Appui Conseil RH des TPE-PME : prendre en compte les spécificités pour un accompagnement de qualité

Appui Conseil RH des TPE-PME : prendre en compte les spécificités pour un accompagnement de qualité

Les TPE-PME présentent des spécificités qu’il est important de prendre en compte lors d’un accompagnement RH, afin que celui-ci ait un impact concret sur la performance économique et sociale de ces structures et qu’elles en tirent un maximum de bénéfices.

Les TPE-PME en quelques chiffres

données chiffrées

Selon l’INSEE, en 2023, les TPE-PME représentaient 99,8% des entreprises françaises. Elles jouent un rôle prépondérant dans le tissu économique national, cela n’est plus à démontrer.

Pour rappel, une TPE a un effectif compris entre 0 et 10 salariés (le chiffre d’affaires ou le total bilan est inférieur à 2 millions d’euros.), tandis qu’on parle de PME pour les entreprises employant de 11 à 249 salariés (le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 50 millions d’euros ou un total bilan inférieur à 43 millions d’euros).

Cette appellation de TPE-PME recouvre différents types de statuts juridiques, dont le statut associatif (en fonction des critères d’effectifs).

Ces structures emploient 4,3 millions de salariés (en équivalent temps plein – ETP) et réalisent 23 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des entreprises en France.

Le chiffre d’affaires des PME est réalisé à 42 % dans le secteur du commerce, 22 % dans les services, 19% dans l’industrie.

61 % des TPE-PME ont moins de 20 salariés et seules 12 % emploient au moins 50 salariés.

Les spécificités des TPE-PME par rapport aux grandes entreprises

Les TPE-PME ont (à quelques exceptions près) les mêmes obligations que les grandes entreprises, notamment par rapport au Droit du Travail, sans toutefois disposer des mêmes ressources.

Il convient de bien appréhender les spécificités des TPE-PME pour pouvoir leur proposer un accompagnement RH adapté et pertinent 🔎 : 

  • 🪐l’importance et l’impact de leur écosystème sur leur structuration et leur développement, 
  • 🌌leur hétéroclicité et leur nombre très important qui rendent impossible une solution / approche unique,
  • 👑un chef d’entreprise concentrant toutes les fonctions (« homologie ») et souvent isolé,
  • 🤝la place prépondérante des relations informelles conduisant à peu de formalisme,
  • 🦑une grande polyvalence des salariés, impliquant flexibilité et adaptabilité,
  • 🪛un manque de moyens et de compétences un peu pointues sur certaines fonctions support, notamment RH,
  • 💟une culture d’entreprise forte, où les valeurs et l’engagement personnel revêtent une grande importance,
  • 💭une faible représentation du personnel et une culture du dialogue social peu développée,
  • 🥽une gestion « court-termiste » faute de moyens et/ou de visibilité,
  • ☔une plus grande vulnérabilité aux aléas économiques,
  • 🤑une prépondérance de la vision économique et financière (“le nerf de la guerre”), par rapport à des enjeux de plus long terme,
  • 🧲des difficultés de recrutement et d’attractivité, liées aux difficultés à se démarquer (communication) ou à proposer des salaires supérieurs au marché,
  • . . .

Ces facteurs sont modulables, en fonction notamment de la maturité organisationnelle de la structure et de ses moyens.

Impact des spécificités des TPE-PME sur leur gestion RH

Une gestion surtout administrative et souvent déléguée à un tiers

polyvalence

Souvent, dans les structures de moins de 20 salariés, il n’y a pas d’expertise interne dédiée aux RH et la gestion administrative RH est souvent déléguée ou “supervisée” par le cabinet d’expertise comptable, qui est un interlocuteur privilégié des TPE-PME.

Le souci, c’est que le cabinet d’expertise comptable : 

  • n’est pas sur place au quotidien (la structure ne l’interroge donc que sur ce qu’elle est elle-même en capacité d’identifier), 
  • n’a lui-même pas toujours l’ensemble des compétences juridiques en matière de droit du travail ou en management RH (ne parlons pas de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail ou des questions de santé et sécurité), 
  • voire que sa lettre de mission évoque un “accompagnement social”, sans plus de précisions; ce qui laisse penser au dirigeant de TPE-PME que ces questions-là sont gérées par son Expert-Comptable . . .  alors que pas forcément !

Entendons-nous bien, l’idée n’est pas ici de jeter la pierre aux cabinets d’expertise comptable qui sont des interlocuteurs de qualité et de proximité, mais chacun son métier . . . Certains l’ont bien compris et embauchent des DRH externalisés, qu’ils mettent à disposition de leurs clients pour approfondir davantage les sujets RH.

L’importance de la vision du dirigeant

dirigeant

Ce que nous constatons également c’est que la place des RH et les pratiques managériales sont très dépendantes de la vision / culture du dirigeant et de sa sensibilité aux sujets y sont rattachés.

Trop souvent encore, les RH signifient « gestion administrative du personnel”. Or, en 2024 . . . ça ne suffit plus !

La difficulté à répondre aux attentes des salariés

question

Les salariés ont des attentes et des besoins auxquels les TPE-PME doivent pouvoir répondre.

Parmi ceux qui sont le plus souvent exprimés : 

  • que le droit du travail soit respecté (!),
  • que le management se professionnalise,
  • de pouvoir développer des compétences,
  • d’avoir un dialogue social structuré qui ne repose pas uniquement sur l’affect,
  • d’avoir un équilibre entre vie professionnelle et vie privée,
  • . . . 

Comment adapter l’accompagnement RH aux spécificités des TPE-PME ?

Les critères de qualité d’un accompagnement RH

qualité

Un accompagnement RH de qualité doit, de mon point de vue : 

  • prendre en compte les moyens (humains, financiers) de la structure accompagnée et avoir une approche très pragmatique
  • s’adapter au rythme et à la temporalité pour ne pas mettre des équipes en surcharge et décourager
  • être sur-mesure : les solutions toute faites et leur duplication ne fonctionnent pas, les structures sont trop hétérogènes (structuration, moyens, enjeux, écosystème, culture, …)
  • associer l’ensemble des parties prenantes pour que cela ne repose pas sur une seule personne qui ne pourra pas tenir seule les sujets sur la durée
  • permettre aux parties prenantes de s’approprier pleinement les enjeux
  • permettre la montée en compétences et développer l’autonomie, car la structure n’aura pas les moyens d’avoir un recours à un prestataire externe
  • sensibiliser à l’importance de la formalisation (des outils, des process, …) en prenant garde à ne pas (trop) rigidifier pour ne pas détruire ce qui fonctionne
  • doit parfois bousculer pour faire prendre conscience de certaines choses
  • . . . 

Le profil de l’intervenant RH

profil

L’intervenant en TPE-PME est un expert qui endosse parfois le rôle de guide, parfois le rôle de coach, parfois le rôle d’arbitre, parfois le rôle de médiateur. 

Il ou elle doit savoir transmettre et progressivement se retirer.

Il ou elle doit avoir conscience que le temps investi par l’entreprise est précieux compte tenu de ses moyens et qu’il est important que cela aboutisse à des améliorations concrètes. Pour autant, une partie du résultat dépend de la structure. Il faut donc savoir aussi accepter d’avoir parfois un effet limité.

Externalisation RH pour les TPE-PME et les associations : une bonne idée ?

Externalisation RH pour les TPE-PME et les associations : une bonne idée ?

Pour les petites et moyennes organisations, qu’il s’agisse des TPE PME ou des associations, la gestion des ressources humaines (GRH) peut s’avérer être une tâche complexe et chronophage.

En effet, cela mobilise un champs de compétences techniques étendu allant de la paie, au recrutement, à la formation, à la gestion des embauches et des contrats, à l’évaluation des risques professionnels et leur prévention . . . jusqu’à l’accompagnement des salariés face aux différentes problématiques rencontrées.

Les petites et moyennes organisations ne disposent généralement pas en interne des ressources leur permettant de remplir correctement leurs obligations, ni de proposer un bon niveau d’accompagnement à leurs managers et salariés comme pourraient le faire des entreprises de plus grande taille, avec plus de moyens.

Face à ces défis, certaines structures s’interrogent sur la pertinence de l’externalisation de la fonction / gestion RH.

Cet article à vocation à faire le point sur les différentes formes d’externalisation ainsi que sur les avantages et les inconvénients, afin d’aider les dirigeants de structure à faire des choix éclairés.

Qu’est-ce que l’externalisation de la gestion RH ?

externalisation

L’externalisation de la gestion (ou de la fonction) Ressources Humaines consiste à confier tout ou partie de la gestion ressources humaines d’une organisation à un ou plusieurs prestataires externes spécialisés.

En fonction des sujets, l’externalisation pourra prendre différentes formes. Par exemple :

  • La structure peut faire le choix de déléguer intégralement la réalisation de ses paies à un cabinet spécialisé, qui réalise donc les paies et déclarations sociales de façon récurrente sur une durée indéterminée,
  • En matière de recrutement, la structure peut faire appel à un spécialiste du recrutement qui l’accompagnera sur ses recrutements les plus sensibles ou les plus complexes,
  • En matière de relations contractuelles, certaines structures délèguent de façon systématique la rédaction des contrats de travail et avenants à un cabinet juridique,
  • En matière de santé et sécurité, il est possible de faire appel, notamment à chaque mise à jour du DUERP, à un Intervenant en Prévention des Risques Professionnels (IPRP),
  • Certaines structures font le choix d’avoir recours à un professionnel RH en temps partagé qui peut les accompagner sur le spectre de leur choix, sur un temps (voire une durée) défini. Pour en savoir plus sur le fonctionnement du temps partagé, je vous invite à lire l’article dédié à ce sujet.

⚠️Pour chacune de ces formes, il y a des avantages et des inconvénients à prendre en considération.

Quels sont les avantages de l’externalisation de la gestion RH ?

avantages

L’externalisation de la gestion (ou de la fonction) RH présente certains avantages pour les petites et moyennes organisations, notamment :

  • Gain de temps et d’argent : en externalisant la gestion RH, les structures peuvent se concentrer sur leur cœur de métier et gagner un temps précieux. L’externalisation peut également permettre de réduire, d’une part, les coûts directs liés notamment à la masse salariale et aux investissements en logiciels (paie) et matériel informatique; et, d’autre part, de réduire les coûts indirects liés au manque d’optimisation, aux éventuelles pénalités en cas de manquement à des obligations.
  • Accès à une expertise professionnelle : les prestataires externes disposent d’une expertise métier pointue qu’il est difficile d’acquérir en interne. Ils sont à jour des dernières législations et des meilleures pratiques en matière de RH. Ils peuvent ainsi apporter aux structures un soutien technique et humain qui contribue à réduire les risques juridiques et financiers, mais également à fluidifier les relations internes (en apportant des réponses adaptées à chacun).
  • Optimisation de la fonction ressources humaines : les prestataires externes peuvent aider les structures à améliorer leurs pratiques RH en mettant en place des processus et des outils plus efficaces, tout en restant adaptés à leurs besoins et à leurs moyens. Ils s’assurent également qu’elles sont conformes aux réglementations en vigueur.
  • Amélioration de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT): les prestataires externes peuvent aider les structures à améliorer QVCT de leurs salariés en favorisant le dialogue social, en étant à l’écoute des besoins de chacun, en clarifiant les règles de fonctionnement, en accompagnant les managers, en mettant en place des actions de prévention des risques psychosociaux, . . . Cela peut booster l’attractivité et la fidélisation.
  • Réduction des risques : l’externalisation de la gestion RH peut permettre aux structures de fiabiliser leurs pratiques et donc contribuer à réduire le nombre de litiges et à protéger la réputation de la structure.

Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et très variable en fonction des situations.

Quels sont les inconvénients de l’externalisation de la gestion RH ?

inconvénients

Si l’externalisation de la gestion RH peut présenter de nombreux avantages, elle comporte également certains inconvénients potentiels, dont :

  • Perte de contrôle : en externalisant la gestion RH, les structures perdent une certaine part de contrôle sur leur fonctionnement. Il est donc important de mesurer si c’est opportun, si c’est transitoire pour atteindre un certain stade de développement, si ça ne fragilise pas trop la structure, etc. Il peut être important d’internaliser certaines compétences clés pour le développement de la structure.
  • Coûts supplémentaires : l’externalisation de la gestion RH engendre des coûts supplémentaires (notamment si le sujet externalisé n’était pas traité / traité correctement auparavant). Il est donc important de comparer les coûts de l’externalisation avec les coûts d’une gestion RH interne (au même niveau de traitement) avant de prendre une décision. Il est également essentiel de s’interroger sur le seuil (besoin, effectif, temps, tarif, …) à partir duquel il peut être plus intéressant d’internaliser.
  • Fluidité : le recours à un prestataire externe doit vous faciliter la vie. Si pour quelques raisons, cela complexifie vos process, ralentit votre fonctionnement, génère des situations complexes sur lesquelles vous n’avez plus la main . . . il est important de réinterroger le fonctionnement.
  • Qualité de l’accompagnement : la qualité de la relation ou de l’accompagnement peut ne pas être au rendez-vous. Dans ce cas, il est important de pouvoir changer « facilement » de prestataire, il ne faut donc pas être dépendant d’outils, de contrats, … bloquants

Quelques conseils pour choisir un prestataire externe

prestataire

Si vous envisagez de recourir à l’externalisation, voici quelques conseils pour trouver celui ou celle qui deviendra votre partenaire RH :

  • Définissez précisément vos besoins : avant de commencer votre recherche, il est important de définir clairement vos besoins en matière de gestion RH. Que souhaiteriez-vous externaliser ? Pourquoi ? Avec quelles attentes ? Sur quelle échéance vous projetez-vous ? Cela vous permettra de cibler votre recherche, d’exprimer clairement vos besoins et vos attentes. Un seul prestataire ne pourra peut-être pas couvrir tous vos besoins
  • Rencontrez et comparez les prestataires : une fois que vous avez défini vos besoins, il est intéressant de rencontrer et de comparer plusieurs prestataires externes. Dans vos critères, au-delà du prix, pensez à prendre en compte :
    • le champ d’expertise (spécialiste d’un sujet ou généraliste),
    • la méthodologie d’intervention (package standardisé ou sur mesure),
    • la connaissance de votre secteur d’activité ou de votre typologie de structure,
    • la proximité géographique (pour plus de réactivité, e présence en fonction des besoins/urgences),
    • l’expérience et la réputation,
    • la durée d’existence, . . .
    • la qualité de l’échange que vous aurez est également un indicateur précieux (dépliez toutes vos antennes).
  • Vérifiez les références : demandez aux prestataires consultés des références de clients satisfaits. Vous pouvez également consulter les avis et recommandations en ligne pour vous faire une idée de la qualité des accompagnements.
  • Contractualisez : formalisez vos engagements réciproques et tout ce qui contribue à cadrer votre relation. Cela vous permettra de tout poser sur la table et de construire une relation saine et authentique. Evitez les engagements bloquants de part et d’autre. Si la relation est satisfaisante, elle sera pérenne sinon il vaut mieux qu’elle prenne fin sans trop de complexité.

💡Une fois votre choix fait, pour qualité de la relation et de l’accompagnement, apprenez à considérer ce prestataire comme un véritable partenaire.

⚡Un point de vigilance : il peut être tentant (et justifié) de chercher à négocier pour baisser les coûts. Attention cependant à ce que vous proposez, il faut que cela soit équitable et tenable dans la durée (des 2 côtés). Un freelance qui se lance pourrait accepter un tarif qui ne lui permettra pas de tenir son engagement sur la durée. Le risque est alors de devoir recommencer le process.

Conclusion

👍L’externalisation de la gestion RH peut être une solution intéressante pour les petites et moyennes organisations qui souhaitent professionnaliser leurs pratiques sans disposer des ressources internes nécessaires.

🎯L’objectif est variable d’une structure à l’autre :

  • fiabilisation et sécurisation (réduction des risques),
  • amélioration de l’accompagnement des salariés (attractivité et fidélisation),
  • amélioration du dialogue social (respect du droit des personnes et des prérogatives de chacun),
  • amélioration du fonctionnement général en se consacrant au coeur de métier,
  • . . .

🕵️ Cependant, il est important de bien identifier les différents enjeux avant de décider de ce qui est externalisable et ce qui ne l’est pas.

🚧 De mon côté, d’une part, j’invite toujours les structures à sécuriser ce qu’elles ne peuvent pas maîtriser et qui représente un risque significatif. Ainsi, je considère par exemple que la gestion de la paie demande des compétences techniques importantes et une veille permanente que les petites et moyennes organisations ne sont pas (sauf exception) en capacité d’assumer correctement et de façon sécurisée.

Sur un autre registre, la conformité des pratiques au droit du travail, je ne pense pas possible de gérer des RH sans recourir à des conseils juridiques sur certaines problématiques rencontrées. Il peut s’agir du syndicat employeur ou d’un abonnement à un conseil juridique en droit social, mais le cadre législatif est trop complexe pour s’y retrouver sans être spécialiste.

Parfois, il peut y avoir un enjeu à sécuriser les recrutements (quand on ne trouve pas de candidats ou qu’il y a eu plusieurs échecs par exemple). Mais dans ce cas, il peut être intéressant de s’interroger : aurais-je besoin de cette compétence à l’avenir ? Si oui, peut-être que je dois l’acquérir pour ne pas être dépendant d’un tiers extérieur ? Aurais-je le temps et l’appétence pour le faire correctement ? La réponse peut encore être différente.

🚀D’autre part, je les invite à monter en compétences sur les sujets à enjeux pour lesquels, de mon point de vue, elles ne doivent pas être dépendantes de tiers extérieur. Dans les accompagnements, je mise toujours sur le transfert de compétences. Ensuite, il revient aux structures de décider si elles veulent / peuvent le faire par elles-mêmes ou si elles ont besoin d’un appui. Par ailleurs, une toute petite structure sans perspective de développement à court terme ne peut pas avoir la même stratégie qu’une structure qui se développe rapidement.

Chaque situation doit donc être analysée soigneusement pour déterminer ce qu’il est pertinent d’externaliser, de quelle façon et à quelles conditions.

Comment réussir ses recrutements quand on est une petite structure ?

Comment réussir ses recrutements quand on est une petite structure ?

Pour ceux qui n’en seraient pas encore convaincus, j’insiste: réussir un recrutement est un enjeu majeur pour votre structure. Pourquoi ?

  1. Recruter prend du temps et coûte donc de l’argent, même quand on ne fait pas appel à un cabinet ou qu’on ne diffuse pas son annonce sur des sites payants;
  2. Embaucher une personne qui n’a pas les compétences requises, qui ne s’adapte pas à la culture interne ou qui ne s’intègre pas à l’équipe peut rapidement venir entraver le bon fonctionnement de la structure, démobiliser les équipes et/ou générer du conflit.
  3. Du côté du salarié, se retrouver embarqué dans une aventure qui se transforme en échec n’a rien de réjouissant et peut entraîner remises en question et souffrance alors que c’était peut-être simplement dû à un manque d’adéquation. Dommage, non ?

Les qualités d’un bon recruteur pour un recrutement réussi

Au risque de faire sourire : avoir du temps à consacrer au recrutement;

balance temps argent
  • Savoir clarifier le besoin en termes de compétences attendues et savoir-être et connaître les valeurs de la structure qu’il faudra mettre en avant auprès des candidats;
  • Être en capacité de rendre attractives l’offre et la structure qui embauche, sans dénaturer la réalité;
  • Maîtriser les outils du recrutement (joboard, sourcing, réseaux, tests, …);
  • Avoir de la considération pour les candidats et mettre en place un processus de recrutement qui la traduise concrètement;
  • Mobiliser une écoute attentive et objective : questionnez, écoutez vraiment la réponse voire reformulez pour être sûr d’entendre ce que la personne en face de vous exprime (mettez de côté vos interprétations);
  • Savoir prendre une décision et l’expliquer;

Les différentes étapes du recrutement et les écueils à éviter

Avez-vous pensé à une Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences pour vous aider à piloter autrement qu’à vue ?

planning

Planifier et anticiper

« Plus facile à dire qu’à faire quand on a une visibilité à 6 mois », me direz-vous.

OUI MAIS, rien n’empêche :

  • de tracer à grands traits les différentes hypothèses possibles en fonction des projets dans les tuyaux ou des cycles saisonniers bien connus,
  • d’évaluer un peu en continu la (sur)charge de travail de vos équipes,
  • d’anticiper d’éventuels départs,
  • d’interroger régulièrement la pertinence de votre organisation

Identifier précisément le besoin

analyse

Autrement dit, il vous faut trouver les réponses aux questions suivantes :

  • Quel poste ?
  • Quelle mission ?
  • Quelles compétences ?
  • Quel type de personnalité ?
  • Quelle articulation avec les missions des autres membres de l’équipe ?
  • Avec qui sera t-il en contact ?
  • Quel environnement de travail ?
  • Quel niveau de responsabilité ?
  • Quel niveau de rémunération ?
  • Quel type de contrat ?
  • Quelle durée de travail ?
  • Quelles sont les contraintes inhérentes au poste ? . . . et formaliser une fiche de poste.

🎤N’hésitez pas à la faire circuler parmi les administrateurs ou les salariés, ils pourraient vous faire part de remarques judicieuses (ils ont forcément un angle de vue différent);

❌ Bannissez les fiches de poste fourre-tout, imprécises, irréalistes, etc…;

✅ Soyez au clair sur votre politique salariale, qui doit être à la fois cohérente et transparente;

✅ Actualiser vos connaissances sur les aides à l’embauche mobilisables;

❓Avez-vous pensé à revisiter vos référentiels métiers et vos référentiels de compétences (celles dont la structure a besoin pour fonctionner aujourd’hui … et demain) ? Les fiches de poste de vos salariés sont-elles adéquates, connues des intéressés et à jour ?

profils

Pensez à l’interne avant tout !

Peut-être disposez-vous de la bonne personne, peut-être est-ce l’occasion de promouvoir un de vos collaborateurs, …

Des actions de formations peuvent permettre de développer les nouvelles compétences nécessaires à cette évolution;

offre d'emploi

L’annonce

Rédigez l’annonce en pensant à décrire succinctement le projet de le positionnement de votre structure, la mission du poste et les compétences essentielles attendues. Mettez en avant ce que la structure attend mais aussi ce qu’elle peut apporter à ses salariés;

La recherche

Identifiez les canaux de diffusion pertinents au regard du poste à pourvoir et n’hésitez pas à faire du sourcing, à mobiliser vos réseaux, à mobiliser vos équipes pour de la cooptation (sans pour autant recruter la belle-soeur de la cousine de l’agent d’accueil juste parce qu’elle cherche un emploi);

CV

L’étude des CV

Pendant la phase de tri des CV, ne cherchez pas un clone, ne limitez pas votre analyse aux mêmes fonctions ou au même secteur d’activité, n’excluez pas a priori les candidats au parcours atypique;

L’entretien de recrutement

entretien

Soignez la 1ère prise de contact par téléphone pour prendre rendez-vous : faites-le vous-même pour entendre le candidat, ses réactions et la façon dont il vous « accueille » ou confiez-le à une personne de confiance qui saura être attentive à ces détails;

Accueillez les candidats avec bienveillance, mettez-les à l’aise et, s’ils sont malgré tout stressés, rappelez-leur qu’un entretien permet aux 2 parties de faire une idée sur une possible collaboration, ça n’est pas unilatéral;

Soyez au clair sur les questions que vous avez le droit de poser. L’article L. 1221-6 du Code du travail stipule que « Les informations demandées, sous quelque forme que ce soit, au candidat à un emploi ne peuvent avoir comme finalité que d’apprécier sa capacité à occuper l’emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles. Ces informations doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou avec l’évaluation des aptitudes professionnelles ». Toute question relative à la religion, l’orientation sexuelle, l’état de santé, l’appartenance syndicale, les opinions politiques, un état de grossesse éventuel, … sont à proscrire car considérées comme discriminatoires.

Interrogez-les sur leurs réalisations concrètes et sur ce qui les motive profondément. Imaginez des mises en situation réalistes et demandez-leur quelle seraient leurs réactions. Questionnez-les avec bienveillance, objectivité et sans jugement sur leur parcours professionnel (gardez à l’esprit que vous ne connaissez pas leur histoire);

Faites passer des tests, soit sous forme de QCM pour vérifier des connaissances précises qui conditionnent la bonne réalisation des missions (par exemple sur les normes sécurité en matière d’Etablissement Recevant du Public, sur des règles comptables, …) ; soit sous forme de mise en situation (par exemple rédiger un courrier de demande de subvention ou autre); bien sûr, vous aurez informé au préalable les candidats de la tenue de ces tests;

Notez les compétences que vous pensez avoir repérées et celles qui ne ressortent pas de l’échange; vous recherchez certains savoir-faire immédiatement opérationnels, d’autres peuvent s’acquérir dans un second temps; notez les attitudes et les réactions et évaluez-les au regard du poste à pourvoir (par exemple, le fait de savoir parler en public n’est pas indispensable de la même façon pour un salarié qui réalise un travail de bureau 99% de son temps qu’à un salarié qui est amené à faire de la représentation auprès d’institutionnels);

Communiquez des informations sincères sur la situation dans laquelle l’embauche est réalisée : un candidat informé de tensions particulières, d’un contexte difficile ou d’enjeux imminents sera plus apte à s’adapter qu’une personne à qui vous aurez vendu du rêve; de la même façon, exposez clairement les contraintes inhérentes au métier (réunions le soir quand les bénévoles sont disponibles, travail certains WE, déplacements fréquents, …);

Informez les candidats sur le processus de recrutement : nombre d’entretiens, délai de réponse, …

Le moment de la décision est arrivé !

décision

Objectivez votre réflexion avec les notes que vous avez prises (la mémoire est sélective) et évaluez les avantages et les inconvénients de chaque candidature. Un seul conseil : ne choisissez jamais quelqu’un par défaut. Si vous n’avez pas trouvé la personne en adéquation avec le poste ou le contexte : recommencez !

Si vous avez trouvé votre bonheur, appelez le candidat retenu et faites-lui part de votre décision et calez-vous avec lui sur les prochaines étapes;

Vous devez également contacter directement les autres candidats et leur expliquer pourquoi vous ne les avez pas retenu, simplement, honnêtement et avec tact. Pourquoi pas un simple courrier ou pas de réponse du tout ? Parce qu’il y a eu une interaction, un échange entre vous et eux et que vous leur devez une réponse argumentée, afin qu’ils comprennent votre choix, ou encore pour les aider à s’améliorer pour les prochains entretiens qu’ils auront. C’est également indispensable pour l’image de votre structure.

Les formalités d’embauche

Un conseil certes un peu trivial : ne vous ratez pas sur les formalités d’embauche et ne considérez pas cela comme de la paperasse inutile. Les conséquences tant vis-à-vis de l’Administration que vis-à-vis de votre nouveau salarié si les choses ne se passaient pas comme prévu peuvent être très pénalisantes.

checklist
  • Récupérez auprès du candidat tous les documents indispensables à son embauche : CNI, attestation CPAM, diplômes ou certifications, permis de conduire (si utilisation d’un véhicule professionnels), …;
  • Effectuez la DPAE obligatoirement, au plus tôt 8 jours avant l’embauche (et avant la mise au travail effective du salarié);
  • Rédigez un contrat de travail sobre et valable juridiquement (!), et n’oubliez pas de le faire signer à votre nouveau salarié dans les délais impartis (attention aux spécificités du CDD par exemple);
  • Inscrivez le salarié nouvellement embauché sur le registre unique du personnel;
  • Réalisez les formalités d’affiliation du salarié à l’institution de retraite complémentaire obligatoire;
  • Organisez, sous 3 mois, une visite d’information et de prévention (VIP) (remplace la visite médicale d’embauche);
  • Soyez extrêmement vigilant à la durée de la période d’essai et aux règles pour éventuellement la renouveler;

L’accueil et l’intégration

Un autre conseil trivial ? Ne vous ratez pas sur l’intégration de votre nouvelle recrue. C’est à cette période décisive que le nouvel arrivant à le plus besoin d’attention, soyez accueillant et disponible.

accueil

✅ Lisez le post dédié à l’intégration😉

✅Transmettez-lui, en amont de son arrivée, un livret d’accueil ou tout autre document lui permettant de prendre connaissance de l’activité de la structure comme le projet associatif (à jour…), les derniers rapports d’AG, les projets en cours, un organigramme, … ;

✅Invitez-le à des événements organisés par l’association qui auraient lieu d’ici sa prise de poste;

✅Préparez son poste et ses outils de travail;

✅Organisez sa première journée autour de la découverte de la structure et des équipes bénévoles et salariées, qui auront été informées en amont de son arrivée;

✅Transmettez-lui toutes les informations et documents nécessaires au niveau RH;

✅ Impliquez un membre de l’équipe pour assurer la fonction de tuteur;

Conclusion et perspectives

Dans les petites et moyennes structures, conduire avec succès un recrutement ne s’improvise pas, notamment quand on gère cela en plus du reste et qu’on ne dispose pas de fonctions supports dédiées en interne.

⚠️[FOCUS] Un autre élément vient complexifier le travail du recruteur dans le secteur associatif : faute de moyens suffisants, les emplois sont souvent précaires (que ce soit en termes de temps de travail, de type de contrat de travail ou encore d’adéquation entre le niveau de responsabilité et le niveau de rémunération). C’est un frein certain pour attirer plus massivement de « bons » profils, j’entends par là des personnes disposant de compétences dont les associations manquent de façon récurrente et qui pourraient démultiplier l’impact de leurs projets.

De mon point de vue, il est donc urgent de réfléchir la question de l’emploi, certes plus large que celle du recrutement qui est l’objet de cet article, et notamment à sa mutualisation, que ce soit au sein d’un territoire ou d’un champ d’activité.

Je pense bien sûr aux groupements d’employeurs, au multisalariat volontaire et construit, au temps partagé … solutions qui permettent également de s’adjoindre ponctuellement les compétences Ressources Humaines nécessaire à la conduite de sa structure.

Les petites et moyennes structures, associatives ou du secteur marchand, pourront alors sans aucun doute proposer des emplois de qualité et des parcours professionnels qui développent l’employabilité des salariés tout au long de leur carrière.

Le « Temps Partagé » dans les petites et moyennes structures, quel intérêt ?

Le « Temps Partagé » dans les petites et moyennes structures, quel intérêt ?

👂Vous en avez sûrement entendu parler, mais ce qu’il recouvre n’est peut-être pas encore très clair pour vous ? Faisons ensemble le tour de la question 👓

L’origine du besoin

balance

Au sein de certaines structures, plus particulièrement les TPE et les PME (mais aussi les associations), des compétences cruciales peuvent faire défaut, principalement pour des raisons de budget 💰

Comment justifier, par exemple, l’embauche d’un Responsable RH expérimenté pour une structure de 10 salariés ? Pourtant, cette structure a les mêmes obligations que tout autre structure employeuse . . .

Les équipes des petites et moyennes structures sont toutes très polyvalentes, mais parfois la disponibilité en temps et/ou les compétences sur une des missions sont trop justes et mettent les individus et le collectif en difficulté voire en risque …

Les différentes formes du temps partagé

Côté intervenant, il existe différentes options :

  • partager ses compétences et son temps de travail entre plusieurs employeurs (multi-salariat )
  • avoir un statut d’indépendant et intervenir pour plusieurs structures (prestation)
  • opter pour une activité « mixte », conjuguant un contrat de travail à temps partagé et une activité de prestataire ou d’indépendant (pluriactivité )
objectif

Pour une structure, les différentes possibilités sont :

  • embaucher en direct un salarié à temps partiel (contrat de travail)
  • avoir recours à un indépendant sur les compétences spécifiques dont elle a besoin (c’est un contrat commercial et non un contrat de travail)
  • recourir à tiers qui met à disposition des salariés en fonction des besoins des structures adhérentes / clients (contrat de mise à disposition)

Le salariat en Temps Partagé est régit par l’Article L1252-1 du Code du Travail

L’intérêt du temps partagé

Pour l’intervenant

Mobiliser ses compétences à leur juste niveau, s’intégrer dans des équipes et des environnements différents qui nécessitent de développer son adaptabilité, avoir des missions diversifiées, choisir son temps de travail, …

idée
Pour la structure

Les avantages sont également multiples : apport de compétences au niveau recherché, flexibilité et adaptabilité, des collaborateurs expérimentés et motivés, un coût adapté et maîtrisé, …

[si externalisation] : pas d’impact de l’effectif ou de la masse salariale, « recrutement » simplifié, pas de précarisation de l’emploi avec des temps très partiels subis …

En d’autres termes : la juste compétence, au juste temps et au juste coût.

Les acteurs du temps partagé

recherche

Saviez-vous que RH IN SITU peut également intervenir en en temps partagé ?

Quelques exemples
loupe

« La structure a grandi, les pratiques ne sont pas suffisamment claires ni formalisées, cela peut générer de l’incompréhension voire des tensions. Se pose alors la question de structurer la fonction Ressources Humaines, de construire des process et des outils adaptés aux besoins ».

loupe

« Une structure passe le seuil des 11 ou des 50 salariés. Cela impacte ses obligations en matière de dialogue social et elle souhaite tout mettre en oeuvre pour construire un dialogue social de qualité » mais ne dispose ni de l’expertise ni de l’outilage.

loupe

« Une entreprise intervient sur un champ d’activité qui nécessite des compétences pointues. Elle peine à recruter les profils adéquats et, en plus, souffre d’un fort turnover. Ses recrutements lui coûtent cher et les mouvements de personnel perturbent son organisation ! Elle doit anticiper sur les compétences vitales dont elle a besoin, optimiser ses méthodes de recrutement et élaborer une politique d’intégration. Dur de faire tout ça pour un dirigeant qui n’est pas expert en la matière …« 

loupe

« Une association qui, lors de sa création avait un seul salarié plutôt généraliste ou spécialiste d’une thématique (développement local, environnement, …), a vu son activité croître au fil des années. L’équipe s’est étoffée jusqu’à atteindre une quinzaine de salariés ou plus. Tout est géré « au fil de l’eau » parce qu’on est dans le secteur associatif et qu’on se fait confiance. Un conflit survient avec un salarié qui estime que le droit du travail n’a pas été correctement appliqué et qu’il a subi un préjudice. Le président de l’association ou son représentant se retrouvent aux Prud’hommes et la structure « risque gros ». Un état des lieux des risques en matière de ressources humaines serait une aide précieuse et permettrait de construire un plan d’action pour se « mettre dans les clous ». Encore faut-il maîtriser a minima (voire davantage) le Code du Travail et accompagner les salariés d’une structure à prendre en compte cet élément dans leurs pratiques« .

Les cas de recours à un RRH en Temps Partagé sont multiples, chaque situation est différente et chaque mission doit être construite sur mesure, avec une personne qui comprend l’environnement de l’entité et qui dispose d’une palette d’outils, et surtout d’expériences, à mobiliser pour répondre aux problématiques.

La proximité est un élément important, c’est pourquoi, sur les missions en temps partagé, RH IN SITU intervient uniquement sur Lyon et villes limitrophes.

RESSOURCES

fleche
Sur le travail à temps partagé
Sur les groupements d’employeurs

En Auvergne Rhône-Alpes

SIRAC le groupement d’employeurs en Rhône-Alpes

GELF (Groupement d’employeurs des monts du Lyonnais)

GERHOSUD (Groupement d’employeurs Rhône Sud)

GESTEmploi

GEVL (Groupement d’employeurs des vallons du Lyonnais)

Les GEIQ en Rhône Alpes

Pourquoi la prévention des risques professionnels dans les petites structures est-elle si complexe ?

Pourquoi la prévention des risques professionnels dans les petites structures est-elle si complexe ?

Les petites structures sont les TPE.

C’est une entité juridique (association, entreprise, scop, …) qui emploie moins de 11 salarié.e.s.

drapeau français

Elles sont environ 3 millions en France. La moitié d’entre elles qui embauchent des salarié.e.s réprésentent 19% de l’emploi salarié du secteur privé. Elles oeuvrent à : 77,1% dans le tertiaire – 13,5% dans la construction – 6,7% dans l’industrie

Qu’est-ce qui les caractérise les TPE ?

empreinte
🤖 Portrait robot de ou de la dirigeant.e de petite structure
  • centré.e sur son coeur de métier (expert.e avant d’être chef.fe d’entreprise)
  • concentrant toutes les fonctions de la structure
  • plutôt isolé.e
  • très occupé.e
🤼 Un mode relationnel différent des grandes entreprises
  • proximité entre les personnes
  • prédominance de l’informel
  • peu ou pas de représentation du personnel
  • grande polyvalence de chaque salari.é pour optimiser le ratio fonction(s) à couvrir/ temps de travail
🧰 Des moyens plus limités
diy
  • peu ou pas de personnes ressources dédiées spécifiquement aux questions RH et santé au travail
  • manque de temps, de compétences, d’appétence pour réaliser une veille / rechercher des informations sur les sujets RH et santé au travail
  • plus grande fragilité financière qui définit des priorités en lien avec la pérennité économique immédiate

Et la prévention des risques professionnels dans tout ça ?

Elle est étroitement liée à la personnalité, à la formation et aux priorités du ou de la dirigeant.e 🧭

🕵️ La difficile évaluation des risques
checklist

La perception d’un risque n’est possible que si on est capable de l’identifier.

La plupart des dirigeant.es (et des salarié.e.s) considèrent que leur structure / leur activité ne présente pas de risque particulier, jusqu’à accident grave.

Le Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels (obligatoire dès le ou la 1er.e salarié.e) est, dans la majorité des structures :

  • soit méconnu
  • soit réalisé a minima pour remplir l’obligation règlementaire en cas de contrôle

Quand il est réalisé, il occulte généralement les risques psychosociaux pour ne se concentrer que sur les risques physiques.

🔬 Le manque de lisibilité de l’offre de prévention
sante au travail

Il existe pléthore d’intervenants et de dispositifs, pourtant les petites structures y recourent peu. Pourquoi ?

Le panel des interlocuteurs est (trop?) dense, pour des structures qui ne disposent pas des moyens humains à mobiliser sur la recherche d’informations sur ces sujets.

Si les services de santé au travail sont cités spontanément par les dirigeant.e.s, ils sont aussi considérés comme ne répondant pas à leurs besoins (« peu réactifs », « pas pro-actifs », « opaques » …).

Les organismes de protection sociale ? les dirigant.e.s ne connaissent pas forcément leur rôle (hormis pour la partie complémentaire santé), ils ne savent pas trop ce que comprend leur offre, ce qui est inclus dans leurs garanties, … et la relation « commerciale » peut susciter une certaine méfiance.

Les organismes tels que la CARSAT ou la DREETS ? Leurs rôles sont soit méconnus, soit ils suscitent également une certaine méfiance.

🔗Des intermédiaires de confiance, mais dont la prévention n’est pas le coeur de métier
expert-comptable

Quand on interroge un.e dirigeant.e sur sa personne ressource, il ou elle cite immédiatement l’expert-comptable. Une relation de confiance, à qui l’on confie tout : la gestion des finances, la gestion sociale, les questions juridiques plus globales, …

Mais, sauf exception(s), les cabinets d’expertise comptable ne sont pas compétents en matière de prévention. Ils fournissent parfois des trames de DUERP, mais ils ne peuvent pas aider dirigeant.e.s et salarié.e.s à développer une culture de la prévention. Ils ont par contre été identifiés par le Groupe Permanent Régional d’Orientation des conditions de travail (GPRO) comme relais d’informations de prévention, et une expérimentation est en cours

Quels sont les leviers permettant de faciliter la prévention dans les petites structures ?

reflexion
  • Prendre en compte la situation du ou de la dirigeant.e et les difficultés que lui ou elle rencontre à son niveau au quotidien (charge mentale, conciliation vie personnelle/vie professionnelle, stress, …)
  • Prendre en compte les moyens limités dont disposent les petites structures pour leur proposer des solutions adaptées à leur réalité
  • Construire à petits pas une culture de la prévention partagée entre les différentes parties prenantes de la structure (qui ne repose donc pas uniquement sur une seule personne) en accompagnant leur montée en compétences sur ces sujets
  • Démontrer l’intérêt économique à moyen-long terme de développer une culture de prévention (moins de coûts indirects et plus de performance globale)
  • Transformer les contraintes règlementaires en opportunités de mettre en place des actions pertinentes, qui ont du sens et génèrent d’autres contreparties (climat social, fluidité des relations, engagement, …)
  • Privilégier les approches ciblées (métiers, secteur, territoire, risques prioritaires, …) et pragmatiques
  • Construire des approches / offres complémentaires entre les différents acteurs (SST, CARSAT, DREETS, CCI, Syndicats employeur, Syndicats salarié.e.s, experts-comptables, organismes de protection sociale / d’assurance …)

Pour résumer

  • Les « petites structures » sont très nombreuses et hétérogènes et il n’y a pas en leur sein d’interlocuteur.rice dédié.e aux questions de prévention que peuvent cibler les différents acteurs de la prévention
  • Les risques professionnels sont bien présents dans les petites structures (ce n’est pas pour rien qu’elles sont la cible prioritaire de Plan Santé Travail et de l’ensemble des dispositifs existants)
  • L’offre de prévention existe, elle se traduit par des ressources documentaires, des accompagnements, des appuis financiers . . . mais elle n’atteint pas sa cible
  • Pour les atteindre, il est nécessaire d’être en proximité avec elles et qu’une relation de confiance se mette en place

RESSOURCES

fleche
Dispositifs d’aides en lien avec l’Emploi-Formation ciblant les TPE PME (dont associations)

Dispositifs d’aides en lien avec l’Emploi-Formation ciblant les TPE PME (dont associations)

L’accès à l’information est souvent très compliqué pour les petites et moyennes structures. Pourtant de nombreux dispositifs d’aides existent, notamment sur les actions liées à l’emploi-formation.

Petit tour d’horizon des ressources à consulter pour les différents dispositifs d’aides

aides entreprises

Voici un portail officiel qui récapitule les différentes aides existantes

place des entreprises

Place des entreprises est une mines d’informations sur toutes les problématiques que rencontrent les TPE-PME.

agefiph

L’AGEFIPH propose de nombreux services et aides financières pour toutes les questions en lien avec le handicap

carsat

La CARSAT propose des aides financières pour prévenir, notamment, les risques professionnels

Les différents référencements de RH IN SITU pour être rendre éligibles les accompagnements

Pour ma part, afin de pouvoir permettre aux petites structures de faire appel à mes services, je suis référencée par différents organismes proposant des dispositifs spécifiques aux petites et moyennes structures (dont les associations) :

  • PRESTATION CONSEIL RESSOURCES HUMAINES (#PCRH)
  • AMBITION REGION EN AUVERGNE RHONE ALPES CAPITAL HUMAIN
  • COORDINATION SUD
  • DISPOSITIF LOCAL D’ACCOMPAGNEMENT (DLA)
  • INTERVENANTE EN ORGANISATION DE LA PREVENTION & EVALUATION DES RISQUES (CARSAT)
La Prestation Conseil RH (#PCRH) TPE PME AURA, vous connaissez ?

La Prestation Conseil RH (#PCRH) TPE PME AURA, vous connaissez ?

Qu’est-ce que la PCRH ?

Prestation de conseil en ressources humaines destinée aux TPE-PME, ou à un collectif d’entreprises appartenant à la catégorie TPE-PME, permettant de bénéficier d’un accompagnement Ressources humaines cofinancé par l’État.

Ce dispositif est encadré par l’instruction du Ministère du travail, du plein emploi et de l’insertion INSTRUCTION N° DGEFP/MADEC/2022/208 du 15 septembre 2022 relative à la prestation « conseil en ressources humaines » pour les très petites entreprises (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME)

Quelles sont les structures et les thématiques d’accompagnement éligibles à la PCRH ?

Structures

Toute entreprise de moins de 250 salariés n’appartenant pas à un groupe de plus de 250 salariés, ayant à minima 1 salarié. Les entreprises de moins de 50 salariés sont favorisées. Les auto-entrepreneurs ne sont pas éligibles.

Thématiques
  1. Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) :
    1. diagnostic de la situation de l’entreprise en matière de GPEC et de RH ;
    2. élaboration d’une stratégie de développement RH, en lien avec la stratégie de développement économique de l’entreprise ;
    3. élaboration d’un plan de développement des compétences des salariés ;
    4. construction de parcours professionnels pour les salariés ;
    5. mise en place d’un plan de gestion des âges et/ou de transmission des savoir-faire et des compétences.
  2. Appui au recrutement et au développement de l’attractivité :
    1. identification des freins et leviers pour répondre aux tensions de recrutement ;
    2. élaboration d’une stratégie de recrutement (définition des compétences attendues, diversification des sources de recrutement…) ;
    3. identification et levée des freins à la décision d’embauche ;
    4. identification du potentiel de création d’emplois et de pérennisation des contrats de travail ;
    5. amélioration de la marque employeur et de la capacité à attirer des candidats de l’entreprise ;
    6. mise en œuvre d’actions visant à améliorer la qualité de l’emploi, en favorisant le recours au contrat à durée indéterminée et en allongeant la durée des contrats. Ces actions pourront notamment être proposées aux entreprises dans le champ du dispositif dit de « bonus-malus » ;
    7. actions de développement de l’apprentissage au sein de l’entreprise.
  3. Intégration des salariés dans l’entreprise :
    1. appui à l’intégration et l’inclusion des salariés dans l’entreprise ;
    2. développement de l’emploi des séniors et d’une gestion active des âges et générations dans l’entreprise ;
    3. maintien et valorisation des travailleurs en seconde partie de carrière dans l’entreprise ;
    4. prévention et lutte contre toute forme de discrimination à l’embauche et au cours de la carrière ;
    5. inclusion des personnes en situation de handicap dans l’entreprise (éventuellement en complémentarité avec des actions menées par les Cap Emploi) ;
    6. amélioration de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ;
    7. promotion de la diversité au sein de l’entreprise ;
    8. accompagnement de l’entreprise à l’obtention du label Diversité.
  4. Accompagnement des entreprises aux mutations RH liées aux transitions, notamment numérique et écologique :
    1. adaptation des ressources humaines à la transition écologique ;
    2. adaptation des ressources humaines à la transition numérique (développement du télétravail et des modes de travail hybride, des outils de travail à distance, mise en place de nouveaux outils de gestion des RH, accompagnement RH à la mise en place d’outils fondés sur le recours à l’intelligence artificielle…) ;
    3. accompagnement à l’identification des métiers fragilisés par les mutations économiques et/ou accompagnement à l’élaboration d’un accord de GEPP permettant à l’entreprise d’entrer dans le dispositif Transitions collectives ;
    4. accompagnement RH des changements d’interfaces ou de digitalisation de processus, induisant un nouveau rôle, de nouvelles missions pour les salariés de l’entreprise et/ou une réorganisation du travail ;
    5. appui au processus de recrutement, induit par les transitions impactant l’entreprise (définition des compétences attendues et des profils recherchés) ;
    6. mise en œuvre d’une démarche de responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
  5. Organisation du travail :
    1. adaptation de l’organisation du travail (définition, attribution et planification des tâches, organisation collective du travail, gestion du temps de travail, circulation de l’information RH, organigrammes, visibilité et suivi du travail et des missions de chaque collaborateur, organisation des collaborations entre salariés…) ;
    2. mise en place du télétravail, de démarches de flexibilisation du temps de travail, de modes de travail hybride ;
    3. amélioration de l’articulation entre l’activité professionnelle et la vie personnelle et familiale des salariés ;
    4. amélioration de la qualité de vie au travail et prévention des risques psychosociaux ;
    5. gestion des problématiques organisationnelles qui se traduisent par différents phénomènes tels que l’absentéisme, le turn-over. 6. Amélioration du dialogue social :
    6. amélioration des relations sociales et développement du dialogue social dans l’entreprise ;
    7. accompagnement des acteurs de l’entreprise à la mise en place d’un CSE et à la gestion du franchissement de seuils sociaux (en dehors du seul respect des obligations légales et règlementaires incombant au chef d’entreprise) ;
    8. accompagnement à l’élaboration d’un accord de gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) ou d’un accord de GPEC.
  6. Professionnalisation de la fonction RH dans l’entreprise :
    1. professionnalisation du dirigeant ou des salariés en charge de la gestion des RH dans l’entreprise (appui à la mise en place d’outils et de processus de gestion des RH, appui à la définition d’une organisation de gestion des RH, etc.) ;
    2. accompagnement d’entreprises à la création de groupements d’employeurs et renforcement et développement des groupements d’employeurs existants ;
    3. appui au développement du prêt de main d’œuvre entre entreprises.
  7. Accompagnement des situations de variations conjoncturelles d’activité et/ou en lien avec un contexte économique particulier :
    1. évaluation et réponses à l’impact d’une crise ou d’un évènement conjoncturel sur les emplois et les compétences ;
    2. gestion RH en situation de crise ;
    3. – adaptation de l’organisation de travail ;
    4. enjeux RH liés à la réorganisation de l’activité, notamment en cas de diversification d’activité et/ou de relocalisation ;
    5. renforcement du dialogue social en situation de crise ;
    6. élaboration d’un plan de développement des compétences en situation de crise ;
    7. mise en œuvre de solidarités interentreprises telle qu’une mutualisation de services.

Quelles sont les modalités de mise en oeuvre de la PCRH?

L’accompagnement est réalisé en fonction des besoins exprimés par votre entreprise sur plusieurs thématiques RH, par un prestataire extérieur spécialisé dans ce domaine.

Cet accompagnement peut être réalisé de façon individuelle et/ou par session collective avec plusieurs entreprises issues d’une même filière, d’un même territoire ou partageant des préoccupations RH communes. L’accompagnement est modulable et s’adapte à vos besoins : il peut aller jusqu’à 30 jours répartis sur une durée de 12 mois. La prestation peut être prise en charge jusqu’à 100 % par l’État et par des organismes co-financeurs, le plus souvent votre OPCO, sous conditions.

Comment bénéficier de cette prestation ?