veloppement professionnel.
đ Ces approches permettent de :
- Mettre en lumiĂšre les processus collectifs et individuels d’adaptation aux prescriptions.
- Comprendre la construction des compĂ©tences professionnelles Ă l’intersection du collectif et de l’individuel.
- Identifier les ressources mobilisées par les travailleurs pour faire face aux exigences du travail.
Débats et enjeux
L’articulation entre ces diffĂ©rents concepts soulĂšve plusieurs questions et dĂ©bats importants dans le champ de l’analyse du travail :
- đĂquilibre entre conformitĂ© et crĂ©ativitĂ© : comment favoriser l’innovation et la crĂ©ativitĂ© individuelle (style) tout en prĂ©servant la cohĂ©sion et l’efficacitĂ© du collectif de travail (genre) ?
- đReconnaissance du travail rĂ©el : comment prendre en compte et valoriser les compĂ©tences mobilisĂ©es dans l’activitĂ© rĂ©elle, qui vont souvent au-delĂ du prescrit ?
- đĂvolution des genres professionnels : dans un contexte de transformation rapide du travail (digitalisation, nouvelles formes d’emploi), comment les genres professionnels Ă©voluent-ils et s’adaptent-ils ?
- đSantĂ© au travail : comment l’Ă©cart entre le prescrit et le rĂ©el, ainsi que les tensions entre genre et style, peuvent-ils impacter le bien-ĂȘtre et la santĂ© des travailleurs ?
Conclusion
đ La comprĂ©hension et l’articulation des diffĂ©rents concepts liĂ©s au travail – emploi, tĂąche, activitĂ©, prescrit, rĂ©el, genre professionnel, style individuel – offrent un cadre thĂ©orique riche et nuancĂ© pour analyser les rĂ©alitĂ©s complexes du monde du travail. Ils permettent d’apprĂ©hender aussi bien les aspects structurels de l’organisation du travail que les dynamiques individuelles et collectives Ă l’Ćuvre dans les situations professionnelles.
đ Cette approche multidimensionnelle rĂ©vĂšle l’Ă©cart souvent substantiel entre le travail tel qu’il est prescrit et dĂ©fini en amont, et le travail tel qu’il est rĂ©ellement rĂ©alisĂ© par les individus sur le terrain. Elle met en lumiĂšre les compĂ©tences, les rĂ©gulations et les prises d’initiative dĂ©veloppĂ©es par les travailleurs pour faire face aux alĂ©as et contraintes de la situation concrĂšte. En cela, elle facilite l’identification des causes de certains dysfonctionnements et ouvre des pistes pour amĂ©liorer les conditions de travail.
đFace aux dĂ©fis actuels tels que la digitalisation, l’Ă©volution des formes d’emploi ou les nouvelles attentes en matiĂšre de qualitĂ© de vie au travail, ces concepts offrent un socle solide et nuancĂ© pour penser et accompagner les transformations du travail. Ils invitent Ă une rĂ©flexion continue sur la maniĂšre dont nous concevons, organisons et vivons le travail dans nos sociĂ©tĂ©s contemporaines.
đEn dĂ©finitive, cette approche riche et multidimensionnelle du travail, intĂ©grant les dimensions prescrites et rĂ©elles, collectives et individuelles, permet une comprĂ©hension fine des processus d’adaptation et de crĂ©ation qui animent l’activitĂ© humaine au travail. Elle ouvre des perspectives pour concevoir des organisations du travail plus efficaces et plus respectueuses des individus, en reconnaissant pleinement la complexitĂ© et la valeur du travail rĂ©el.
