Financements des accompagnements RH dans l’ESS : le guide des dispositifs

Financements des accompagnements RH dans l’ESS : le guide des dispositifs

▶️ Série « L'ESS en pratique »   #4

Cet article est le dernier d'une série de 4 consacrée à l'Economie Sociale et Solidaire (#ESS). 🔗 Article 1 : L’Économie Sociale et Solidaire : ni secteur marginal, ni utopie 🔗 Article 2 : Développer son activité sans être seul·e : la Coopérative d’Activité et d’Emploi🔗Article 3 : Faire appel à un entrepreneur en CAE : les bénéfices côté client

 

Les structures de l'ESS manquent rarement d'idées. Ce dont elles manquent souvent, c'est du temps, de l'argent, et parfois d'un regard extérieur pour mettre de l'ordre dans leurs priorités. Des dispositifs de financement existent pour répondre à ces besoins — mais ils sont dispersés, peu visibles, et leur mode d'accès n'est pas toujours transparent.

👉Cet article en dresse un panorama pratique, centré sur les accompagnements RH et organisationnels. Il ne prétend pas être exhaustif — les dispositifs évoluent, les conditions varient selon les régions et les budgets disponibles. Il est écrit pour vous aider à identifier ce à quoi votre structure peut prétendre et à poser les bonnes questions.

Une note de contexte, développée dans l'article 1 de cette série : plusieurs de ces dispositifs sont financés en tout ou partie par l'État. Dans un contexte de tension budgétaire (PLF 2026), les enveloppes ne sont pas garanties d'une année à l'autre. Mieux vaut en bénéficier quand les fonds sont disponibles.

#1

Financer un accompagnement RH ou organisationnel

C'est souvent le besoin le plus urgent et le moins bien financé en fonds propres : un diagnostic organisationnel, un appui à la fonction employeur, une réflexion sur la GEPP, un accompagnement au changement. Trois dispositifs principaux existent.

DLA

Le DLA — Dispositif Local d'Accompagnement

Le DLA est le dispositif de référence de l'ESS. Créé en 2002 par l'État et la Caisse des Dépôts, il accompagne chaque année près de 6 000 structures d'utilité sociale dans le développement de leurs emplois et de leurs projets.

Son périmètre est large : stratégie, modèle économique, gouvernance, organisation interne, RH, développement des partenariats.

🔖Qui peut en bénéficier ?

Le DLA s'adresse aux structures de l'ESS au sens de la loi de 2014, créatrices d'emploi et engagées dans une démarche de consolidation ou de développement :

  • 📍Associations employeuses
  • 📍Coopératives d'utilité sociale (SCIC, SCOP avec mission sociale)
  • 📍Structures d'insertion par l'activité économique (SIAE)
  • 📍Entreprises commerciales bénéficiant de l'agrément ESUS
  • 📍Réseaux d'associations, fédérations, groupements d'employeurs

Quelques conditions sont examinées : la structure doit avoir un besoin d'accompagnement clairement identifié, une utilité territoriale, et une incapacité financière à prendre en charge seule cet accompagnement.

Ce n'est pas un dispositif réservé aux structures en crise — il accompagne aussi les structures qui souhaitent se développer ou se professionnaliser.

🔖Comment ça fonctionne ?

📍L'accompagnement DLA se déroule en plusieurs étapes : accueil individualisé, diagnostic partagé, construction du parcours (choix des intervenants et des actions), mise en œuvre, suivi. La temporalité peut aller de quelques jours à deux ans selon la complexité du projet.

📍Les interventions sont réalisées par des prestataires sélectionnés par le DLA de votre territoire — c'est le DLA qui mobilise les expertises, pas la structure.

📍Les thématiques d'intervention prioritaires :

  • Projet et stratégie
  • Modèle socio-économique et gestion financière
  • Consolidation des emplois
  • Gouvernance et organisation interne
  • Développer ses partenariats

📍Le coût pour la structure bénéficiaire : zéro euro.

🔖Comment y accéder en Auvergne-Rhône-Alpes ?

En Auvergne-Rhône-Alpes, c'est BGE AURA qui anime le pilotage régional du DLA et coordonne le réseau des 12 DLA départementaux (Ain, Allier, Ardèche, Cantal, Drôme, Isère, Loire, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Rhône, Savoie, Haute-Savoie). Consultez leur site pour identifier votre interlocuteur local ou accédez directement à l'annuaire national sur info-dla.fr.

RH IN SITU est référencé en tant que prestataire DLA. Si vous êtes accompagné·e via ce dispositif, je peux être mobilisée dans votre parcours.

💡  DLA et PCRH : deux dispositifs complémentaires, pas concurrents. Le DLA couvre un périmètre organisationnel large et est gratuit. La PCRH (voir ci-dessous) est plus ciblée sur les RH, avec un reste à charge potentiel (en fonction des OPCO). Les deux peuvent être mobilisés à des moments différents du développement d'une structure.

🗣️Retours du terrain : souvent, les structures sollicitient le DLA quand la situation est déjà bien dégradée. C'est dommage ! Car en 4 ou 5 jours d'accompagnement, il n'est pas possible de faire un travail de qualité sur des situations où tout est à revoir en urgence (ex. gouvernance, modèle économique, RH,...). L'anticipation est vraiment importante.

Le DLA régional AURA

Au-delà des 12 DLA départementaux, BGE AURA anime le pilotage régional du DLA en Auvergne-Rhône-Alpes. Ce niveau régional couvre les accompagnements collectifs — plusieurs structures d'un même secteur ou d'un même territoire — et les thématiques transversales qui dépassent l'échelle d'un seul département.

La PCRH — Prestation Conseil en Ressources Humaines

Logo Ministère du travail

La PCRH est le dispositif clé pour financer un accompagnement RH personnalisé. Elle est cofinancée par l'État (via la DREETS) et, selon les cas, par l'OPCO de rattachement de la structure.

Elle s'adresse à toutes les TPE-PME, pas seulement aux structures de l'ESS. 

🔖Qui peut en bénéficier ?

Toute structure de moins de 250 salariés n'appartenant pas à un groupe de plus de 250 salariés, avec au minimum 1 salarié.

Les structures de moins de 50 salariés sont prioritaires. Les associations sont explicitement éligibles. Les auto-entrepreneurs ne le sont pas.

🔖Comment ça fonctionne ?

📍La PCRH se déroule en plusieurs étapes : échange avec votre conseiller OPCO, pré-diagnostic réalisé par l'OPCO, identification du prestataire (par vous ou par l'OPCO selon les OPCO), signature d'une convention tripartite,  réalisation d'une phase de diagnostic, puis d'une phase d'accompagnement.

📍Les durées d'interventions ont tendance à se réduire : jusqu'à 30 jours lorsque le dispositif était géré en direct par la DREETS, à 4 ou 6 jours aujourd'hui.

📍Echéance : en général de 6 à 12 mois.

📍Les thématiques d'intervention définies dans la note d'instruction ministérielle:

  • Élaborer votre stratégie RH à partir d’un diagnostic économique ;
  • Professionnaliser la fonction RH dans votre entreprise ;
  • Développer votre marque employeur ou entrer dans une démarche RSE ;
  • Apprendre à mieux recruter ;
  • Intégrer de nouveaux salariés tout en favorisant la diversité et l’égalité professionnelle ;
  • Élaborer un plan de développement des compétences pour vos salariés ;
  • Renforcer le dialogue social ;
  • Améliorer l’organisation du travail et favoriser la qualité de vie au travail ;
  • Anticiper les changements RH pour réussir la transition numérique ou écologique de votre activité.

📍Le coût pour la structure bénéficiaire : L'État prend en charge jusqu'à 50 % du coût de la prestation (plafonné à 15 000 € HT). L'OPCO de rattachement peut abonder ce financement, pouvant atteindre 100 % du coût pour les structures de moins de 50 salariés. Le reste à charge est donc souvent nul dans les faits — mais cela dépend de votre OPCO et des enveloppes disponibles.

🔖Comment y accéder ?

La première étape est de contacter votre OPCO de rattachement.

Pour les structures de la cohésion sociale : Uniformation. Pour les structures relevant d'autres branches, identifiez votre OPCO sur le site du Ministère du travail ou via la liste officielle.

RH IN SITU est référencée PCRH auprès de la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes et de différents OPCO (AFDAS, Constructys,  Uniformation)

FRIO

Le FRIO — Fonds de Renforcement Institutionnel et Organisationnel

Le FRIO (Fonds de renforcement institutionnel et organisationnel) est un dispositif créé en 2007 et financé par l’Agence Française de développement (AFD). Il appuie les associations de solidarité internationale (ASI) françaises dans leur démarche d’amélioration continue. Il s'agit d'un dispositif réservé aux ONG françaises de solidarité internationale. Si votre structure n'est pas dans ce champ, passez directement à la section suivante. Si vous l'êtes, c'est un levier très utile et encore sous-utilisé.

🔖Qui peut en bénéficier ?

Toute association ou fondation française de solidarité internationale, de plus de trois ans d'existence, membre ou non de Coordination SUD, sans critère de taille ni de domaine d'intervention.

🔖Comment ça fonctionne ?

📍Le FRIO se déroule en plusieurs étapes : prise de contact avec l'équipe FRIO, rédaction note d'intention, réalisation d'un diagnostic par l'équipe FRIO, élaboration du dossier complet, passage en comité de décision. en cas d'acceptation, mise en concurrence de 3 prestataires (si > 20K€).

📍Echéance : en général de 6 à 12 mois.

📍Les thématiques d'intervention :

Le FRIO peut intervenir à différents stades de la réflexion ou de la mise en œuvre d’une action de renforcement : diagnostic organisationnel, définition d’une stratégie globale ou spécifique, conduite du changement. Pourquoi recourir au Frio ?

  • Pour s’adapter à un environnement en évolution
  • Pour évaluer l’état de santé de l’association
  • Pour faire évoluer sa stratégie et son positionnement
  • Pour faire évoluer son organisation interne
  • Pour mettre en place un changement
  • Pour renforcer les compétences des bénévoles et des salariés

📍Le coût pour la structure bénéficiaire :

Le FRIO cofinance une action allant jusqu’à 35 000€ selon les modalités suivantes :

  • 70% de cofinancement Frio maximum pour les associations disposant d’un budget inférieur ou égal à 3 millions d’euros et une participation de 30% pour la structure.
  • 60 % de cofinancement Frio maximum pour les associations disposant d’un budget supérieur à 3 millions d’euros et une participation de 40% pour la structure.
  • Une même organisation ne pourra pas solliciter le dispositif Frio plus de 3 fois en l’espace de 6 ans, une association ne peut bénéficier que d’un accompagnement à la fois.

🔖Comment y accéder ?

Les dossiers sont déposés via Coordination SUD. L'instruction se fait en continu, sans appel à projets daté.

RH IN SITU est référencé auprès de Coordination SUD en tant que prestataire FRIO. J'ai par ailleurs contribué à la publication « Regards Croisés » du FRIO sur les pratiques GRH en tension dans les ONG.

#2

Financer des actions de formation

La formation est souvent le premier réflexe des structures qui cherchent à monter en compétences — et c'est le domaine où les financements sont les plus accessibles, à condition de s'y prendre correctement. Le point d'entrée est toujours l'OPCO de rattachement de votre structure.

Loupe

Les OPCO et le financement de la formation

Les Opérateurs de Compétences (OPCO) collectent les contributions formation des entreprises et les redistribuent sous forme de prises en charge. Chaque structure cotise à un OPCO selon sa convention collective.

Pour l'ESS, les principaux OPCO sont :

  • 📍Uniformation — cohésion sociale, protection sociale, animation. C'est l'OPCO de la majorité des associations relevant des conventions ALISFA, CCN 66, ECLAT, BAD...
  • 📍AFDAS — culture, media, loisirs, sport
  • 📍ATLAS — banque, assurance, services financiers — dont mutuelles
  • 📍AKTO — hôtellerie, restauration, propreté, services à la personne
  • 📍OPCO Santé — établissements de santé privés, médico-sociaux

💡Si vous ne savez pas à quel OPCO votre structure est rattachée, la réponse se trouve dans votre convention collective ou auprès de votre fédération de branche. Rater ce rattachement, c'est laisser des fonds disponibles non mobilisés.

Le niveau d'accès aux financements de votre OPCO dépend de votre taille — mais aussi, et c'est moins connu, de votre convention collective et des décisions de vos partenaires sociaux de branche. Les deux logiques coexistent.

🔖Les structures de moins de 50 salariés — la mutualisation joue pour vous

Depuis la loi Avenir Professionnel du 5 septembre 2018, les contributions légales à la formation professionnelle des structures de moins de 50 salariés alimentent un fonds mutualisé auquel seules ces structures ont accès. Les contributions des plus grandes structures abondent ce fonds sans contrepartie — c'est le principe de solidarité interprofessionnelle.

Chez Uniformation, concrètement : 1 demande d'aide financière par an, dans la limite de 5 000 € (montant 2026). Pour les structures de moins de 11 salariés, une prise en charge de la rémunération du salarié en formation (forfait 13 €/h) peut s'y ajouter en cas de remplacement nécessaire.

Un catalogue de formations préfinancées est également proposé aux structures de moins de 50 salariés : les thématiques sont présélectionnées, les organismes déjà référencés, et les coûts pédagogiques pris en charge intégralement sans avance de frais. Un gain de temps considérable pour les structures qui ne disposent pas de RH dédié.

🔖Les structures de 50 salariés et plus — la mutualisation légale ne s'applique plus

C'est le revers de la loi de 2018 : les structures de 50 salariés et plus n'ont plus accès aux fonds légaux mutualisés du plan de développement des compétences. Elles cotisent mais sans contrepartie sur ces fonds. Elles financent leur plan de formation sur leur propre enveloppe, proportionnelle à leur masse salariale.

En pratique, cela signifie que pour une structure de 60 salariés avec une masse salariale modeste, l'enveloppe disponible peut être insuffisante pour couvrir les besoins de formation — contrairement à ce qu'on pourrait attendre d'une structure de cette taille.

🔖L'abondement de branche — une variable décisive souvent ignorée

C'est là qu'intervient une subtilité majeure. Les partenaires sociaux de chaque branche professionnelle peuvent décider de lever une contribution conventionnelle supplémentaire, indépendante des contributions légales. Ces fonds conventionnels obéissent à leurs propres règles — définies en CPNEF (Commission Paritaire Nationale Emploi Formation) — et peuvent ouvrir des droits supplémentaires, y compris aux structures de plus de 50 salariés.

📍Pour les structures de moins de 50 salariés, les fonds conventionnels viennent en complément des fonds légaux mutualisés : ils permettent de financer davantage de formations, sur des thématiques prioritaires définies par la branche, parfois avec des barèmes plus favorables.

📍Pour les structures de 50 salariés et plus, privées d'accès aux fonds légaux mutualisés depuis 2018, les fonds conventionnels de branche deviennent souvent la principale porte d'entrée aux financements OPCO. C'est ce qui fait que deux structures de même taille, dans deux branches différentes, peuvent avoir des accès aux financements très inégaux.

Ce mécanisme varie fortement d'une branche à l'autre. Certaines branches ESS ont des dispositifs très développés : la branche ALISFA, par exemple, prévoit via ses fonds conventionnels des financements accessibles à toutes les structures, quelle que soit leur taille, à condition d'être à jour de leur contribution conventionnelle. D'autres branches sont moins actives sur ce point.

Uniformation propose également chaque année des financements exceptionnels négociés en dehors des circuits habituels : le PIC IAE pour les structures d'insertion (CDDI/CDDU), l'accord-cadre avec la CNSA pour le médico-social, des enveloppes spécifiques sur la transition écologique, la santé mentale, l'intelligence artificielle ou la lutte contre les violences et harcèlements. Ces dispositifs évoluent annuellement.

La certification Qualiopi : un sésame pour accéder aux financements

Logo Qualiopi

Pour qu'une formation soit finançable par un OPCO, le prestataire doit être certifié Qualiopi.

Cette certification, délivrée après audit externe, garantit un cadre pédagogique structuré : objectifs formalisés, évaluation des acquis, amélioration continue.

Concrètement : si vous souhaitez faire financer par votre OPCO une formation ou une action de développement des compétences animée par un prestataire, vérifiez en premier lieu que ce prestataire est certifié Qualiopi. Sans cette certification, la prise en charge est impossible.

AFEST

L'AFEST — Action de Formation en Situation de Travail

L'AFEST est reconnue comme modalité de formation à part entière dans le Code du travail depuis la loi Avenir Professionnel de 2018. Pourtant, elle reste très peu mobilisée dans les structures de l'ESS — alors qu'elle correspond précisément à leur réalité de terrain.

🔖Le principe : formaliser ce que vous faites déjà

Beaucoup de structures de l'ESS forment leurs salariés sur le tas — un référent qui accompagne une nouvelle recrue, un responsable qui transmet un savoir-faire métier, un pair qui guide un collègue sur une procédure. L'AFEST ne crée pas quelque chose de nouveau : elle formalise et reconnaît juridiquement ces pratiques d'apprentissage informelles, en les rendant finançables.

Pour qu'une formation en situation de travail soit qualifiée d'AFEST — et donc prise en charge — elle doit répondre à un cadre précis, défini par le décret du 28 décembre 2018 :

  • un objectif professionnel défini en amont,
  • un parcours pédagogique formalisé (le Protocole de Parcours Individuel),
  • des phases réflexives distinctes des mises en situation — c'est-à-dire des temps où l'apprenant prend du recul sur ce qu'il vient de faire, accompagné par son formateur —
  • et des évaluations en cours et en fin de parcours.

Le formateur peut être interne à la structure (un collègue expérimenté, un responsable, un tuteur) ou externe.

C'est là l'un des grands atouts de l'AFEST pour les petites structures : pas besoin de dégager un budget formation important ni d'envoyer des salariés en dehors de l'organisation.

La formation se passe sur le poste, pendant le travail, en s'adaptant au rythme de la structure.

🔖Pourquoi c'est particulièrement pertinent pour l'ESS

Trois caractéristiques des structures ESS rendent l'AFEST particulièrement adaptée.

  • 📍Des savoir-faire métiers difficilement transférables en formation externe : l'accompagnement social, la médiation, l'animation, le travail avec des publics fragilisés — ces compétences s'acquièrent dans la pratique. Une formation en salle ne remplace pas la situation réelle.
  • 📍Des contraintes d'organisation qui rendent les formations classiques difficiles : turnover élevé, temps partiels, horaires décalés, impossibilité de fermer plusieurs jours. L'AFEST s'adapte au rythme de la structure, pas l'inverse.
  • 📍Une culture du tutorat et de la transmission déjà présente : dans beaucoup d'associations et de coopératives, la formation entre pairs est une pratique naturelle. L'AFEST lui donne un cadre légal et la rend finançable.

🔖Comment c'est financé ?

L'AFEST n'est pas un dispositif de financement en soi — c'est une modalité pédagogique qui s'inscrit dans des dispositifs existants : le plan de développement des compétences (pour les <50 salariés), le contrat de professionnalisation, le CPF.

Les OPCO n'ont pas d'enveloppe dédiée AFEST : ils financent l'AFEST dans le cadre des dispositifs qu'ils pilotent déjà.

Chez Uniformation, deux niveaux de financement existent (données 2025) :

  • Le diagnostic AFEST (« Zoom FEST ») : prise en charge du diagnostic réalisé par un prestataire externe référencé, dans la limite de 1 200 € TTC/jour pour 3 jours maximum. Accessible aux adhérents de moins de 50 salariés (et aux +50 selon la branche), après un pré-diagnostic réalisé par votre conseiller Uniformation.
  • Les frais pédagogiques de l'AFEST elle-même : prise en charge dans la limite de 65 €/heure pour les formations ≤ 105 heures, ou 15 €/heure au-delà — uniquement pour les adhérents de moins de 50 salariés, sur le plan de développement des compétences.

 

Le FACT/ANACT a également lancé en 2025 un appel à projets spécifique sur les AFEST durables, visant à accompagner des structures dans la mise en place de parcours AFEST mobilisant fortement le collectif de travail. Une piste à suivre pour les structures qui veulent aller plus loin.

🔖Par où commencer ?

L'AFEST demande un investissement en ingénierie initiale — identifier les situations de travail formatives, construire le parcours, préparer le formateur interne.

💡Un premier déploiement accompagné par un prestataire externe est fortement recommandé : c'est précisément ce que finance le Zoom FEST d'Uniformation.

#3

D'autres dispositifs selon votre situation

Logo Agefiph

L'AGEFIPH — si votre structure emploie des personnes en situation de handicap

L'AGEFIPH propose des aides financières et des services d'accompagnement pour toutes les questions en lien avec le handicap au travail : recrutement, maintien dans l'emploi, aménagement de poste, sensibilisation des équipes, formation.

Ces aides ne sont pas réservées au secteur spécialisé — toute structure qui emploie ou souhaite employer des personnes en situation de handicap peut en bénéficier.

💡Renseignez-vous sur agefiph.fr ou contactez votre Cap Emploi territorial.

La CARSAT — prévention des risques professionnels

Logo CARSAT

La CARSAT (Caisse d'Assurance Retraite et de Santé au Travail) propose des aides financières pour la prévention des risques professionnels — particulièrement pour les secteurs à risque (aide à domicile, services à la personne, travail social).

Ces aides couvrent des actions de diagnostic, de formation à la prévention ou d'aménagement des postes de travail.

En Auvergne-Rhône-Alpes : carsat-ra.fr. Les aides sont conditionnées à un dossier et à l'éligibilité de l'action proposée.

fact

Le FACT — Fonds pour l'Amélioration des Conditions de Travail (ANACT)

Géré par l'ANACT (Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail) par délégation du Ministère du travail, le FACT finance des projets d'expérimentation sur l'amélioration des conditions de travail.

Il fonctionne par appels à projets thématiques lancés plusieurs fois par an.

Sont éligibles les entreprises et associations de moins de 300 salariés. Les thématiques varient selon les appels : QVCT, attractivité des métiers, AFEST, transitions numériques et écologiques, prévention de l'usure professionnelle...

Pour une action individuelle, la prise en charge peut aller jusqu'à 1 000 € par jour, pour 12 jours maximum. Un cofinancement de la structure (fonds propres ou public) est obligatoire. Les projets sont sélectionnés sur dossier par une commission. Consulter les appels à projets sur anact.fr.

⚠️Point d'attention : le FACT ne finance pas des prestations de conseil « classiques » — il finance des projets d'expérimentation avec une dimension collective, participative et capitalisable. C'est un dispositif exigeant mais très pertinent pour les structures qui veulent construire une démarche QVCT ou accompagner une transformation en impliquant les équipes.

France Num — transition numérique

france-num

France Num est l'initiative gouvernementale pour la transformation numérique des TPE et PME.

Elle propose un moteur de recherche de financements dédié aux projets numériques (près de 200 financements publics nationaux et locaux recensés) et un réseau d'experts — les Activateurs France Num — présents dans toutes les régions.

L'ESS est explicitement un secteur éligible sur la plateforme. On y trouve des aides pour : e-commerce, digitalisation des processus RH (SIRH), outils collaboratifs, cybersécurité, accompagnement stratégique... Les montants varient de 1 500 à 50 000 € selon la nature du projet et la région.

Des formations gratuites au numérique sont également disponibles pour les TPE-PME qui débutent dans la transformation digitale. 

Ademe tremplin logo

ADEME Tremplin — transition écologique

Le guichet Tremplin pour la transition écologique des PME de l'ADEME permet d'accéder à des aides dans plusieurs domaines de la transition écologique (énergie, déchets, mobilité, stratégie RSE), avec un seul dossier pour plusieurs études et/ou investissements.

Ouvert à toutes les TPE et PME de moins de 250 salariés, quelle que soit leur forme juridique — y compris les associations loi 1901 et les SCOP. agirpourlatransition.ademe.fr recense l'ensemble des aides ADEME pour les entreprises.

La plateforme Mission Transition Écologique recense plus de 160 aides publiques pour la transition écologique des entreprises, avec un moteur de recherche par type de projet. C'est le point d'entrée recommandé pour identifier les dispositifs adaptés à votre situation.

#4

Les portails à connaître pour ne rien rater

Les dispositifs décrits ici évoluent : les enveloppes sont annuelles, les conditions changent, les opérateurs locaux se renouvellent. Cet article donne des repères — pas des certitudes.

Avant d'engager une démarche, vérifiez toujours les conditions en vigueur directement auprès de l'organisme concerné. 

Les dispositifs cités dans cet article ne sont pas les seuls qui existent. Les aides évoluent chaque année, et certaines sont régionales ou sectorielles. Voici les portails qui font le travail de recensement à votre place.

  • aides-entreprises.fr — portail officiel recensant les aides nationales et régionales liées à l'emploi et à la formation, filtrable par territoire et type de structure.
  • place-des-entreprises.beta.gouv.fr — service public de mise en relation avec les conseillers compétents selon votre besoin (RH, numérique, financement, juridique). Un conseiller humain vous répond sous 72h.
  • mission-transition-ecologique.beta.gouv.fr — moteur de recherche de 160+ aides pour la transition écologique, filtrable par type de projet et taille de structure. Associations et SCOP éligibles.
  • gouv.fr/aides-financieres — moteur de recherche de financements pour la transformation numérique (près de 200 dispositifs recensés). L'ESS est un secteur explicitement couvert.
  • ademe.fr — catalogue complet des aides ADEME pour les entreprises sur les transitions énergétiques et environnementales.
  • info-dla.fr — site national du DLA, avec l'annuaire des opérateurs par département.
papier

Conclusion

Il y a une tension que beaucoup de dirigeants de structures ESS connaissent bien : le besoin d'accompagnement est réel, mais mobiliser des ressources pour y répondre semble toujours secondaire face à l'urgence opérationnelle. Les équipes sont en tension, les financements publics se resserrent, la pression réglementaire augmente — et dans ce contexte, faire appel à un consultant externe passe souvent pour un luxe.

C'est une erreur de calcul. Non par principe, mais parce que les coûts de ne pas investir dans l'organisation et les ressources humaines sont rarement visibles immédiatement — et souvent très lourds à terme : turnover qui s'accélère, épuisement des équipes d'encadrement, dysfonctionnements qui s'enkystent, perte de sens qui démobilise.

Le paradoxe, c'est que les dispositifs pour financer cet accompagnement existent. Le DLA est gratuit. La PCRH est souvent prise en charge à 100 % pour les petites structures. L'AFEST valorise des pratiques déjà en place. Les fonds conventionnels de branche sont souvent sous-mobilisés. Ce n'est pas un problème de ressources dans la majorité des cas — c'est un problème d'information et de temps pour s'en saisir.

L'accompagnement comme investissement dans la mission

Les structures de l'ESS ont une caractéristique qui les distingue : elles ne peuvent pas sacrifier la qualité des relations de travail sur l'autel de la performance économique, parce que les relations de travail sont souvent au cœur même de leur mission. Une association d'insertion qui peine à fidéliser ses encadrants techniques. Une structure médico-sociale où l'épuisement des équipes se transfère directement sur les usagers. Une coopérative dont la gouvernance se grippe faute d'avoir investi dans la clarification des rôles.

Dans ces organisations, la solidité de l'organisation interne n'est pas séparable de la qualité du projet social. C'est ce qui rend l'accompagnement RH et organisationnel non pas accessoire, mais structurant — et ce qui justifie de s'y consacrer du temps et des ressources, en mobilisant les financements qui permettent de le faire sans tout porter sur le budget propre de la structure.

Un contexte budgétaire qui commande d'agir vite

Comme rappelé dans l'article 1 de cette série, le contexte politique et budgétaire (PLF 2026) crée une incertitude réelle sur les financements publics de l'ESS. Les dispositifs décrits dans cet article dépendent en partie de décisions annuelles, d'enveloppes qui peuvent se réduire, de priorités qui peuvent évoluer.

Les structures qui attendent d'avoir « le bon moment » pour se faire accompagner risquent de le faire dans des conditions moins favorables demain qu'aujourd'hui. Mobiliser le DLA, déposer une PCRH, lancer un premier parcours AFEST — autant de démarches qui valent mieux être engagées quand les fonds sont disponibles que reportées jusqu'à ce qu'ils ne le soient plus.


🤝RH IN SITU s'attelle a être référencé auprès de différents organimes pour faciliter la prise en charge financière.

👉Prenez rdv, échangeons sur votre besoin

Appui Conseil RH des TPE-PME : prendre en compte les spécificités pour un accompagnement de qualité

Appui Conseil RH des TPE-PME : prendre en compte les spécificités pour un accompagnement de qualité

Les TPE-PME présentent des spécificités qu'il est important de prendre en compte lors d'un accompagnement RH, afin que celui-ci ait un impact concret sur la performance économique et sociale de ces structures et qu'elles en tirent un maximum de bénéfices.

Les TPE-PME en quelques chiffres

données chiffrées

Selon l'INSEE, en 2023, les TPE-PME représentaient 99,8% des entreprises françaises. Elles jouent un rôle prépondérant dans le tissu économique national, cela n'est plus à démontrer.

Pour rappel, une TPE a un effectif compris entre 0 et 10 salariés (le chiffre d’affaires ou le total bilan est inférieur à 2 millions d’euros.), tandis qu’on parle de PME pour les entreprises employant de 11 à 249 salariés (le chiffre d’affaires annuel n'excède pas 50 millions d'euros ou un total bilan inférieur à 43 millions d’euros).

Cette appellation de TPE-PME recouvre différents types de statuts juridiques, dont le statut associatif (en fonction des critères d’effectifs).

Ces structures emploient 4,3 millions de salariés (en équivalent temps plein - ETP) et réalisent 23 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des entreprises en France.

Le chiffre d’affaires des PME est réalisé à 42 % dans le secteur du commerce, 22 % dans les services, 19% dans l’industrie.

61 % des TPE-PME ont moins de 20 salariés et seules 12 % emploient au moins 50 salariés.

Les spécificités des TPE-PME par rapport aux grandes entreprises

Les TPE-PME ont (à quelques exceptions près) les mêmes obligations que les grandes entreprises, notamment par rapport au Droit du Travail, sans toutefois disposer des mêmes ressources.

Il convient de bien appréhender les spécificités des TPE-PME pour pouvoir leur proposer un accompagnement RH adapté et pertinent 🔎 : 

  • 🪐l’importance et l’impact de leur écosystème sur leur structuration et leur développement, 
  • 🌌leur hétéroclicité et leur nombre très important qui rendent impossible une solution / approche unique,
  • 👑un chef d’entreprise concentrant toutes les fonctions ("homologie") et souvent isolé,
  • 🤝la place prépondérante des relations informelles conduisant à peu de formalisme,
  • 🦑une grande polyvalence des salariés, impliquant flexibilité et adaptabilité,
  • 🪛un manque de moyens et de compétences un peu pointues sur certaines fonctions support, notamment RH,
  • 💟une culture d'entreprise forte, où les valeurs et l'engagement personnel revêtent une grande importance,
  • 💭une faible représentation du personnel et une culture du dialogue social peu développée,
  • 🥽une gestion "court-termiste" faute de moyens et/ou de visibilité,
  • ☔une plus grande vulnérabilité aux aléas économiques,
  • 🤑une prépondérance de la vision économique et financière (“le nerf de la guerre”), par rapport à des enjeux de plus long terme,
  • 🧲des difficultés de recrutement et d’attractivité, liées aux difficultés à se démarquer (communication) ou à proposer des salaires supérieurs au marché,
  • . . .

Ces facteurs sont modulables, en fonction notamment de la maturité organisationnelle de la structure et de ses moyens.

Impact des spécificités des TPE-PME sur leur gestion RH

Une gestion surtout administrative et souvent déléguée à un tiers

polyvalence

Souvent, dans les structures de moins de 20 salariés, il n'y a pas d’expertise interne dédiée aux RH et la gestion administrative RH est souvent déléguée ou “supervisée” par le cabinet d’expertise comptable, qui est un interlocuteur privilégié des TPE-PME.

Le souci, c’est que le cabinet d’expertise comptable : 

  • n’est pas sur place au quotidien (la structure ne l’interroge donc que sur ce qu’elle est elle-même en capacité d’identifier), 
  • n’a lui-même pas toujours l’ensemble des compétences juridiques en matière de droit du travail ou en management RH (ne parlons pas de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail ou des questions de santé et sécurité), 
  • voire que sa lettre de mission évoque un “accompagnement social”, sans plus de précisions; ce qui laisse penser au dirigeant de TPE-PME que ces questions-là sont gérées par son Expert-Comptable . . .  alors que pas forcément !

Entendons-nous bien, l’idée n’est pas ici de jeter la pierre aux cabinets d’expertise comptable qui sont des interlocuteurs de qualité et de proximité, mais chacun son métier . . . Certains l’ont bien compris et embauchent des DRH externalisés, qu’ils mettent à disposition de leurs clients pour approfondir davantage les sujets RH.

L'importance de la vision du dirigeant

dirigeant

Ce que nous constatons également c’est que la place des RH et les pratiques managériales sont très dépendantes de la vision / culture du dirigeant et de sa sensibilité aux sujets y sont rattachés.

Trop souvent encore, les RH signifient "gestion administrative du personnel”. Or, en 2024 . . . ça ne suffit plus !

La difficulté à répondre aux attentes des salariés

question

Les salariés ont des attentes et des besoins auxquels les TPE-PME doivent pouvoir répondre.

Parmi ceux qui sont le plus souvent exprimés : 

  • que le droit du travail soit respecté (!),
  • que le management se professionnalise,
  • de pouvoir développer des compétences,
  • d’avoir un dialogue social structuré qui ne repose pas uniquement sur l’affect,
  • d’avoir un équilibre entre vie professionnelle et vie privée,
  • . . . 

Comment adapter l’accompagnement RH aux spécificités des TPE-PME ?

Les critères de qualité d'un accompagnement RH

qualité

Un accompagnement RH de qualité doit, de mon point de vue : 

  • prendre en compte les moyens (humains, financiers) de la structure accompagnée et avoir une approche très pragmatique
  • s’adapter au rythme et à la temporalité pour ne pas mettre des équipes en surcharge et décourager
  • être sur-mesure : les solutions toute faites et leur duplication ne fonctionnent pas, les structures sont trop hétérogènes (structuration, moyens, enjeux, écosystème, culture, …)
  • associer l’ensemble des parties prenantes pour que cela ne repose pas sur une seule personne qui ne pourra pas tenir seule les sujets sur la durée
  • permettre aux parties prenantes de s’approprier pleinement les enjeux
  • permettre la montée en compétences et développer l’autonomie, car la structure n’aura pas les moyens d’avoir un recours à un prestataire externe
  • sensibiliser à l’importance de la formalisation (des outils, des process, …) en prenant garde à ne pas (trop) rigidifier pour ne pas détruire ce qui fonctionne
  • doit parfois bousculer pour faire prendre conscience de certaines choses
  • . . . 

Le profil de l'intervenant RH

profil

L’intervenant en TPE-PME est un expert qui endosse parfois le rôle de guide, parfois le rôle de coach, parfois le rôle d’arbitre, parfois le rôle de médiateur. 

Il ou elle doit savoir transmettre et progressivement se retirer.

Il ou elle doit avoir conscience que le temps investi par l’entreprise est précieux compte tenu de ses moyens et qu’il est important que cela aboutisse à des améliorations concrètes. Pour autant, une partie du résultat dépend de la structure. Il faut donc savoir aussi accepter d’avoir parfois un effet limité.

Appui Conseil RH des associations : prendre en compte les spécificités pour un accompagnement de qualité

Appui Conseil RH des associations : prendre en compte les spécificités pour un accompagnement de qualité

Le rôle des associations dans l’économie française, et dans le fonctionnement de la société, est souvent méconnu. Le secteur associatif est pourvoyeur d’emplois (notamment depuis la professionnalisation des associations dans les années 2000) et joue un rôle crucial dans de nombreux domaines.

Les associations sont des entreprises comme les autres” : si cette petite phrase peut heurter certains militants, c’est une réalité aujourd’hui ; les associations relèvent du secteur privé, elles sont assujetties au droit du travail, elles doivent suivre des règles de gestion et rendre des comptes sur leurs activités, …

Pour autant, elles ont quelques spécificités qu’il est nécessaire de prendre en compte lors d’un accompagnement RH, afin que celui-ci ait un impact concret sur la performance économique et sociale de ces structures et qu'elles en tirent un maximum de bénéfices.

Qu'est-ce qu'une association ?

loi 1901

" l’association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices."

⚖️Dès le premier article de cette loi, le législateur fait connaître sa volonté d’inscrire le régime juridique des associations dans l’esprit et les principes de droit commun des contrats régis par le code civil.

Les associations en quelques chiffres

données chiffrées

La France compte 1,5 million d’associations en activité.

Le budget des associations s'élève à 125,3 milliards d'euros.

financement associatif

Les financements privés représentent plus de la moitié du budget des associations.

🫶90% des associations ne fonctionnent que grâce aux bénévoles, elles en mobilisent près de 12,5 millions. On observe un engagement croissant des jeunes, un repli de leurs aînés, une faible participation des moins diplômés et des actions ponctuelles qui prennent le pas sur le bénévolat régulier.

service civique

En 2023, les associations accueillaient 144.000 volontaires en service civique, qui participent à la mise en oeuvre de leur projet associatif.

répartition des associations employeuses par effectif

1,86 million de salariés sont employés par 153.000 associations (la masse salariale s’élève à 46,5 milliards d’euros).

👩Le secteur associatif emploie 71% de femmes.

⏭️ 45% des salariés des associations (emploi principal) sont en CDI. 41 % sont en CDD, soit deux fois plus que l’ensemble des salariés tous secteurs confondus.

33% des contrats correspondent à un temps partiel.

💸[En 2020] Le salaire annuel moyen brut des salariés associatifs est de 23 680 euros (contre 30.060€ tous secteurs confondus - INSEE 2020)

Les secteurs d’activité dans lesquels les associations interviennent

secteur d'activité des associations

Les spécificités des associations par rapport aux entreprises

Il convient de bien appréhender les spécificités des associations pour pouvoir leur proposer un accompagnement RH adapté et pertinent 🔎 : 

  • 🪐l’importance et l’impact de leur écosystème sur leur structuration et leur développement, 
  • 🌌leur hétéroclicité et leur nombre très important qui rendent impossible une solution / approche unique,
  • 👑une gouvernance partagée, imbriquant des administrateurs bénévoles et des salariés, pouvant générer un manque de clarté sur les missions et responsabilités,
  • 🤝la place prépondérante des relations informelles conduisant à peu de formalisme,
  • 💥des difficultés à prévenir et gérer les conflits dans des environnements où l'affect tient une grande place,
  • 🦑une grande polyvalence des salariés, impliquant flexibilité et adaptabilité, et une charge de travail parfois très conséquente faute d'avoir les moyens d'embaucher,
  • 🪛un manque de moyens et de compétences un peu pointues sur certaines fonctions support, notamment RH,
  • 💟 les valeurs et l'engagement personnel revêtent une grande importance,
  • 💭une faible représentation du personnel et une culture du dialogue social peu développée,
  • 🥽une gestion "court-termiste" faute de moyens et/ou de visibilité, ou d'actualisation du modèle économique
  • 🧮 une recherche de financements permanente, très consommatrice de temps,
  • ☔une plus grande vulnérabilité aux aléas économiques ou politiques,
  • 🧲des difficultés de recrutement et d’attractivité, liées aux difficultés à proposer des contrats pérennes ou des salaires alignés au marché,
  • . . .

Impact des spécificités des associations sur leur gestion RH

Un fonctionnement contraint qui complexifie la gestion RH

complexité

Dans les associations plus d'ailleurs (de mon point de vue), on se confronte à des difficultés systémiques.

Voici un des scénarios que je rencontre fréquemment :

♾️les financements sont insuffisants mais le projet doit être mis en oeuvre, notamment parce qu'il y a des engagements à tenir vis-à-vis des bénéficiaires, des partenaires institutionnels et financiers, ...

♾️la structure ne peut pas embaucher le niveau de compétences dont elle a réellement besoin (faute de pouvoir le rémunérer à sa juste valeur),

♾️elle va donc recruter un profil plus junior, qu'il faudra accompagner,

♾️ce qu'elle ne peut pas faire, puisque le temps est compressé, que tout le monde est occupé à 150%, qu'il n'y a pas toujours les compétences managériales disponibles, ...

♾️notre salarié junior va donc essayer de compenser en travaillant plus, mais ses heures supplémentaires ne pourront pas lui être payées,

♾️il va finir pas s'épuiser au travail, se désengager, s'abîmer la santé ou quitter la structure,

♾️la structure devra de nouveau recruter,

♾️ . . .

Cet enchaînement (que je vois dans nombre d'associations) a les conséquences RH suivantes :

⚠️recrudescence des risques psychosociaux

⚠️non conformité au droit du travail (gestion du temps de travail, règlement des heures supplémentaires, prévention des risques professionnels,...)

⚠️détérioration du climat social

⚠️atteinte à la notoriété de la structure

⚠️ explosion du temps consacré au recrutement, à l'intégration, à la formation

Il faut arriver à détricoter tous les fils qui génèrent ces situations, à planifier les actions correctives sur du moyen/ long terme, à identifier des ressources à mobiliser, . . . pour pouvoir sortir de cette spirale.

Une gestion surtout administrative et souvent déléguée à un tiers

polyvalence

Souvent, dans les associations de moins de 20 salariés, il n'y a pas d’expertise interne dédiée aux RH et la gestion administrative RH est souvent déléguée ou “supervisée” par le cabinet d’expertise comptable, qui est un interlocuteur privilégié des associations.

Le souci, c’est que le cabinet d’expertise comptable : 

  • n’est pas sur place au quotidien (la structure ne l’interroge donc que sur ce qu’elle est elle-même en capacité d’identifier), 
  • n’a lui-même pas toujours l’ensemble des compétences juridiques en matière de droit du travail ou en management RH (ne parlons pas de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail ou des questions de santé et sécurité), 
  • voire que sa lettre de mission évoque un “accompagnement social”, sans plus de précisions; ce qui laisse penser au dirigeant associatif que ces questions-là sont gérées par son Expert-Comptable . . .  alors que pas forcément !

Entendons-nous bien, l’idée n’est pas ici de jeter la pierre aux cabinets d’expertise comptable qui sont des interlocuteurs de qualité et de proximité, mais chacun son métier . . . Certains l’ont bien compris et embauchent des DRH externalisés, qu’ils mettent à disposition de leurs clients pour approfondir davantage les sujets RH.

L'importance de la vision du dirigeant associatif

dirigeant

Ce que nous constatons également c’est que la place des RH et les pratiques managériales sont très dépendantes de la vision / culture du dirigeant associatif et de sa sensibilité aux sujets y sont rattachés.

Trop souvent encore, les RH signifient "gestion administrative du personnel”. Or, en 2024 . . . ça ne suffit plus !

La difficulté à répondre aux attentes des salariés

question

Les salariés ont des attentes et des besoins auxquels les associations doivent pouvoir répondre.

Parmi ceux qui sont le plus souvent exprimés : 

  • que le droit du travail soit respecté (!),
  • que le management se professionnalise,
  • de pouvoir développer des compétences,
  • d’avoir un dialogue social structuré qui ne repose pas uniquement sur l’affect,
  • d’avoir un équilibre entre vie professionnelle et vie privée,
  • . . . 

Comment adapter l’accompagnement RH aux spécificités des associations ?

Les critères de qualité d'un accompagnement RH

qualité

Un accompagnement RH de qualité doit, de mon point de vue : 

  • intégrer le cadre régissant le fonctionnement associatif,
  • identifier les dispositifs complémentaires à mobiliser en fonction des sujets, connaître l'écosystème associatif
  • prendre en compte les moyens (humains, financiers) de la structure accompagnée et avoir une approche très pragmatique,
  • s’adapter au rythme et à la temporalité pour ne pas mettre des équipes en surcharge et décourager,
  • être sur-mesure : les solutions toute faites et leur duplication ne fonctionnent pas, les structures sont trop hétérogènes (structuration, moyens, enjeux, écosystème, culture, …),
  • intégrer la complexité liée à la gouvernance partagée,
  • associer l’ensemble des parties prenantes pour que cela ne repose pas sur une seule personne qui ne pourra pas tenir seule les sujets sur la durée,
  • permettre aux parties prenantes de s’approprier pleinement les enjeux,
  • permettre la montée en compétences et développer l’autonomie, car la structure n’aura pas les moyens d’avoir un recours à un prestataire externe,
  • sensibiliser à l’importance de la formalisation (des outils, des process, …) en prenant garde à ne pas (trop) rigidifier pour ne pas détruire ce qui fonctionne,
  • doit parfois bousculer pour faire prendre conscience de certaines choses,
  • . . . 

Le profil de l'intervenant RH

profil

L’intervenant en association est un expert qui endosse parfois le rôle de guide, parfois le rôle de coach, parfois le rôle d’arbitre, parfois le rôle de médiateur. 

Une connaissance fine du secteur associatif, et notamment des modes de relation et de communication, est vraiment un plus (j'ai connu de bons consultants qui étaient complètement déboussolés face à ce qu'ils découvraient en association).

Il ou elle doit savoir transmettre et progressivement se retirer.

Il ou elle doit avoir conscience que le temps investi par l’association est précieux compte tenu de ses moyens et qu’il est important que cela aboutisse à des améliorations concrètes. Pour autant, une partie du résultat dépend de la structure. Il faut donc savoir aussi accepter d’avoir parfois un effet limité.

Ressources

🔖 ASSOCIATIONS.GOUV

🔖 AVISE : Centre national de compétences de l’innovation sociale pour la France en Europe

🔖Dispositif local d'accompagnement (DLA) : accompagnement personnalisé pour les associations employeuses

🔖 IMPACT EMPLOI (URSSAF)

🔖 INJEP : observatoire de la jeunesse, du sport, de la vie associative et de l'éducation populaire

🔖 Le Compte Asso : site officiel de gestion des associations

🔖 Le Mouvement associatif : réseau d'accompagnement et de représentation des associations.

🔖 OPCO

🔖 VIE PUBLIQUE