Cet article est le premier d'une série de 5 sur la gestion des compétences. 🔗 Article 2 : "Comment identifier et cartographier les compétences dans votre organisation ?" 🔗 Article 3 : "Plan de développement des compétences : mode d’emploi pour les petites et moyennes organisations" 🔗 Article 4 : "Salarié : vous êtes le premier acteur de votre développement professionnel" 🔗 Article 5 : "Organisation apprenante : transformer la gestion des compétences en dynamique collective"
Compétences, employabilité, formation professionnelle… Ces mots reviennent dans presque toutes les conversations sur le travail. Pourtant, dans les petites et moyennes organisations — PME, associations et autres structures de l'ESS — ils restent souvent flous, ou pire, perçus comme des préoccupations réservées aux grandes entreprises qui ont les moyens d'y consacrer une équipe RH dédiée.
C'est une idée reçue qui coûte cher. Elle coûte cher aux structures qui se retrouvent dépassées par les évolutions de leur secteur, incapables de retenir les talents ou de s'adapter aux mutations technologiques. Et elle coûte cher aux salariés, qui se retrouvent parfois sans les compétences nécessaires pour évoluer ou simplement pour se maintenir dans leur poste.
👉Cet article est le premier d'une série de quatre consacrée à la gestion des compétences dans les petites et moyennes organisations. Il pose les fondations : les définitions essentielles, le cadre légal, les réalités chiffrées des inégalités persistantes, et ce qui rend ce sujet particulièrement crucial pour les structures de taille modeste.
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Compétence, employabilité : de quoi parle-t-on vraiment ?
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Avant d'aborder les obligations et les enjeux, posons les mots. Deux notions structurent toute réflexion sur la gestion des compétences : la compétence elle-même, et l'employabilité. Elles sont liées, complémentaires, mais distinctes.
La compétence : bien plus qu'un savoir-faire
📖 Définition — La compétence est le potentiel d'action d'une personne (son « savoir-agir ») pour accomplir des tâches complexes — résolution de problèmes, prise de décision, réalisation de projets — en mobilisant les ressources appropriées dans des situations variées.
Elle recouvre trois dimensions indissociables :
- 📍Les savoirs : les connaissances théoriques et techniques.
- 📍Les savoir-faire : la capacité à les mobiliser en situation réelle.
- 📍Les savoir-être : les comportements, postures et aptitudes relationnelles.
💡Cette définition a une implication concrète souvent négligée : avoir suivi une formation ne suffit pas à « avoir » une compétence. C'est la capacité à mobiliser ce qu'on a appris, dans une situation donnée, qui fait la compétence. Un salarié peut avoir suivi une formation Excel sans être compétent pour analyser des tableaux de bord complexes sous la pression d'une réunion de direction.
🔎Exemple concret — Dans une association d'aide à domicile, une auxiliaire de vie peut avoir suivi une formation aux gestes de premiers secours. Mais c'est sa capacité à agir efficacement seule, chez un bénéficiaire en détresse, qui valide réellement sa compétence. C'est sur cette distinction — formation reçue vs compétence opérationnelle — que repose l'enjeu du développement des compétences.
L'employabilité : un processus, pas un état figé
📖 Définition — L'employabilité est un processus de développement et d'actualisation continus des compétences, connaissances et attitudes d'une personne lui permettant d'avoir un emploi — ou d'être dans une dynamique de recherche ou d'évolution d'emploi — dans les meilleures conditions possibles, pour elle-même, son ou ses employeurs, et la collectivité.
Chaque mot de cette définition compte. « Processus » : l'employabilité n'est pas une case qu'on coche une fois pour toutes. Elle se construit, s'entretient, et peut se perdre si on ne l'alimente pas. « Pour elle-même et pour son ou ses employeurs » : c'est une responsabilité partagée, pas unilatérale.
Elle se joue à trois niveaux :
| Niveau | Ce que cela implique concrètement |
| 👦 Pour l'individu | 📍Anticiper les évolutions, éviter les ruptures professionnelles, choisir plutôt que subir. Cela suppose de connaître ses compétences, ses aspirations et les réalités du marché. |
| 🏢 Pour la structure | 📍Disposer de ressources capables d'accompagner les changements organisationnels et technologiques. Cela suppose d'investir dans la formation et l'accompagnement. |
| 🏛️ Pour la société | 📍Avoir des individus en capacité de subvenir à leurs besoins et de faire tourner l'économie. Cela suppose un système de formation performant et accessible à tous. |
⚠️ Point de vigilance — Dans les petites structures, la tentation est forte de considérer l'employabilité comme un problème individuel — « c'est à chaque salarié de se former ». Or, la loi établit clairement une responsabilité de l'employeur. Et surtout, une équipe dont les compétences ne sont pas entretenues est un risque organisationnel réel, pas seulement un problème RH abstrait.
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Une obligation légale souvent mal comprise des deux côtés
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La formation professionnelle tout au long de la vie est inscrite dans le Code du travail depuis longtemps. La loi du 5 septembre 2018, dite « Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel », a significativement réformé le système. Pourtant, dans les petites structures, ni les obligations de l'employeur ni les droits des salariés ne sont pleinement connus et appliqués.
Ce que dit la loi du côté employeur
⚖️ L'article L6321-1 du Code du travail est sans ambiguïté : « L'employeur assure l'adaptation des salariés à leur poste de travail. Il veille au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l'évolution des emplois, des technologies et des organisations. Il peut proposer des formations qui participent au développement des compétences, y compris numériques, ainsi qu'à la lutte contre l'illettrisme. »
⚠️ Point de vigilance — Un licenciement pour insuffisance professionnelle peut être requalifié en licenciement sans cause réelle et sérieuse si l'employeur n'est pas en mesure de démontrer qu'il a bien rempli son obligation d'adaptation. En d'autres termes : avant de reprocher à un salarié de ne pas être à la hauteur, il faut pouvoir prouver qu'on lui en a donné les moyens.
Exemple concret — Une PME du secteur administratif migre vers un nouveau logiciel de gestion. Si elle ne forme pas ses salariés à ce nouvel outil et que ceux-ci commettent des erreurs, elle ne peut pas légitimement les sanctionner pour insuffisance professionnelle. Le manquement à l'obligation d'adaptation lui est opposable.
Ce que dit la loi du côté salarié
⚖️L'article L6111-1 du Code du travail pose un principe fort : « La formation professionnelle tout au long de la vie constitue une obligation nationale. Elle vise à permettre à chaque personne, indépendamment de son statut, d'acquérir et d'actualiser des connaissances et des compétences favorisant son évolution professionnelle. »
Concrètement, les salariés disposent de plusieurs droits :
- 📍Le Compte Personnel de Formation (CPF) : chaque salarié accumule des droits à formation (500 €/an, plafonnés à 5 000 €, ou 800 €/an et 8 000 € pour les moins qualifiés). Ces droits lui appartiennent et le suivent même en cas de changement d'employeur.
- 📍• L'entretien de parcours professionnel (EPP) : dans l'année suivant l'embauche, puis tous les 4 ans (loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025), l'employeur est tenu de recevoir chaque salarié pour évoquer ses perspectives de parcours professionnel. Ce n'est pas un entretien d'évaluation — c'est un espace dédié aux compétences et au parcours. La loi impose désormais 5 thématiques obligatoires : les compétences mobilisées dans le poste et leur évolution possible ; le parcours professionnel au regard des mutations du métier ; les besoins de formation ; les souhaits d'évolution (reconversion, VAE, bilan de compétences) ; et les informations sur le CPF et le conseil en évolution professionnelle. Deux entretiens renforcés s'y ajoutent : l'un à mi-carrière (dans les 2 mois suivant la visite médicale de mi-carrière), l'autre dans les 2 ans précédant le 60e anniversaire du salarié, dédié aux conditions de maintien dans l'emploi et aux aménagements de fin de carrière.
- 📍Le bilan de compétences : mobilisable via le CPF, il permet à tout salarié de faire le point sur ses compétences, appétences et perspectives.
- 📍La VAE (Validation des Acquis de l'Expérience) : permet de faire valider formellement des compétences acquises par l'expérience, sans passer par une formation longue.
ℹ️Et une nuance importante, souvent ignorée : l'employeur peut contraindre un salarié à se former dans le cadre de son pouvoir de direction, dès lors que la formation s'inscrit dans le périmètre de l'adaptation au poste. Le refus sans motif légitime peut constituer une faute disciplinaire.
L'entretien de parcours professionnel (EPP) : un outil sous-utilisé
L'entretien de parcours professionnel (EPP) est l'un des outils les plus structurants de la gestion des compétences — et l'un des plus mal utilisés dans les petites structures. On le confond souvent avec l'entretien annuel d'évaluation. Ce sont deux outils distincts, avec des finalités différentes :
| Entretien annuel | Entretien de parcours professionnel |
| Bilan de la performance sur l'année écoulée, fixation des objectifs | Compétences et évolution du poste, parcours professionnel, besoins de formation, souhaits d'évolution, CPF et conseil en évolution professionnelle (5 thématiques obligatoires) |
| Non obligatoire (sauf spécificités CCN) | Oui — dans l'année suivant l'embauche, puis tous les 4 ans (L6315-1 modifié par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025) |
| Trace écrite recommandée mais non obligatoire | Trace écrite olbigatoire, document signé par les deux parties |
| Aucune sanction en cas de non réalisation (sauf si olbigatoire via la CCN) | En cas de non réalisation : Abondement du CPF de 3 000 € (uniquement pour les entreprises d'au moins 50 salariés). En dessous de ce seuil : risque de dommages et intérêts aux prud'hommes |
⚠️ Point de vigilance — Tous les 8 ans, un bilan récapitulatif de l'entretien de parcours professionnel (EPP) est obligatoire. Attention : la sanction d'abondement correctif de 3 000 € au CPF ne s'applique qu'aux entreprises d'au moins 50 salariés (art. L. 6323-13 du Code du travail). Pour les structures de moins de 50 salariés — la majorité des lecteurs de cet article — l'abondement automatique ne s'applique pas. Cela ne signifie pas pour autant l'impunité : un salarié dont les entretiens n'ont pas été tenus ou qui n'a pas bénéficié de formation peut saisir les prud'hommes et obtenir des dommages et intérêts pour manquement à l'obligation d'adaptation. Le risque est réel, même s'il est de nature différente. Nouveauté issue de la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 : les nouvelles règles s'appliquent depuis le 26 octobre 2025 pour les entreprises sans accord collectif, et jusqu'au 1er octobre 2026 pour celles qui en disposent.
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Les inégalités d'accès à la formation : un problème structurel
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L'ambition affichée de la loi de 2018 — réduire les inégalités d'accès à la formation et responsabiliser les individus — se heurte à une réalité têtue. Les données disponibles montrent que les inégalités persistent, voire se renforcent sur certains points.
Ce que disent les données
📊 Données clés — Selon le CEREQ (Centre d'Études et de Recherches sur les Qualifications, enquête 2022) :
- 📍La moitié des cadres ont suivi au moins une formation dans l'année, contre un tiers seulement des ouvriers.
- 📍Plus de la moitié des formations suivies par les ouvriers sont réglementaires ou « obligatoires » (habilitations, CACES, hygiène-sécurité…), contre environ un tiers pour l'ensemble des salariés.
- 📍Moins de 10 % des formations suivies par les ouvriers concernent le numérique, contre 29 % pour les cadres.
- 📍Les salariés en CDD ou à temps partiel ont été deux fois moins nombreux à recevoir une proposition de formation de leur employeur que les salariés en CDI à temps plein.
📊 Données clés — Sur l'utilisation du CPF (données Caisse des Dépôts 2023) :
- 📍Le CPF est davantage utilisé par les personnes déjà qualifiées : les cadres et professions intermédiaires représentent une part disproportionnée des mobilisations.
- 📍Les ouvriers et employés sans diplôme, pourtant davantage exposés aux risques d'obsolescence de leurs compétences, restent les moins utilisateurs du dispositif.
- 📍Le montant moyen des formations financées via CPF a augmenté, mais le nombre de bénéficiaires parmi les moins qualifiés stagne.
Le rôle décisif de l'employeur dans l'accès à la formation
Une donnée résume à elle seule l'enjeu : l'entreprise est la principale source de propositions de formation pour plus de 80 % des salariés qui se forment. Autrement dit, si l'employeur ne propose pas, la plupart des salariés ne se forment pas — quelle que soit leur intention.
Or, qui reçoit ces propositions ? Là encore, les données sont sans appel :
- 📍42 % des cadres ont reçu une proposition de formation de leur employeur.
- 📍38 % des professions intermédiaires également.
- 📍Contre seulement 25 % des employés et 27 % des ouvriers.
- 📍76 % des salariés sans diplôme n'ont reçu aucune proposition — contre 67 % en moyenne.
💡Ce que ces chiffres révèlent : les inégalités de formation ne sont pas seulement le reflet de motivations individuelles différentes. Elles sont largement produites par les pratiques des employeurs eux-mêmes, qui ont tendance à investir davantage dans le développement des compétences de ceux qui en ont déjà le plus.
Exemple concret — Dans une association d'insertion de 30 salariés, la directrice constate que les chargés de mission — profils bac+3 et plus — partent régulièrement en formation, souvent à leur initiative via leur CPF. Pendant ce temps, les accompagnateurs de terrain — profils souvent sans diplôme supérieur, en première ligne auprès du public — n'ont pas été formés depuis trois ans. L'analyse révèle que personne ne leur a jamais proposé de formation ni fait le point sur leurs besoins. Ce n'est pas un manque de motivation : c'est un angle mort dans les pratiques de la structure.
Avant les inégalités de formation, les inégalités tout court
💡La loi de 2018 promeut la liberté de choisir son avenir professionnel. Mais cette liberté suppose des conditions préalables que tout le monde ne réunit pas : avoir une vision claire de ses compétences, savoir décrypter le marché du travail, construire un projet réaliste, connaître les dispositifs disponibles et savoir les mobiliser.
Ces capacités sont elles-mêmes inégalement distribuées. Elles dépendent du niveau de formation initial, du contexte familial et social, de l'accès à l'information, et du temps disponible pour y réfléchir.
En d'autres termes : la responsabilisation individuelle ne suffit pas si les conditions de l'autonomie ne sont pas réunies.
⚠️ Point de vigilance — Dans les petites structures, les dirigeants jouent un rôle déterminant dans la création — ou l'absence — de ces conditions. Proposer des formations, instaurer des temps de réflexion sur les parcours, rendre les dispositifs lisibles pour tous les salariés : ce ne sont pas des luxes réservés aux grandes entreprises. Ce sont des leviers accessibles, à condition de savoir où chercher et comment les activer.
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Pourquoi les petites structures sont particulièrement exposées
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Les PME, associations et structures de l'ESS font face à des contraintes spécifiques qui rendent la gestion des compétences à la fois plus difficile à mettre en œuvre… et plus critique à ne pas négliger.
Des fragilités structurelles réelles
- 📍L'absence de fonction RH dédiée. Dans une structure de moins de 50 salariés, la gestion des ressources humaines est souvent portée par le dirigeant, une assistante de direction ou un comptable — en plus d'autres missions. La gestion des compétences passe en dernier.
- 📍La dépendance aux compétences individuelles. Dans une petite équipe, chaque poste est souvent occupé par une seule personne. Quand ce collaborateur part ou tombe malade, son savoir-faire part avec lui. L'absence de transmission organisée des compétences est un risque de continuité d'activité sous-estimé.
- 📍La méconnaissance des dispositifs de financement. OPCO, CPF co-construit, Période de reconversion, AFEST, PCRH… Les dispositifs existent et sont souvent accessibles, mais leur complexité décourage les petites structures qui n'ont pas le temps de les décrypter.
- 📍Une vision court-termiste de la formation. La formation est souvent perçue comme un coût immédiat, pas comme un investissement. Ce biais est renforcé quand les budgets sont serrés et les urgences opérationnelles constantes.
Des mutations qui accélèrent l'enjeu
Plusieurs transformations majeures rendent la question des compétences encore plus urgente pour les petites structures :
- 📍La transformation numérique. Aucun secteur n'échappe à la digitalisation des outils et des pratiques. Les structures qui ne forment pas leurs équipes à ces évolutions accumulent un retard difficile à rattraper. 🔗 Sur les enjeux de la transformation numérique dans les petites structures, lisez notre article « La transformation numérique dans les petites structures : enjeux, exemples et méthodologies pour réussir »
- 📍L'intelligence artificielle. Les outils d'IA s'imposent progressivement dans tous les métiers, y compris dans le secteur social et associatif. Savoir les utiliser, en comprendre les limites et les risques, est une compétence émergente qui nécessite un accompagnement actif. 🔗 Sur les enjeux spécifiques de l'IA : « IA et RH : usages concrets, points de vigilance et bonnes pratiques dans les petites et moyennes organisations »
- 📍Les évolutions réglementaires. Dans des secteurs comme le sanitaire et social, le bâtiment, ou les services à la personne, les obligations de formation réglementaire se multiplient. Ne pas les anticiper expose à des risques juridiques et opérationnels.
- 📍L'usure professionnelle. Dans les métiers à forte charge physique ou émotionnelle — aide à domicile, éducation spécialisée, petite enfance — le développement des compétences est aussi un outil de prévention de l'usure et du turnover. 🔗 Sur la prévention de l'usure professionnelle : « Prévenir la désinsertion professionnelle »
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Ce que ça change concrètement pour votre organisation
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On a posé le cadre théorique et légal. On a mesuré les inégalités. Maintenant, qu'est-ce que ça change, concrètement, pour vous ?
Pour les dirigeants : une responsabilité et un levier stratégique
La gestion des compétences n'est pas une option que vous activez quand vous avez du temps — c'est une obligation légale avec des conséquences concrètes en cas de manquement. 💡Mais c'est aussi, et peut-être surtout, un levier stratégique.
👉Une équipe dont les compétences sont régulièrement actualisées s'adapte mieux aux changements. Elle est plus autonome, moins dépendante du dirigeant pour chaque décision. Et des salariés qui se sentent investis dans leur développement sont plus engagés et moins enclins à quitter la structure.
📍Les questions à vous poser dès maintenant :
- Savez-vous précisément quelles compétences sont nécessaires à chaque poste dans votre organisation ?
- Avez-vous réalisé les entretiens professionnels obligatoires dans les délais requis ?
- Votre Plan de Développement des Compétences (PDC) est-il construit sur un diagnostic, ou est-ce une liste de formations habituelles reconduite chaque année ?
- Avez-vous identifié les compétences critiques — celles dont la perte mettrait l'organisation en difficulté ?
🔗 Pour aller plus loin — La fiche de poste est le point de départ indispensable de toute démarche compétences. Si la vôtre date ou n'existe pas, commencez par là : « La fiche de poste, on en parle ? »
Pour les managers : un rôle pivot souvent sous-estimé
Dans les petites structures, le manager de proximité est souvent le premier — et parfois le seul — interlocuteur des salariés sur les questions de développement professionnel. C'est lui qui détecte les besoins de montée en compétences, qui identifie les potentiels, qui signale les difficultés d'adaptation.
Ce rôle suppose deux choses : 📍d'abord que le manager connaisse les outils et les droits à sa disposition, et ensuite 📍qu'il ait lui-même l'espace pour exercer ce rôle — ce qui est loin d'être toujours le cas dans les structures où les managers jouent aussi un rôle opérationnel à plein temps.
🔗 Pour aller plus loin
- Comment adapter votre style de management au niveau de compétences et d'autonomie de chaque collaborateur ? « Pourquoi le « bon » style de management est un mythe »
- Comment les managers de proximité peuvent mieux appréhender le cadre légal ? « Pourquoi est-ce important de former les managers de proximité au droit du travail ? »
Pour les salariés : ni passivité ni solitude
Vous avez des droits. Vous avez un CPF. Vous pouvez demander un entretien de parcours professionnel (EPP) si votre employeur n'en a pas organisé depuis 4 ans (ou depuis votre embauche si vous êtes en poste depuis moins d'un an). Vous pouvez solliciter une formation dans le cadre de votre adaptation au poste.
Mais vous n'avez pas à tout faire seul. La loi place une responsabilité réelle sur votre employeur. Et si votre structure dispose d'un CSE, il peut être un relais précieux pour faire remonter les besoins collectifs de formation et veiller à ce que les inégalités d'accès ne se reproduisent pas en interne.
Pour les élus CSE : un terrain d'action concret
Le CSE :
- 📍A des attributions directes sur les questions de formation et de développement des compétences.
- 📍Il est informé et consulté sur le Plan de Développement des Compétences.
- 📍Il peut interpeller l'employeur si les entretiens professionnels ne sont pas réalisés, si certaines catégories de salariés sont systématiquement exclues des formations, ou si les formations proposées ne correspondent pas aux enjeux réels de la structure.
💡C'est un rôle de veille et de contre-pouvoir constructif — pas de blocage, mais d'équilibre.

Conclusion : la gestion des compétences, un investissement à la portée de tous
La gestion des compétences n'est pas une affaire de grande entreprise. C'est l'affaire de toute organisation qui emploie des personnes et qui évolue dans un environnement en mutation — ce qui, aujourd'hui, concerne tout le monde.
Ce que cet article espère avoir démontré :
- 📍La compétence et l'employabilité sont des notions concrètes, qui ont des implications directes sur la performance et la santé de votre organisation.
- 📍La loi pose des obligations claires — notamment l'adaptation au poste et l'entretien de parcours professionnel (EPP) — que beaucoup de petites structures ne respectent pas faute de les connaître.
- 📍Les inégalités d'accès à la formation sont réelles et persistantes, et elles se jouent largement au niveau des employeurs, pas seulement des individus.
- 📍Les petites structures sont particulièrement exposées aux risques liés à une gestion insuffisante des compétences, mais aussi particulièrement bien placées pour agir, dès lors qu'elles savent où chercher.
La suite de cette série vous donnera les outils concrets pour passer de la prise de conscience à l'action.
🔗 Pour aller plus loin
- Sur la notion d'organisation apprenante (aller au-delà du plan de formation ponctuel) : « Et si vous deveniez une organisation apprenante ? »
- Sur l'intégration des nouvelles recrues comme premier moment de développement des compétences : « Les enjeux d'une intégration réussie (et comment faire) »
- Sur le recrutement basé sur les compétences : « Comment réussir ses recrutements quand on est une petite structure ? »
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