Au-delà du désaccord : guide pratique pour une gestion des conflits efficace

Au-delà du désaccord : guide pratique pour une gestion des conflits efficace

Parce que je rencontre souvent des situations conflictuelles non gérées au sein des organisations que j'accompagne, j'ai eu envie d'approfondir le sujet. Cet article s'appuie sur 3 ouvrages que j'ai trouvés particulièrement éclairant sur la question des conflits et que je mentionne dans la partie "Ressources". J'espère qu'il vous permettra d'identifier des mécanismes dans les situations que vous rencontrez, et surtout des leviers pour agir.

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Décrypter la nature des conflits : ce que les sciences humaines et sociales nous apprennent

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Conflit ou simple désaccord ? Une distinction cruciale

Une erreur courante est de vouloir éviter tout désaccord, les assimilant à des conflits. Pourtant, tous les problèmes ne dégénèrent pas en conflits. Un désaccord est une divergence d'opinions qui, en général, ne persiste pas dans le temps et peut même être saine, favorisant la créativité et l'évolution d'une organisation.

Les recherches distinguent trois dimensions de conflits en milieu de travail, chacune ayant des impacts différents et nécessitant une stratégie de résolution spécifique:

    • 🔖Le conflit de tâches : Il concerne les désaccords sur les objectifs, la qualité du travail ou les priorités. Bien que pouvant avoir un impact positif ou négatif sur la productivité selon la capacité à le résoudre, il affecte notablement la satisfaction au travail. La stratégie consiste souvent à concilier les buts et les points de vue pour atteindre un consensus.
    • 🔖Le conflit de processus : Il porte sur le fonctionnement du groupe, la répartition des tâches, les liens hiérarchiques et les normes. Souvent, les attentes étant implicites, il est interprété à tort comme de la mauvaise foi. Les conflits de processus ont une incidence négative importante sur la satisfaction et la performance de l'équipe et doivent être réduits au maximum. L'intervention vise à clarifier les normes et l'organisation du travail. Ces conflits sont particulièrement importants car ils ont tendance à déborder sur la dimension relationnelle et à se perpétuer dans le temps.
    • 🔖Le conflit relationnel : Il implique des émotions négatives, de la méfiance, voire des comportements agressifs. Lorsqu'il devient chronique, il peut évoluer vers le harcèlement psychologique. Il a un effet négatif sérieux sur la satisfaction au travail et la performance, détruisant la coordination et la collaboration. La stratégie est de rétablir la confiance, souvent en clarifiant les perceptions ou les attributions d'intention.

💡Les désaccords se transforment en conflits lorsque la dimension relationnelle s'ajoute à un conflit de tâches ou de processus. Une bonne gestion nécessite de bien circonscrire la nature du conflit pour cibler les bonnes stratégies d'intervention.

🔗Pour approfondir la notion de "dispute professionnelle", je vous invite à lire l'article "La dispute professionnelle : améliorer la qualité du travail pour améliorer la santé au travail"

L'escalade des conflits : du désaccord au point de non-retour

Pourquoi certains désaccords dégénèrent-ils en conflits, tandis que d'autres demeurent de simples divergences ? Les recherches montrent que cela dépend de l'amorce ou non d'un processus d'escalade. Les conflits se construisent en trois phases :

🔖Phase de latence : Les germes du conflit sont présents, souvent sous forme de conflits de tâches ou de processus. La mésentente est faible, et le groupe peut fonctionner normalement. Le défi est de reconnaître le potentiel destructeur et d'intervenir avant l'amplification. Ignorer ces désaccords initiaux augmente le risque d'escalade.

🔖Phase de détérioration des relations : L'intensité du conflit augmente, et il devient personnalisé. On vise la personne plutôt que le problème, chacun se retranchant dans sa position. Le phénomène d'action-réaction est un moteur clé, pouvant mener à un "dialogue de sourds" et à la formation de clans.

🔖Phase de coercition : L'intensité du conflit est à son apogée, avec des tentatives de coercition. Le différend occupe une place importante, rendant le groupe dysfonctionnel. La recherche d'équilibre des dommages (revanche) et la perte de vue de l'objectif commun au profit de la victoire sur l'autre sont des moteurs de cette phase. L'impression qu'une coexistence est impossible peut mener au harcèlement psychologique. À ce stade, la désescalade est difficile, et l'aide d'un intervenant externe peut être nécessaire. Plus l'escalade est forte, plus il est difficile de désamorcer un conflit.

émotions

Quand les émotions prennent le dessus : le cerveau en mode "stupide"

Avez-vous déjà eu l'impression que votre interlocuteur en conflit semblait raisonner de manière "stupide" ? Vous n'étiez peut-être pas loin de la vérité. Des recherches suggèrent qu'en situation de stress intense, sous l'influence de l'adrénaline, les fonctions cognitives peuvent diminuer significativement, parfois jusqu'à trente points de QI, transformant temporairement un individu en déficience légère. Pour le médiateur, il est aussi fort probable que son propre raisonnement ne soit pas très solide.

💡La bonne nouvelle est que cette perte de capacité est temporaire. Pour favoriser le retour à un raisonnement normal, des stratégies simples visent à diminuer le taux d'adrénaline:

  • Prendre le temps de se calmer avant d'aborder le problème
  • Ne pas revenir continuellement sur des sujets sensibles qui ravivent les émotions négatives
  • Rester centré sur les objectifs à atteindre pour résoudre le problème à sa source, plutôt que de laisser les émotions personnelles prendre le dessus
  • Inclure une personne neutre pour modérer les discussions et éviter les dérapages émotionnels

🔗 Pour approfondir la question des émotions, je vous invite à lire l'article "L'intelligence émotionnelle, qu'est-ce que c'est ?"

Votre perception est-elle le problème ? L'impact des cadres de référence

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La manière dont les protagonistes conceptualisent un conflit a un impact fondamental sur sa résolution. Si vous percevez un conflit comme une confrontation ou une "guerre", vous adopterez une logique gagnant-perdant, cherchant à dominer ou à avoir raison à tout prix.

🔖Les conceptualisations négatives qui entravent la résolution incluent :

  • Vouloir gagner : Comparer les gains et chercher à obtenir plus que l'autre, sans considérer les circonstances.
  • Vouloir se venger : Chercher à "faire payer" l'autre pour une blessure émotionnelle.

🔖À l'inverse, des conceptualisations facilitent la résolution :

  • Vouloir préserver ou rétablir les relations : Prioriser le lien avec l'autre, ce qui incite à trouver un compromis à l'amiable.
  • Vouloir une solution convenable : Se concentrer sur un objectif de compromis, menant à un dialogue ouvert et constructif.

💡Un dialogue constructif n'est réellement possible que lorsque les parties adoptent une intention compatible avec la résolution. Le rôle d'un intervenant est crucial pour aider les protagonistes à recadrer leur vision du conflit.

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Désamorcer et résoudre : stratégies efficaces pour un milieu de travail harmonieux

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📝La gestion de conflits basée sur des données probantes consiste à choisir des stratégies et interventions fondées sur les résultats de recherches scientifiques, maximisant les impacts positifs et minimisant les effets indésirables.

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Le rôle du leadership : prévenir plutôt que guérir

Les leaders passifs sont souvent associés à des conflits chroniques, leur inertie laissant les désaccords dégénérer. À l'inverse, un leadership efficace peut prévenir et désamorcer les conflits.

4️⃣Quatre qualités humaines sont primordiales:

🔖La communication d'une vision claire : Elle crée un modèle mental commun sur les objectifs et processus, aidant le groupe à arbitrer les conflits de tâches et de processus. Une vision motivante incite les salariés à faire des compromis.

🔖Être une source d'inspiration : Un leader inspirant, qui fait preuve de collaboration, offre un modèle positif de résolution des désaccords, incitant les salariés à rechercher des solutions consensuelles

🔖Faire preuve de considération : Démontrer du respect pour les sentiments des salariés et être sensible à leurs besoins crée un sentiment d'équité, prévenant les conflits relationnels et rendant les salariés plus ouverts aux solutions.

🔖Apporter un soutien émotif : Permettre aux salariés d'exprimer leurs frustrations et les aider à canaliser leurs émotions positivement modère l'escalade des conflits.

💡Un manager qui inspire ses salariés avec une vision commune, et qui fait preuve de soutien et de considération, crée un milieu de travail où les salariés ont plus de chances de régler eux-mêmes les conflits.

L'art du management: éviter certains pièges

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🟠Les managers sont particulièrement exposés aux plaintes de harcèlement, même en exerçant adéquatement leurs responsabilités. Une perception d'injustice par le salarié peut miner le leadership et la productivité. Pour l'éviter, cinq principes sont utiles:

📌Communiquer clairement ses attentes : Consigner les interventions par écrit pour que les salariés soient conscients des attentes.

📌Démontrer une ouverture à la perspective du salarié : Donner la parole au salarié pour qu'il puisse s'expliquer avant de porter un jugement.

📌Faire preuve de constance : Appliquer les règles de manière uniforme à tous pour éviter le favoritisme.

📌Justifier ses décisions : Expliquer les critères et les raisons derrière les choix pour qu'ils soient perçus comme justes.

📌Consigner par écrit les actions : Documenter les décisions et les justifications peut être utile en cas de plainte.

🟠Les décisions difficiles peuvent aussi provoquer des discours parallèles / bruits de couloir. Pour limiter cela, les recherches proposent trois pistes:

📌La justice relationnelle : Le manager doit communiquer avec respect et considération, même face à des décisions impopulaires.

📌Des relations interpersonnelles saines : Favoriser des rapports cordiaux entre collègues réduit la propension aux commentaires négatifs et aide à endiguer les rumeurs.

📌L'identification à l'organisation : Lorsque les salariés s'identifient fortement à l'organisation, ils sont moins enclins à colporter des rumeurs.

🔗Pour approfondir la question du management, je vous invite à lire l'article "pourquoi le bon style de management est un mythe ?"

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Négociation efficace : la transparence comme atout stratégique

🟡Contrairement à l'intuition de certains négociateurs compétitifs, révéler ses vraies priorités peut mener à des résultats supérieurs et doubler les chances que l'autre partie fasse de même. La première offre est également marquante : une offre de règlement raisonnable peut briser le cycle des reproches et positionner avantageusement l'initiateur.

💡L'effet caméléon, qui consiste à imiter les comportements de l'interlocuteur, est utile pour établir un lien de confiance et harmoniser le style de communication, facilitant ainsi les ententes.

Gérer les émotions en médiation : au-delà de la catharsis

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L'idée populaire que "il est toujours sain de se libérer de ses frustrations" est un "mythe de la catharsis". Exprimer des frustrations sans réflexion sur les besoins sous-jacents peut augmenter la charge émotionnelle et intensifier le conflit.

Pour être constructive, l'expression des émotions doit viser une prise de conscience et ne pas attaquer l'image de soi de l'autre. L'intervenant doit contrôler ces conversations, en interrompant les échanges négatifs et en recadrant la discussion vers la prise de conscience des impacts du conflit.

💡Parfois, il est même préférable de ne pas favoriser l'expression des frustrations si elle ne débouche sur aucune prise de conscience. Le médiateur peut aussi aider à gérer la dissonance cognitive en aidant les parties à trouver des justifications plausibles à leur comportement coopératif.

Contenu

Conflits asymétriques : reconnaître les différences d'importance

Il est fréquent que les conflits n'aient pas la même importance pour toutes les parties impliquées, créant des conflits asymétriques. Cette disparité émotionnelle rend la résolution plus difficile. La partie la plus affectée par le conflit a souvent un besoin fondamental de s'exprimer et d'être entendue, surtout si elle a un statut subordonné.

La première intervention consiste à diminuer cette disparité émotionnelle par le soutien et le coaching individuel, aidant la personne affectée à se recentrer sur ses objectifs de résolution plutôt que sur l'expression de sa souffrance.

💡Le médiateur doit être attentif aux asymétries de pouvoir, car ignorer la structure hiérarchique peut être contre-productif.

L'enquête interne : bâtir la confiance dans l'équité

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Lorsqu'un conflit ne peut être résolu à l'amiable et nécessite une décision, un processus d'enquête interne doit inspirer confiance. Les stratégies pour y parvenir incluent:

📌Formaliser le rôle de l'intervenant interne ou externe en charge des enquêtes pour assurer son indépendance.

📌Appliquer des sanctions justes et appropriées, accompagnées d'un processus de coaching pour la personne sanctionnée afin de prévenir d'autres comportements inadéquats.

📌Communiquer au groupe les raisons de la sanction pour réaffirmer les règles et attentes organisationnelles.

💡L'intervenant doit être prudent avec l'empathie, car une compassion inégale peut compromettre sa neutralité et impartialité.

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Naviguer avec des personnalités et des dynamiques de groupe complexes

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Les personnalités difficiles : comprendre pour mieux agir

Les personnalités difficiles ne sont pas nécessairement la cause unique des conflits, mais elles en sont souvent un facteur de risque.

Deux archétypes se distinguent:

📌La personne qui provoque des conflits à répétition et résiste aux efforts de résolution (par exemple, le narcissique envieux).

📌La personne qui fuit les efforts de résolution par crainte de confrontation ou peur de déplaire (par exemple, le dirigeant  trop gentil).

Les stratégies de gestion incluent :

📌Rassurer les personnes évitantes et, si nécessaire, contourner leur inhibition avec des mesures palliatives (ex. : rencontres individuelles, navette entre les parties, propositions de solutions par le médiateur).

📌Contenir les comportements toxiques par une tolérance zéro et des mécanismes de contrôle, car changer la nature de ces individus est rarement possible.

📌Dresser un filet de sécurité autour du climat de travail, en favorisant l'esprit d'équipe et en intégrant la dimension relationnelle dans les processus de recrutement et d'évaluation.

💡Certains traits de personnalité sont plus propices aux conflits :

  • la prédisposition aux émotions négatives (névrosisme) rend les individus plus enclins à se sentir victimes et à réagir avec hostilité.
  • L'extraversion est associée à une plus grande probabilité d'être impliqué dans des conflits en raison d'une tendance à la compétition.

En revanche, la conscience (rigueur, planification) est associée à un style de gestion intégratif, évitant l'escalade et favorisant la résolution rapide.

Le manager trop gentil : une source inattendue de conflits

icone Bien être

Un manager "trop gentil", qui dit oui à tout le monde, peut involontairement créer des frustrations et des injustices. Sa gentillesse, si elle frôle le laxisme, peut devenir une source importante de différends. Le sentiment de justice est au cœur d'un climat de travail harmonieux.

💡Pour combattre la peur de déplaire et prendre des décisions équitables, un manager peut établir des critères de décision et les faire approuver collectivement par ses employés. Cela permet de trancher les situations difficiles en s'appuyant sur des règles communes et renforce le respect des employés.

toxique

Individus toxiques et promotions : un paradoxe à déconstruire

Il arrive que des individus toxiques soient promus malgré leurs comportements inappropriés.

Cela peut s'expliquer par:

📌Une image de "gagnant" auprès de ceux qui ne sont pas directement touchés par leur supervision.

📌La complaisance de la direction, soit par ignorance (les salariés craignent des représailles et ne se plaignent pas), soit par banalisation ("il se calmera une fois promu").

Pour contrer ce risque, les services des ressources humaines peuvent sonder l'opinion des subordonnés avant d'octroyer une promotion, car les individus toxiques laissent de nombreuses traces négatives dans leur environnement. Une fois identifiés, des choix s'offrent à l'organisation : mettre fin au contrat ou encadrer l'individu pour des comportements plus positifs.

💡Il est crucial de distinguer un dirigeant  difficile (qui rend le climat malsain) d'un dirigeant  toxique (qui, en plus, s'attaque à la santé psychologique des employés). L'intervention envers un dirigeant  toxique doit être beaucoup plus ferme, car la santé de l'organisation et le bien-être du personnel sont en jeu.

La dynamique de groupe : un paramètre souvent oublié

groupe DIALOGUE

Les conflits ne surviennent pas en vase clos ; ils sont souvent imbriqués dans la dynamique d'un groupe. Les réactions des collègues et du manager influencent les protagonistes, pouvant amplifier ou résorber les tensions.

Un plan d'intervention efficace ne peut ignorer la dynamique de groupe. Il doit chercher à restructurer le milieu de travail pour éviter que l'entourage ne nourrisse le différend et s'assurer que le groupe soutienne les efforts de résolution.

💡Les mécanismes qui maintiennent une dynamique conflictuelle incluent la constitution de clans (limitant la communication) et les perceptions erronées (attribuant de mauvaises intentions). Changer la dynamique de groupe contribue à favoriser le règlement d'un conflit.

danger répétition

Conflits chroniques : reprogrammer la communication

Lorsqu'un conflit perdure, il peut devenir un facteur structurant, modifiant les processus sociaux du groupe et entraînant un bris de communication. Les membres intègrent des normes négatives, et même si le problème initial est résolu, de nouvelles mésententes peuvent apparaître à cause de ces habitudes.

💡Pour gérer un conflit chronique, il ne faut pas seulement chercher à régler l'objet du désaccord, mais s'attaquer aux dommages causés aux processus sociaux et restructurer la dynamique de communication du groupe. Une discussion ouverte sur les processus relationnels est plus efficace que de se focaliser uniquement sur la difficulté d'origine. L'aide d'un tiers indépendant est souvent nécessaire pour mettre en place de nouvelles habitudes et éviter que les mauvais plis ne reviennent.

Groupes multiculturels : naviguer entre créativité et conciliation

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Les équipes multiculturelles, bien que potentiellement plus créatives et productives, sont aussi plus à risque de conflits en raison de divergences de valeurs, opinions et expériences. Pour tirer profit de cette diversité, il est essentiel de la canaliser adéquatement et de favoriser la communication.

Il est crucial de distinguer entre:

📌Différences informationnelles (diversité ethnique, professionnelle, générationnelle, sexuelle) : Elles sont une source de créativité et incitent au débat pour échanger les points de vue.

📌Différences de valeurs (croyances, normes, appréciation de la justice) : Si non traitées, elles sont une source importante de conflits et les débats à ce sujet sont souvent stériles. Elles nécessitent un effort de conciliation.

Pour gérer ces différences, il est proposé de :

📌Favoriser l'ouverture à la diversité d'opinions et encourager leur expression, même si elles sont divergentes.

📌Rendre les valeurs explicites et en discuter pour les réconcilier.

📌Justifier les demandes par le bien du groupe et expliciter les refus en soulignant les inconvénients pour l'ensemble, afin de légitimer les concessions sans que personne ne perde la face.

📌Pratiquer l'autocensure : Ne jamais inférer l'incompétence, diminuer le rôle, attaquer l'intégrité ou faire paraître l'interlocuteur comme un fauteur de troubles, surtout dans des cultures où l'image de soi est primordiale.

💡La gestion de l'image est un facteur important en contexte de conflit impliquant des gens issus de cultures diverses.

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Conclusion : principes pour une gestion durable des conflits

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La recherche en gestion des conflits, bien que diverse, met en lumière des principes fondamentaux pour des interventions efficaces.

La considération et l'alignement des objectifs : les fondations de l'intervention

🟡L'étape d'amorce d'une intervention est cruciale pour recueillir des informations et prédisposer les protagonistes à une discussion constructive. Deux règles sont essentielles:

📌Démontrer de la considération : Les individus ont besoin de se sentir considérés pour s'ouvrir et accepter d'être guidés.

📌Aligner les objectifs : Il s'agit de s'assurer que les parties partagent la même appréciation de l'ampleur du différend (pour les conflits asymétriques), qu'elles sont prêtes à avancer (maturation du conflit), et qu'elles s'inscrivent dans une logique de compromis et de recherche de solutions.

Le dialogue constructif : briser les cercles vicieux

🟡Pour créer un climat de discussion positif et briser les schémas négatifs, il faut:

📌Prendre soin rapidement des interactions avant que des tensions incontrôlables n'apparaissent.

📌Favoriser l'équilibre des interactions en modifiant les modèles de communication pour créer une dynamique différente.

📌Encourager les échanges directs et respectueux entre les personnes impliquées, signe de désescalade.

📌Encourager l'expression des préoccupations réelles et centrales au conflit, même chez les plus timides, et inciter à faire une première offre raisonnable pour lancer la recherche de solutions.

L'écosystème du conflit : une approche holistique

🟡Un conflit n'est jamais un élément isolé ; il est imbriqué dans la dynamique du groupe et les politiques organisationnelles. Pour une résolution durable, il faut considérer l'écosystème du conflit:

📌L'implication du manager est essentielle pour la mise en œuvre et l'application d'un plan d'intervention.

📌Des relations saines entre collègues offrent un soutien émotif et peuvent exercer une pression positive pour le respect de l'entente.

📌La gestion d'un conflit doit viser non seulement à résoudre le différend, mais aussi à rétablir la cohésion du groupe.

Apprendre des conflits : vers l'amélioration continue

🟡Les conflits, aussi désagréables soient-ils, sont des occasions précieuses d'apprentissage. Une gestion efficace vise à amoindrir le risque de résurgence de conflits similaires en s'attaquant à leur source structurelle :

📌Réaffirmer les normes et règles de groupe lorsque le conflit met en évidence des comportements déviants.

📌Utiliser le conflit comme un révélateur de dysfonctionnements dans l'organisation du travail, les processus ou les critères décisionnels, et y apporter des correctifs.

💡La dimension relationnelle est un thème récurrent et essentiel à une gestion durable des conflits. Que ce soit entre les protagonistes, entre l'intervenant et les parties, ou entre les protagonistes et leurs collègues, des relations saines sont la base d'une résolution réussie et pérenne. Ignorer cette dimension reviendrait à bafouer les constats des recherches scientifiques en gestion des conflits.

👉En intégrant ces principes basés sur des données probantes, les dirigeants et managers seront mieux outillés pour transformer les défis des conflits en leviers de développement pour vos équipes


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Tout savoir sur la dématérialisation des élections du CSE

Tout savoir sur la dématérialisation des élections du CSE

Le contexte législatif impose aux entreprises de plus de 11 salariés d’organiser régulièrement des élections du Comité Social et Économique (CSE) conformément aux articles L2314-26 et suivants du Code du travail. Facilitées par les avancées numériques, ces élections doivent aujourd’hui intégrer des modalités modernes pour répondre aux enjeux : efficacité, participation, accessibilité, et sécurité. La dématérialisation, et en particulier le recours au vote électronique, a connu un développement massif, encadré par une réglementation stricte, notamment via la CNIL, la jurisprudence et le cadre législatif.

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Les différentes modalités de dématérialisation des procès-verbaux d’élection

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Dématérialisation

La dématérialisation classique des PV

L’évolution vers la dématérialisation ne se limite pas à la mise en œuvre du vote électronique, mais concerne également la transmission et la conservation des procès-verbaux (PV). Plusieurs méthodes existent :

📌Validation en ligne et transmission automatique : La solution privilégiée consiste à saisir directement le PV dans une plateforme dématérialisée sécurisée, en conformité avec l’article R2314-22 du Code du travail permettant une transmission instantanée à l’administration.

📌Signature manuscrite puis téléversement : Les membres du bureau de vote signent les PV papier, puis les scannent et les transmettent via une plateforme agréée. Cette approche hybride reste courante, mais elle comporte plus de risques d’erreurs ou de falsification.

📌Transmission dans le cadre d’un vote électronique : Lorsqu’un vote électronique est organisé, le logiciel génère automatiquement le PV signé électroniquement, permettant une transmission rapide, fiable et conforme à la réglementation.

Cadre réglementaire et recommandations relatifs à la dématérialisation des PV

Marteau juridique

📌L’article R2314-22 du Code du travail autorise la transmission électronique des PV. La CNIL, dans sa délibération n°2010-371, recommande de faire certifier ces systèmes par des audits indépendants, notamment pour assurer la sécurité, la confidentialité, et la non modification des données (une liste des prestataires agréés est disponible dans les ressources en bas d'article).

📌La réglementation précise que cette dématérialisation doit faire l’objet d’un protocole d’accord d’accord préélectoral, inscrit dans le cadre juridique, pour garantir leur conformité légale.

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Le vote électronique : un outil pour la modernisation et la sécurisation des élections du CSE

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Proposition

Pourquoi privilégier le vote électronique ?

Le vote électronique constitue une réelle avancée dans la démocratisation du processus électoral, puisqu’il comporte de nombreux avantages :

📌Accessibilité universelle : Il permet à tous les salariés, y compris ceux en télétravail, en déplacement professionnel ou à distance, de participer facilement

📌Participation renforcée : En raison de la simplicité d'utilisation et de l'accessibilité, le vote électronique tend à augmenter le taux de participation par rapport aux scrutins papier, particulièrement dans des environnements de travail complexes où le déplacement physique est contraignant.

📌Efficience et économies : Le vote électronique réduit les coûts associés à l'organisation matérielle d'un vote, notamment la gestion et sécurité des urnes, l'impression des bulletins, ainsi que le temps et les ressources humaines nécessaires au dépouillement manuel.

📌Sécurité et traçabilité : Grâce à des technologies avancées telles que le chiffrement des données, les signatures électroniques, et les scellés numériques, le vote électronique améliore la sécurité du scrutin en garantissant la confidentialité et l'intégrité des votes. Les systèmes de vote électronique permettent également une traçabilité accrue, ce qui aide à assurer la transparence et à réduire les possibilités de fraude.

📌Rapidité des résultats : Le comptage automatisé des votes dans un système électronique permet de consolider rapidement les résultats et de les publier presque instantanément après la clôture du scrutin, garantissant ainsi une réactivité accrue dans les processus décisionnels.

📌Souplesse d'organisation : En facilitant les modalités d'organisation, telles qu'une période de vote étendue et des horaires flexibles, le vote électronique peut être adapté pour maximiser la participation sans interrompre les activités courantes de l'entreprise.

👉Ces avantages font du vote électronique un outil polyvalent, moderne, et efficace pour le déroulement des élections professionnelles, en apportant plus de simplicité et en renforçant la confiance dans le processus électoral.

Cadre juridique et réglementaire

balance justice

L’article L2314-26 du Code du travail précise que le recours au vote électronique doit être prévu dans un accord collectif ou, à défaut, une décision unilatérale La réglementation impose notamment :

📌La négociation préalable avec les partenaires sociaux, sauf en l'absence de délégué syndical (Cass. soc., 13 janvier 2021, nº 19-23.533).

📌La rédaction d’un protocole d’accord préélectoral (PAP) qui établit clairement le cadre général, la désignation du prestataire, la description précise du système, ainsi que les modalités de sécurisation.

📌Le respect par le prestataire retenu des règles relatives à la protection des données.

rouages

La démarche préalable et le déploiement

📌Négociation et formalisation : La négociation doit aboutir à un protocole d’accord écrit, validé et déposé dans le respect des dispositions légales

📌Choix du prestataire : Vérification de la conformité avec le référentiel du ministère du Travail et des certifications (audit, certification CNIL)

📌Rédaction du cahier des charges : Définir en détail tous les aspects techniques : sécurité du système, modalités d’authentification, gestion des incidents, conformité RGPD…

📌Configuration et tests : Mise en place, essais fonctionnels, formation des équipes, communication claire et transparente conformément aux recommandations de la CNIL

📌Organisation pratique : Définir précisément la période d’ouverture, la gestion des incidents, l’accessibilité pour tous, notamment en cas de handicap

Le déroulement du vote électronique

Vote électronique

📌Authentification renforcée : Envoi sécurisé des codes d’accès, double canal sécurisé si nécessaire (email, SMS, courrier)

📌Participation : Le vote via plateforme cryptée, accessible à distance ou dans l’entreprise, sur plusieurs jours, en assurant le secret du scrutin

📌Contrôle : Surveillance en temps réel, vérification de la participation, détection des anomalies.

📌Dépouillement : Résultats signés électroniquement, générés automatiquement, transmis immédiatement à l’administration, conformément au dispositions légales

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Garantir la conformité, la sécurité et la transparence du processus

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Risque

La sécurité du système

📌La plateforme doit être certifiée conforme aux critères de sécurité définis par la CNIL et respecter les standards internationaux tels que la norme ISO 27001

📌Le système doit assurer une cryptographie avancée, une signature électronique et des scellés numériques pour garantir l’intégrité et le secret du vote

📌La mise en place d’un protocole de backup et de plan de reprise d’activité est essentielle pour couvrir toute défaillance ou attaque

📌Des audits réguliers doivent vérifier la conformité technique et réglementaire, avec un contrôle des logs, horodatages, et traces numériques

La transparence et la traçabilité

Conformité

📌Le système doit permettre une mise à disposition du journal d’audit pour vérification, accessible uniquement à des agents habilités

📌La plateforme doit assurer l’horodatage précis des opérations : ouverture, authentification, vote, clôture, et dépouillement (recommandation CNIL)

📌La communication avec les électeurs doit être claire : modalités de vote, garanties de confidentialité, procédure en cas de difficulté

📌La conservation sécurisée des logs, copies signées électroniquement, et des éléments attestant de la conformité du processus permet de prévenir et de gérer toute contestation

RGPD

La conformité réglementaire

📌Respect du RGPD : déclaration à la CNIL, gestion des données sensibles, conservation limitée dans le temps

📌La réalisation d’une étude d’impact est recommandée pour évaluer les risques liés à la sécurité ou la confidentialité

📌La vérification de la certification du prestataire par un organisme indépendant agréé est indispensable

📌La formalisation dans une Charte de sécurité et un cahier des charges précis garantit la conformité réglementaire de l’ensemble du dispositif

Les enjeux, précautions et bonnes pratiques

Bonnes pratiques

🔖La sélection du prestataire

  • Vérifier la référencement officiel ou la certification CNIL
  • Examiner les audits de sécurité réalisés récemment, avec accès aux rapports
  • S’assurer de la conformité RGPD et de la sécurité technique
  • Inscrire ces vérifications dans un cahier des charges précis, intégrant : mode d’authentification, cryptage, gestion des incidents, plan de secours, traçabilité

🔖La gestion des risques et la sécurisation

  • Cryptage avancé et signatures électroniques pour assurer la confidentialité et l’intégrité
  • Mise en place d’un plan de reprise en cas d’attaque ou de panne majeure, avec tests réguliers
  • Formation du personnel impliqué dans la gestion du vote, pour garantir leur maîtrise du système et des procédures
  • Audits périodiques, surveillance continue, et mise à jour des dispositifs de sécurité

🔖La prévention des contestations et la transparence

  • Informer systématiquement tous les électeurs lors du lancement du scrutin, selon les recommandations du Ministère du Travail
  • Mettre à disposition un document explicatif sur la sécurité, la confidentialité, le vote blanc/nul, et la procédure en cas de difficulté
  • Impliquer les représentants syndicaux et élus dans le contrôle des logs, horodatages, opérations de sécurité, et lors de la vérification du processus pour renforcer leur légitimité
  • Conserver de manière sécurisée tous les éléments de preuve (logs, copies signées électroniquement, horodatages) pour pouvoir justifier la conformité du scrutin en cas de contestation
  • Assurer une communication transparente, préalable, et complète auprès de tous les électeurs pour renforcer la confiance dans le processus
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Conclusion

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📝La dématérialisation, notamment à travers le vote électronique, constitue une étape stratégique majeure pour moderniser l’organisation des élections du CSE. Elle permet d’accroître la participation, de simplifier la gestion, tout en garantissant la sécurité, la conformité réglementaire, et la transparence du processus.

Toutefois, sa mise en œuvre exige une préparation rigoureuse : négociation d’un protocole d’accord précis, sélection d’un prestataire certifié, établissement d’un cahier des charges détaillé, intégrité du système et communication claire. La réussite de cette démarche repose sur une gestion responsable, conforme, et transparente, afin de renforcer la légitimité des élus et la confiance dans la démocratie sociale de l’entreprise.

🔓Enfin, concernant son coût, s'il a pu être rédhibitoire pendant longtemps pour les petites structures, il est à présent accessible au plus grand nombre.


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La fiche de poste, on en parle ?

La fiche de poste, on en parle ?

Traditionnellement, la fiche de poste est perçue comme un document administratif synthétique décrivant responsabilités, compétences, conditions et missions d’un poste. Elle sert de référentiel pour le recrutement, l’évaluation et le développement des compétences.

Toutefois, cet outil formel ne suffit pas à saisir la réalité du travail réalisé par les salariés.

Comprendre l’écart entre ce qui est prescrit et ce qui est réellement mis en oeuvre est essentiel.

C'est la raison pour laquelle, au fil de ma pratique, j'ai développé une démarche de co-construction de la fiche de poste entre le manager et le salarié ; l'objectif étant de mobiliser cet outil pour instaurer un dialogue autour du travail, au service de la santé des travailleurs et de la robustesse de l'écosystème.

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Du travail prescrit à l'activité de travail

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Travail prescrit vs travail réel

💡La fiche de poste représente le travail prescrit : celle qui est formellement définie par l’organisation, via ses procédures, normes et responsabilités officielles. Elle sert de cadre réglementaire et normatif, garantissant une certaine cohérence dans la gestion des ressources humaines. Toutefois, cette prescription ne reflète pas entièrement ce qui s’effectue réellement sur le terrain.

💡Le travail effectif, ou ce que l’on peut appeler le travail réel dans une approche clinique, désigne l’ensemble des activités concrètes que le salarié mobilise au quotidien : les tâches formelles, mais aussi toutes les adaptations, improvisations, efforts tacites, interactions sociales, gestion d’imprévus, et stratégies cognitives et émotionnelles.

💡Cet écart entre la fiche et la pratique réelle est omniprésent dans toutes les organisations, je dirais même qu'il est irréductible dans la mesure où il est absolument impossible de prévoir tout ce qui peut advenir dans une situation de travail. Pour illustrer cet écart, citons par exemple :

  • La gestion d’imprévus, où le salarié doit improviser, mobilisant ses compétences, sa créativité et son jugement pour répondre à des circonstances non anticipées.
  • La collaboration informelle, qui permet aux salariés d’échanger et de s’entraider au-delà de leurs responsabilités officielles, exploitant leur savoir-faire tacite.
  • La mise en œuvre d’innovations spontanées, où la capacité à expérimenter et à mobiliser ses ressources personnelles devient une force pour l’organisation.

💡Si on demandait aux salariés de s'en tenir à leur fiche de poste, aucune organisation ne fonctionnerait. C'est d'ailleurs ce qui se passe lorsque les travailleurs font une "grève du zèle". Ils s'en tiennent aux consignes formelles et plus rien n'avance.

 

Les conséquences possibles de cet écart

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Cet écart peut générer des tensions, de la surcharge, voire du stress ou un sentiment d’injustice. Ainsi nombre de managers ont entendu "mais ce n'est pas sur ma fiche de poste !".

💡Ce qu’il faut souligner, c’est que cet écart n’est pas uniquement négatif ou aliénant. Au contraire, lorsque le salarié dispose d’autonomie, de marges de manœuvre, et peut faire preuve de créativité, d’ingéniosité et d’intelligence dans l’exercice de ses activités, ces dimensions deviennent des facteurs de protection pour sa santé. La capacité à adapter ses actions, à mobiliser ses compétences tacites et à faire preuve d’initiative permet non seulement de répondre aux imprévus mais aussi d’enrichir la pratique professionnelle.

Ces ressources personnelles contribuent à une activité porteuse de sens, qui renforce la résilience de l’individu face aux tensions et à la surcharge.

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Lien entre activité de travail et santé

💡L’activité de travail désigne l’ensemble des processus physiques, cognitifs et sociaux mobilisés par un individu pour réaliser ses tâches. Elle inclut non seulement l’exécution formelle, mais aussi la prise de décisions, l’adaptation aux contraintes, la gestion des priorités, et la mobilisation de compétences tacites.

👍La possibilité pour le salarié de disposer de marges de manœuvre, à condition qu’elles soient encadrées et valorisées, transforme la tension potentielle entre prescription et réalité en un levier de développement personnel et collectif.

👍Lorsqu’il peut exercer sa créativité, faire preuve d’autonomie, et mobiliser ses ressources dans un cadre organisé, le salarié réduit sa vulnérabilité face aux risques psychosociaux et accroît sa capacité à rebondir.

👉En résumé, la distinction entre travail prescrit, travail réel et activité de travail dans une approche clinique doit s’appréhender comme une articulation dynamique :

  • La fiche de poste offre une base normative, mais ne peut se suffire à elle-même.
  • Le travail réel, ou activité effective, est un territoire mouvant où la richesse et l’autonomie jouent un rôle clé dans la santé et la performance.
  • La capacité à faire preuve de créativité, à s’adapter et à exercer son jugement dans cet espace est un facteur de protection essentiel pour le salarié, à condition qu’il soit encadré, reconnu et cultivé par l’organisation.

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Et la charge de travail dans tout ça ?

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Cette articulation entre travail prescrit, travail réel et activité de travail montre que la gestion du travail va bien au-delà de la simple exécution de tâches.

C'est pourquoi il est si difficile pour les organisations d'agir sur les problématiques de charge de travail (sous-charge ou surcharge) quand elles surviennent. La charge de travail, pour être comprise et régulée efficacement, doit intégrer non seulement les contenus formels, mais aussi l’ensemble des efforts, tensions et ressources mobilisées dans la pratique quotidienne.

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Les 3 dimensions de la charge de travail

La charge de travail comporte trois dimensions essentielles :

📌Charge prescrite (P): "C’est la tâche au sens ergonomique, le système de contraintes qui s’impose au salarié, tant du point de vue quantitatif que qualitatif. Ce sont les objectifs que l’on attend du travail, les attentes définies par les organisateurs du travail et dont l’exécution est vérifiée par le management" (ANACT)

📌Charge de travail réelle ou vécue (R) : C’est l’astreinte au sens ergonomique, le « coût » que le salarié « défraye » pour réaliser l’activité. Les ergonomes ne parlent de charge de travail que dans ce sens précis. La charge de travail réelle concerne l’ensemble des régulations effectuées ici et maintenant pour atteindre les objectifs et préserver sa santé. Un excès d’objectifs ou a contrario une sous-utilisation des capacités cognitives, une insuffisance de moyens ou de compétences peuvent altérer le sentiment de bien-être au travail et même la santé" (ANACT)

📌Charge de travail subjective ou ressentie (S) : « C’est le « ressenti », l’évaluation que fait le salarié de sa propre situation. Celle-ci peut varier fortement en fonction de l’équilibre rétribution/contribution, de la reconnaissance et du sentiment d’utilité ou de « beauté » (1) conférée au travail. Une charge de travail lourde, s’il elle fait l’objet d’une rétribution et d’une reconnaissance conséquente (par les pairs ou la hiérarchie) peut être ressentie positivement. À l’inverse, une charge faible, un travail non reconnu et déconsidéré peuvent être très mal vécus » (ANACT)

💡On comprend ainsi que se baser uniquement sur la fiche de poste pour évaluer la charge réelle n'est pas suffisant (c'est pourtant l'erreur que commettent de nombreuses organisations!).

Il est en effet primordial d’intégrer tout ce que le salarié doit mobiliser, en prenant en compte ses ressources personnelles, la qualité de l’environnement, le support disponible, et les tensions du contexte. La charge ne se limite pas à une simple liste de tâches ; elle englobe aussi les efforts cognitifs, émotionnels, et relationnels que le travail impose dans des conditions souvent fluctuantes.

👉Exemples concrets

  • Un agent de maintenance doit non seulement suivre une procédure mais aussi gérer les imprévus techniques, le stress lié à la pression des délais, et la cohésion avec ses collègues. La charge réelle dépasse largement la fiche de tâches initiale.
  • Un médecin doit équilibrer la charge cognitive élevée due à la complexité des cas cliniques, le temps de consultation, et la gestion des situations émotionnellement exigeantes, tout cela dans un contexte où les ressources peuvent être insuffisantes.

 

Les 3 phases à mettre en oeuvre pour agir sur la charge de travail

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🔖Analyse de la charge de travail

Recueillir les signaux faibles (fatigue, stress, irritabilité) via des entretiens ou questionnaires. Définir dans quelles dimensions (quantitative, qualitative, émotionnelle, contextuelle) la surcharge apparaît en impliquant salariés, managers et RH.

🔖Régulation de la charge de travail

Adapter l’organisation : redistribuer les responsabilités, renforcer l’autonomie, ajuster les moyens. Favoriser la mobilisation collective pour ajuster durablement la charge, en valorisant les ressources personnelles et professionnelles.

🔖Suivi et Évaluation de la charge de travail

Mesurer régulièrement la perception de surcharge, la santé mentale et la qualité de vie au travail à l’aide d’indicateurs. Réajuster l’organisation en continu en fonction des nouveaux signaux pour garantir un équilibre durable.

👉 En résumé, une régulation efficace repose sur une connaissance fine des trois dimensions de la charge, une démarche participative d’analyse, des ajustements continus, et une évaluation régulière pour préserver la santé, la motivation et la robustesse.

Loupe travail

L'apport de la clinique du travail dans l'analyse du travail

L’approche clinique du travail — qui consiste à analyser le travail tel qu’il est réellement exercé, ses besoins, ses tensions, ses ressources et ses significations — est un outil précieux pour comprendre les déséquilibres de la charge.

Elle permet d’identifier les situations où la demande dépasse la capacité réelle du salarié, ou au contraire, où le travail devient en partie invisible parce qu’une partie importante de l’activité n’est ni prescrite ni valorisée.

Une fiche de poste qui intègre ces dimensions favorise une régulation plus fine du travail, en évitant de se limiter à la simple description formelle. Elle permet aussi d’instaurer un dialogue véritablement constructif autour de ce que le salarié mobilise dans ses conditions concrètes d’exercice.

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Les bénéfices d'une co-construction de la fiche de poste

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Pourquoi co-construire la fiche de poste ?

Reconnaître la complexité de la charge de travail — ses différentes dimensions (prescrite, réelle, subjective) — ainsi que ses impacts potentiels sur la santé des salariés, nécessite de dépasser les approches traditionnelles souvent limitées. Trop fréquemment, les fiches de poste sont rédigées par la direction ou les RH (quand elles ne sont pas la retranscription des offres d'emploi), puis transmises aux salariés sans réelle mise à jour ou appropriation. Ce décalage avec la réalité du terrain limite leur efficacité, voire leur intérêt pour la gestion et l’organisation du travail.

Il est donc essentiel d’adopter une démarche structurée et participative pour clarifier et formaliser les missions et responsabilités, et surtout d'en discuter.

Dans cette optique, la co-construction s’avère comme une démarche pertinente. En impliquant salariés et managers dans une exploration commune, elle permet d'établir un dialogue authentique sur le travail réel et ses conditions, pour :

  • Donner au manager une meilleure représentation de la réalité du travail,
  • Favoriser la reconnaissance du travail pour le salarié,
  • Instaurer un processus d’échange et d'ajustements continus

Les étapes clés de cette démarche de co-construction de la fiche de poste

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🔖 Préparation

  1. Pour le manager : identifier les besoins, analyser le contexte précis du poste, connaître les enjeux organisationnels et les moyens disponibles
  2. Pour le salarié : structurer sa présentation des missions réalisées

🔖Dialogue entre manager et salarié

  • Organiser un entretien structuré pour échanger sur la perception de chacun concernant le contenu du poste
  • Discuter des difficultés rencontrées, des imprévus réguliers et des adaptations nécessaires dans la pratique, tout en clarifiant les attentes réciproques

Cette étape oblige le manager à questionner le travail, en se départissant de ses représentations préétablies et en associant la question des missions, responsabilités, compétences et moyens.

🔖Co-rédaction

  • Rédiger ensemble la fiche de poste en conciliant besoins organisationnels et réalité de l'activité et des ressources (compétences, moyens matériels, temps disponible, ...).
  • Il est crucial de penser en termes de missions et responsabilités, et non de micro-tâches, pour donner une vision globale et cohérente

À titre personnel, cette étape se fait souvent en direct avec le salarié, avec un écran partagé, afin de fluidifier l'étape de la validation.

🔖Validation et suivi

    • Faire valider la fiche par toutes les parties prenantes (RH, hiérarchie, salarié)
    • Instaurer un processus de révision périodique pour ajuster le contenu selon l’évolution du travail et de l’organisation
    • L’entretien annuel peut servir de prétexte pour revisiter la fiche, sauf si des changements majeurs en cours d’année nécessitent une mise à jour plus urgente

Ce processus vise à instaurer un dialogue permanent, basé sur la reconnaissance des réalités du terrain et la nécessité d’adapter en continu les responsabilités et ressources.

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Les bénéfices d’une fiche de poste co-construite et vivante

🔖 Sur le plan de la santé au travail

  • Réduction du stress et des tensions liées aux contradictions entre prescrit et réel
  • Reconnaissance des efforts cognitifs et émotionnels requis
  • Prévention des risques psychosociaux en clarifiant et ajustant les responsabilités et marges de manœuvre

🔖 Sur le plan de la charge de travail

  • Prise en compte des efforts effectivement déployés, permettant une meilleure régulation
  • Capacité à anticiper et réguler les déséquilibres liés à un environnement en constante évolution

🔖 Sur le plan du dialogue social et du dialogue professionnel

  • Instauration d'espaces de dialogue permettant de partager les enjeux globaux et les réalités du terrain
  • Construction d’une confiance mutuelle renforcée par la transparence et la reconnaissance

🔖 Approche managériale

  • Développement d’une culture participative, flexible et adaptative
  • Valorisation des savoir-faire informels et tacites
  • Montée en compétence sur les questions de travail réel et de charge de travail, permettant d'améliorer son accompagnement au quotidien

🔖 Impact stratégique

  • Une fiche intégrant la diversité des activités et ressources mobilisées devient un outil clé pour aligner attentes organisationnelles et réalité du terrain
  • Elle facilite la remontée d’informations pour une gestion proactive des risques, notamment psychosociaux, et pour l’amélioration continue de l’organisation du travail
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Conclusion : la fiche de poste, cle de voûte de votre organisation

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Bien plus qu’une formalité administrative, la fiche de poste est l’outil de base pour sécuriser la relation de travail et donner du sens à l’activité. En clarifiant les attentes, elle réduit les zones d’ombre, limite les tensions liées au "travail empêché" et pose les fondations d'un management sain et transparent.

C’est le point de départ d’une organisation robuste, capable de protéger la santé des collaborateurs tout en servant la robustesse de la structure.


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Je suis en capacité de vous accompagner pour transformer vos outils RH en véritables boucliers pour votre structure :

  • Clarification & sens : articulation entre projet global / stratégie et déclinaison opérationnelle, définition des rôles et des responsabilités en intelligence collective pour lever les zones de flou,

  • Sécurisation : questionnement de la charge de travail, mise en lien des missions et responsabilités avec les compétences, . . .

  • Accompagnement managérial : transmission de méthodologie pour parler du travail entre manager et salarié, sensibilisation aux principes de la QVCT, ...

Ne laissez pas l'incertitude s'installer dans vos équipes. Que vous soyez une association, une TPE-PME ou une collectivité territoriale, je me déplace « in situ » pour analyser vos besoins réels et construire avec vous des solutions sur-mesure.

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Harcèlement vertical ascendant : comment le reconnaître, le prévenir et agir ?

Harcèlement vertical ascendant : comment le reconnaître, le prévenir et agir ?

☠️ Le harcèlement au travail est un fléau qui touche de nombreuses organisations (y compris les structures de l'ESS), quelles que soient leur taille ou leur secteur d'activité. Si ce n'est pas déjà fait, je vous invite à prendre connaissance de l'article "Le harcèlement moral au travail : comprendre et agir".

Si le harcèlement vertical descendant, exercé par un supérieur hiérarchique envers un subordonné, est le plus souvent mis en lumière, il ne faut pas négliger une autre forme de harcèlement : le harcèlement vertical ascendant. 👉 Dans cet article, j'ai souhaité faire un tour d'horizon pour vous aider à identifier, comprendre, prévenir et traiter ce type de harcèlement.

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Les différents niveaux de harcèlement moral au travail

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💡Il y a 2 niveaux de harcèlement au travail : le harcèlement organisationnel ou institutionnel et le harcèlement individuel.

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Le harcèlement organisationnel / institutionnel

🔖Au niveau organisations ou institutionnel

Le harcèlement moral institutionnel se traduit par des humiliations publiques, un isolement, un surcontrôle du travail, déclassement / dévalorisation, une surcharge de travail suite à des licenciements ou bien à une réorganisation, ....

Il peut prendre la forme de pratiques managériales délibérées (voir la liste des techniques de management pathogène de Souffrance et Travail), de harcèlement stratégique pour se débrasser d'une personne, de harcèlement involontaire.

Le harcèlement au niveau individuel

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🔖Au niveau individuel

⬇️Le harcèlement vertical descendant : C'est la forme la plus courante, où un supérieur hiérarchique harcèle un subordonné. Ce type de harcèlement est souvent caractérisé par un abus de pouvoir, renforcé par la relation hiérarchique. Il est plus susceptible de se produire dans des environnements stressants ou incertains.

↔️Le harcèlement horizontal : Il concerne les collègues de même niveau hiérarchique. Ce harcèlement peut être individuel ou collectif. Les manifestations typiques incluent des moqueries, des incivilités, parfois des menaces, et fréquemment l'isolement social de la victime. Il s'agit d'une coalition contre un bouc émissaire.

⬆️Le harcèlement vertical ascendant : Dans ce scénario moins fréquent, un subordonné harcèle son supérieur. Ce type de harcèlement se manifeste souvent par un travail délibérément mal exécuté, des plaintes constantes, le refus de coopérer, ainsi que des comportements irrespectueux comme la nonchalance, les critiques excessives, la propagation de rumeurs et les moqueries.

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Harcèlement moral vertical ascendant : comprendre pour pouvoir agir

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Cadre juridique

💡Le harcèlement vertical ascendant est avant tout juridiquement un harcèlement. Il se caractérise par des agissements répétés de la part d'un ou plusieurs subordonnés envers un supérieur hiérarchique, ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail de ce dernier.

📌 Le harcèlement moral suppose, pour être caractérisé, des agissements répétés. C'est-à-dire qu'un acte isolé, même aux conséquences particulièrement graves, ne relève pas de cette qualification.

Il peut se manifester sous différentes formes : insultes, menaces, dénigrement, refus d'obéissance, surcharge de travail, etc.

🔔Pour la première fois, en 2011, la chambre criminelle de la Cour de Cassation a condamné un salarié auteur d’ un harcèlement moral ascendant (remontant) que peut exercer un subordonné sur son supérieur hiérarchique : un éducateur a été poursuivi pour avoir harcelé moralement son chef de service. Les conditions de travail s’étaient tellement dégradées que le chef de service s’est suicidé.

…il est reproché au prévenu de s’être rendu coupable de harcèlement moral sur la personne de M. X…, son supérieur hiérarchique, en dévalorisant de manière régulière son action et en diffusant une image d’incompétence dans son environnement professionnel et auprès des agents de son service en multipliant les refus de se soumettre et les critiques de ses instructions, en adoptant de manière répétée un comportement irrévérencieux et méprisant; que ces agissements, compte tenu de leur répétition dans le temps, peuvent, certes, avoir eu pour effet de dégrader les conditions de travail au sein du SAST et plus particulièrement celles de M. X…, son chef hiérarchique…

Arrêt du 6 décembre 2011, n° 10-82.266

Les principaux déclencheurs spécifiques du harcèlement vertical ascendant (selon S. BRANCH)

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🤔Le harcèlement ascendant est souvent difficile à identifier, car il remet en question l'ordre hiérarchique établi. Les victimes, souvent des managers, peuvent ressentir un sentiment de culpabilité et d'incompétence, et hésiter à dénoncer les agissements dont elles sont victimes par peur des représailles ou par crainte de ne pas être prises au sérieux.

L’environnement de travail

Cela inclut la pression vécue par les managers en raison d’une forte charge de travail pour eux et l’équipe de travail, et un environnement de travail inefficient où des conflits restent non résolus, menant donc à un manque d’harmonie dans le groupe de travail où les problèmes ne sont pas traités de manière constructive. L’environnement de travail comprend également les environnements acceptant ou tolérant les comportements inappropriés au travail et le manque de pouvoir ou de ressources détenu par le manager pour aborder les comportements inappropriés.

Le changement

Le changement serait le principal facteur de déclenchement du harcèlement vertical ascendant.

Cette catégorie comprend les changements organisationnels, mais aussi l’arrivée d’un nouveau manager qui encourage le changement. Il semblerait que les salariés réagissent au changement qui leur cause de la peur et crée de l’incertitude. Selon Branch, les salariés mettraient aussi de la pression à leur manager pour qu'il change une décision qui ne leur convient pas et pourraient même vouloir se venger d’une telle décision.

Le pouvoir

Dans la catégorie du pouvoir, Branch identifie le manque de respect du rôle de manager comme cause du harcèlement, qui peut aussi avoir lieu parce que le salarié est critique envers l’organisation de par son savoir, ses compétences ou son expertise qui sont difficiles à remplacer. Le manager est donc dépendant de ce salarié, ce qui peut le faire hésiter à adresser les comportements inappropriés dès le début.

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Les différentes dimensions impliquées dans le harcèlement vertical ascendant

🔎Il est important de disposer d'une vue d'ensemble des différentes dimensions impliquées dans le phénomène complexe du harcèlement vertical ascendant, allant des facteurs organisationnels aux conséquences individuelles à long terme.

🔖Le contexte organisationnel et intersubjectif

L'environnement de travail et les relations interpersonnelles au sein de l'organisation peuvent avoir une incidence sur la survenue de ces situations :

  • La culture d'entreprise et ses valeurs
  • Les politiques et procédures en place
  • La structure hiérarchique
  • Le style de management
  • La qualité de la communication interne
  • Les dynamiques de groupe et les relations de pouvoir

🔖Les aspects intrapsychiques

Il est important de comprendre les processus psychologiques internes des individus impliqués dans le harcèlement :

  • Les traits de personnalité
  • Les motivations personnelles
  • Les mécanismes de défense psychologique
  • Les expériences passées et les traumatismes
  • L'estime de soi et l'image de soi
  • Les croyances et les valeurs individuelles

🔖Le cours du processus de harcèlement et l'interaction de facteurs sociaux, intersubjectifs, individuels et intrapsychiques

Il est essentiel de souligner la complexité et l'évolution du harcèlement au fil du temps, en tenant compte de multiples facteurs :

  • Les étapes du processus de harcèlement
  • L'escalade des comportements négatifs
  • L'influence des normes sociales et culturelles
  • Les dynamiques de groupe et les alliances
  • Les réactions individuelles et leur évolution
  • L'interaction entre les facteurs psychologiques et sociaux

Les manifestations et conséquences du harcèlement moral vertical ascendant

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🔖 Les principaux comportements mis en oeuvre par un salarié harceleur envers son manager

[Selon Marie-France HIRIGOYEN]

  • Comportements passifs agressifs (Retards / absences répétés, opposition plus ou moins manifeste, délais non tenus, travail non fait ou mal fait)
  • Rumeurs au sujet du manager auprès des collègues
  • Remise en question régulière des objectifs
  • Remise en question du mode de management
  • Critiques sur les compétences ou la personnalité du manager
  • Accusations indues de harcèlement dès lors que le manager donne des instructions, des objectifs ou formule des remarques

Les organisations aux structures hiérarchiques ambiguës ou aux processus de gestion des plaintes défaillants sont particulièrement exposées à ce type de harcèlement.

🔖Les conséquences psychopathologiques et psychosociales

Les effets à long terme du harcèlement sur la santé mentale et le bien-être social des victimes :

  • Perte progressive de confiance en soi et dans les autres
  • Sentiment d'impuissance
  • Perte de crédibilité
  • Isolement social et difficultés relationnelles
  • Stress chronique et détérioration du bien-être
  • Remise en question permanente de ses compétences
  • Paralysie décisionnelle face aux situations complexes
  • Troubles anxieux et dépressifs
  • Syndrome de stress post-traumatique
  • Problèmes familiaux et conjugaux
  • Difficultés de réinsertion professionnelle
  • Impact sur la carrière et les perspectives d'emploi

La situation peut conduire à l'épuisement professionnel pouvant inclure :

  • Fatigue chronique et épuisement émotionnel
  • Cynisme et détachement professionnel
  • Baisse de la performance et de la productivité
  • Troubles du sommeil et de l'appétit
  • Symptômes physiques (maux de tête, tensions musculaires, etc.)
  • Difficultés de concentration et de prise de décision

🔖Les conséquences au niveau organisationnel

Au niveau organisationnel, ce harcèlement engendre une diminution de la productivité, un fort turnover et une détérioration de l'ambiance de travail.

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Comment agir contre le harcèlement vertical ascendant ?

L'organisation doit agir rapidement, amener des solutions concrètes, assister la victime dans la gestion de la situation et surtout lui faire sentir qu’elle peut venir chercher du support sans peur d’être jugée. 🚫Elle ne peut pas demander au manager de régler le problème avec son collaborateur !

🔖Les bons réflexes

  • Écoute attentive et bienveillante de la victime : recueillir son témoignage et prendre ses accusations au sérieux
  • Enquête interne objective et confidentielle : mener des entretiens avec les personnes concernées, recueillir des preuves, etc.
  • Mesures disciplinaires à l'encontre du ou des harceleurs : avertissement, blâme, mise à pied, licenciement, etc.
  • Accompagnement de la victime : psychologique, juridique, etc.

🔖L'importance de la prévention

Par ailleurs, sur un plan plus général, il peut être judicieux de :

  • Mettre en place une politique de prévention claire et accessible à tous : charte de bonne conduite, guide pratique sur le harcèlement, etc.
  • Former les managers et les salariés sur le harcèlement : sensibilisation aux différentes formes de harcèlement, aux mécanismes de signalement, etc.
  • Créer un climat de confiance et de respect mutuel : encourager le dialogue, la communication non-violente, la résolution des conflits
  • Encourager la communication et la remontée d'informations : mettre en place des canaux de communication efficaces
  • Mettre en place des espaces d'échange entre managers (de type codev) pour permettre aux managers de partager leurs expériences et de trouver du soutien auprès de leurs pairs
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Conclusion

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📝Le harcèlement ascendant est une réalité souvent passée sous silence par crainte de fragiliser l'autorité. Pourtant, laisser un manager seul face à des agissements hostiles répétés, c'est mettre en péril l'équilibre de toute une unité de travail. Reconnaître cette forme de souffrance, ce n'est pas nier le pouvoir hiérarchique, c'est au contraire réaffirmer l'importance d'un cadre de travail éthique où la dignité de chacun — quel que soit son rang — est protégée par l'institution.

Mon expérience personnelle m'a confrontée à la difficulté de faire reconnaître de telles situations.

🔓Engageons-nous à créer des environnements où le respect et le soutien sont la norme, et où le harcèlement, sous toutes ses formes, est combattu avec détermination.


🤝Besoin d'un appui externe pour co-construire un environnement de travail sécurisé pour vos salariés ?

Face au harcèlement ascendant, la solitude du manager et l'impuissance de la direction peuvent paralyser l'organisation. Chez RH IN SITU, j'interviens pour dénouer ces situations complexes et restaurer une autorité saine et respectée.

Mon accompagnement se concentre sur trois axes opérationnels :

  • Diagnostic de l'organisation et évaluation des risques : j'identifie les zones de flou dans votre organisation, réalise une évaluation des risques professionnels, analyse les process et outils RH et managériaux, analyse le fonctionnement du dialogue social et professionnel, ...

  • Sécurisation managériale : J'accompagne les dirigeants et les cadres dans la gestion de ces situations (posture, outils RH, cadre légal) afin de lever la sidération et de reprendre la main sur le pilotage de l'activité, ...

  • Médiation et enquêtes internes : En cas de signalement, je facilite la mise en place d'enquêtes internes neutres ou de dispositifs de médiation pour traiter les faits avec objectivité et prévenir les risques de récidive, ...

Ne laissez pas l'isolement managérial fragiliser votre structure. Que vous soyez une association, une TPE-PME ou une collectivité territoriale, je me déplace « in situ » pour vous aider à restaurer un climat de travail sain et constructif.

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Travailler sur le travail : l’approche clinique pour transformer les pratiques professionnelles

Travailler sur le travail : l’approche clinique pour transformer les pratiques professionnelles

▶️ Série — L'approche clinique du travail

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Cet article est le second d'une série de neuf consacrée à l'approche clinique du travail. 🔗 Article 1 : Pourquoi parler du travail au travail change tout 🔗 Article 3 : Analyser le travail et mieux comprendre les réalités professionnelles : un enjeu clé pour les dirigeants et managers  🔗 Article 4 : Les cliniques du travail et la santé au travail 🔗 Article 5 : Le genre professionnel et le style personnel : Pourquoi vos salariés ne travaillent pas tous de la même façon (et pourquoi c’est une bonne nouvelle) 🔗 Article 6 : L’auto-confrontation croisée : rendre visible ce que le travail réel contient d’invisible🔗 Article 7 : La dispute professionnelle : pourquoi le désaccord sur le travail est une ressource, pas un problème 🔗 Article 8 :  La clinique du travail dans les petites et moyennes organisations : conditions de réussite d'une intervention 🔗 Article 9 :  Clinique du travail et dialogue social : un pont nécessaire

Dans un monde professionnel en constante mutation, l'approche clinique du travail vise à comprendre et améliorer les conditions de travail, en co-analysant l’activité réelle des travailleurs avec les travailleurs.  Au travers de cet article, je vous explique ce qui se cache derrière ce terme énigmatique de "clinique du travail". C'est parti !

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Qu'est-ce que l'approche clinique du travail ?

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L'approche clinique du travail consiste à analyser collectivement les situations de travail réel. Il s'agit d'aller au-delà du travail prescrit (par exemple fiche de poste) pour explorer le travail tel qu'il est vécu et réalisé par les professionnels au quotidien.

👉Cette approche permet de mettre en lumière les écarts entre le travail prescrit et le travail réel, ainsi que les stratégies développées par les travailleurs pour faire face aux défis de leur activité. Le travail est considéré comme un lieu de développement potentiel pour les individus et les collectifs.

💡Elle se distingue des approches classiques de management ou de conseil par sa posture fondamentale : ce ne sont pas des experts extérieurs qui diagnostiquent et prescrivent des solutions, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui deviennent analystes de leur propre activité, accompagnés par un intervenant qui crée les conditions de cette réflexion.

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Pourquoi travailler sur le travail ?

🎯 Les objectifs de cette démarche sont multiples :

  • Pour développer une compréhension approfondie des situations de travail;
  • Pour identifier les ressources et les contraintes dans l'activité professionnelle;
  • Pour favoriser le dialogue et la coopération entre les acteurs du travail;
  • Pour promouvoir la santé et le bien-être au travail;
  • Pour améliorer la qualité du travail;
  • • Pour développer le pouvoir d'agir des collectifs professionnels face aux défis organisationnels;
  • . . .

👉 La clinique du travail permet de rendre visible l’invisible.

Quelles méthodes permettent de travailler sur le travail ?

📌 La clinique du travail mobilise diverses méthodologies qualitatives :

  • L'observation participante;
  • Les entretiens individuels et collectifs;
  • L'analyse de l'activité;
  • L'auto-confrontation croisée — méthode phare de la clinique de l'activité; 🔗 Pour approfondir : Auto-confrontation croisée 
  • Les groupes de codéveloppement professionnel;
  • Les groupes de discussion et d'analyse des pratiques;
  • La co-construction de solutions avec les acteurs concernés;
  • . . .

👉Ces méthodes visent à créer des espaces de dialogue et de réflexion sur le travail, permettant aux travailleurs de devenir analystes de leur propre activité. Cela favorise la réflexivité et le développement d'une posture de recherche de solutions.

🔗 Pour approfondir : La dispute professionnelle 

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Quelle est la posture de l’intervenant qui accompagne ce travail ?

❇️L'intervenant en clinique du travail adopte une posture spécifique, caractérisée par :

  • Une écoute active et bienveillante ;
  • Un positionnement de "non-savoir" face à l'expertise des travailleurs sur leur propre activité ;
  • Une attention particulière aux affects et aux émotions liés au travail ;
  • Un rôle de facilitateur dans les processus de réflexion collective ;
  • Un engagement éthique fort, respectant la confidentialité et l'intégrité des participants.

💡Cette posture de « non-savoir » mérite d'être explicitée. Elle ne signifie pas que l'intervenant ne sait rien — il dispose d'une expertise méthodologique solide. Elle signifie qu'il ne sait pas, et ne prétend pas savoir, ce que les travailleurs savent de leur propre activité. C'est cette asymétrie assumée qui crée les conditions d'une exploration authentique.

Quels sont les bénéfices à travailler sur le travail ?

équipe

⚜️Les bénéfices de cette approche sont nombreux :

  • Une meilleure reconnaissance du travail réel et de l'expertise des professionnels;
  • Le développement du pouvoir d'agir des travailleurs;
  • L'amélioration des conditions de travail et de la qualité de vie au travail;
  • Le renforcement de la cohésion d'équipe et du sens du travail;
  • L'optimisation des processus et de l'organisation du travail;
  • Le développement de la créativité et de l'innovation dans les pratiques professionnelles;
  • La réduction des tensions et des RPS par un travail sur les causes organisationnelles profondes;
  • . . .
échelle objectif

Quels défis à travailler sur le travail ?

🗡️Le travail sur le travail présente également des défis importants :

  • Il nécessite un engagement fort de l'ensemble des acteurs de l'organisation, y compris la Direction;
  • Il peut mettre en lumière des tensions ou des contradictions dans le travail, ce qui demande une approche bienveillante et constructive;
  • Il requiert du temps et des ressources, ce qui peut être difficile à mobiliser dans des contextes de forte pression économique ou de crise (mais pas impossible);
  • Il peut susciter des résistances, notamment lorsqu'il remet en question des pratiques ou des organisations établies.;
  • Il demande une vigilance éthique constante, notamment en termes de confidentialité et de respect des personnes.

👉 Ces défis font partie intégrante du processus de transformation du travail et doivent être abordés de manière réflexive et collective. Pour les TPE-PME et les associations, ces défis ont des déclinaisons spécifiques que nous explorons dans l'article dédié aux conditions de réussite d'une intervention clinique dans les petites et moyennes organisations.

#1

Comment se déroule une intervention en clinique du travail ?

📝 Les grandes étapes d'une intervention en clinique du travail peuvent être résumées en cinq phases principales, chacune ayant ses spécificités et points de vigilance.

Etapes, spécificités et points d'attention

🔖Phase 1 - La demande et le cadrage

🔎Spécificités : L'intervenant rencontre les commanditaires pour comprendre la demande, ses enjeux et ses limites. Cette phase est cruciale : une demande formulée en termes de solutions (« il nous faut un outil ») doit être retraduite en termes de problèmatiques à explorer. C'est aussi à ce moment que les conditions éthiques de l'intervention sont posées.

⚠️Points d'attention : • Identifier les demandes implicites ou cachées • Éviter d'être instrumentalisé par un groupe d'acteurs • Garantir l'indépendance de l'intervenant

🔖 Phase 2 - L'investigation

🔎Spécificités : L'intervenant observe, rencontre les acteurs, recueille leur expérience du travail réel. Il s'agit de comprendre le travail tel qu'il se fait, pas tel qu'il est prescrit. Les entretiens ne portent pas sur les opinions ou les satisfactions, mais sur l'activité concrète : « Décrivez-moi votre dernière matinée de travail ».

⚠️Points d'attention : • Respecter la confidentialité des échanges • Être attentif aux dynamiques de groupe et aux jeux de pouvoir • Éviter les interprétations hâtives

🔖 Phase 3 - L'analyse et la restitution

🔎Spécificités : Les données recueillies sont analysées et restituées aux acteurs. La restitution n'est pas un rapport — c'est une occasion de dialogue. Les travailleurs réagissent, complètent, corrigent. C'est souvent lors de cette phase que les véritables prises de conscience se produisent.

⚠️Points d'attention : • Favoriser l'expression de tous les points de vue • Gérer les réactions défensives ou de déni • Gérer les tensions et les conflits qui peuvent émerger • Maintenir une posture de facilitateur plutôt que d'expert

🔖 Phase 4 - La co-construction

🔎Spécificités : Les acteurs construisent ensemble des pistes de transformation. L'intervenant ne propose pas de solutions — il crée les conditions pour que les acteurs en élaborent eux-mêmes, à partir de leur connaissance intime du travail réel.

⚠️Points d'attention : • Adapter le langage aux différents publics • Veiller à ce que les propositions soient réalistes et appropriées

🔖 Phase 5 - Le suivi et l'évaluation

🔎Spécificités : Les changements sont mis en œuvre et évalués. L'évaluation ne porte pas seulement sur les indicateurs quantitatifs, mais sur la qualité de l'activité et le développement du pouvoir d'agir des collectifs.

⚠️Points d'attention : • Maintenir la mobilisation des acteurs dans la durée • Adapter le dispositif aux évolutions de la situation • Préparer le désengagement progressif de l'intervenant

#2

Conditions de réussite de la démarche d'intervention en clinique du travail

Tout au long de ces étapes, plusieurs points de vigilance transversaux sont à considérer :

📌 Posture éthique : • Maintenir une neutralité bienveillante • Respecter le secret professionnel • Être attentif aux effets de l'intervention sur les individus et les collectifs

📌Gestion des attentes : • Clarifier régulièrement les objectifs et les limites de l'intervention • Gérer les demandes de solutions immédiates ou "magiques"

📌Articulation individuel/collectif : • Prendre en compte les dimensions individuelles et collectives du travail • Veiller à ne pas psychologiser des problèmes organisationnels

📌Temporalité : • Respecter le rythme de l'organisation tout en maintenant une dynamique • Articuler le temps de l'intervention avec celui de l'organisation

📌Pouvoir d'agir : • Favoriser l'autonomie et la prise d'initiative des acteurs • Éviter de se substituer aux ressources internes de l'organisation

📌Contexte global : • Prendre en compte les contraintes économiques, sociales et organisationnelles • Articuler l'intervention avec les autres démarches en cours dans l'organisation

📌Transfert de compétences : • Développer la capacité d'analyse et d'action des acteurs • Préparer la pérennisation des changements au-delà de l'intervention

papier

Conclusion

📝Mettre le travail au centre de la discussion n'est pas un luxe, c'est une nécessité de survie pour nos organisations. En acceptant de "travailler sur le travail", le dirigeant ou le manager ne perd pas son autorité ; il lui redonne au contraire une légitimité ancrée dans le réel.

Restaurer cet espace de parole, c'est permettre à chacun de retrouver son pouvoir d'agir et de transformer les contraintes en ressources collectives. En définitive, une organisation robuste n'est pas celle qui ignore ses contradictions, mais celle qui sait les transformer en objets de dialogue professionnel.


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S’appuyer sur RH IN SITU, c’est garantir une intervention neutre pour réinstaller un dialogue de qualité sur le travail réel :

  • Diagnostic de l'organisation et évaluation des risques : J'analyse les écarts entre le travail prescrit et le travail réel, j'identifie les endroits de "travail empêché", ...

  • Développement du dialogue professionnel : J'accompagne les dirigeants, managers et CSE dans la mise en place d'espaces de discussion. L'objectif ? Apprendre à débattre des critères de qualité du travail pour résoudre les problèmes de terrain et renforcer la coopération.

  • Sécurisation des pratiques & QVCT : Je vous aide à traduire les enseignements du "travail réel" en outils concrets : fiches de poste ajustées, processus de décision fluides et démarches QVCT qui font sens pour les salariés.

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