Intelligence artificielle et travail : vers une cohabitation entre humain et machine

Intelligence artificielle et travail : vers une cohabitation entre humain et machine

▶️ Série "Intelligence Artificielle (#IA)"

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Cet article est le premier d'une série de quatre consacrée à l'IA dans les petites et moyennes organisations. 🔗 Article 2 : IA et RH : usages concrets, points de vigilance et bonnes pratiques dans les petites et moyennes organisations 🔗 Article 3 : IA et RH : IA et RH : comment déployer sans déshumaniser — enjeux humains, éthiques et juridiques🔗 Article 4 IA et RH : choisir, déployer et évaluer ses outils — guide pratique pour les TPE-PME

L’intelligence artificielle (IA) n'est plus un simple énoncé technique ; elle désigne désormais la prise en charge par des machines de ce que l’humain réalise habituellement en mobilisant ses capacités cérébrales. Longtemps perçue comme un outil d'optimisation, elle semble ouvrir la voie à un changement de paradigme où la machine ne se contente plus de prolonger l'intelligence humaine, mais vient en résonance, voire en concurrence avec elle.

L’IA, ce n’est pas qu’une simple machine. C’est un phénomène global qui restructure nos manières de travailler, nos relations sociales et même notre expérience du sens au travail. Comme le disait Marcel Mauss, c’est un « fait social total ». Elle ne peut être réduite à sa seule dimension technique ou économique, car elle transforme en profondeur nos manières de travailler, de communiquer et même de penser. Loin d'être un simple outil passif, elle redéfinit les conditions mêmes de notre subjectivité et nous oblige à repenser l'ensemble des relations entre l'humain et la technologie.

Cette transformation s’inscrit aussi dans la complexité du travail réel, là où les tensions, émotions et subjectivités s’entremêlent, bien au-delà des simples processus automatisables. À ce titre, il est indispensable de ne pas oublier les impacts psychosociaux que ces changements induisent.

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Histoire et genèse : de la règle logique à l'apprentissage autonome

Ordinateur

De l’automatisation mécanique aux systèmes experts

L'histoire de l'IA est marquée par une évolution constante du rapport homme-machine. Les débuts de l'informatique moderne remontent aux années 1950, avec la conférence de Dartmouth en 1956 qui impose l'expression « intelligence artificielle ».

Cette première ère, dite IA symbolique, reposait sur des règles logiques dictées par l'homme ("Si condition alors action"). On a alors vu naître les systèmes experts, conçus pour simuler le raisonnement d'un spécialiste dans un domaine précis, comme le diagnostic médical ou le coaching.

💡Il est important de noter que ces systèmes, s’ils étaient performants sur des cas bien cadrés, ne prenaient pas en compte la complexité du travail vécu, notamment les adaptations imprévues ou les conflits de contraintes.

L’avènement du Machine Learning et du Deep Learning

Deep learning

Après plusieurs « hivers de l'IA », les années 1990 marquent le succès de l'apprentissage automatique (Machine Learning). Au lieu de suivre des règles figées, l'algorithme améliore ses performances en répétant son exécution sur des jeux de données massifs.

Le Deep Learning (apprentissage profond) a ensuite décuplé ces capacités en utilisant des réseaux de neurones artificiels multicouches s'inspirant du cerveau humain.

Toutefois, cette progression technique pose aussi la question de la transparence et de la compréhensibilité des décisions : là où les humains peuvent expliquer leur raisonnement, les algorithmes actuels restent souvent des « boîtes noires », source d’opacité et de défiance.

Robot échec

Jalons emblématiques : Deep Blue et AlphaGo

Deux victoires symboliques ont marqué les esprits :

  • 📍En 1997, le superordinateur Deep Blue bat le champion du monde d'échecs Garry Kasparov en utilisant la force brute de calcul.
  • 📍En 2016, AlphaGo triomphe du champion de Go Lee Sedol grâce à une approche plus "intelligente" et apprenante, capable de naviguer dans une complexité de combinaisons supérieure au nombre d'atomes dans l'univers.

💡Ces exploits illustrent la montée en puissance du calcul et de l’intuition algorithmique, mais aussi les limites au cœur même de notre relation au travail : comment cohabiter avec une intelligence non humaine qui excelle dans le calcul mais ne ressent rien ?

#2

Les transformations actuelles du travail induites par l’IA

Automatisation

Automatisation des tâches routinières et "Cols blancs"

Contrairement aux révolutions industrielles précédentes qui ciblaient les travaux physiques, l'IA impacte désormais massivement les activités dont la valeur ajoutée est de nature intellectuelle : diagnostic médical, audit, veille juridique ou rédaction.

ℹ️ On estime que si seulement 5 % des emplois sont 100 % automatisables, environ 60 % des métiers comportent au moins 30 % de tâches susceptibles d'être prises en charge par l'IA.

💡Derrière ces chiffres, ce qui se joue réellement est une profonde transformation du « travail réel » — c’est-à-dire l’ensemble des activités effectives, souvent implicites et adaptées, que les salariés mettent en œuvre chaque jour pour atteindre leurs objectifs malgré les contraintes et les imprévus. Les prescriptions numériques, incarnées par les outils d’IA, imposent des règles et procédures standardisées qui modifient les marges d’autonomie laissées aux travailleurs. Ce décalage entre le travail prescrit (ce que l’organisation attend) et le travail réel (ce qui est effectivement réalisé) génère fréquemment des tensions, des frustrations et un mal-être, car les opérateurs doivent sans cesse arbitrer entre conformité aux systèmes et réponses concrètes aux exigences du terrain.

🔗Pour approfondir la notion de travail réel, je vous invite à lire l'article "Transformer l'organisation : pour une approche du changement par le travail réel"

L’IA comme outil d’augmentation et non de remplacement

IA humain

L'objectif n'est pas de substituer la machine à l'homme, mais de créer une "intelligence augmentée". L'IA décharge l'humain des tâches répétitives ou de l'analyse de données massives (le "compliqué") pour lui permettre de se recentrer sur l'interprétation, le sens et l'empathie (le "complexe").

💡Une collaboration réussie passe par une bonne formation et un accompagnement humain, notamment par la fonction RH et le management, qui doivent veiller à ne pas générer une charge mentale excessive ni dégrader la qualité de vie au travail.

🔗Pour appronfondir le rôle de la fonction RH, je vous invite à lire l'article "La fonction Ressources Humaines : un acteur stratégique au coeur des transformations"

Intensification

Le paradoxe du gain de temps et la charge mentale

Si l'IA promet de l'efficacité, elle peut engendrer une "prolétarisation cognitive".

⚠️En déléguant trop de tâches à la machine, l'humain risque de perdre ses propres compétences par manque de pratique (effet GPS sur l'atrophie de l'hippocampe).

De plus, l'IA peut conduire à une intensification du travail en supprimant les pauses cognitives naturelles entre deux tâches complexes.

Concrètement, cela se traduit dans les organisations par une surcharge mentale croissante, avec des conséquences sur la santé au travail, le stress et parfois des conflits au sein des équipes, là où l’IA modifie les rythmes, la charge et les responsabilités.

🔗Pour approfondir la question de la surcharge mentale, je vous invite à lire l'article : "Surcharge mentale : un enjeu majeur du monde du travail moderne"

#3

Enjeux sociétaux et organisationnels : fractures et biais

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Fractures numériques et inégalités d'accès

Une nouvelle fracture de l'IA émerge : la performance d'un utilisateur est désormais corrélée à sa maîtrise du langage (prompt engineering).

Les travailleurs les moins qualifiés ou les moins accompagnés risquent de subir la technologie au lieu de l'orienter, aggravant ainsi les clivages sociaux.

💡Ce constat souligne la nécessité impérative d’un accompagnement collectif et d’un accès équitable à la formation continue, si l’on ne veut pas creuser les inégalités dans le monde du travail.

🔗Pour approfondir la question du développement de l'employabilité, je vous invite à lire l'article "La gestion des compétences, pour quoi faire ?"

Le risque des biais et l'effet "Boîte Noire"

Boite question

L'IA est un miroir de la société : si les données d'entraînement sont biaisées, le système reproduira et amplifiera les discriminations de genre ou d'origine (Garbage In, Garbage Out).

De plus, l'opacité de certains algorithmes profonds crée un effet "boîte noire" où même les concepteurs ne peuvent plus expliquer précisément comment une décision a été prise.

💡Cela pose des enjeux cruciaux pour les ressources humaines, notamment en matière d’équité dans le recrutement, la gestion des carrières, et dans le contrôle des décisions automatisées. Une gouvernance éthique et transparente devient alors indispensable.

Par ailleurs, il est essentiel d’ouvrir le dialogue social autour de ces outils, afin que salariés et représentants puissent comprendre et peser sur leur déploiement.

#4

L’évolution des compétences et métiers de demain

IA humain

Vers une complémentarité : Centaures et Cyborgs

Le futur du travail repose sur de nouveaux modèles de coopération:

  • Les Centaures : Les humains qui répartissent les tâches de manière distincte entre eux et la machine.

  • Les Cyborgs : Ceux qui intègrent l'IA de manière fluide dans leur flux de travail habituel pour co-concevoir les réponses.

Le rôle crucial des Soft Skills

Softskills

Puisque la machine excelle dans la logique et le calcul, l'humain doit exceller là où l'IA échoue : l'intelligence émotionnelle, la créativité, l'esprit critique et la prise de décision éthique. Ces compétences socio-émotionnelles deviennent les piliers de l'employabilité.

💡Former au développement de ces soft skills, mais aussi encourager le questionnement éthique et la pensée réflexive, est un défi pour les entreprises et les institutions de formation. C’est un enjeu majeur pour accompagner cette transition et préserver le sens au travail.

Dialogue réseau

L'organisation apprenante et l'intelligence collective

L'arrivée de l'IA invite les entreprises à faire émerger une "conscience collective". L'IA doit devenir un outil de partage des savoirs et de mise en relation entre pairs, favorisant une organisation capable de changer aussi vite que son environnement.

Cela suppose de construire des espaces de dialogue, d’échange et d’expérimentation où les salariés pourront co-construire les usages, garantir le respect de leurs conditions de travail et inventer des formes nouvelles de coopération humaine et technologique.

🔗Pour approfondir la question de l'accompagnement des trasnformations numériques, je vou sinvite à lire l'article "La transformation numérique dans les petites structures : enjeux, exemples et méthodologies pour réussir"

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Conclusion

L’IA n’est ni une menace existentielle imminente, ni une solution magique ; elle est un outil dont l’usage et la régulation détermineront les conséquences. Coexister avec elle exige un sursaut de lucidité : nous devons refuser la servitude volontaire aux algorithmes et reconnaître que l'intelligence humaine ne se dissout pas dans les données.

Plus qu’une technologie, l’IA est un défi humain, collectif et politique. Elle interroge ce que nous voulons être au travail, comment nous voulons vivre nos relations professionnelles, comment construire ensemble une organisation durable, juste et épanouissante.

L'avenir dépendra de notre capacité à mettre en œuvre une éducation populaire à l'IA et une formation continue ambitieuse. Il nous appartient d'injecter du sens et de l'éthique là où la machine ne voit que des calculs, pour préserver ce que l'humain a de plus précieux : sa capacité à inventer d'autres possibles.

Enfin, chaque salarié, manager et responsable RH peut, par sa posture et son engagement, devenir un acteur conscient et lucide de cette transition. Car c’est ensemble, dans la diversité et la solidarité, que nous construirons le travail de demain.


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Dépasser le désenchantement managérial : reconquérir son pouvoir d’agir

Dépasser le désenchantement managérial : reconquérir son pouvoir d’agir

Le désenchantement managérial s’installe silencieusement dans nos organisations, alourdi par une crise de sens profonde. Plus qu’une simple lassitude, c’est une fracture entre la réalité du terrain et les injonctions institutionnelles, bien décrite par la sociologue Marie-Anne Dujarier comme un « management désincarné » où le manager de proximité est réduit à un « vecteur de chiffres » ou un simple « cocheur de cases.

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Comprendre la source du désenchantement : le conflit de critères

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Le désenchantement naît souvent de ce que la psychologie du travail appelle la « qualité empêchée », c’est-à-dire la difficulté à accomplir un travail de qualité à cause de contraintes organisationnelles et/ou d'injonctions contradictoires. Le manager est pris en étau entre deux mondes.

Déséquilibre

Un management en quête de sens

📍D'un côté, le travail prescrit : les tableaux de bord, les process SIRH, les indicateurs (le "faire faire").

📍De l'autre, le travail réel : les imprévus, les tensions humaines, ... et le besoin viscéral de "bien faire" (le "faire").

💡Lorsque l'arbitrage penche systématiquement vers l'indicateur au détriment du soin apporté au travail, le manager perd son identité de professionnel.

🔗Pour approfondir la notion de travail prescrit / travail réel, je vous invite à lire l'article "Analyser le travail et mieux comprendre les réalités professionnelles : un enjeu clé pour les dirigeants et managers"

Le conflit entre indicateurs et utilité

Reporting

Le manager ne pilote plus, il subit une organisation qui veut qu’il soit partout sans être nulle part.

Ce sentiment d’impuissance est souvent le premier pas vers l’épuisement : on a l’impression de « faire de la mousse » plutôt que de créer une vraie valeur pour son équipe

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Un management percuté par les mutations du rapport au travail

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Le désenchantement est aussi le fruit d'un décalage entre les modèles de gestion hérités et les aspirations sociétales actuelles. Les travaux de la sociologue Dominique Méda montrent que si le travail reste central pour l'identité, il n'est plus l'unique boussole.

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L'évolution des attentes : de l'obéissance à la réciprocité

Les générations précédentes acceptaient souvent une certaine forme de sacrifice au nom de l'institution ou de la carrière. Aujourd'hui, les professionnels attendent une réciprocité immédiate. Le manager ne peut plus s'appuyer sur le seul lien de subordination ; il doit construire un lien d'adhésion et de reconnaissance mutuelle.

🔗Pour approfondir la question des évolutions du monde du travail, je vous invite à lire l'article "Penser le monde du travail aujourd’hui"

Vers la fin du "sacrifice au nom de la cause" dans l'ESS

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Dans le secteur de l'Economie Sociale et Solidaire, le signal est clair : on ne veut plus "s'épuiser pour la cause".

Les nouveaux arrivants revendiquent un équilibre vie pro / vie perso comme une condition non négociable de leur santé.

Le manager se retrouve alors dans un rôle de "traducteur" permanent, tentant de concilier des exigences de"performance" avec des demandes de flexibilité et de sens.

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Sortir de l’isolement par le dialogue professionnel

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L'une de mes convictions, c'est que la solitude est le premier facteur de fragilité. Pour contrer ce désenchantement, il faut réintroduire des espaces de réflexion collective sur le "bien travailler".

Dialogue groupe

La « dispute professionnelle » comme remède

Inspirée par les travaux d’Yves Clot, je propose d'instaurer des temps où l'on discute de la "manière" de travailler. Au lieu de simples réunions de coordination, il s'agit de s'interroger : "Qu’est-ce qui nous empêche, aujourd'hui, de rendre un service dont nous sommes fiers ?" Redonner au manager son rôle d'animateur de la qualité permet de sortir du sentiment d'impuissance.

🔗Pour approfondir la notion de "dispute professionnelleé, je vou sinvite à lire l'article "La dispute professionnelle : améliorer la qualité du travail pour améliorer la santé au travail"

Délaisser la performance pour la robustesse

Durable

Inspirée par les travaux d'Olivier Hamant, j’invite à troquer l’obsession de l’optimisation (faire toujours plus avec moins) pour la robustesse.

Un manager désenchanté cherche souvent à être "optimal". Or, l'optimalité est fragile : le moindre grain de sable fait dérailler le système. La robustesse, elle, accepte des marges de manœuvre et des temps de respiration pour garantir que l'organisation puisse encaisser les chocs sans briser les humains.

🔗Pour approfondir la notion de robustesse, je vous invite à lire l'article "De la performance à la robustesse : réinventer le management pour un monde en mutation"

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Au-delà des « boîtes à outils » et des formations management standardisées

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Face à ce désenchantement, la réponse classique est souvent l'envoi en formation « management ».

Pourtant, le constat sur le terrain est sans appel : les solutions formatées et les « kits de survie » universels échouent à résoudre les situations singulières rencontrées par les managers.

outil rouage clé

La limite des solutions « toutes faites »

Le management n'est pas une science exacte que l'on pourrait appliquer par copier-coller.

Une formation qui propose des outils de communication sans tenir compte de l'organisation du travail spécifique à une SCOP ou une PME est vouée à l'échec.

Le manager ne manque pas d'outils théoriques, il manque de temps et d'espaces pour analyser sa propre pratique.

La force de l'apprentissage entre pairs : le codéveloppement

groupe idée

C'est ici que la facilitation de groupes de codéveloppement et les accompagnements sur-mesure prennent tout leur sens. Contrairement à une formation descendante, ces dispositifs partent du travail réel.

On ne parle pas de concepts abstraits, on travaille sur le conflit réel qui paralyse l'équipe ou sur la difficulté à déléguer dans un contexte de forte tension.

Le codéveloppement permet de :

  • Travailler sur des problématiques concrètes du quotidien professionnel
  • Partager des expériences entre pairs
  • Co-construire des solutions adaptées à un contexte spécifique

Cette approche, en lien avec les valeurs de l'éducation populaire (partir de l'expérience, co-construire le savoir), restaure durablement le pouvoir d'agir du manager.

🔗Pour approfondir la question du codéveloppement, je vous invite à lire l'article "Pourquoi le codev devrait être l’outil préféré des managers ?"

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Conclusion : Le manager, artisan du lien et du sens

Le désenchantement managérial n’est pas une fatalité. Il est le signal d’alerte d’une organisation qui perd le sens et les liens essentiels. Pour réenchanter ce métier exigeant, arrêtons de le réduire à une simple technique de contrôle. Redonnons aux managers leur rôle d’artisans du lien, capables d’arbitrer avec sens et humanité.


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En tant que partenaire de proximité, ma mission est de vous aider à reconstruire ces environnements où le manager n'est plus un fusible, mais l'architecte d'une coopération sincère et robuste.

Vos managers semblent s'essouffler ou perdre le fil du "sens" de leur mission ?

Ne laissez pas le désenchantement fragiliser votre structure. Plutôt qu'une formation générique, offrez à vos équipes un espace de respiration et de professionnalisation ancré dans leur quotidien. Qu'il s'agisse de lancer un cycle de codéveloppement, de mener un diagnostic RH/QVCT sur le travail réel ou de co-construire un parcours managérial sur-mesure, RH IN SITU vous apporte un appui de proximité, pragmatique et exigeant.

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Qu’est-ce que le travail aujourd’hui ?

Qu’est-ce que le travail aujourd’hui ?

De la révolution industrielle à l’intelligence artificielle : comprendre les mutations du travail pour mieux agir.

Il y a quelques années, le directeur d’une association d'éducation populaire me confiait :
« Mes salariées font ce métier par vocation, mais elles me disent de plus en plus souvent qu’elles ne peuvent plus travailler comme avant. La structure a changé, les outils ont changé, le rythme a changé. Mais personne ne leur a jamais demandé ce que le travail voulait dire pour elles. »

Ce témoignage, banal en apparence, touche quelque chose d’essentiel. Il ne s’agit pas seulement de conditions de travail ou de management. Il s’agit du sens même de ce que nous appelons travail – une notion que nous croyons bien connaître, et qui pourtant s’est profondément transformée sous nos yeux.

Cet article propose un voyage entre histoire, concepts et enjeux contemporains. Accessible à tous, il offre aussi aux lecteurs curieux les repères théoriques pour aller plus loin.

Le travail n’est pas une donnée naturelle.
C’est une construction sociale, juridique, économique – et philosophique. Ce que nous appelons aujourd’hui avoir un travail, chercher un emploi ou perdre son poste renvoie à des réalités que les générations précédentes n’auraient pas reconnues sous ces mots.

Comprendre d’où vient cette construction – et comment elle se défait et se refait sous nos yeux – est utile pour quiconque dirige, manage ou accompagne des équipes. Non pas pour nostalgier un âge d’or qui n’a probablement pas existé, mais pour identifier les vraies tensions à l’œuvre dans les organisations d’aujourd’hui.

👉 Dans cet article :

  • La construction historique du salariat – du XIXᵉ siècle aux années 1970
  • Travail, activité, emploi : trois mots pour trois réalités différentes
  • Le rapport au travail aujourd’hui : ce que les données récentes nous disent
  • Et maintenant ? Enjeux pour les structures et les individus

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Du travail contraint au travail protégé : une construction sur trois siècles

Le travail tel que nous le connaissons n’a pas toujours été ainsi. Il a été fabriqué, négocié, encadré – et contesté. Trois grandes séquences historiques ont façonné cette architecture que nous habitons encore aujourd’hui.

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XIXᵉ siècle : le travail comme marchandise

La première révolution industrielle transforme en quelques décennies des sociétés rurales en économies de fabrique. Les ouvriers quittent les campagnes pour les villes, échangent le rythme des saisons contre celui des machines. Les conditions sont dures : journées de 12 à 14 heures, travail des enfants, aucune protection en cas d’accident ou de maladie.

C’est dans ce contexte que le mot « salariat » apparaît pour la première fois – sous la plume de Proudhon, en 1846. Il ne désigne pas encore une protection : il décrit une dépendance.

Pour Marx, qui analyse le capitalisme naissant, le salarié vend sa force de travail comme n’importe quelle marchandise. La valeur d’échange du travail, selon lui comme selon Smith et Ricardo, est liée au temps que ce travail incorpore – une idée qui structurera tout le débat social du siècle suivant.

💡Les premiers syndicats émergent dans ce terreau. Les combats de l’époque – limiter les heures de travail, interdire le labeur des enfants, obtenir un jour de repos – semblent banals aujourd’hui. Ils ont été arrachés à des employeurs qui y voyaient une atteinte au droit de propriété.

XXᵉ siècle : le travail comme statut social

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Le tournant du siècle marque une rupture : l’introduction du contrat de travail institutionnalise la relation salariale. Ce n’est plus seulement un échange économique, c’est un cadre juridique qui fixe droits et obligations des deux côtés. Le chômage, qui n’existait pas comme catégorie officielle, devient une situation reconnue – et indemnisée.

Les Trente Glorieuses (1945‑1975) sont l’âge d’or de ce modèle. Le fordisme – production de masse, emploi stable, augmentations régulières, accès à la consommation – structure l’organisation du travail. La semaine de 40 heures, les congés payés, la sécurité sociale : autant de conquêtes qui font du salariat un modèle de protection et d’ascension sociale.

Peter Drucker théorise à cette époque l’importance du « travailleur du savoir » ; Daniel Bell décrit la société post‑industrielle où les services suppléent l’industrie.

💡Le travail devient progressivement un vecteur d’identité sociale autant que de revenu. Ce glissement est fondamental : on ne travaille plus seulement pour vivre, on est ce que l’on fait.

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Depuis les années 1970 : le travail comme incertitude négociée

La crise pétrolière des années 1970 fissure le modèle. 📍Le chômage de masse réapparaît. 📍La mondialisation et l’automatisation fragilisent des secteurs entiers. 📍Le CDI à temps plein cesse d’être la norme unique : CDD, intérim, auto‑entrepreneuriat, plateformes numériques dessinent un paysage plus fragmenté.

Depuis les années 1990, la révolution numérique accélère ces transformations. Internet, puis les smartphones, puis l’intelligence artificielle redessinent les contours de « l’espace » et du « temps » de travail. Le télétravail, massifié par la pandémie de 2020, a rendu visible une question qui couvait : où s’arrête le travail et où commence la vie ?

Pour autant, le salariat n’a pas disparu. Il reste le statut dominant – plus de 90 % des actifs en emploi en France. Mais il est pressé de toutes parts : par les nouvelles formes d’emploi, par les attentes des salariés en matière d’autonomie et de sens, et par des modèles organisationnels qui en ont gardé la forme sans toujours en conserver l’esprit de protection.

En pratique dans les petites structures : Cette histoire longue se lit dans les tensions actuelles. salariés exercant un métier‑vocation – mais dans des organisations soumises à la logique de subventions, d'appels à projets et à la rationalisation des coûts. La construction historique du salariat comme protection sociale est mise à l’épreuve par des organisations du travail qui en reproduisent les contraintes sans toujours en offrir les contreparties.

💡Comprendre cette tension, c’est le premier pas pour y répondre autrement que par le seul discours sur la « résilience » individuelle.

 

#2

Travail, activité, emploi : trois mots qui ne disent pas la même chose

Nous utilisons souvent ces trois termes comme synonymes. Ils ne le sont pas – et la confusion entre eux produit des malentendus concrets dans les organisations.

Le travail : l’effort transformateur

Le travail désigne l’effort humain qui transforme le monde pour répondre à des besoins. C’est la définition la plus large, qui transcende les frontières de l’emploi.

Marx a analysé le travail sous deux faces indissociables : 📍d’un côté, il est aliénant (dans le capitalisme, le travailleur est séparé du fruit de son effort) ; 📍de l’autre, il est source potentielle de réalisation – c’est par le travail que l’être humain se transforme lui‑même en transformant son environnement.

Cette dualité n’est pas dépassée. Elle est au cœur des débats contemporains sur la qualité empêchée (quand le professionnel ne peut pas faire le travail qu’il juge bien fait) et sur la souffrance éthique (quand on lui demande d’agir contre ses valeurs) – deux concepts sur lesquels Christophe Dejours a construit une œuvre majeure en psychodynamique du travail.

L’activité : ce qu’on fait vraiment

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Hannah Arendt, dans La Condition de l’homme moderne (1958), distingue trois formes d’activité humaine : le travail (labor) comme nécessité vitale, l’œuvre (work) comme création durable, et l’action comme participation à la vie collective.

Cette distinction éclaire quelque chose d’essentiel : beaucoup de ce qui fait sens dans l’activité professionnelle – le geste bien exécuté, la relation avec un usager, la transmission d’un savoir‑faire – ne rentre dans aucune case des référentiels d’évaluation. Ce « travail invisible » est pourtant ce qui tient les collectifs et fait la qualité réelle du service rendu.

L’approche clinique du travail, développée en France par Yves Clot notamment, part de cette idée : si l’on veut comprendre ce qui se passe dans une organisation, il faut analyser l’activité réelle – ce que les gens font vraiment pour que ça marche – et pas seulement le travail prescrit – ce qu’ils sont censés faire selon les procédures.

 

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L’emploi : le cadre juridique et économique

L’emploi, lui, est une catégorie économique et juridique : c’est la forme institutionnelle que prend le travail rémunéré dans le cadre d’une relation employeur‑salarié. Weber et Durkheim ont montré comment l’emploi structure les identités sociales – on se présente par son métier, on se définit par sa position dans la hiérarchie.

La distinction emploi / travail est devenue critique avec les plateformes numériques : un chauffeur Uber travaille, mais n’a pas d’emploi au sens salarial. Les batailles juridiques autour de ce statut, au Royaume‑Uni, en Californie et en France, ne sont pas des querelles techniques : elles portent sur les droits attachés à ce qu’on fait de sa vie.

Pour aller plus loin - La distinction travail / activité / emploi est au fondement de la démarche d’évaluation des risques psychosociaux. Quand un professionnel dit « je n’ai plus le temps de bien faire mon travail », il ne se plaint pas de son emploi – il signale un écart entre le travail prescrit et l’activité réelle que ni sa fiche de poste ni son entretien annuel ne capturent.

💡C’est cet écart que les démarches d’espaces de discussion et de diagnostic participatif cherchent à réduire.

#3

Le rapport au travail aujourd’hui : ce que les données récentes nous disent

Comprendre l’histoire et les concepts, c’est bien. Savoir ce qui se passe dans la tête et le cœur des travailleurs au jour d'aujourd'hui, c’est indispensable pour agir.

 

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Trois dimensions du rapport au travail

Le rapport au travail désigne la manière dont une personne perçoit, vit et donne du sens à son activité professionnelle. Les sociologues l’analysent sous trois dimensions :

  • 📍L’ethos du travail : les valeurs et croyances qui façonnent la perception collective du travail. L’éthique protestante décrite par Weber (le travail comme devoir et vertu) a longtemps structuré l’imaginaire occidental. Elle coexiste aujourd’hui avec des valeurs plus expressives (le travail comme lieu d’épanouissement) et plus instrumentales (le travail comme moyen de vivre).
  • 📍Les champs d’identification : Au metier (je suis educateur specialise), à l'organisation (je travaille pour cette association), ou au parcours (je construis un projet professionnel) ? Ces identifications conditionnent la maniere dont on vit les changements organisationnels.
  • 📍Les modes d’implication : comment les individus s’engagent‑ils ? Par conviction, par obligation, par intérêt, par peur ?  Ce que Dejours appelle la "mobilisation subjective" - le fait qu'on ne peut jamais completer se contenter d'executer des taches prescrites - est la une ressource precieuse et fragile.

Ce que les données récentes révèlent : une bifurcation en cours

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Le travail reste central dans la vie des Français, mais son sens se déplace. L’attachement concerne de plus en plus le métier plutôt que l’organisation. La quête de sens s’intensifie, en particulier dans les secteurs du soin, de l’éducation et de l’accompagnement.

L’intensification du travail ne faiblit pas. Plus le travail se prescrit et se rationalise, plus la reconnaissance du travail réel s’effondre – alors même qu’elle constitue l’un des principaux facteurs de santé psychique au travail.

#4

Et maintenant ? Enjeux pour les structures et les individus

L'histoire du travail ne se lit pas comme une simple progression linéaire vers le mieux. Elle est faite d'avancées, de régressions, et de contradictions toujours actives. Quatre enjeux structurent le présent.

L'intelligence artificielle : une troisième révolution encore ouverte

L'IA générative marque ce que certains appellent la quatrième révolution industrielle. Comme les précédentes, elle soulevé des questions sur les métiers qui disparaissent et ceux qui émergent.

Mais elle pose aussi une question spécifique : si l'IA peut reproduire un nombre croissant de taches cognitives, qu'est-ce qui reste proprement humain dans le travail ?

💡La réponse la plus solide pour le moment : la relation, le jugement en contexte, la dimension éthique de l'activité, la capacite à naviguer dans l'ambiguïté. Ce sont précisément ces dimensions que les organisations ont tendance à sous-évaluer - et que la prévention des RPS cherche à protéger.

🔗 Pour aller plus loin - Intelligence artificielle et travail : vers une cohabitation entre humain et machine

La frontière travail / vie personnelle : un enjeu de sante

icone santé mentale

L'érosion des frontières temporelles et spatiales du travail - accélérée par le numérique et le télétravail - n'est pas seulement une question d'organisation.

C'est un enjeu de santé. La porosité entre temps de travail et temps personnel est l'un des facteurs de risque les mieux documentés de surcharge mentale et d'épuisement.

Pour les dirigeants de petites structures, cette question est doublement sensible : ils en souffrent eux-mêmes souvent les premiers, et ils n'ont pas toujours les outils pour en parler avec leurs équipes.

🔗 Pour aller plus loin - La surcharge mentale : un enjeu du monde du travail

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Le sens au travail : de la quête individuelle a la responsabilité collective

La "grande démission" observée aux Etats-Unis en 2021-2022, le "quiet quitting" (désengagement silencieux) qui lui a succède, et la montée des "reconversions professionnelles" en France disent tous la même chose : pour une part croissante des actifs, le travail doit faire sens - ou ils partent chercher ce sens ailleurs.

Cette quête n'est pas un caprice générationnel. Elle est la conséquence logique d'un siècle d'enrichissement de la promesse du travail : nous avons dit aux gens que le travail était un lieu d'identité, d'épanouissement, de réalisation. Ne soyons pas surpris qu'ils y croient.

Pour les organisations, la question n'est pas de savoir si cette quête est légitime. Elle l'est.

💡La vraie question est : que peut faire une structure pour que le sens soit possible ? La réponse ne passe pas par des discours sur les valeurs, mais par des conditions concrètes - autonomie dans le travail, reconnaissance du travail réel, cohérence entre les valeurs affichées et les pratiques quotidiennes.

Vers une culture de prévention : du diagnostic à l'action

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Penser le travail n'est pas un exercice intellectuel réserve aux académiciens. C'est une condition pour agir autrement.

Comprendre pourquoi vos salaries se sentent à la fois attaches à leur métier et épuises par leur travail, c'est la base de toute politique de prévention sérieuse.

Les outils existent : évaluation des risques psychosociaux, diagnostic participatif, espaces de discussion sur le travail, approche par les ressources. Ils ne sont pas réserves aux grandes entreprises. Ils s'adaptent aux petites structures - a condition qu'on les prenne par le bon bout : celui du travail réel, et pas seulement des procédures.

🔗 Pour aller plus loin - Comment construire une culture partagée de la prévention et de la santé au travail ?

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Conclusion : CE QUE L'ON RETIENT

Le travail est une construction historique, pas une donnée naturelle. Il a été fabriqué, protègé, contesté - et il continue d'être rediscuté à chaque mutation économique et technologique.

Trois tensions traversent le monde du travail contemporain, et se jouent dans chaque organisation, quelle que soit sa taille :

  • 📍La tension entre travail prescrit et activité réelle : ce qu'on demande de faire et ce qu'il faut faire pour que ca marche sont rarement identiques. Reconnaitre et discuter cet écart, c'est prévenir la souffrance et développer les compétences.
  • 📍La tension entre protection et flexibilité : le salariat offre une sécurité que les nouvelles formes d'emploi peinent à garantir. Comment préserver cette protection tout en adaptant le travail aux nouveaux contextes ? C'est un défi organisationnel et juridique ouvert.
  • 📍La tension entre sens et efficacité : les organisations ont besoin que leurs salaries s'impliquent. Mais l'implication ne se commande pas - elle se construit dans des conditions de travail qui la rendent possible.

L'intelligence artificielle, la porosité des frontières temporelles, la quête de sens : ces enjeux ne disparaitront pas. Ils interrogent chaque dirigeant, chaque manager, chaque professionnel RH sur une question fondamentale : quelle organisation du travail voulons-nous construire, ensemble ?

Le travail en crise

Le travail en crise

Si, comme moi, vous adorez les podcasts (et que, bien sûr, vous vous intéressez au sujet du travail), je vous invite à aller sur votre plateforme préférée pour écouter les excellents podcasts de France Culture "LE TRAVAIL en CRISE"

Une série de 4 podcasts :

📻 Episode 1 - Peut-on se passer du concept d’aliénation ?
"Les hommes entretiennent par leur propre travail une réalité qui les asservit toujours davantage" Karl Marx ©Getty

"L’analyse du travail aliéné opérée par Karl Marx a largement contribué à élever l'aliénation au rang de concept philosophique. Qu’en est-il du devenir de ce concept, notamment dans la Théorie critique ?

Avec

  • Emmanuel Renault Professeur de philosophie à l'université Paris Nanterre
  • Katia Genel Maîtresse de conférences en philosophie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne"

🌟Ce que j'ai apprécié :

  • Me familiariser un peu plus avec la pensée de Marx
  • Revenir aux concepts pour prendre un peu de hauteur
  • Creuser la notion d'être étranger à son activité (autonomie, contribution, sens ...)
📻 Episode 2 : Pourquoi ne veut-on plus travailler ?
"Chasser l’ennui de soi par n’importe quel moyen est aussi vulgaire que le fait de travailler sans plaisir" Friedrich Nietzsche ©Getty - mathisworks

"Le travail permettrait la réalisation de notre humanité et serait au fondement même du lien social. Or, il semble que c’est précisément cette valeur travail qui est actuellement remise en question dans nos sociétés contemporaines. Va-t-on entrer dans l’ère de la fin du travail ?

Avec

  • Dominique Méda Professeure de sociologie à Paris-Dauphine, Productrice chez France Culture
  • Marie-Anne Dujarier Professeure de sociologie à l’Université Paris Cité
  • Arnaud François Professeur de philosophie à l'Université de Poitiers"

🌟Ce que j'ai apprécié :

  • Pouvoir approfondir la réflexion pour aller au-delà de ce que j'entends dans les différentes organisations que j'accompagne ("on ne trouve plus personne, on a des offres auxquelles personne ne répond", "les jeunes n'ont pas le même intérêt pour le travail, ils ne veulent plus travailler, ils préfèrent voyager", "aujourd'hui, les gens ne supportent plus rien, il leur faut du 0 contrainte, et les exigences sont très élevées", "les salariés engagés sont en voie de disparition", ...)
  • Le lien avec les approches relative à la Qualité de Vie et des Conditions de Travail
📻Episode 3. Peut-on travailler sans hiérarchie ?
"Le capitaliste devient un donneur d’ordre industriel parce qu’il est capitaliste" Karl Marx ©Getty - Fanatic Studio

"Le travail semble ne pas pouvoir se passer de hiérarchie. Mais cette verticalité est aussi remise en question, et la hiérarchie contestée. Peut-on vraiment s'en passer ? L'horizontalité parfois vantée aujourd'hui n'est-elle qu'une illusion ?

Avec

  • Alexis Cukier Maître de conférences en philosophie morale et politique à l'université de Poitiers, et animateur de l’association Ateliers Travail et Démocratie
  • Alizée Delpierre Sociologue, chargée de recherches au CNRS"

🌟Ce que j'ai apprécié :

  • L'analyse qui est faite des difficultés rencontrées dans des organisations plus horizontales (scop, autogestion, ...) qui cherchent à faire autrement
  • Toute la difficulté à organiser le travail sans hiérarchie, notamment au regard du lien de subordination juridique
📻 L’ouvrier est-il une figure du passé ?
"Le capitaliste devient un donneur d’ordre industriel parce qu’il est capitaliste" Karl Marx ©Getty - Fanatic Studio

"Si la figure ouvrière emblématique de l’usine et de la grande industrie semble appartenir au passé, le monde ouvrier n’a pourtant pas disparu : il s’est transformé, a investi d’autres secteurs, s’est tertiarisé. Qui sont alors les ouvriers aujourd'hui ?

Avec

  • Aurélie Filippetti Femme politique, romancière, ancienne ministre de la Culture dans les gouvernements Ayrault puis Valls
  • Sophie Bernard Sociologue"

🌟Ce que j'ai apprécié :

  • Mieux comprendre l'invisibilisation et la transformation du monde ouvrier
  • Le lien fait par les intervenants avec les auto-entrepreneurs, leur isolement qui contribue à morceler les travailleurs

💡Pouvoir sortir la tête du guidon de temps en temps pour nourrir sa pensée et confronter ses idées et ses pratiques est essentiel.

Nous avons la chance d'avoir pléthore de ressources de qualité à disposition.🙏