L’Économie Sociale et Solidaire : ni secteur marginal, ni utopie
▶️ Série « L'ESS en pratique » #1
Cet article est le premier d'une série de 4 articles consacrée à l'Economie Sociale et Solidaire (#ESS). 🔗 Article 2 : 🔗 Article 3 : 🔗 Article 4 :
Ce que recouvre vraiment l'ESS, son poids économique en France et en Auvergne-Rhône-Alpes, et pourquoi le contexte politique actuel fragilise un modèle irremplaçable.
1,5 million d'associations. 4140 coopératives. 146 804 entreprises de l'ESS. 2,6 millions de salariés. 22 millions de bénévoles. Ces chiffres ne décrivent pas un secteur marginal. Ils décrivent une part structurante de l'économie française — présente dans chaque territoire, dans presque chaque secteur d'activité, dans la vie quotidienne de dizaines de millions de personnes.
Et pourtant, l'Économie Sociale et Solidaire reste mal connue du grand public. Elle est souvent réduite à un synonyme d'associatif, de bénévolat, de « monde d'en bas ». Elle est parfois perçue comme économiquement marginale, dépendante des subventions, un peu idéaliste. Ces représentations sont fausses — et elles ont des conséquences concrètes sur la façon dont les décideurs politiques traitent ce secteur.
👉Cet article propose un état des lieux rigoureux et sourcé : ce qu'est l'ESS, qui en fait partie, ce qu'elle représente économiquement, et pourquoi le contexte politique actuel constitue une menace réelle pour un modèle qui a fait ses preuves.
Note : J'ai intégré l'ESS en 2009 sur des postes de direction de fédérations (régionales / départementales). Depuis 2017, je travaille au sein d'Elycoop, une Coopérative d'Activité et d'Emploi basée à Villeurbanne. Une partie de mes accompagnements est réalisée auprès des structures de l'ESS — associations, coopératives, structures d'insertion. Je rédige cet article de l'intérieur, avec un regard de praticienne.
#1
Qu'est-ce que l'ESS ? Une définition claire, un cadre légal précis
L'Économie Sociale et Solidaire est, selon la définition posée par la loi du 31 juillet 2014, « un mode d'entreprendre et de développement économique adapté à tous les domaines de l'activité humaine ».
💡Cette définition est importante : elle dit d'emblée que l'ESS n'est pas un secteur d'activité — c'est une façon d'entreprendre.
Ce qui distingue une entreprise de l'ESS d'une entreprise classique, ce ne sont pas ses activités, mais ses principes de fonctionnement, inscrits dans la loi :
- 📍Un but poursuivi autre que le seul partage des bénéfices — l'entreprise de l'ESS a une finalité sociale, environnementale, culturelle ou territoriale.
- 📍Une lucrativité encadrée — les bénéfices sont majoritairement réinvestis dans le maintien ou le développement de l'activité. Les réserves sont impartageables.
- 📍Une gouvernance démocratique et participative — les statuts prévoient l'information et la participation des associés, des salariés et des parties prenantes aux décisions.
Ces principes sont anciens — les premières coopératives ouvrières datent du XIXe siècle, les mutuelles de santé également. Ce que la loi de 2014 a fait, c'est donner pour la première fois un cadre légal unifié à ces différentes formes d'entreprendre, et ouvrir le périmètre à de nouveaux acteurs.
⚖️ Repère légal : La loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l'Économie Sociale et Solidaire (dite loi Hamon) définit le périmètre de l'ESS, crée le statut d'Entreprise de l'ESS pour les sociétés commerciales qui en respectent les principes, et instaure les Chambres Régionales de l'Économie Sociale et Solidaire (CRESS) comme représentantes du secteur sur les territoires. Elle inscrit également dans la loi les Coopératives d'Activité et d'Emploi (CAE) et le statut d'entrepreneur salarié (articles 49 et suivants).
#2
Les grandes familles de l'ESS
L'ESS regroupe cinq grandes catégories de structures, avec des histoires, des logiques et des poids économiques très différents.
Les associations : le pilier du quotidien
Les associations sont de loin la famille la plus nombreuse de l'ESS. Régies par la loi du 1er juillet 1901, elles constituent le tissu le plus dense et le plus visible du secteur — et l'une des formes d'organisation les plus ancrées dans la vie sociale française.
Les chiffres (Recherches & Solidarités, La France associative en mouvement, édition 2025 ; associations.gouv.fr) :
📍1,6 million d'associations actives sur l'ensemble du territoire
📍74 000+ nouvelles associations créées entre juillet 2024 et juin 2025 — l'un des niveaux les plus élevés depuis 2015
📍154 000 associations employeuses
📍1,9 million de salariés — masse salariale de 51 milliards d'euros
📍13 millions de bénévoles actifs, dont 5,5 millions s'impliquent chaque semaine
📍90 % des associations fonctionnent uniquement avec des bénévoles, sans aucun salarié
💡Ces chiffres disent quelque chose d'essentiel : le monde associatif est un immense réservoir d'engagement citoyen, qui repose sur une économie mixte fragile — entre ressources propres, subventions publiques et bénévolat.
Les secteurs d'ancrage des associations
Les associations sont présentes dans tous les secteurs, mais leur poids est particulièrement fort dans :
- 📍L'action sociale : hébergement social et médico-social, aide à domicile, insertion, protection de l'enfance, structures pour personnes en situation de handicap. L'ESS y représente près de 60 % des emplois du secteur — premier employeur privé.
- 📍Le sport, les loisirs et la culture : clubs associatifs, MJC, centres de loisirs, associations de spectacle vivant, éducation populaire. Ces secteurs représentent ensemble plus de la moitié des créations associatives annuelles.
- 📍L'enseignement et la formation : établissements d'enseignement catholique, centres de formation d'apprentis, maisons familiales rurales, associations de formation professionnelle.
- 📍La santé : centres de santé associatifs, associations d'aide aux malades, prévention et promotion de la santé.
⚠️ Un modèle économique sous tension
La part des subventions publiques dans les budgets associatifs est passée de 34 % à 20 % entre 2005 et 2017 (Observatoire national de l'ESS / Viviane Tchernonog, Paysage associatif français, 2023). Pendant la même période, les associations ont compensé en développant leurs ressources propres (ventes de services) et en intensifiant le bénévolat. Ce glissement structurel fragilise la capacité des associations à assumer des missions de service public — qu'elles continuent souvent de remplir sans financement correspondant.
Les coopératives : entreprendre autrement, durer davantage
Les coopératives sont des entreprises dont les membres — salariés, usagers ou producteurs — sont à la fois associés et décideurs.
Leur principe cardinal : une personne, une voix. Quel que soit l'apport en capital, chaque sociétaire dispose d'une voix égale en assemblée générale.
En France, le modèle coopératif englobe une grande diversité de structures : coopératives agricoles (3 agriculteurs sur 4 y adhèrent), banques coopératives (60 % de l'activité de banque de détail), coopératives de consommateurs, et sociétés coopératives de production.
🔖Les SCOP et SCIC : la coopération salariale
Les Sociétés Coopératives et Participatives (SCOP) et les Sociétés Coopératives d'Intérêt Collectif (SCIC) forment la branche des coopératives de travail, dont la spécificité est de placer les salariés au cœur de la gouvernance.
Les chiffres (Confédération générale des Scop, rapport d'activité 2024) :
📍4 140 coopératives actives fin 2024 (2 723 Scop + 1 417 Scic)
📍78 405 emplois coopératifs directs (+4 % par rapport à 2023)
📍10,2 Mds € de chiffre d'affaires (+6 % par rapport à 2023)
📍79 % de taux de pérennité à 5 ans — contre 61 % pour l'ensemble des entreprises françaises (source INSEE)
📍+19 % de croissance du Mouvement en 5 ans (2019-2024)
Ce taux de pérennité n'est pas anecdotique. Il dit quelque chose de structurel : les entreprises dont les salariés sont propriétaires et décideurs résistent mieux aux crises économiques. Elles ne se délocalise pas. Elles n'ont pas d'actionnaires extérieurs à satisfaire par des coupures d'effectifs.
Les Scic, en particulier, connaissent une croissance exponentielle : elles sont +6 % en 2024 et représentent désormais la moitié des créations annuelles de coopératives. Leur particularité : elles associent plusieurs catégories de parties prenantes — salariés, usagers, collectivités locales, bénévoles — dans une même gouvernance démocratique. C'est un modèle particulièrement adapté aux projets à forte utilité territoriale.
🔖Un exemple emblématique : les CAE
Les Coopératives d'Activité et d'Emploi (CAE) sont une forme spécifique de SCOP, dédiée à l'entrepreneuriat individuel accompagné. Elles permettent à des personnes de développer leur activité professionnelle en bénéficiant du statut d'entrepreneur salarié — sans créer leur propre structure. Ce modèle fait l'objet du deuxième article de cette série.
Mutuelles et fondations : en bref
📍Les mutuelles — régies par le Code de la mutualité — sont des organisations à but non lucratif qui mutualisent les risques (santé, prévoyance, retraite) entre leurs membres. Elles représentent environ 5 % des emplois de l'ESS et jouent un rôle structurant dans le système de protection sociale français.
📍Les fondations — dont la création exige un engagement minimum en capital — sont dédiées à la réalisation d'œuvres d'intérêt général. Elles sont moins nombreuses mais leur poids financier est significatif dans des domaines comme la recherche, la culture ou le soin.
#3
Le poids économique de l'ESS
Au niveau national
L'ESS n'est pas un secteur marginal. C'est une composante structurelle de l'économie française, présente sur tout le territoire et dans la quasi-totalité des secteurs d'activité.
Les données nationales (Observatoire national de l'ESS, d'après INSEE FLORES 2022 ; ESS France, Conjoncture de l’ESS au premier semestre 2024) :
📍146 804 entreprises de l'ESS
📍13,44 % de l'emploi privé — soit plus d'un salarié du secteur privé sur sept
📍2,6 millions de salariés (dont 68 % de femmes)
📍22 millions de bénévoles engagés dans des structures de l'ESS
📍~100 Mds € de valeur ajoutée contribuée à l'économie française (estimation INSEE)
📍+1,4 % de croissance des effectifs ESS en S1 2024 — supérieure à la croissance du privé hors ESS
📍2/3 des communes françaises comptent au moins une entreprise de l'ESS
Ce dernier chiffre est particulièrement révélateur. L'ESS n'est pas un phénomène urbain et élitiste — elle est profondément ancrée dans les territoires, y compris ruraux. Elle assure des missions que l'économie marchande classique ne prend pas en charge, et que les services publics ne peuvent plus assurer seuls.
L'ESS en Auvergne-Rhône-Alpes
La région Auvergne-Rhône-Alpes est la deuxième région française en termes de volumes d'emplois et d'établissements ESS, juste derrière l'Île-de-France.
Les chiffres régionaux (CRESS AURA, Observatoire régional de l'ESS, d'après INSEE FLORES 2019) :
📍27 000+ établissements employeurs ESS en AURA
📍330 000 emplois ESS dans la région
💡Pour les professionnels qui, comme moi, interviennent principalement dans cette région, ce contexte est structurant : l'ESS n'est pas une niche, c'est l'un des premiers gisements d'emploi privé du territoire.
#4
L'ESS sur le terrain : ce qu'elle fait concrètement
Les données chiffrées ne rendent pas compte de ce que l'ESS fait concrètement dans la vie des gens.
Voici quelques éclairages sectoriels.

L'action sociale : premier employeur privé
Dans le champ de l'action sociale au sens large — hébergement social et médico-social, aide à domicile, insertion par l'activité économique, accompagnement des personnes en situation de handicap — l'ESS représente environ 59 % des emplois (Observatoire national de l'ESS / Atlas commenté 2023).
Ce sont les associations qui assurent, pour l'essentiel, les missions que l'État délègue aux opérateurs privés sans but lucratif : protection de l'enfance, accompagnement du grand âge, insertion professionnelle des publics éloignés de l'emploi.
💡Ces missions ne pourraient pas être assurées par des entreprises commerciales classiques : elles ne sont pas suffisamment rentables, ou elles impliquent des logiques de service public incompatibles avec la logique du profit.
L'insertion par l'activité économique
Les structures d'insertion par l'activité économique (IAE) — chantiers d'insertion, entreprises d'insertion, associations intermédiaires — permettent à des personnes très éloignées du marché du travail de retrouver une activité professionnelle dans un cadre adapté.
En 2024, elles ont signé environ 169 000 nouveaux contrats d'insertion (source : DARES / Ministère du Travail, données POEM). Ce sont quasi exclusivement des structures de l'ESS.
L'éducation populaire et la cohésion sociale
MJC, centres sociaux, associations d'éducation populaire, clubs sportifs associatifs : ces structures assurent une fonction irremplaçable de lien social, de transmission de valeurs citoyennes et d'accès aux loisirs pour toutes les catégories sociales.
💡Elles constituent souvent l'unique offre d'activité dans les quartiers populaires ou les zones rurales. Leur fermeture, quand elle survient, ne génère pas d'alternative marchande — elle génère un vide.
L'insertion par l'activité économique
La finance est l'un des secteurs où l'ESS propose des alternatives concrètes aux grandes banques commerciales. Deux acteurs méritent d'être nommés ici — non pas parce qu'ils sont les plus grands, mais parce qu'ils sont les plus cohérents avec les valeurs du secteur.
📍Le Crédit Coopératif est une banque coopérative dont le capital est apporté à 100 % par ses clients — coopératives, PME, mutuelles, associations et organismes d'intérêt général. Fondé au XIXe siècle dans le mouvement coopératif ouvrier, il compte aujourd'hui 408 000 clients (2024) et se définit comme « banque référente de l'économie sociale et solidaire ». Il propose des produits bancaires du quotidien, des financements adaptés aux structures ESS et des outils d'épargne solidaire. Une nuance importante : depuis 2002, le Crédit Coopératif fait partie du groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d'Épargne), ce qui crée une tension entre son positionnement ESS et sa réalité de filiale d'un grand groupe bancaire. Ses pratiques restent néanmoins orientées vers le secteur non lucratif.
📍La NEF est un cas d'école dans la finance éthique. Fondée à Lyon en 1988, elle est la seule structure bancaire française à financer exclusivement des projets écologiques, sociaux et culturels — sans aucune exception. Mieux : depuis sa création, elle publie chaque année la liste intégrale de l'ensemble des financements accordés. Depuis septembre 2024, la NEF a obtenu son autonomie pleine et entière auprès des autorités bancaires (ACPR/BCE) et n'est plus adossée à aucun grand groupe. Elle compte 87 000 clients et 48 000 sociétaires, et est agréée Entreprise Solidaire d'Utilité Sociale (ESUS). C'est, selon ses propres termes, « la seule véritable banque solidaire en France ».
💡 Pourquoi cette distinction ?
La France compte de nombreuses banques à statut coopératif ou mutualiste (Crédit Mutuel, Crédit Agricole, Caisses d'Épargne, Banques Populaires). Ces structures ont des origines historiquement ancrées dans l'économie sociale. Mais leurs logiques de gouvernance et d'allocation des capitaux se sont, pour l'essentiel, rapprochées de celles des banques commerciales. Elles font partie du paysage de l'ESS statistique — elles ne constituent pas nécessairement des modèles en termes de financement de l'intérêt général. Le Crédit Coopératif et La NEF représentent une autre ambition : mettre la banque au service explicite de la transition sociale et écologique.
#5
Le contexte politique actuel : un désengagement documenté
L'ESS n'existe pas dans un vacuum. Elle dépend — pour partie de son financement, pour l'essentiel de son cadre d'action — des choix politiques. Et les choix politiques des dernières années constituent une menace documentée pour le secteur.
La tendance longue : le recul des financements publics
Le désengagement de l'État vis-à-vis du monde associatif n'est pas un phénomène nouveau.
L'économiste Viviane Tchernonog, dans son étude de référence sur le Paysage associatif français (2023), documente une baisse continue : les subventions publiques sont passées de 34 % à 20 % des budgets associatifs entre 2005 et 2017. La tendance s'est poursuivie depuis.
💡Pendant cette période, les associations ont compensé en développant leurs ressources propres (ventes de services) — mais ce glissement a une conséquence structurelle : les associations sont soumises à une logique de marché croissante, qui entre en tension avec leur mission d'intérêt général. On leur demande d'être plus efficaces, plus compétitives, plus performantes — tout en finançant de moins en moins leur activité.
Le PLF 2026 : une coupe qui a mis le secteur en alerte
Le projet de loi de finances pour 2026, présenté par le gouvernement Lecornu le 14 octobre 2025, a provoqué une mobilisation inédite du secteur.
Le budget consacré au développement de l'ESS dans ce PLF initial était de 12,3 millions d'euros — contre 26,7 millions voté par le Parlement pour 2025, soit une baisse de 54 % (source : ESS France, communiqué du 15 octobre 2025).
Benoît Hamon, président d'ESS France, a qualifié ces coupes de « saignée sans précédent ». Le secteur a alerté sur des conséquences concrètes : menace sur 50 000 emplois dans l'IAE (réseaux IAE / ESS France), fermetures de structures de cohésion sociale, réduction des services civiques.
À l'issue des débats parlementaires, le gouvernement a partiellement revu sa copie : les crédits de l'IAE ont été augmentés de 128 millions d'euros par rapport au PLF initial, limitant la baisse à 2 % par rapport à 2025. Les crédits dédiés au développement de l'ESS, au DLA (Dispositif Local d'Accompagnement) et aux CRESS ont également été partiellement restaurés par amendements.
💡La mobilisation du secteur a donc partiellement porté ses fruits. Mais ESS France tempère : les baisses restent significatives par rapport aux niveaux de 2024, et l'effort demandé aux collectivités territoriales — auxquelles les structures ESS sont très liées — aura des répercussions indirectes que les chiffres du PLF ne capturent pas entièrement.
L'absence de portage politique clair
Au-delà des chiffres budgétaires, le secteur note une difficulté plus structurelle : l'ESS peine à trouver un portage politique stable au niveau national.
Lors de la formation du gouvernement Lecornu (fin 2024), l'ESS n'apparaissait pas dans l'intitulé d'un ministère — avant d'être rattachée, par décret, au ministère des PME et du commerce. Ce positionnement traduit une vision réductrice du secteur, assimilé à un sous-ensemble de l'économie marchande plutôt que reconnu comme un mode d'entreprendre distinct.
Au niveau européen, la trajectoire est inverse : une recommandation du Conseil de l'Union Européenne en faveur de l'ESS a été adoptée fin 2023, demandant aux États membres de se doter de stratégies nationales.
La France travaille à cette stratégie — mais son calendrier et ses ambitions restent incertains.
Une double menace pour les associations
Au-delà des coupes budgétaires, le monde associatif fait face à une deuxième forme de pression, plus insidieuse.
Des enquêtes menées par Mediapart et l'Observatoire des libertés associatives documentent un filtrage idéologique des financements publics : depuis 2022, des associations jugées « trop militantes » dans les domaines de l'écologie, du féminisme ou de l'altermondialisme se voient refuser l'accès à certains dispositifs de financement (We Demain, octobre 2025).
💡Cette tendance — si elle se confirme — représente une atteinte structurelle à l'indépendance du monde associatif, historiquement fondée sur la liberté d'association garantie par la loi de 1901.

Conclusion : comprendre l'ESS pour agir avec elle
L'ESS n'est pas un monde à part. Elle est, pour des millions de Français, l'employeur, le soignant, l'éducateur, le bailleur, l'accompagnateur. Elle est l'économie du quotidien, celle qui assure les missions que ni l'État seul ni le marché seul ne peuvent remplir.
Comprendre ce qu'elle est — réellement, chiffres à l'appui — est une condition pour défendre sa place et son financement. Et pour tous ceux qui, comme moi, travaillent avec les petites structures de ce secteur, c'est aussi une condition pour les accompagner avec pertinence : comprendre leurs contraintes, leur modèle économique, la pression qu'elles subissent, et la valeur irremplaçable qu'elles créent.
🤝Besoin d'un appui externe qui maîtrise parfaitement l'écosystème de l'ESS ?





