đ±Les racines de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) remontent au XIXe siĂšcle avec les premiĂšres associations ouvriĂšres, les coopĂ©ratives de consommateurs et dâhabitants, et les sociĂ©tĂ©s de secours mutuel.
đĄ Qui sont les acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire ?
đšââïžđ©ââïž Ce nâest que le 31 juillet 2014 (article 1 de la loi du 31 juillet 2014) que la loi vient prĂ©ciser que font partie de l’Ă©conomie sociale et solidaire « les personnes morales de droit privĂ© constituĂ©es sous forme de coopĂ©ratives, de mutuelles, de fondations, ou d’associations rĂ©gies par la loi du 1er juillet 1901 ».
đDans le dĂ©tail :
| Types | Spécificités |
| Les coopĂ©ratives (d’entrepreneurs, d’usagers, de salariĂ©s) | Elles peuvent verser leurs excĂ©dents Ă leurs membres associĂ©s, elles peuvent rĂ©munĂ©rer le capital de leurs associĂ©s dans des conditions dĂ©finies par les lois spĂ©cifiques Ă chaque famille de coopĂ©rative. |
| Les associations | Elles peuvent employer des salariés mais sont à but non lucratif. |
| Les fondations | Une fondation est l’acte par lequel une ou plusieurs personnes physiques ou morales dĂ©cident l’affectation irrĂ©vocable de biens, droits ou ressources Ă la rĂ©alisation d’une Ćuvre d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et Ă but non lucratif |
| Les mutuelles | âElles se crĂ©ent sur la base d’une solidaritĂ© professionnelle ou territoriale |
| Les entreprises solidaires | Elles poursuivent une finalitĂ© sociale Ă travers leur activitĂ© marchande et concurrentielle.Elles bĂ©nĂ©ficient de droit de l’agrĂ©ment ESUS (entreprise solidaire d’utilitĂ© sociale) et donc de dispositifs financiers spĂ©cifiques. |
| Entreprises adaptĂ©es et ESAT | âLes entreprises adaptĂ©es (AE) et les services d’aide par le travail (ESAT) ont pour mission d’intĂ©grer durablement les travailleurs handicapĂ©s dans l’emploi.Les entreprises adaptĂ©es (anciennement Ateliers ProtĂ©gĂ©s) emploient au minimum 80% de salariĂ©s handicapĂ©s dans des conditions de travail adaptĂ©es Ă leur handicap. |
| Les structures d’insertion par l’activitĂ© Ă©conomique (SIAE) | Entreprises d’insertion, associations intermĂ©diaires, entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI), chantiers d’insertion, groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ), rĂ©gies de quartier, ateliers de centres d’hĂ©bergement (CHRS), … Elles ouvrent Ă l’insertion sociale et professionnelle de personnes exclues du marchĂ© de l’emploi auxquelles elles proposent une mise en situation de travail au sein d’activitĂ©s Ă©conomiques trĂšs diverses : bĂątiment, nettoyage industriel, imprimerie, restauration, aide Ă domicile, tourisme, etc.Un accompagnement socio-professionnel est mis en place afin de prendre en compte l’ensemble des problĂ©matiques de la personne (santĂ©, logement, endettement, formation, etc.). |
Quelles sont les valeurs que ces structures s’engagent Ă respecter ?
- đłïž Composition et mode de fonctionnement des organes de direction attestant d’une gouvernance dĂ©mocratique,
- â»ïž Affectation majoritaire des bĂ©nĂ©fices de la sociĂ©tĂ© au maintien ou au dĂ©veloppement de son activitĂ©,
- đ°CaractĂšre impartageable et non distribuable des rĂ©serves obligatoires constituĂ©es.
Leurs activitĂ©s de ces structures ne visent pas lâenrichissement personnel mais le partage et la solidaritĂ© pour une Ă©conomie respectueuse de lâhomme et de son environnement.
Comment se caractĂ©rise « l’utilitĂ© sociale » ?
- â apporter un soutien aux personnes fragiles (leurs salariĂ©s, usagers, clients, etc.) du fait de leur situation Ă©conomique ou sociale, ou personnelle,
- â contribuer Ă la lutte contre les exclusions et les inĂ©galitĂ©s, Ă l’Ă©ducation Ă la citoyennetĂ©, Ă la prĂ©servation et au dĂ©veloppement du lien social ou au maintien et au renforcement de la cohĂ©sion territoriale,
- â concourir au dĂ©veloppement durable, Ă la transition Ă©nergĂ©tique ou Ă la solidaritĂ© internationale, sous rĂ©serve que l’activitĂ© de la sociĂ©tĂ© soit liĂ©e Ă l’un des 2 objectifs mentionnĂ©s ci-dessus.
L’Economie Sociale et Solidaire est un secteur Ă©conomique performant et innovant
âïžPionniĂšre en matiĂšre dâinnovations sociales, lâĂ©conomie sociale et solidaire trouve annĂ©es aprĂšs annĂ©es une audience croissante auprĂšs des jeunes gĂ©nĂ©rations en quĂȘte de sens, quâils soient bĂ©nĂ©voles ou professionnels.
La part de l’ESS dans l’Ă©conomie
LâESS reprĂ©sente aujourdâhui (chiffres du SecrĂ©tariat d’Etat chargĂ© de l’Economie Sociale, Solidaire et Responsables 12/2020):
- 10% du PIB
- 14% de lâemploi privĂ©
- 2.38 millions de salariés
- 12 millions de bénévoles
- 200 000 structures
Les tendances par secteur d’activitĂ©

L’ESS et les questions de QualitĂ© de Vie au Travail

Le sentiment d’utilitĂ© est Ă©levĂ© au sein de l’ESS.
Les problématiques rencontrées sont majoritairement liées :
- Ă l’insuffisance des moyens humains et financiers (impliquant notamment de fortes charges de travail)
- aux changements d’organisation (mal ou peu accompagnĂ©s)
- une prise en compte parfois insuffisante des questions de santé au travail
D’une façon plus gĂ©nĂ©rale, je constate que ce qui affecte le plus les salariĂ©s de l’ESS, ce sont les situations oĂč il existe un Ă©cart important entre les valeurs affichĂ©es par la structure dans le cadre du projet global et les pratiques internes.
Par ailleurs, les pratiques managériales sont souvent au coeur des difficultés, tant pour les managers que pour les équipes.
đ§ Mon rapport avec les structures de l’ESS ?
AprĂšs une premiĂšre partie de parcours professionnel dans l’industrie] je suis tombĂ©e dans l’ESS en 2009.
J’avais la trentaine, je voulais mettre en cohĂ©rence mes convictions profondes et mon activitĂ© professionnelle. J’ai pu mobiliser les compĂ©tences transversales que j’avais acquises prĂ©cĂ©demment pour diriger des structures (des fĂ©dĂ©rations rĂ©gionales et dĂ©partementales) en lien avec la protection de l’environnement, le service Ă la personne en milieu rural, l’Ă©ducation populaire, …
J’ai dĂ©couvert l’ESS de l’intĂ©rieur :
đ
- la confiance, la (trÚs grande) autonomie, la possibilité de prendre (trÚs rapidement) des responsabilités, . . .
- l’engagement, le sentiment d’utilitĂ© . . .
- la richesse des sujets, des acteurs, des débats, . . .
mais aussi …
đŹ
- le manque de moyens, la charge de travail, les conditions salariales
- les paradoxes
- le mode de relations qui peut ĂȘtre parfois plus violent que dans certains secteurs rĂ©putĂ©s difficiles