Difficultés économiques : le kit de survie du dirigeant

Difficultés économiques : le kit de survie du dirigeant

Dans un environnement marqué par une situation de polycrise — où s’entremêlent tensions économiques, instabilités politiques, urgences environnementales et mutations sociales — aucune structure n’est totalement à l’abri d’une zone de turbulences. Pour le secteur associatif, ces pressions sont d’autant plus vives qu’elles s’accompagnent souvent d’une transformation des modes d’engagement et d’une raréfaction des financements traditionnels

Dans les petites et moyennes structures, les difficultés économiques nécessitent de la lucidité, des compétences humaines et techniques au bon endroit  et de la réactivité.

Il est essentiel que les dirigeants de structures connaissent les outils du droit français, afin de pouvoir les mobiliser en temps opportun et protéger ainsi au mieux l’activité et les emplois.

 Voici les éléments clés à connaître pour réagir de façon adaptée.

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Des procédures protectrices à connaître

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Les procédures amiables (anticipation et discrétion)

Les procédures amiables sont encadrées par le Code de commerce; elles permettent à une structure de résoudre ses difficultés en amont, sous l’égide d’un tiers indépendant (souvent un administrateur judiciaire).

Le mandat Ad Hoc (Art. L. 611-3 du Code de commerce)

C’est la procédure la plus souple. Le dirigeant demande au Président du Tribunal la désignation d’un mandataire pour l’aider à négocier avec ses créanciers (banques, bailleurs, fournisseurs). La seule condition est de ne pas être en état de cessation des paiements. La procédure est strictement confidentielle et n’a pas de durée légale maximale, ce qui permet de mener des discussions de long terme sans pression judiciaire.

La Conciliation (Art. L. 611-4 à L. 611-15 du Code de commerce)

Elle est ouverte aux structures qui éprouvent une difficulté juridique, économique ou financière, avérée ou prévisible, et qui ne sont pas en cessation des paiements depuis plus de 45 jours. Elle est limitée dans le temps (4 mois, prorogeable 1 mois). Si un accord est trouvé, il peut être soit constaté par le Président du Tribunal (confidentialité maintenue), soit homologué par le Tribunal (publicité restreinte mais sécurité accrue).

Le privilège de conciliation (Art. L. 611-11 du Code de Commerce)

C’est l’atout majeur de l’homologation d’un accord de conciliation. Ce dispositif, aussi appelé « privilège de New Money », garantit aux personnes qui apportent de nouveaux fonds, des biens ou des services pour soutenir la structure, qu’elles seront payées par priorité avant toutes les autres créances (à l’exception des salaires et des frais de justice) si la structure venait ultérieurement à tomber en redressement ou en liquidation judiciaire. Ce privilège est un argument de négociation décisif pour rassurer les partenaires financiers et obtenir une injection de trésorerie en période de crise.

Les procédures collectives (sous protection)

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Lorsque les solutions amiables ne suffisent plus ou que l’urgence financière est trop grande, le recours au Tribunal (de Commerce ou Judiciaire) permet de placer la structure sous protection judiciaire. L’ouverture d’une procédure collective entraîne immédiatement l’arrêt des poursuites individuelles : les créanciers ne peuvent plus engager de saisies pour des dettes antérieures.

La Sauvegarde (Art. L. 620-1 du Code de commerce) : L’anticipation volontaire

C’est la seule procédure collective qui ne peut être ouverte que par le dirigeant lui-même.

Condition : La structure ne doit pas être en cessation des paiements, mais justifier de difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter.

L’objectif : Réorganiser la structure pour assurer sa pérennité. Elle permet de geler le passif et d’élaborer un « plan de sauvegarde » pouvant s’étaler sur 10 ans, tout en laissant le dirigeant aux commandes (souvent assisté d’un administrateur).

Le Redressement Judiciaire (Art. L. 631-1 du Code de commerce) : La restructuration subie

Il est obligatoire dès que la structure est en état de cessation des paiements (lorsque l’actif disponible ne permet plus de faire face au passif exigible).

Le principe : Une période d’observation s’ouvre pour dresser un bilan économique et social. Durant cette phase, la structure continue son activité.

L’issue : Soit la mise en place d’un plan de continuation (apurement de la dette), soit la cession totale ou partielle de la structure à un tiers pour sauvegarder l’activité et l’emploi.

La Liquidation Judiciaire (Art. L. 640-1 du Code de commerce) : La fin de l’activité

Elle intervient lorsque le redressement est manifestement impossible.
Le rôle du liquidateur : Il remplace le dirigeant pour vendre les actifs (matériel, stocks, droit au bail) et rembourser les créanciers selon leur rang.
La spécificité associative : En cas de liquidation d’une association, l’actif net restant (après paiement des dettes) ne peut être partagé entre les membres. Il doit être dévolu à une autre structure ayant un objet similaire, conformément aux statuts.
Point de vigilance : Le passage de la sauvegarde au redressement, ou du redressement à la liquidation, peut être décidé par le tribunal si la situation de la structure ne s’améliore pas durant la période d’observation. L’anticipation reste donc le meilleur moyen de garder la main sur le destin de l’organisation.

Les acteurs de la procédure

Pour naviguer dans ce cadre, le dirigeant interagit avec des interlocuteurs clés :

  • Le Juge-Commissaire : Il veille au déroulement rapide de la procédure et à la protection des intérêts en présence. Il autorise les actes importants (ventes, licenciements).
  • L’Administrateur Judiciaire (AJ) : Il assiste le dirigeant dans sa gestion ou le surveille. Son rôle est d’aider à la survie de la structure.
  • Le Mandataire Judiciaire (MJ) : Il représente l’intérêt des créanciers. C’est auprès de lui que les dettes doivent être déclarées.

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2. Leviers de gestion

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Le Dialogue Social : une relation partenariale à bâtir avant la crise

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La qualité du dialogue social ne s’improvise pas le jour où les comptes passent dans le rouge. Elle se construit par un fonctionnement régulier, sain et transparent en période de stabilité.

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L’importance de la qualité de la relation

Avant même l’apparition des difficultés, la mise en place de processus éprouvés (réunions régulières, partage d’indicateurs clairs, écoute active) crée un climat de confiance. Une structure où le dialogue est fluide saura traverser une crise avec des partenaires sociaux constructifs, capables de comprendre les enjeux et de participer à l’effort de sauvetage. À l’inverse, un dialogue social rompu ou purement formel avant la crise devient un facteur d’instabilité majeur au moment des premières difficultés.

Un CSE avec des attributions qui diffèrent en fonction de l’effectif

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Structures de 11 à 49 salariés : des attributions ciblées

Dans ces structures, le CSE a une mission d’alerte et de relais d’information.

Information et Consultation : Il doit être informé et consulté avant toute décision relative à un licenciement économique collectif ou à l’ouverture d’une procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation).

Droit de saisine : Si le CSE constate que l’employeur abuse de ses droits ou porte atteinte à la santé des salariés (stress lié à la crise), il peut saisir l’inspection du travail.

Obligations : Les membres du CSE sont tenus à une obligation de discrétion concernant les informations présentant un caractère confidentiel et données comme telles par l’employeur (Art. L. 2315-3).

Structures de 50 salariés et plus : un rôle stratégique étendu

Ici, le CSE dispose de moyens d’action beaucoup plus puissants (Art. L. 2312-8).

Le droit d’alerte économique (Art. L. 2312-63) : C’est l’outil majeur. Lorsque le CSE a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de la structure, il peut demander des explications à l’employeur. Si les réponses sont insuffisantes, il rédige un rapport qui peut être transmis aux administrateurs ou au commissaire aux comptes.

Le recours à l’expertise (Art. L. 2315-80) : Le CSE peut se faire assister par un expert-comptable (financé à 100% par la structure dans le cadre des consultations récurrentes sur la situation financière ou lors d’un PSE) pour analyser les bilans et les causes réelles de la crise.

Désignation d’un représentant des salariés (Art. L. 621-4 du Code de commerce) Lors de l’ouverture d’une procédure collective, le CSE désigne un représentant qui sera l’interlocuteur du juge-commissaire et du tribunal. Il a accès à tous les documents transmis par l’administrateur judiciaire.

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2. Dialogue social (capital confiance)

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Licenciement économiques : quelques repères

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Le licenciement pour motif économique (Art. L. 1233-1 et suivants du Code du travail) est une mesure de dernier recours qui exige une rigueur absolue. Une erreur de procédure ou de fond peut transformer une mesure de sauvetage en un risque financier majeur pour la structure.

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Les trois niveaux de licenciement selon l’ampleur du projet

La complexité de la procédure dépend du nombre de salariés concernés sur une période de 30 jours :

Le licenciement individuel : Concerne un seul salarié. La procédure repose sur un entretien préalable, une recherche de reclassement et la notification du motif économique.

Le licenciement collectif de 2 à 9 salariés : La structure doit obligatoirement consulter le CSE (si existant) sur le projet de licenciement et les critères d’ordre.

Le licenciement collectif de 10 salariés ou plus : La procédure devient lourde avec une notification à l’administration (DREETS). Si la structure emploie 50 salariés ou plus, elle doit obligatoirement élaborer un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE).

Les deux piliers de la validité du licenciement

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Le respect de ces deux obligations est le premier rempart contre le risque prud’homal :

L’obligation de reclassement (Art. L. 1233-4) : Avant toute rupture, la structure doit chercher activement à repositionner le salarié sur des postes disponibles de même catégorie (ou équivalente), au sein de la structure ou du groupe. Une recherche superficielle ou l’absence de preuves écrites de ces démarches rendent le licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Les critères d’ordre (Art. L. 1233-5) : Le dirigeant ne choisit pas librement qui part. Il doit appliquer des critères objectifs (ancienneté, charges de famille, situation de handicap, qualités professionnelles) à l’ensemble des salariés de la catégorie professionnelle concernée. L’inobservation de cet ordre ouvre droit à des dommages et intérêts pour le salarié.

Point de vigilance : dans le secteur associatif (notamment), il y a souvent un raccourci _ qui ne tient pas la route juridiquement _ entre le projet qui n’est plus financé et le licenciement des salariés affectés à ce projet. Même dans ce cas de figure, il convient d’appliquer les critères d’ordre.

Puzzle dialogue

Les dispositifs d’accompagnement à connaître : CSP et PSE

Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) : Obligatoire pour les structures de moins de 1000 salariés (Art. L. 1233-65). L’employeur doit le proposer individuellement. Le non-respect de cette obligation entraîne une pénalité financière égale à deux mois de salaire par salarié, versée à l’organisme collecteur.

Le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) : Dans les structures de 50 salariés et plus (pour ≥ 10 licenciements), le PSE doit prévoir des mesures concrètes de reclassement, de formation ou d’aide à la création d’activité. L’absence de validation ou d’homologation du PSE par l’administration entraîne la nullité des licenciements.

Les risques de contestation et sanctions

Marteau juridique

Le Conseil de Prud’hommes vérifie scrupuleusement trois points :

La réalité de la cause économique : La structure doit prouver que ses difficultés (baisse de commandes, pertes d’exploitation) sont réelles et contemporaines du licenciement.

Le respect du formalisme : Un défaut de consultation du CSE ou un oubli dans la lettre de licenciement peut entraîner des indemnités pour irrégularité de procédure.

L’insuffisance du reclassement : C’est le motif de condamnation le plus fréquent.

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Focus Structures Associatives

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La culture participative et démocratique est l’ADN du secteur associatif. Elle favorise l’engagement, l’horizontalité et la légitimité des décisions. Cependant, lors d’une crise économique brutale (baisse de subventions, inflation des coûts, déficit imprévu), ce qui est habituellement une force peut devenir un frein majeur à la survie de l’organisation. La tension entre les valeurs militantes et les impératifs de gestion crée alors des points de rupture spécifiques.

Chronomètre

Le conflit des temporalités : l’urgence contre la délibération

La gestion de crise exige une unité de commandement et une rapidité d’exécution immédiate. À l’inverse, le modèle associatif repose sur le débat et la recherche de consensus.

Le temps démocratique : Les organisations participatives s’appuient sur des routines délibératives lentes (convocation du Bureau, du Conseil d’Administration, voire de l’Assemblée Générale);

Le risque de paralysie : En période de crise, un retard de plusieurs semaines pour valider une restructuration peut mener à la faillite. La démocratie est intrinsèquement chronophage, là où l’état d’urgence exige l’instantanéité.

L’épreuve des décisions « difficiles » pour des administrateurs bénévoles

balance

La crise économique transforme radicalement les relations humaines au sein de la structure.

Le déni et le biais d’optimisme

Comme le souligne la sociologie des organisations, l’entre-soi des pairs peut renforcer un déni collectif. Les administrateurs, n’étant pas des professionnels de la gestion de crise, peuvent minimiser les signaux d’alerte financiers pour préserver l’harmonie du projet militant.

La recherche de consensus et le risque de paralysie décisionnelle

Prendre des décisions de rigueur (coupes budgétaires, suppression de projets ou de postes) est extrêmement difficile quand on cherche le consensus. Le dirigeant peut craindre de perdre sa légitimité ou de briser le lien social, menant à une paralysie décisionnelle où l’on préfère ne pas trancher plutôt que de diviser.

L’émergence du rapport de force

Selon les travaux de Matthieu Hély sur le travail associatif, il existe une « illusion spécifique » dans les associations qui tend à masquer les rapports de force employeur/employé derrière des valeurs communes. La crise brise cette « fiction d’égalité » militante : les administrateurs doivent soudainement endosser un rôle de patron « froid » (licenciements, gel des salaires), ce qui provoque souvent une crise de sens majeure pour des bénévoles qui ne s’étaient pas engagés pour gérer des plans sociaux.

Alors que salariés et bénévoles se perçoivent comme des co-militants, le redressement judiciaire replace le droit du travail au centre du jeu. Les salariés, exclus des votes du CA, se sentent victimes de décisions opaques. La « communauté d’action » laisse place à un rapport classique Employeur/Travailleur, vécu comme une trahison.

L’asymétrie d’information

La gestion de crise impose souvent une confidentialité stratégique. Or, dans une structure participative, la rétention d’information est immédiatement perçue par les salariés comme une dérive autoritaire. Cela génère un climat de suspicion : les salariés, exclus des votes du CA, se sentent otages de décisions prises « en haut » par des bénévoles qu’ils jugent parfois moins compétents qu’eux sur la réalité technique du dossier.

Le risque de démission collégiale

L’administrateur, n’ayant pas d’intérêt financier, peut choisir de démissionner pour fuir sa responsabilité juridique ou morale. Pour les salariés, cette démission en bloc est vécue comme un abandon pur et simple, laissant la structure (et leurs emplois) sans représentant légal face au tribunal.

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Le rôle pivot (et délicat) de la Direction salariée

Dans une association en crise, la Direction salariée se retrouve dans une position de « tampon » inconfortable, elle est l’architecte de mesures qui peuvent, à terme, s’appliquer à elle-même et aller à l’encontre de ses intérêts individuels.

L’interface entre expertise technique et bénévolat politique

Le directeur doit guider un Conseil d’Administration (CA) bénévole souvent démuni face à la technicité du droit des procédures collectives.

Le risque : Il porte seul la charge mentale du redressement. S’il prend les devants pour sauver la structure, il peut être accusé de dérive technocratique ; s’il attend les décisions d’un CA hésitant, il met en péril la survie des emplois, y compris le sien.

Le paradoxe du « liquidateur-salarié »

Contrairement au dirigeant d’entreprise qui peut avoir des intérêts financiers (parts sociales), le directeur associatif est un salarié qui travaille souvent à l’organisation de sa propre suppression de poste.

Dans un plan de sauvegarde ou de restructuration drastique, la direction est souvent le poste le plus coûteux. Pour sauver les fonctions de terrain et la mission sociale, le directeur peut être amené à proposer au CA la suppression de sa propre fonction.

Cette situation crée une tension psychologique extrême : il doit rester le moteur du redressement et le garant de la motivation des équipes, tout en sachant qu’il est potentiellement le prochain sur la liste des départs.

Une solitude managériale exacerbée

En période de crise, le directeur perd son statut de « co-militant » aux yeux des équipes pour devenir le visage des mesures de rigueur.

Le conflit de loyauté : Il est perçu comme « le patron » par les salariés, alors qu’il subit la même angoisse de l’avenir.

La conséquence : Il se retrouve isolé, ne pouvant partager ses doutes ni avec ses subordonnés (pour ne pas les inquiéter), ni totalement avec ses administrateurs (qui attendent de lui une solidité sans faille).

Quelques préconisations pour une gestion de crise au sein d’une association

Conseils

Pilier Politique : maintenir le sens et la cohésion

L’enjeu est ici de transformer une contrainte subie en une stratégie partagée, afin de limiter le sentiment de trahison des valeurs associatives.

  • Le « Mandat de Crise » explicite : Il est crucial de faire voter par le Conseil d’Administration une résolution actant officiellement l’état d’urgence. Cette délibération délègue des pouvoirs clairs et temporaires à une cellule de crise (ex : Président, Trésorier, Directeur). Cela légitime la verticalité par un acte démocratique préalable : le pouvoir se resserre avec l’accord de ceux qui le détiennent.

  • La contrainte légale comme « tiers médiateur » : La direction doit expliquer que le mode de fonctionnement restreint est imposé par le cadre des procédures (Sauvegarde, Redressement, CSP). Le droit devient ici un bouclier : ce n’est pas le dirigeant qui décide seul par arbitraire, mais parce que le Code de commerce ou le Code du travail l’y obligent pour préserver la personne morale.

  • Sanctuariser l’information à défaut de la décision : Si le cercle des décideurs se réduit, le flux d’information doit, lui, rester constant. Maintenir des points d’information réguliers permet de transformer la frustration de « ne plus décider » en une compréhension partagée des enjeux vitaux.

  • L’objet social comme boussole : Chaque arbitrage douloureux doit être systématiquement rattaché à la pérennité de la mission. On ne coupe pas dans un budget pour la rentabilité, mais pour garantir que l’utilité sociale de l’association survive à la crise.

Pilier Opérationnel : Protéger les acteurs clés

La crise fragilise les individus, en particulier ceux qui sont en première ligne.

  • Anticiper la fin de mission de la direction : Si la suppression du poste de direction est envisagée par souci d’économie, cette éventualité doit être discutée avec franchise et dignité au sein du Bureau dès le début du processus. Il faut éviter à tout prix que le directeur, artisan du redressement, ne devienne le simple « fusible » ou le bouc émissaire de la crise.

  • Soutien psychologique des élus employeurs : (Préconisation complémentaire) Le passage d’un rôle de militant à celui de « patron de crise » est traumatisant. Prévoir un espace de parole ou un accompagnement (DLA, conseil externe) permet aux bénévoles de tenir leur rôle sans s’effondrer sous la charge émotionnelle des décisions sociales.

Pilier Juridique : Sécuriser les fondations

    L’anticipation est la meilleure défense contre la paralysie. Une structure juridiquement fragile s’effondre à la première contestation interne.

    • Audit des statuts et de la chaîne de décision : Des statuts flous (incertitude sur qui convoque le CA ou qui représente l’association en justice) sont une bombe à retardement. Une contestation sur la validité d’une convocation peut paralyser une demande de sauvegarde en justice.

    • Formalisation des délégations : Les délégations de signature et de pouvoir (notamment vers la direction salariée) doivent être écrites, précises et limitées. Elles sécurisent les actes (contrats, licenciements) contre les risques d’annulation juridique et délimitent précisément la responsabilité de chaque acteur.

    • Veille sur la responsabilité civile et pénale : (Préconisation complémentaire) Les administrateurs doivent être informés de leurs risques en cas de « faute de gestion ». Cette transparence, bien que stressante, favorise une prise de décision plus rigoureuse et moins émotionnelle.

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    Conclusion

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    Piloter une structure dans la tempête ne s’improvise pas. La réussite de votre stratégie de redressement repose sur une alchimie rigoureuse entre droit, transparence et organisation.

    La maîtrise du cadre juridique : la méconnaissance du droit est un risque majeur. Comprendre les procédures (amiables ou collectives) et le droit social permet d’utiliser les bons leviers au bon moment. N’hésitez pas à vous faire accompagner par des experts (avocats) pour sécuriser chaque décision.

    La qualité du dialogue social : la confiance ne se décrète pas le jour de la crise, elle s’utilise comme un capital. Un dialogue de qualité avec vos représentants du personnel et vos équipes réduit les risques de blocage et transforme les contraintes légales en un projet de survie partagé.

    La fiabilité de l’information : l’exactitude et la sincérité de vos données, notamment financières, est un incontounable Des données fiables légitiment vos décisions auprès des tribunaux, des banques et des salariés, tout en protégeant votre responsabilité personnelle.

    Une gouvernance adaptée : une chaîne de décision claire, des statuts à jour et des délégations formalisées sont indispensables. En situation de crise, l’organisation doit savoir basculer vers une verticalité protectrice, sans jamais rompre le flux d’information avec ses parties prenantes

    En résumé, la résilience de votre structure dépend de votre capacité à conjuguer la rigueur du formalsime avec la force du dialogue.

    Tout savoir sur la dématérialisation des élections du CSE

    Tout savoir sur la dématérialisation des élections du CSE

    Le contexte législatif impose aux entreprises de plus de 11 salariés d’organiser régulièrement des élections du Comité Social et Économique (CSE) conformément aux articles L2314-26 et suivants du Code du travail. Facilitées par les avancées numériques, ces élections doivent aujourd’hui intégrer des modalités modernes pour répondre aux enjeux : efficacité, participation, accessibilité, et sécurité. La dématérialisation, et en particulier le recours au vote électronique, a connu un développement massif, encadré par une réglementation stricte, notamment via la CNIL, la jurisprudence et le cadre législatif.

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    Les différentes modalités de dématérialisation des procès-verbaux d’élection

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    Dématérialisation

    La dématérialisation classique des PV

    L’évolution vers la dématérialisation ne se limite pas à la mise en œuvre du vote électronique, mais concerne également la transmission et la conservation des procès-verbaux (PV). Plusieurs méthodes existent :

    📌Validation en ligne et transmission automatique : La solution privilégiée consiste à saisir directement le PV dans une plateforme dématérialisée sécurisée, en conformité avec l’article R2314-22 du Code du travail permettant une transmission instantanée à l’administration.

    📌Signature manuscrite puis téléversement : Les membres du bureau de vote signent les PV papier, puis les scannent et les transmettent via une plateforme agréée. Cette approche hybride reste courante, mais elle comporte plus de risques d’erreurs ou de falsification.

    📌Transmission dans le cadre d’un vote électronique : Lorsqu’un vote électronique est organisé, le logiciel génère automatiquement le PV signé électroniquement, permettant une transmission rapide, fiable et conforme à la réglementation.

    Cadre réglementaire et recommandations relatifs à la dématérialisation des PV

    Marteau juridique

    📌L’article R2314-22 du Code du travail autorise la transmission électronique des PV. La CNIL, dans sa délibération n°2010-371, recommande de faire certifier ces systèmes par des audits indépendants, notamment pour assurer la sécurité, la confidentialité, et la non modification des données (une liste des prestataires agréés est disponible dans les ressources en bas d’article).

    📌La réglementation précise que cette dématérialisation doit faire l’objet d’un protocole d’accord d’accord préélectoral, inscrit dans le cadre juridique, pour garantir leur conformité légale.

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    Le vote électronique : un outil pour la modernisation et la sécurisation des élections du CSE

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    Proposition

    Pourquoi privilégier le vote électronique ?

    Le vote électronique constitue une réelle avancée dans la démocratisation du processus électoral, puisqu’il comporte de nombreux avantages :

    📌Accessibilité universelle : Il permet à tous les salariés, y compris ceux en télétravail, en déplacement professionnel ou à distance, de participer facilement

    📌Participation renforcée : En raison de la simplicité d’utilisation et de l’accessibilité, le vote électronique tend à augmenter le taux de participation par rapport aux scrutins papier, particulièrement dans des environnements de travail complexes où le déplacement physique est contraignant.

    📌Efficience et économies : Le vote électronique réduit les coûts associés à l’organisation matérielle d’un vote, notamment la gestion et sécurité des urnes, l’impression des bulletins, ainsi que le temps et les ressources humaines nécessaires au dépouillement manuel.

    📌Sécurité et traçabilité : Grâce à des technologies avancées telles que le chiffrement des données, les signatures électroniques, et les scellés numériques, le vote électronique améliore la sécurité du scrutin en garantissant la confidentialité et l’intégrité des votes. Les systèmes de vote électronique permettent également une traçabilité accrue, ce qui aide à assurer la transparence et à réduire les possibilités de fraude.

    📌Rapidité des résultats : Le comptage automatisé des votes dans un système électronique permet de consolider rapidement les résultats et de les publier presque instantanément après la clôture du scrutin, garantissant ainsi une réactivité accrue dans les processus décisionnels.

    📌Souplesse d’organisation : En facilitant les modalités d’organisation, telles qu’une période de vote étendue et des horaires flexibles, le vote électronique peut être adapté pour maximiser la participation sans interrompre les activités courantes de l’entreprise.

    👉Ces avantages font du vote électronique un outil polyvalent, moderne, et efficace pour le déroulement des élections professionnelles, en apportant plus de simplicité et en renforçant la confiance dans le processus électoral.

    Cadre juridique et réglementaire

    balance justice

    L’article L2314-26 du Code du travail précise que le recours au vote électronique doit être prévu dans un accord collectif ou, à défaut, une décision unilatérale La réglementation impose notamment :

    📌La négociation préalable avec les partenaires sociaux, sauf en l’absence de délégué syndical (Cass. soc., 13 janvier 2021, nº 19-23.533).

    📌La rédaction d’un protocole d’accord préélectoral (PAP) qui établit clairement le cadre général, la désignation du prestataire, la description précise du système, ainsi que les modalités de sécurisation.

    📌Le respect par le prestataire retenu des règles relatives à la protection des données.

    rouages

    La démarche préalable et le déploiement

    📌Négociation et formalisation : La négociation doit aboutir à un protocole d’accord écrit, validé et déposé dans le respect des dispositions légales

    📌Choix du prestataire : Vérification de la conformité avec le référentiel du ministère du Travail et des certifications (audit, certification CNIL)

    📌Rédaction du cahier des charges : Définir en détail tous les aspects techniques : sécurité du système, modalités d’authentification, gestion des incidents, conformité RGPD…

    📌Configuration et tests : Mise en place, essais fonctionnels, formation des équipes, communication claire et transparente conformément aux recommandations de la CNIL

    📌Organisation pratique : Définir précisément la période d’ouverture, la gestion des incidents, l’accessibilité pour tous, notamment en cas de handicap

    Le déroulement du vote électronique

    Vote électronique

    📌Authentification renforcée : Envoi sécurisé des codes d’accès, double canal sécurisé si nécessaire (email, SMS, courrier)

    📌Participation : Le vote via plateforme cryptée, accessible à distance ou dans l’entreprise, sur plusieurs jours, en assurant le secret du scrutin

    📌Contrôle : Surveillance en temps réel, vérification de la participation, détection des anomalies.

    📌Dépouillement : Résultats signés électroniquement, générés automatiquement, transmis immédiatement à l’administration, conformément au dispositions légales

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    Garantir la conformité, la sécurité et la transparence du processus

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    Risque

    La sécurité du système

    📌La plateforme doit être certifiée conforme aux critères de sécurité définis par la CNIL et respecter les standards internationaux tels que la norme ISO 27001

    📌Le système doit assurer une cryptographie avancée, une signature électronique et des scellés numériques pour garantir l’intégrité et le secret du vote

    📌La mise en place d’un protocole de backup et de plan de reprise d’activité est essentielle pour couvrir toute défaillance ou attaque

    📌Des audits réguliers doivent vérifier la conformité technique et réglementaire, avec un contrôle des logs, horodatages, et traces numériques

    La transparence et la traçabilité

    Conformité

    📌Le système doit permettre une mise à disposition du journal d’audit pour vérification, accessible uniquement à des agents habilités

    📌La plateforme doit assurer l’horodatage précis des opérations : ouverture, authentification, vote, clôture, et dépouillement (recommandation CNIL)

    📌La communication avec les électeurs doit être claire : modalités de vote, garanties de confidentialité, procédure en cas de difficulté

    📌La conservation sécurisée des logs, copies signées électroniquement, et des éléments attestant de la conformité du processus permet de prévenir et de gérer toute contestation

    RGPD

    La conformité réglementaire

    📌Respect du RGPD : déclaration à la CNIL, gestion des données sensibles, conservation limitée dans le temps

    📌La réalisation d’une étude d’impact est recommandée pour évaluer les risques liés à la sécurité ou la confidentialité

    📌La vérification de la certification du prestataire par un organisme indépendant agréé est indispensable

    📌La formalisation dans une Charte de sécurité et un cahier des charges précis garantit la conformité réglementaire de l’ensemble du dispositif

    Les enjeux, précautions et bonnes pratiques

    Bonnes pratiques

    🔖La sélection du prestataire

    • Vérifier la référencement officiel ou la certification CNIL
    • Examiner les audits de sécurité réalisés récemment, avec accès aux rapports
    • S’assurer de la conformité RGPD et de la sécurité technique
    • Inscrire ces vérifications dans un cahier des charges précis, intégrant : mode d’authentification, cryptage, gestion des incidents, plan de secours, traçabilité

    🔖La gestion des risques et la sécurisation

    • Cryptage avancé et signatures électroniques pour assurer la confidentialité et l’intégrité
    • Mise en place d’un plan de reprise en cas d’attaque ou de panne majeure, avec tests réguliers
    • Formation du personnel impliqué dans la gestion du vote, pour garantir leur maîtrise du système et des procédures
    • Audits périodiques, surveillance continue, et mise à jour des dispositifs de sécurité

    🔖La prévention des contestations et la transparence

    • Informer systématiquement tous les électeurs lors du lancement du scrutin, selon les recommandations du Ministère du Travail
    • Mettre à disposition un document explicatif sur la sécurité, la confidentialité, le vote blanc/nul, et la procédure en cas de difficulté
    • Impliquer les représentants syndicaux et élus dans le contrôle des logs, horodatages, opérations de sécurité, et lors de la vérification du processus pour renforcer leur légitimité
    • Conserver de manière sécurisée tous les éléments de preuve (logs, copies signées électroniquement, horodatages) pour pouvoir justifier la conformité du scrutin en cas de contestation
    • Assurer une communication transparente, préalable, et complète auprès de tous les électeurs pour renforcer la confiance dans le processus
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    Conclusion

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    📝La dématérialisation, notamment à travers le vote électronique, constitue une étape stratégique majeure pour moderniser l’organisation des élections du CSE. Elle permet d’accroître la participation, de simplifier la gestion, tout en garantissant la sécurité, la conformité réglementaire, et la transparence du processus.

    Toutefois, sa mise en œuvre exige une préparation rigoureuse : négociation d’un protocole d’accord précis, sélection d’un prestataire certifié, établissement d’un cahier des charges détaillé, intégrité du système et communication claire. La réussite de cette démarche repose sur une gestion responsable, conforme, et transparente, afin de renforcer la légitimité des élus et la confiance dans la démocratie sociale de l’entreprise.

    🔓Enfin, concernant son coût, s’il a pu être rédhibitoire pendant longtemps pour les petites structures, il est à présent accessible au plus grand nombre.

    👉 N’hésitez pas à me contacter pour échanger sur votre projet.

    La fiche de poste, on en parle ?

    La fiche de poste, on en parle ?

    Traditionnellement, la fiche de poste est perçue comme un document administratif synthétique décrivant responsabilités, compétences, conditions et missions d’un poste. Elle sert de référentiel pour le recrutement, l’évaluation et le développement des compétences.

    Toutefois, cet outil formel ne suffit pas à saisir la réalité du travail réalisé par les salariés.

    Comprendre l’écart entre ce qui est prescrit et ce qui est réellement mis en oeuvre est essentiel.

    C’est la raison pour laquelle, au fil de ma pratique, j’ai développé une démarche de co-construction de la fiche de poste entre le manager et le salarié ; l’objectif étant de mobiliser cet outil pour instaurer un dialogue autour du travail, au service de la santé des travailleurs et de la robustesse de l’écosystème.

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    Du travail prescrit à l’activité de travail

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    Origami papier

    Travail prescrit vs travail réel

    💡La fiche de poste représente le travail prescrit : celle qui est formellement définie par l’organisation, via ses procédures, normes et responsabilités officielles. Elle sert de cadre réglementaire et normatif, garantissant une certaine cohérence dans la gestion des ressources humaines. Toutefois, cette prescription ne reflète pas entièrement ce qui s’effectue réellement sur le terrain.

    💡Le travail effectif, ou ce que l’on peut appeler le travail réel dans une approche clinique, désigne l’ensemble des activités concrètes que le salarié mobilise au quotidien : les tâches formelles, mais aussi toutes les adaptations, improvisations, efforts tacites, interactions sociales, gestion d’imprévus, et stratégies cognitives et émotionnelles.

    💡Cet écart entre la fiche et la pratique réelle est omniprésent dans toutes les organisations, je dirais même qu’il est irréductible dans la mesure où il est absolument impossible de prévoir tout ce qui peut advenir dans une situation de travail. Pour illustrer cet écart, citons par exemple :

    • La gestion d’imprévus, où le salarié doit improviser, mobilisant ses compétences, sa créativité et son jugement pour répondre à des circonstances non anticipées.
    • La collaboration informelle, qui permet aux salariés d’échanger et de s’entraider au-delà de leurs responsabilités officielles, exploitant leur savoir-faire tacite.
    • La mise en œuvre d’innovations spontanées, où la capacité à expérimenter et à mobiliser ses ressources personnelles devient une force pour l’organisation.

    💡Si on demandait aux salariés de s’en tenir à leur fiche de poste, aucune organisation ne fonctionnerait. C’est d’ailleurs ce qui se passe lorsque les travailleurs font une « grève du zèle ». Ils s’en tiennent aux consignes formelles et plus rien n’avance.

     

    Les conséquences possibles de cet écart

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    Cet écart peut générer des tensions, de la surcharge, voire du stress ou un sentiment d’injustice. Ainsi nombre de managers ont entendu « mais ce n’est pas sur ma fiche de poste ! ».

    💡Ce qu’il faut souligner, c’est que cet écart n’est pas uniquement négatif ou aliénant. Au contraire, lorsque le salarié dispose d’autonomie, de marges de manœuvre, et peut faire preuve de créativité, d’ingéniosité et d’intelligence dans l’exercice de ses activités, ces dimensions deviennent des facteurs de protection pour sa santé. La capacité à adapter ses actions, à mobiliser ses compétences tacites et à faire preuve d’initiative permet non seulement de répondre aux imprévus mais aussi d’enrichir la pratique professionnelle.

    Ces ressources personnelles contribuent à une activité porteuse de sens, qui renforce la résilience de l’individu face aux tensions et à la surcharge.

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    Lien entre activité de travail et santé

    💡L’activité de travail désigne l’ensemble des processus physiques, cognitifs et sociaux mobilisés par un individu pour réaliser ses tâches. Elle inclut non seulement l’exécution formelle, mais aussi la prise de décisions, l’adaptation aux contraintes, la gestion des priorités, et la mobilisation de compétences tacites.

    👍La possibilité pour le salarié de disposer de marges de manœuvre, à condition qu’elles soient encadrées et valorisées, transforme la tension potentielle entre prescription et réalité en un levier de développement personnel et collectif.

    👍Lorsqu’il peut exercer sa créativité, faire preuve d’autonomie, et mobiliser ses ressources dans un cadre organisé, le salarié réduit sa vulnérabilité face aux risques psychosociaux et accroît sa capacité à rebondir.

    👉En résumé, la distinction entre travail prescrit, travail réel et activité de travail dans une approche clinique doit s’appréhender comme une articulation dynamique :

    • La fiche de poste offre une base normative, mais ne peut se suffire à elle-même.
    • Le travail réel, ou activité effective, est un territoire mouvant où la richesse et l’autonomie jouent un rôle clé dans la santé et la performance.
    • La capacité à faire preuve de créativité, à s’adapter et à exercer son jugement dans cet espace est un facteur de protection essentiel pour le salarié, à condition qu’il soit encadré, reconnu et cultivé par l’organisation.

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    Et la charge de travail dans tout ça ?

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    Cette articulation entre travail prescrit, travail réel et activité de travail montre que la gestion du travail va bien au-delà de la simple exécution de tâches.

    C’est pourquoi il est si difficile pour les organisations d’agir sur les problématiques de charge de travail (sous-charge ou surcharge) quand elles surviennent. La charge de travail, pour être comprise et régulée efficacement, doit intégrer non seulement les contenus formels, mais aussi l’ensemble des efforts, tensions et ressources mobilisées dans la pratique quotidienne.

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    Les 3 dimensions de la charge de travail

    La charge de travail comporte trois dimensions essentielles :

    📌Charge prescrite (P): « C’est la tâche au sens ergonomique, le système de contraintes qui s’impose au salarié, tant du point de vue quantitatif que qualitatif. Ce sont les objectifs que l’on attend du travail, les attentes définies par les organisateurs du travail et dont l’exécution est vérifiée par le management » (ANACT)

    📌Charge de travail réelle ou vécue (R) : C’est l’astreinte au sens ergonomique, le « coût » que le salarié « défraye » pour réaliser l’activité. Les ergonomes ne parlent de charge de travail que dans ce sens précis. La charge de travail réelle concerne l’ensemble des régulations effectuées ici et maintenant pour atteindre les objectifs et préserver sa santé. Un excès d’objectifs ou a contrario une sous-utilisation des capacités cognitives, une insuffisance de moyens ou de compétences peuvent altérer le sentiment de bien-être au travail et même la santé » (ANACT)

    📌Charge de travail subjective ou ressentie (S) : « C’est le « ressenti », l’évaluation que fait le salarié de sa propre situation. Celle-ci peut varier fortement en fonction de l’équilibre rétribution/contribution, de la reconnaissance et du sentiment d’utilité ou de « beauté » (1) conférée au travail. Une charge de travail lourde, s’il elle fait l’objet d’une rétribution et d’une reconnaissance conséquente (par les pairs ou la hiérarchie) peut être ressentie positivement. À l’inverse, une charge faible, un travail non reconnu et déconsidéré peuvent être très mal vécus » (ANACT)

    💡On comprend ainsi que se baser uniquement sur la fiche de poste pour évaluer la charge réelle n’est pas suffisant (c’est pourtant l’erreur que commettent de nombreuses organisations!).

    Il est en effet primordial d’intégrer tout ce que le salarié doit mobiliser, en prenant en compte ses ressources personnelles, la qualité de l’environnement, le support disponible, et les tensions du contexte. La charge ne se limite pas à une simple liste de tâches ; elle englobe aussi les efforts cognitifs, émotionnels, et relationnels que le travail impose dans des conditions souvent fluctuantes.

    👉Exemples concrets

    • Un agent de maintenance doit non seulement suivre une procédure mais aussi gérer les imprévus techniques, le stress lié à la pression des délais, et la cohésion avec ses collègues. La charge réelle dépasse largement la fiche de tâches initiale.
    • Un médecin doit équilibrer la charge cognitive élevée due à la complexité des cas cliniques, le temps de consultation, et la gestion des situations émotionnellement exigeantes, tout cela dans un contexte où les ressources peuvent être insuffisantes.

     

    Les 3 phases à mettre en oeuvre pour agir sur la charge de travail

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    🔖Analyse de la charge de travail

    Recueillir les signaux faibles (fatigue, stress, irritabilité) via des entretiens ou questionnaires. Définir dans quelles dimensions (quantitative, qualitative, émotionnelle, contextuelle) la surcharge apparaît en impliquant salariés, managers et RH.

    🔖Régulation de la charge de travail

    Adapter l’organisation : redistribuer les responsabilités, renforcer l’autonomie, ajuster les moyens. Favoriser la mobilisation collective pour ajuster durablement la charge, en valorisant les ressources personnelles et professionnelles.

    🔖Suivi et Évaluation de la charge de travail

    Mesurer régulièrement la perception de surcharge, la santé mentale et la qualité de vie au travail à l’aide d’indicateurs. Réajuster l’organisation en continu en fonction des nouveaux signaux pour garantir un équilibre durable.

    👉 En résumé, une régulation efficace repose sur une connaissance fine des trois dimensions de la charge, une démarche participative d’analyse, des ajustements continus, et une évaluation régulière pour préserver la santé, la motivation et la robustesse.

    Loupe travail

    L’apport de la clinique du travail dans l’analyse du travail

    L’approche clinique du travail — qui consiste à analyser le travail tel qu’il est réellement exercé, ses besoins, ses tensions, ses ressources et ses significations — est un outil précieux pour comprendre les déséquilibres de la charge.

    Elle permet d’identifier les situations où la demande dépasse la capacité réelle du salarié, ou au contraire, où le travail devient en partie invisible parce qu’une partie importante de l’activité n’est ni prescrite ni valorisée.

    Une fiche de poste qui intègre ces dimensions favorise une régulation plus fine du travail, en évitant de se limiter à la simple description formelle. Elle permet aussi d’instaurer un dialogue véritablement constructif autour de ce que le salarié mobilise dans ses conditions concrètes d’exercice.

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    Les bénéfices d’une co-construction de la fiche de poste

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    Pourquoi co-construire la fiche de poste ?

    Reconnaître la complexité de la charge de travail — ses différentes dimensions (prescrite, réelle, subjective) — ainsi que ses impacts potentiels sur la santé des salariés, nécessite de dépasser les approches traditionnelles souvent limitées. Trop fréquemment, les fiches de poste sont rédigées par la direction ou les RH (quand elles ne sont pas la retranscription des offres d’emploi), puis transmises aux salariés sans réelle mise à jour ou appropriation. Ce décalage avec la réalité du terrain limite leur efficacité, voire leur intérêt pour la gestion et l’organisation du travail.

    Il est donc essentiel d’adopter une démarche structurée et participative pour clarifier et formaliser les missions et responsabilités, et surtout d’en discuter.

    Dans cette optique, la co-construction s’avère comme une démarche pertinente. En impliquant salariés et managers dans une exploration commune, elle permet d’établir un dialogue authentique sur le travail réel et ses conditions, pour :

    • Donner au manager une meilleure représentation de la réalité du travail,
    • Favoriser la reconnaissance du travail pour le salarié,
    • Instaurer un processus d’échange et d’ajustements continus

    Les étapes clés de cette démarche de co-construction de la fiche de poste

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    🔖 Préparation

    1. Pour le manager : identifier les besoins, analyser le contexte précis du poste, connaître les enjeux organisationnels et les moyens disponibles
    2. Pour le salarié : structurer sa présentation des missions réalisées

    🔖Dialogue entre manager et salarié

    • Organiser un entretien structuré pour échanger sur la perception de chacun concernant le contenu du poste
    • Discuter des difficultés rencontrées, des imprévus réguliers et des adaptations nécessaires dans la pratique, tout en clarifiant les attentes réciproques

    Cette étape oblige le manager à questionner le travail, en se départissant de ses représentations préétablies et en associant la question des missions, responsabilités, compétences et moyens.

    🔖Co-rédaction

    • Rédiger ensemble la fiche de poste en conciliant besoins organisationnels et réalité de l’activité et des ressources (compétences, moyens matériels, temps disponible, …).
    • Il est crucial de penser en termes de missions et responsabilités, et non de micro-tâches, pour donner une vision globale et cohérente

    À titre personnel, cette étape se fait souvent en direct avec le salarié, avec un écran partagé, afin de fluidifier l’étape de la validation.

    🔖Validation et suivi

      • Faire valider la fiche par toutes les parties prenantes (RH, hiérarchie, salarié)
      • Instaurer un processus de révision périodique pour ajuster le contenu selon l’évolution du travail et de l’organisation
      • L’entretien annuel peut servir de prétexte pour revisiter la fiche, sauf si des changements majeurs en cours d’année nécessitent une mise à jour plus urgente

    Ce processus vise à instaurer un dialogue permanent, basé sur la reconnaissance des réalités du terrain et la nécessité d’adapter en continu les responsabilités et ressources.

    émotions

    Les bénéfices d’une fiche de poste co-construite et vivante

    📌Sur le plan de la santé au travail

    • Réduction du stress et des tensions liées aux contradictions entre prescrit et réel
    • Reconnaissance des efforts cognitifs et émotionnels requis
    • Prévention des risques psychosociaux en clarifiant et ajustant les responsabilités et marges de manœuvre

    📌Sur le plan de la charge de travail

    • Prise en compte des efforts effectivement déployés, permettant une meilleure régulation
    • Capacité à anticiper et réguler les déséquilibres liés à un environnement en constante évolution

    📌Sur le plan du dialogue social et du dialogue professionnel

    • Instauration d’espaces de dialogue permettant de partager les enjeux globaux et les réalités du terrain
    • Construction d’une confiance mutuelle renforcée par la transparence et la reconnaissance

    📌Approche managériale

    • Développement d’une culture participative, flexible et adaptative
    • Valorisation des savoir-faire informels et tacites
    • Montée en compétence sur les questions de travail réel et de charge de travail, permettant d’améliorer son accompagnement au quotidien

    📌Impact stratégique

    • Une fiche intégrant la diversité des activités et ressources mobilisées devient un outil clé pour aligner attentes organisationnelles et réalité du terrain
    • Elle facilite la remontée d’informations pour une gestion proactive des risques, notamment psychosociaux, et pour l’amélioration continue de l’organisation du travail
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    Conclusion

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    📝En conclusion, la co-construction de la fiche de poste représente bien plus qu’une simple formalité administrative. C’est un processus dynamique qui permet de reconnaître la complexité du travail réel, d’instaurer un dialogue constructif entre managers et collaborateurs, et de créer un outil vivant au service de la santé individuelle et collective. Cette approche participative permet de :

    • Mieux appréhender l’écart entre le travail prescrit et le travail réel
    • Reconnaître et valoriser les compétences tacites et l’intelligence situationnelle des collaborateurs
    • Réguler plus efficacement la charge de travail dans toutes ses dimensions
    • Prévenir les risques psychosociaux en clarifiant les attentes et les ressources
    • Favoriser l’engagement et le sens au travail par une meilleure reconnaissance

    🌟Pour les dirigeants et managers, adopter cette démarche de co-construction signifie investir dans une culture organisationnelle plus agile, transparente et résiliente. C’est aussi un moyen de développer une compréhension plus fine des réalités du terrain, essentielle pour prendre des décisions éclairées et anticiper les défis futurs.

    🏆 En transformant la fiche de poste d’un document statique en un outil de dialogue et d’ajustement continu, les organisations se donnent les moyens de s’adapter plus rapidement aux évolutions de leur environnement tout en préservant la santé et la motivation de leurs équipes. C’est un investissement dans la durabilité et la robustesse à long terme de l’organisation.

    La fonction Ressources Humaines : un acteur stratégique au coeur des transformations

    La fonction Ressources Humaines : un acteur stratégique au coeur des transformations

    Le monde du travail se transforme à un rythme effréné, sous l’influence de la mondialisation, de la digitalisation et des nouvelles technologies. Face à ces bouleversements, la fonction Ressources Humaines (RH) s’est imposée comme un acteur stratégique clé. Loin de disparaître comme certains le prédisaient, elle se retrouve au cœur des enjeux de robustesse des organisations.

    👉Dans cet article, nous allons explorer le rôle stratégique et les missions clés de la fonction RH en 2026, ainsi que les transformations et les défis auxquels elle est confrontée.

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    Le rôle stratégique de la fonction Ressources Humaines

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    📌Historiquement cantonnée à la gestion administrative du personnel, la fonction RH a connu une véritable métamorphose ces dernières années. Son périmètre s’est considérablement élargi, intégrant désormais des missions hautement stratégiques.

    Aujourd’hui, la fonction RH est un véritable partenaire stratégique qui participe à la réflexion et à l’élaboration de la stratégie globale de l’entreprise. Elle apporte son expertise sur les sujets humains et sociaux, et traduit les orientations stratégiques en politiques RH concrètes.

    aimant

    Attirer et fidéliser les ressources dont l’organisation a besoin

    📌Dans un contexte de plus en plus concurrentiel, identifier, attirer et fidéliser les talents est un enjeu majeur pour les petites et moyennes structures.

    💡Pour pleinement jouer son rôle, la fonction RH doit :

    • Collaborer étroitement avec les managers pour définir les besoins en recrutement.
    • Identifier les compétences clés et les savoir-être nécessaires pour chaque poste.
    • Déployer des stratégies de recrutement efficaces (réseaux sociaux, job boards, etc.).
    • Mettre en place des programmes d’intégration structurés pour accompagner les nouveaux salariés.
    • Promouvoir la diversité et l’inclusion dans les processus de recrutement.

    Assurer une gestion administrative RH sécurisée et optimisée

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    📌Une gestion administrative rigoureuse et conforme au droit du travail est essentielle pour toute organisation.

    💡Pour pleinement jouer son rôle, la fonction RH doit

    • Maîtriser le droit du travail et ses évolutions constantes.
    • Assurer la gestion administrative du personnel (contrats de travail, paies, etc.).
    • Digitaliser et optimiser les processus administratifs.

    📝 Loin d’être reléguée au dernier plan, la gestion administrative revêt une importance majeure. La fonction RH doit allier expertise juridique, rigueur administrative et maîtrise des outils digitaux pour assurer une gestion administrative performante et conforme, au service de l’entreprise et de ses salariés.

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    Construire une politique de rémunération attractive et équitable

    📌La rémunération est un levier stratégique pour attirer, motiver et fidéliser les talents.

    💡Pour pleinement jouer son rôle, la fonction RH doit

    • Définir une politique de rémunération attractive et équitable.
    • Analyser les différentes composantes de la rémunération (salaire, primes, avantages sociaux, etc.).
    • Trouver un équilibre entre les approches individuelles et collectives.

    Développer les compétences pour aujourd’hui et pour demain

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    📌La fonction RH joue un rôle crucial dans le développement des compétences des salariés et leur adéquation avec les besoins de l’organisation.

    💡Pour pleinement jouer son rôle, la fonction RH doit

    • Maitriser les obligations légales relatives au développement des compétences.
    • Adopter une approche proactive et stratégique pour accompagner les transformations de l’organisation.
    • Mettre en place une gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) impliquant une approche par la compétence et la conciliation entre les besoins de l’entreprise, les aspirations des salariés et la nécessité de développer leur employabilité
    • Elaborer et mobiliser l’ensemble des outils liés au développement des compétences (cartographie des compétences, entretien professionnel, plan de dévleoppement des compétences, …)
    • Se familiariser avec les concepts de l’organisation apprenante (action learning, apprentissage à partir des erreurs, …)
    • Diversifier les modalités de formation mobilisées (présentiel, inter/intra, AFEST, MOOC, hybride, …)
    • Favoriser l’acquisition de compétences transversales (soft skills).
    • Encourager la formation tout au long de la vie.
    balance bois

    Promouvoir la santé et la sécurité au travail en intégrant toutes les parties prenantes

    📌La santé et la sécurité des salariés sont une priorité absolue pour les organisations.

    💡Pour pleinement jouer son rôle, la fonction RH doit initier des démarches collaboratives associant les managers, les représentants du personnel et les salariés eux-mêmes. Ensemble, ils doivent :

    • Identifier et évaluer les risques professionnels : analyser les situations de travail pour identifier les dangers potentiels et évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs.
    • Construire des actions de prévention adaptées : mettre en place des mesures de prévention collectives et individuelles pour supprimer ou réduire les risques, en privilégiant les solutions les plus protectrices.
    • Mettre en œuvre des programmes de prévention des risques psychosociaux : prévenir le stress, le harcèlement, les violences au travail, etc., en agissant sur l’organisation du travail, les relations interpersonnelles et l’environnement de travail.
    • Développer des initiatives favorisant l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle : proposer des dispositifs de flexibilité du temps de travail, de télétravail, de soutien à la parentalité, etc.
    • Veiller à l’ergonomie des postes de travail et à l’aménagement des espaces : adapter les postes de travail aux besoins des salariés, aménager les espaces de travail garantissant le confort et la sécurité.
    • Sensibiliser l’ensemble des collaborateurs aux enjeux de santé et de sécurité au travail : former et informer les salariés sur les risques professionnels, les mesures de prévention et les bonnes pratiques.

    Instaurer un dialogue social et professionnel constructif

    groupe DIALOGUE

    📌La fonction RH joue un rôle central dans la création d’un environnement de travail sain et de relations socio-professionnelles constructives.

    💡Pour pleinement jouer son rôle, la fonction RH doit :

    • Instaurer un dialogue social permanent avec les partenaires sociaux, en favorisant l’écoute, la communication et la concertation.
    • Négocier et mettre en œuvre des accords d’entreprise qui concilient besoins des salariés et besoins de l’organisation.
    • Prévenir et gérer les conflits sociaux de manière constructive, en privilégiant la médiation et la recherche de solutions consensuelles.
    • Veiller au respect du droit du travail et des conventions collectives, en garantissant un cadre légal protecteur pour les salariés.
    • Promouvoir la qualité de vie au travail en proposant des actions concrètes pour améliorer le bien-être des employés (aménagement des espaces de travail, promotion de la santé et du bien-être, mise en place de dispositifs de conciliation vie professionnelle/vie personnelle).
    main coeur accord

    Accompagner et soutenir les managers de proximité

    📌 Les managers de proximité sont des acteurs clés de la robustesse et du bien-être des équipes. Il est essentiel que les managers de proximité trouvent, dans la fonction RH, un partenaire qui les soutient pour exercer leur mission de manière efficace et responsable.

    💡Pour pleinement jouer son rôle, la fonction RH doit :

    • associer les managers à l’élaboration et/ou l’actualisation des différents processus RH.
    • mettre à leur disposition des ressources (informations, outils, …).
    • organiser des rencontres régulières entre les managers et la fonction RH pour échanger sur les bonnes pratiques, les besoins et les difficultés rencontrées.
    • assurer un relais sur certaines situations rencontrées avec des salariés.
    • proposer aux managers des formations pour qu’ils acquièrent les bases du droit du travail, sur les processus RH, sur des thématiques telles que le dialogue social, la gestion des conflits et des situations difficiles, les principes de la qualité de vie au travail (QVCT), …
    • aider les managers à identifier d’éventuels besoins de formation complémentaires en lien avec le management (leadership, communication, prise de décision, etc.).
    • . . .

    Intégrer la Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE) dans les politiques RH

    RSE

    📌La fonction RH joue un rôle important dans la mise en œuvre de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), notamment sur le pilier social.

    💡Pour pleinement jouer son rôle, la fonction RH doit :

    • Assurer le respect des droits humains et des normes internationales du travail, notamment en matière de conditions de travail, de rémunération, …
    • Veiller à l’égalité salariale entre hommes et femmes.
    • Favoriser l’insertion des personnes handicapées.
    • Lutter contre toute forme de discrimination et promouvoir la diversité et l’inclusion au sein de l’entreprise.
    • Favoriser le bien-être et la qualité de vie au travail des salariés.
    • Mettre en place un dialogue social constructif avec les parties prenantes sur les questions relatives au travail.
    • Mesurer et communiquer sur les performances sociales et environnementales de l’entreprise, en toute transparence.

    💡Les plus petites structures ne pensent pas toujours à valoriser ce type d’actions dans une politique RSE.

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    Accompagner le changement pour ne laisser personne sur le bord du chemin

    📌La fonction RH joue un rôle essentiel dans l’accompagnement des changements, en aidant les parties prenantes (Direction, managers, représentants du personnel, salarié) à les décrypter et à construire ensemble des stratégies d’adaptation.

    💡Pour pleinement jouer son rôle, la fonction RH doit :

    • Créer un climat de confiance : favoriser un climat de confiance et de dialogue social, en encourageant l’expression des craintes et des suggestions des salariés.
    • Communiquer efficacement sur les changements : expliquer les raisons des changements, les objectifs visés et les impacts pour les salariés. Une communication transparente et régulière permet de réduire les résistances et de favoriser l’adhésion au changement.
    • Former les salariés aux nouvelles compétences : accompagner les salariés dans le développement des compétences nécessaires pour s’adapter aux nouvelles réalités de l’entreprise. Cela peut passer par des formations, des ateliers, du coaching, etc.
    • Accompagner individuellement les salariés : certains salariés peuvent avoir besoin d’un accompagnement plus personnalisé pour gérer les impacts du changement sur leur travail et leur carrière.
    • Gérer les impacts sociaux du changement : anticiper et gérer les conséquences sociales des changements, en négociant avec les partenaires sociaux et en proposant des mesures d’accompagnement adaptées (reclassement, formation, etc.).

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    Les transformations de la fonction Ressources Humaines

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    Idées icones

    L’évolution des profils RH : vers une expertise multidimensionnelle

    📌 Les métiers RH sont en pleine mutation. Les professionnels RH doivent aujourd’hui maîtriser des domaines variés et interconnectés : droit du travail, recrutement, formation, gestion des carrières, rémunération, qualité de vie au travail, dialogue social, communication interne, nouvelles technologies, RSE, etc.

    💡Le niveau d’expertise requis varie en fonction de la taille de l’entreprise, du secteur d’activité, de la stratégie et de l’organisation interne.

    Recourir à des prestataires externes : une solution pertinente dans certaines situations

    Avion papier

    📌 Dans un contexte où les enjeux RH sont de plus en plus complexes et diversifiés, le recours à des prestataires externes peut s’avérer une solution pertinente pour les organisations, quelle que soit leur taille. L’organisation peut viser différents objectifs :

    • Se concentrer sur l’essentiel : externaliser certaines missions RH chronophages ou techniques permet à l’organisation de se concentrer sur sujets à plus forte valeur ajoutée. Cela évite l’écueil de faire l’impasse sur des sujets à fort enjeux en raison d’un manque de temps une fois les formalités légales accomplies.
    • Accéder à une expertise pointue : faire appel à un prestataire externe permet d’accéder à des compétences et des expertises spécifiques que l’organisation ne possède pas forcément en interne (et dont elle n’a pas besoin 100% du temps). Par exemple, une entreprise peut externaliser :
      • La réalisation d’un diagnostic RH pour disposer d’un état des lieux à 360° de ses pratiques
      • La gestion de la paie et des déclarations sociales à un prestataire paie/cabinet d’expertise-comptable
      • Le recrutement de certaines profils à enjeux à un cabinet de recrutement / chasse de têtes
      • L’évaluation des risques professionnels à un spécialiste
      • . . .
    • Accompagner la montée en compétences interne : les prestataires externes peuvent aussi accompagner la montée en compétences de l’équipe interne au fil de thématiques traitées et ainsi développer leur autonomie.
    échelle objectif

    La vision du dirigeant sur la fonction RH : un facteur clé

    📌Pour que la fonction RH puisse remplir pleinement ses missions et relever les défis auxquels elle est confrontée, il est indispensable qu’elle soit considérée comme un véritable partenaire stratégique par les dirigeants de l’organisation.

    💡La direction doit :

    • Intégrer la fonction RH aux réflexions et décisions stratégiques.
    • Préserver la qualité de vie au travail des professionnels RH.
    • Leur donner les moyens d’exercer leur mission dans de bonnes conditions.

    Il est d’ailleurs toujours intéressant dans les organigrammes de voir à qui/à quoi est rattachée la fonction RH. Ce qui me fait bondir ? Quand les RH sont rattachées à la Direction Administrative et Financière. Cela dit tout du positionnement de la fonction RH dans l’organisation !

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    Les défis de la fonction Ressources Humaines

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    flèche groupe humain

    Accompagner et soutenir les changements dans un environnement Volatil, Incertain, Complexe et Ambigu (VICA)

    📌 Dans un environnement en perpétuelle mutation (Volatil, Incertain, Complexe et Ambigu), la fonction RH doit faire face à des défis multiples : économiques, technologiques, sociaux, environnementaux, sociétaux.

    💡Pour relever ces défis, la fonction RH doit :

    • Développer l’agilité organisationnelle : mettre en place des structures et des processus flexibles, capables de s’adapter rapidement aux changements. Par exemple, favoriser le travail en mode projet, décloisonner les organisations, créer les conditions de la la prise d’initiative …
    • Favoriser l’innovation et la créativité : créer un environnement de travail stimulant, où les idées nouvelles sont encouragées et valorisées. Par exemple, créer de la transversalité via des techniques mobilisant l’intelligence collective (concertation, brainstorming, design thinking, …), favoriser la collaboration entre les équipes sur des projets communs …
    • Créer des conditions de travail qui préservent la santé physique et mentale : intégrer les principes de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) dans chacune des thématiques RH et accompagner les managers pour qu’ils les déploient dans leurs équipes.
    • Intégrer les enjeux de responsabilité sociale et environnementale (RSE) : adopter des pratiques responsables en matière d’environnement, de droits humains, d’éthique et de gouvernance.

    📝La robustesse de l’organisation ne peut plus se mesurer uniquement à l’aune de critères économiques. L’impact sociétal positif devient un impératif, plaçant la fonction RH au cœur de cette transformation. Elle doit contribuer à créer une entreprise plus juste, plus durable et plus respectueuse de son environnement, en plaçant l’humain au centre de ses préoccupations.

    Les perspectives RH pour 2030 : anticiper et s’adapter

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    📌 À l’horizon 2030, la fonction RH sera confrontée à des défis majeurs :

    • La révolution numérique (digitalisation, people analytics, cybersécurité).
    • L’intelligence artificielle (automatisation, questions éthiques).
    • Le travail hybride (nouveaux modes de collaboration, maintien du lien social).

    💡Pour relever ces défis, la fonction RH doit :

    • se professionnaliser davantage,
    • élargir considérablement son champ de compétences.

    Cela impliquera une maîtrise accrue des nouvelles technologies, une compréhension approfondie des enjeux éthiques liés à l’IA, et une capacité à repenser les modèles de leadership dans un environnement de travail distribué.

    📝 En définitive, la fonction RH de 2030 sera appelée à jouer un rôle encore plus stratégique, en se positionnant comme un véritable architecte du changement organisationnel, capable d’anticiper et d’accompagner les mutations profondes du monde du travail.

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    Conclusion

    📝En conclusion, la fonction RH joue un rôle essentiel dans la performance et la réussite des organisations. En 2026, elle est plus que jamais un acteur stratégique, au cœur des transformations du monde du travail.

    Les petites et moyennes structures qui sauront investir dans leur fonction RH et lui donner les moyens de ses ambitions seront les mieux placées pour relever les défis de demain.

    Et chez vous, quelle place occupe la fonction RH ? Est-elle encore perçue comme un centre de coût administratif ou comme un levier de croissance stratégique ? 

    Actualités Pratiques RH & QVCT

    Actualités Pratiques RH & QVCT

    Vous souhaitez vous tenir informé sur les évolutions et actualités de la fonction Ressources Humaines et des questions de Qualité de Vie et de Conditions de Travail (QVCT) ?

    Retrouvez un concentré d’informations qui vous permet, en un coup d’oeil, d’identifier ce qu’il y a à retenir et d’approfondir ce qui vous intéresse particulièrement.

    Pour ce faire cliquer sur le sujet qui vous intéresse 👆 et consulter les ressources mises à disposition 🔗 .

    recrutement

    #RECRUTEMENT & #INTEGRATION

    Aides à l’embauche

    👆 Des outils pour identifier les aides à l’embauche mobilisables

     

    ✴️ Il est parfois difficile de s’y retrouver pour un employeur dans le dédale des aides à l’embauche. Vous retrouverez un dossier complet des aides à l’embauches et aux entreprises sur le code du travail numérique et un simulateur des aides à l’embauche sur France Travail :

    Logo France Travail Logo Code du travail numérique

    Chiffres clés Emploi et Recrutement

    👆 Analyser les données du territoire Auvergne Rhône-Alpes (#AURA) avec Data Emploi

    chiffres clés emploi AURA
    chiffres clés emploi AURA

    👆 Analyser les données du territoire Lyon Métropole (#lyon) avec l’Observatoire Emploi de France Travail

    ✴️Les offres d’emploi
    ✴️Les recrutements

     

    👆 Analyser les rémunérations de l’emploi cadre en Auvergne Rhône-Alpes (#AURA)

    👆 Marché de l’emploi des cadres dans l’Economie Sociale et Solidaire (#ESS)

    Pratiques de recrutement

    👆 Méthode de Recrutement par Simulation (#MRS)

    ✴️Fondée sur les habiletés requises pour occuper un poste (et pas sur le CV), la MRS consiste à repérer l’ensemble des capacités nécessaires pour réaliser un travail, puis à construire des exercices permettant de les évaluer chez les candidats. Ces exercices reproduisent par analogie les attendus du poste et mettent donc les candidats en situation de démontrer concrètement leur capacité à l’occuper.

    💡Elle permet aux entreprises de recruter des candidats sans tenir compte en amont d’un CV, d’un diplôme, et/ou une expérience, constituant ainsi un moyen de répondre aux besoins de main d’œuvre dans les secteurs en tension sans discriminer sur le niveau d’étude.

    👉 FRANCE TRAVAIL accompagne l’entreprise tout au long de la démarche.

    👆 Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel (#PMSMP)

    👆Pratiques de recrutement de cadres 2024

    Recrutement & Intelligence Artificielle (#IA)

    👆 Les questions éthiques relatives à l’utilisation de l’IA dans le recrutement

    ✴️La Dares (le service statistique rattaché au ministère du Travail) a organisé un cycle de 3 rencontres scientifiques cet automne, réunissant chercheurs et experts pour réfléchir à cette problématique. Ces échanges ont permis d’approfondir la compréhension des enjeux liés à l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les pratiques des recruteurs.

    📌Les recruteurs se trouvent souvent confrontés à des tensions entre des attentes croissantes en matière de transparence, d’objectivité et de performances prédictives, et les craintes liées à l’opacité, à la reproduction de biais discriminatoires et à l’iniquité.

    📌Les recruteurs expriment un plus grand niveau de confiance envers les recommandations humaines que celles fournies par une IA.

    💡Concevoir une IA éthique et responsable pour les recrutements nécessite non seulement d’aspirer à l’explicabilité et à l’interprétabilité des algorithmes, mais également de développer de nouvelles normes juridiques et d’impliquer davantage les parties prenantes dans la mise en œuvre de ces outils.

    👉L’intégration des IA dans les pratiques de recrutement est une tendance récente en gestion des ressources humaines, soulevant des questions éthiques, particulièrement en ce qui concerne l’automatisation de décisions cruciales pour les individus.

    🔗Rapport Good In Tech – Intelligence artificielle et recrutement : Typologie, controverses et pratiques responsables

     

    compétences

    #COMPETENCES

    Enjeux prioritaires en matière de compétences

    👆Vers un équilibre entre IA et compétences Humaines ?

    ✴️Prospective Travail 4.0 : symbiose entre intelligence humaine et intelligence artificielle

    Les technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle, le machine learning, le Big Data, la réalité virtuelle et la 5G, redéfinissent radicalement le paysage du travail et pourraient automatiser 30 à 40 % des tâches quotidiennes d’ici 2030, touchant ainsi plus de la moitié des métiers.

    📌Cette transformation induit une large assistance des salariés par l’automatisation pour accomplir des tâches complexes, dangereuses ou chronophages, tandis que les entreprises profitent d’une productivité accrue grâce à des chaînes de production intelligentes et à des analyses de données approfondies (à terme).

    📌Cependant, cette évolution soulève des questions cruciales sur le rôle des travailleurs, car environ 800 millions de personnes pourraient être affectées par ces changements technologiques.

    📌Dans ce contexte, il devient essentiel que les individus développent non seulement des compétences techniques, mais aussi des « soft skills », pour naviguer efficacement dans cette nouvelle ère du travail. Les entreprises doivent donc s’engager activement dans le développement de ces compétences pour préparer leurs salariés à ce futur en constante évolution.

    ✴️Les soft skills : des compétences nécessaires pour l’avenir

    Les soft skills, que l’on peut définir comme des compétences émotionnelles ou socio-émotionnelles, se positionnent comme des compléments essentiels aux compétences techniques, appelées hard skills.

    Dans le monde du travail de demain, elles seront déterminantes. Selon une étude de McKinsey, la demande pour les compétences techniques devrait diminuer de 16 % d’ici 2030 en Europe, tandis que les salariés dotés de soft skills seront de plus en plus recherchés pour garantir le bon fonctionnement de l’écosystème professionnel.

    boussole OCDE

    L’OCDE souligne que dans des environnements hyperconnectés, ces compétences joueront un rôle majeur dans la coordination d’équipe, la prise de décision, l’analyse et la résolution de problèmes, des tâches que les machines ne peuvent pas accomplir.

    Cf. boussole de l’OCDE.

    💡En résumé, face à l’IA, l’intelligence humaine reste indispensable. Elle permet de prendre du recul, de faire des choix éclairés, d’analyser l’impact d’une technologie sur un secteur ou une organisation, et de prévenir d’éventuelles dérives.

    ✴️ Quelles compétences pour demain ?

    Que recouvrent véritablement les soft skills, et quelles compétences deviendront incontournables ?

    💡Le Forum économique mondial a identifié les 10 compétences qui deviennent de plus en plus importantes (parmi lesquelles figurent de nombreuses soft skills) :

    Compétences forum economique mondial

    Ces compétences touchent aussi bien aux dynamiques collectives (travail en équipe, résolution collaborative de problèmes) qu’aux compétences individuelles de chaque salarié pour évaluer une situation et y réagir de manière appropriée. D’autres soft skills telles que l’adaptabilité, la communication, la créativité, l’autonomie, l’humilité et l’engagement sont également jugées essentielles par de nombreux experts.

    ✴️Le défi des employeurs : évaluer les soft skills et accompagner leur développement

    Il est indéniable que les soft skills occuperont une place centrale dans les métiers de demain.

    📌Cependant, l’évaluation des soft skills n’est pas aussi simple. Actuellement, seuls 41 % des organisations ont mis en place des dispositifs pour intégrer et mesurer ces compétences dans leurs processus RH (sont-ils efficaces ? …).

    📌Quant au développement des soft skills des salariés, il va falloir trouver d’autres moyens que des formations classiques. A mon sens, il faut davantage réfléchir à une approche systémique, par exemple :

    • en définissant les valeurs qui guident les décisions au niveau stratégique et en s’assurant que ces valeurs soient incarnées dans les pratiques
    • en intégrant le feedback dans les pratiques et la culture d’entreprise
    • en évoluant vers le modèle d’organisation apprenante
    • en créant des espaces pour mettre en discussion le travail au niveau collectif
    • en favorisant la collaboration entre les salariés
    • en réfléchissant à l’impact des technologies sur l’activité et à l’évolution des rôles des salariés
    • en accompagnant les salariés dans l’appropriation des évolutions technologiques
    • . . .

    🔗 Avenir de l’Éducation et des Compétences 2030 – OCDE

    🔗Les soft skills pour innover et transformer les organisations – France Stratégie

    👆Compétences, employabilité et pratiques de travail performantes (#OCDE)

    ✴️ Le Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (#PIAAC) est un programme d’évaluation et d’analyse des compétences des adultes. Le principal produit du PIAAC est l’Évaluation des compétences des adultes, une évaluation internationale informatisée auprès des ménages, destinée aux adultes âgés de 16 à 65 ans. Elle est conçue sous forme de cycles décennaux. L’Évaluation mesure les compétences des adultes dans les domaines clés en matière de traitement de l’information – littératie, numératie et résolution de problèmes – qui représentent les compétences nécessaires pour que les individus participent à la société et pour que les économies prospèrent. Elle rassemble également des informations et des données sur la manière dont les adultes utilisent leurs compétences à la maison et au travail.

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    📌 Le 1er cycle de l’Évaluation des compétences des adultes a été mené en trois vagues distinctes entre 2011 et 2018 dans 39 pays. Au cours du 1er cycle, environ 245 000 adultes ont été interrogés, représentant 1,15 milliard de personnes.

    📌 Le 2e cycle de l’Évaluation des compétences des adultes a été mené jusqu’à présent dans 31 pays et économies. Une première vague de collecte de données a eu lieu en 2022-23 et les résultats ont été publiés le 10 décembre 2024.

    ✴️Focus sur la France … en 17me position

    📌Éléments clés

    • Les compétences en littératie et en numératie des Français se situent parmi les plus basses des pays participant à l’évaluation (24). Mais les différences de compétences entre générations sont assez marquées par comparaison avec les autres pays.
    • Les scores des Français varient sensiblement en fonction de leur niveau de formation et de leur origine sociale, et dans une mesure bien plus importante que dans la moyenne des pays participants.
    • Les différences de compétence en littératie entre les individus nés en France et ceux nés à l’étranger sont plus marquées que dans la moyenne des pays participant à l’évaluation, et la progression des compétences avec la durée de résidence dans le pays est très limitée.
    • Les compétences en littératie et en TIC sont peu demandées dans le cadre professionnel, tout comme celles en résolution de problèmes complexes. Par contre, les employeurs français comptent parmi ceux qui utilisent davantage les compétences en numératie des travailleurs.
    • En France, comme dans tous les pays participant à l’évaluation, on décèle une relation positive et significative entre d’une part, le niveau de compétence en littératie et en numératie, et d’autre part, le salaire horaire et la probabilité d’occuper un emploi. Toutefois, en France, cette relation est plus faible que la moyenne.
    ✴️Pratiques de travail performantes et satisfaction au travail
    OCDE pratiques de travail performantes

    [OCDE] « Les organisations qui adoptent des pratiques de travail performantes tirent le meilleur parti des compétences de leurs employés. Les travailleurs qui sont autorisés à expérimenter différentes manières d’accomplir leurs tâches, qui bénéficient d’une autonomie dans l’organisation de leur temps et qui travaillent au sein d’équipes autonomes utilisent mieux leurs compétences et sont plus satisfaits au travail. Les pratiques de travail performantes augmentent également le rendement de la formation.

    En moyenne, dans les pays pour lesquels des données sont disponibles, seules 25 % des entreprises appliquent des pratiques de travail performantes. Étant donné qu’une grande partie de l’apprentissage se fait sur le lieu de travail, souvent de manière informelle en apprenant par la pratique ou en apprenant de ses collègues et de ses supérieurs, la promotion d’une culture de l’apprentissage sur le lieu de travail est cruciale pour la productivité de l’entreprise et la satisfaction au travail.« 

    👉 Et si vous contribuiez à faire remonter la France dans ces 2 graphiques ? 😉

    🔗Rapport OCDE Les adultes possèdent-ils les compétences nécessaires pour s’épanouir dans un monde en mutation ?

    👆 Employabilité à tous prix

    L’employabilité désigne la capacité d’un individu à obtenir et à conserver un emploi dans un environnement économique et professionnel en constante évolution. Cette notion ne se limite pas simplement à la possession d’un diplôme ou d’une expérience professionnelle, mais englobe également un ensemble de compétences, de qualités personnelles et d’adaptabilité. L’employabilité implique donc une dynamique où les compétences doivent être continuellement mises à jour et alignées sur les besoins du marché du travail.

    ✴️ Impact à l’échelle individuelle

    À l’échelle individuelle, l’employabilité est souvent perçue comme un vecteur de sécurité économique et de développement personnel. Les personnes ayant un haut niveau d’employabilité bénéficient généralement de meilleures opportunités de carrière, d’un salaire plus élevé et d’une plus grande satisfaction au travail. Elles sont souvent plus résilientes face aux fluctuations du marché de l’emploi, étant capables de se réorienter rapidement en cas de licenciement ou de reconversion professionnelle.

    ⚠️Cependant, il existe un poids considérable pesant sur les individus en matière d’employabilité. Dans un contexte de compétitivité accrue, la pression pour acquérir de nouvelles compétences et « rester dans la course » est forte. De plus, les inégalités d’accès à la formation et à l’éducation exacerbe les difficultés pour certains groupes, rendant l’ascension sociale plus ardue pour ceux qui n’ont pas les ressources nécessaires.

    ✴️Impact à l’échelle des organisations

    L’employabilité des salariés est un enjeu crucial pour la compétitivité des entreprises. Des collaborateurs compétents et adaptables sont indispensables à l’innovation et à la performance durable. C’est pourquoi de nombreuses entreprises investissent significativement dans la formation continue et le développement des compétences, garantissant ainsi une meilleure adéquation entre les besoins de l’entreprise et les qualifications de ses employés. Cet investissement se traduit par une meilleure rétention des talents et une réduction du turnover coûteux.

    ⚠️Néanmoins, cette responsabilité partagée entre l’entreprise et le salarié peut créer des tensions. Si l’entreprise a le devoir d’investir dans le développement professionnel de ses équipes, le salarié doit également s’engager activement dans sa propre formation et son évolution de carrière. Un manque de ressources ou un soutien insuffisant de la part de l’entreprise peuvent aggraver la pression ressentie par le salarié pour rester employable, créant un déséquilibre dans cette responsabilité partagée. Il est donc essentiel que les entreprises définissent des politiques claires et des dispositifs concrets favorisant un développement professionnel équilibré et soutenant l’effort des salariés.

    ✴️Impact à l’échelle sociétale

    À l’échelle sociétale, l’employabilité est un facteur clé pour le développement économique et la stabilité sociale. Une main-d’œuvre employable favorise la croissance économique et réduit le taux de chômage, tandis qu’une population en difficulté face à l’emploi peut entraîner des conséquences sociales négatives telles que la pauvreté ou la criminalité. Les pays investissent donc dans des politiques de formation, d’éducation et d’inclusion pour assurer un marché du travail dynamique et équitable.

    ⚠️Cependant, il convient de noter que la concentration excessive sur l’employabilité peut conduire à une dévalorisation de certaines professions et à une stigmatisation des personnes qui ont des difficultés à s’insérer sur le marché du travail. L’accent mis sur la formation et les compétences pratiques peut également occulter l’importance des valeurs humaines, des compétences sociales et des métiers souvent négligés mais essentiels à la société.

    💡De ce que je constate dans mes accompagnements, il n’est pas « inné » pour un salarié de réfléchir en termes de compétences et d’identifier les compétences nécessaires à développer au fil de son parcours professionnel. Les employeurs doivent avoir un rôle d’accompagnement. Mais pour ce faire, dans les petites structures du moins, il est souvent nécessaire d’accompagner la montée en compétences, sur ces questions, du dirigeant, des RH et des managers.

    Modalités de formation

    👆 Une formation sur-mesure avant embauche, prise en charge par France Travail (#POEI)

    ✴️L’objectif de la POEI est de permettre au candidat d’acquérir les compétences manquantes pour occuper le poste que vous offrez. Ce dispositif, financé en partie par France Travail est mis en œuvre par l’employeur au poste de travail en interne ou par un organisme de formation.

    💡Plusieurs modalités de formation sont envisageables :

    • le tutorat par un salarié expérimenté,
    • la formation théorique dans un organisme de formation certifié,
    • si vous êtes une TPE ou PME, l’intervention d’un organisme de formation en situation de travail (Action de formation en situation de travail – AFEST).
    • Il est possible de mixer les différentes modalités.

    💡Parmi les contrats éligibles au dispositif :

    • CDI ou CDI intérimaire
    • CDD d’une durée minimale de 6 mois ou un contrat en alternance (contrat de professionnalisation ou d’apprentissage)
    • CDD saisonnier de 4 mois minimum
    • Contrat(s) de mission de 6 mois minimum dans les 9 mois suivant la formation.

    🔗 Fiche POEI France Travail

    👆 L’Action de Formation En Situation de Travail (#AFEST), un dispositif encore trop peu connu

    Chiffres clés de la formation

    👆 La mobilisation du Compte Personnel de Formation (#CPF)

    1 335 900 formations suivies en 2023 dans le cadre du compte personnel de formation (CPF) contre 1 851 200 en 2022 (DARES – juillet 2024).

    Selon une note d’étude de France compétences, 80% des salariés utilisant le Compte Personnel de Formation (CPF) ont au moins un objectif professionnel. 13% visent un objectif strictement personnel et 7% n’ont pas d’objectif clairement défini. France compétences souligne que l’utilisation du CPF par les salariés révèle leurs aspirations personnelles et/ou professionnelles.

    ✴️Utilisation du CPF pour le permis de conduire

    Parmi ceux ayant un objectif clair, près de la moitié utilise le CPF pour préparer le permis de conduire, notamment les jeunes peu diplômés. Ceux qui poursuivent des objectifs personnels sont majoritairement inscrits au permis B et aux certifications en langues, souvent les cadres et les seniors. À l’inverse, ceux ayant un objectif professionnel suivent généralement des formations certifiantes inscrites au RNCP.

    ✴️Soutien aux transitions et reconversions professionnelles

    Les salariés ayant un objectif professionnel recours au CPF principalement pour deux raisons majeures de la formation professionnelle : faciliter les transitions et reconversions professionnelles sur le marché de l’emploi et encourager les évolutions internes à l’entreprise.

    ✴️Surreprésentation des femmes en milieu de carrière

    Un quart des salariés utilisant le CPF pour un but professionnel se reconvertissent. Les femmes en milieu de carrière, diplômées et employées ou issues de professions intermédiaires y sont surreprésentées. Les hommes, souvent en début ou en seconde moitié de carrière, visent plus les évolutions professionnelles, surtout dans des secteurs moins stables.

    ✴️Changement d’employeur envisagé

    Environ un salarié sur dix utilisant le CPF souhaite échanger avec ses pairs sur leur activité professionnelle, souvent dans l’optique de changer d’employeur et d’augmenter leur revenu. Ces salariés sont en général plus jeunes, moins diplômés, et occupent souvent des emplois d’ouvrier ou d’employé en CDD.

    ✴️Évolution interne

    Les entreprises s’impliquent davantage lorsque le CPF est utilisé pour une évolution interne, initiant souvent son utilisation. Elles sont moins engagées dans les formations pour transitions professionnelles, même si elles en sont informées dans 37% des cas. Les salariés suivent ces formations moins fréquemment sur leur temps de travail. L’implication des entreprises est plus courante dans les grandes entreprises et lorsque la formation est présentielle et vise une certification reconnue.

    🔗Note d’étude France Compétences

    👆 Le recours à la formation professionnelle continue en France

    ✴️[DARES] En 2022, en France, 47 % des adultes ayant terminé leur formation initiale déclarent avoir suivi une formation au cours des douze derniers mois, que ce soit dans un but professionnel ou personnel.

    📌Les personnes en emploi se forment davantage (57 %) que celles qui se déclarent au chômage (43 %) ou inactives (21 %), essentiellement du fait de la formation à but professionnel. 📌La part des adultes formés dans un but professionnel se maintient par rapport à 2016 pour les personnes en emploi ; elle augmente pour les chômeurs et les inactifs, dans un contexte de mise en place de mesures en faveur de la formation destinées à ces publics.

    📌L’accès à la formation à but professionnel s’accroît avec le niveau de diplôme ; il est nettement plus fréquent pour les cadres que pour les ouvriers, ainsi que pour les salariés des grandes entreprises privées et ceux du secteur public. Les seniors participent moins souvent que les adultes plus jeunes à des formations, en particulier dans un but professionnel. Les résidents des DOM et des quartiers prioritaires de la politique de la ville accèdent également moins souvent à la formation.

     

    management

    MANAGEMENT

    L’évolution des pratiques managériales à l’oeuvre

    👆 Les attentes des cadres envers leur manager en 2024

    👆 Les nouveaux modes de management et d’organisation, innovation ou effet de mode ?

     

     

    collectif

    QUALITE DE VIE & DES CONDITIONS DE TRAVAIL

    Egalité professionnelle

    👆Diversité vs inclusion ?

    ✴️Quelle est la différence entre diversité et inclusion ?

    📌La diversité fait référence à la présence de différences au sein des équipes de travail, que ce soit en termes de genre, d’origine ethnique, de culture, de religion, de génération, d’orientation sexuelle, de handicap, ou encore de parcours professionnels et éducatifs. L’idée est de reconnaître et valoriser cette pluralité pour tirer parti des perspectives variées que cela peut apporter à l’organisation. La diversité se concentre sur le « qui » compose l’organisation.

    📌L’inclusion fait référence à la pratique consistant à créer un environnement de travail où chaque employé, quelle que soit son origine ou ses caractéristiques, se sent accepté, valorisé et respecté. L’inclusion se concentre sur le « comment » l’organisation intègre ces divers individus et leur permet de s’épanouir pleinement.

    ✴️ Enjeux de la diversité et de l’inclusion :

    📌Innovation et créativité : Les équipes diversifiées apportent des perspectives multiples qui stimulent l’innovation. Des études montrent que des groupes hétérogènes sont plus créatifs dans la résolution de problèmes.

    📌Attraction et rétention des talents : Les organisations qui valorisent la diversité et l’inclusion attirent un plus large éventail de talents. Les nouvelles générations, en particulier, sont sensibles à ces enjeux et préfèrent travailler dans des environnements ouverts et inclusifs.

    📌Engagement et bien-être des salariés : Un environnement inclusif où chaque salarié se sent respecté et valorisé favorise un plus fort engagement, une meilleure satisfaction au travail, et une rétention accrue.

    📌Réputation et image de marque : Les organisations qui promeuvent la diversité et l’inclusion améliorent leur image auprès des différentes parties prenantes (publics, clients, fournisseurs, …). Elles sont perçues comme des organisations socialement responsables.

    📝 Ainsi, diversité et inclusion sont complémentaires : la diversité est nécessaire pour garantir une représentation variée, mais c’est l’inclusion qui garantit que chacun puisse participer pleinement et s’épanouir dans l’organisation.

    👆 Les discriminations des seniors dans l’emploi

    👆 La situation des personnes en situation de handicap

    Organisation du travail

    👆 Télétravail : le grand dilemme

    En 2024, environ 47 % des entreprises françaises avaient adopté le télétravail ou un modèle hybride. La proportion d’entreprises permettant à leurs salariés de télétravailler varie selon la taille de l’entreprise : 62 % des salariés dans les entreprises de plus de 500 salariés en bénéficient, contre 38 % dans celles de 50 à 99 salariés. Environ 33 % des salariés en France pratiquent le télétravail au moins une fois par semaine, et seulement 4 % sont en télétravail complet

    ✴️Attraction et rétention des talents

    Selon une étude de BCG et de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), près de 89 % des jeunes talents recherchent des postes offrant des options de travail flexible ou hybride. Le télétravail est devenu un critère essentiel pour les candidats lors du choix d’un employeur.

    ✴️Équité et inégalités d’accès

    Eurofound (Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail) a souligné que le télétravail peut accentuer certaines inégalités. Par exemple, les emplois nécessitant une présence physique (industries, services de proximité) ne peuvent pas bénéficier du télétravail, ce qui peut creuser l’écart entre salariés de différents secteurs . De plus, tous les salariés n’ont pas un accès égal aux outils numériques et à un espace de travail adéquat à domicile.

    Un salarié sur deux est exclu, de par la nature de son emploi, de la possibilité de télétravailler.

    ✴️Santé mentale et bien-être

    En date de 2019, une étude de l’Insee et de la Dares sur le télétravail des cadres montre par exemple que les cadres pratiquant le télétravail deux jours ou plus par semaine travaillent en moyenne 43,0 heures par semaine, contre 42,4 heures pour les non-télétravailleurs. Ces télétravailleurs déclarent deux fois plus souvent travailler plus de 50 heures par semaine que les non-télétravailleurs. Leurs horaires sont également plus atypiques (travail après 20 heures ou le samedi) et moins prévisibles.

    ✴️ Impact environnemental et économique

    Le télétravail réduit les déplacements domicile-travail, ce qui diminue les émissions de gaz à effet de serre. Selon un rapport de France Stratégie, un jour de télétravail par semaine pourrait réduire de 10 % les émissions de CO₂ liées aux transports. Cela a également un effet sur les coûts de structure pour les entreprises, qui peuvent envisager une réduction des espaces de bureau .

    ✴️Enjeux de sécurité et de confidentialité

    Avec le télétravail, les risques de cybersécurité augmentent, car les connexions externes au réseau de l’entreprise peuvent être plus vulnérables aux attaques. De plus, la gestion des données sensibles à distance nécessite des protocoles de sécurité renforcés, selon un rapport de KPMG en 2024 .

    📝Les enjeux du télétravail sont donc multiples, affectant à la fois la productivité, la santé mentale, les inégalités sociales, et les modèles économiques et organisationnels. Ils exigent une approche réfléchie pour maximiser les avantages tout en atténuant les risques associés.

    🔗 Télétravail : un nouveau rapport au travail ?

    🔗TELETRAVAIL : EFFETS SUR LA SANTE ET LES CONDITIONS DE TRAVAIL – Revue de la littérature – ANSES

    🔗Les impacts territoriaux du télétravail : angle mort des politiques publiques ? France stratégie

    🔗Télétravail : évolution des pratiques et conditions de travail – DARES

    👆 Rythmes de travail : avantages et inconvénients de la semaine en 4 jours

    👆 Impact de l’intensification et de l’autonomie au travail sur la santé mentale

    👆Les effets subjectifs des « nouvelles » organisations du travail

    equilibre

    SANTE AU TRAVAIL

    Enjeux prioritaires en matière de santé au travail

    👆 Prise en compte de l’usure professionnelle

    L’usure professionnelle représente des défis variés qui touchent à la fois les individus et les organisations.

    ✴️Impact sur la santé des individus

    Pour les travailleurs, l’usure professionnelle peut avoir des conséquences graves sur leur santé physique et mentale. Les symptômes peuvent aller de la fatigue chronique aux troubles psychologiques, affectant la qualité de vie des employés.

    ✴️Conséquences pour les organisations

    Du côté organisationnel, l’usure professionnelle peut entraîner une baisse significative de la performance, de la productivité et de la qualité du travail. Elle est également liée à une augmentation de l’absentéisme, du présentéisme et du turnover, ce qui peut affecter la dynamique de l’équipe et la performance globale de l’entreprise.

    ✴️Evolution du rapport au travail

    Face au défi croissant de l’épuisement professionnel, il est essentiel de repenser notre rapport au travail pour garantir sa viabilité à long terme. Cela implique non seulement d’éviter les risques d’épuisement physique et mental, mais aussi de créer des conditions de travail propices au bien-être et à la performance des salariés tout au long de leur carrière.

    ✴️Multiples angles d’approche

    L’usure professionnelle peut être envisagée sous différents angles :

    ⚪Ressources Humaines : alignement des objectifs des salariés avec ceux de l’organisation

    ⚪Médical : suivi et prévention des problèmes de santé liés au travail

    ⚪Psychologique : soutien au bien-être mental des salariés

    ⚪Ergonomique : adaptation des postes de travail pour réduire la fatigue physique

    ⚪Maintien en emploi : accompagnement des parcours professionnels

    ⚪Diversité-Inclusion : prise en compte des besoins individuels des salariés

    ✴️Une problématique croissante

    L’usure professionnelle est un enjeu de plus en plus reconnu dans le monde du travail. Sa progression insidieuse et cumulative la distingue du burn-out. Elle touche tous les salariés et remet en question les politiques des ressources humaines ainsi que les conditions de travail. Pour y remédier, une approche proactive est impérative.

    ✴️Des politiques RH à ajuster

    Les politiques RH doivent être réinterrogées afin que l’usure professionnelle ne soit pas un « dossier à part », mais soit intégrée dans toutes les réflexions relatives à la conception et à l’organisation du travail.

    ✴️Importance de la formation continue

    La formation continue joue un rôle clé en permettant aux salariés de s’adapter aux évolutions de leur métier, réduisant ainsi les risques d’usure professionnelle.

    ✴️Gestion équilibrée des performances

    Une gestion équilibrée des performances et du temps de travail, notamment à travers des modalités flexibles, est également essentielle pour prévenir l’épuisement.

    💡La prévention de l’usure professionnelle constitue un impératif stratégique. Investir dans la santé des salariés est indispensable pour maintenir la compétitivité des organisations dans un environnement de travail en perpétuelle évolution.

    🔗 https://www.anact.fr/kit-lusure-professionnelle-comment-agir-pour-leviter

    👆 La santé mentale, Grande cause nationale en 2025

    ✴️ Au -delà de la sphère professionnelle

    Le Gouvernement a présenté le 11 octobre 2024, les quatre objectifs prioritaires pour promouvoir la santé mentale, érigée Grande cause nationale pour l’année 2025.

    📌Quatre objectifs prioritaires :

    • la déstigmatisation, afin de changer le regard des Français sur les troubles psychiques et les troubles mentaux,
    • le développement de la prévention et du repérage précoce, par la sensibilisation et la formation dans toutes les sphères de la société,
    • l’amélioration de l’accès aux soins partout sur le territoire français, par la gradation des parcours, le développement des nouveaux métiers de la santé mentale en veillant aux soins des personnes les plus fragiles et présentant les troubles les plus complexes.
    • l’accompagnement des personnes concernées dans toutes les dimensions de leur vie quotidienne, comme la formation, l’emploi, le logement, l’accès aux loisirs, etc.
    ✴️ La porosité entre vie professionnelle et vie personnelle : la santé mentale ne connaît pas les frontières
    Fondation Jean Jaures - Santé mentale
    ✴️ La santé mentale au travail : vue d’ensemble

    [OMS] « Près de 60 % de la population mondiale a un emploi (1). Tous les travailleurs ont droit à un cadre de travail sûr et sain. Le travail peut protéger la santé mentale. Un travail décent est propice à une bonne santé mentale car :

    • il fournit un moyen de subsistance ;
    • il donne un but, confiance en soi et un sentiment d’accomplissement ;
    • il permet d’avoir des relations positives et de faire partie d’une communauté ; et
    • il définit un cadre structurant, parmi nombre d’autres avantages.

    Un travail décent peut contribuer au rétablissement et à l’inclusion des personnes souffrant de problèmes de santé mentale, leur donner davantage confiance en elles et améliorer leur fonctionnement social.

    Un cadre de travail sûr et sain n’est pas seulement un droit fondamental, il peut aussi limiter les tensions et les conflits au travail, contribuer à fidéliser le personnel, améliorer la performance et la productivité. À l’inverse, l’absence de structures et d’un soutien de qualité au travail, en particulier pour les personnes souffrant de problèmes de santé mentale, peut altérer la capacité à apprécier et à bien faire son travail ; elle peut être cause d’absentéisme et même faire obstacle à l’obtention d’un emploi. »

    ✴️ Risques pour la santé mentale au travail

    [OMS] Les risques pour la santé mentale au travail sont notamment :

    • la sous-utilisation des compétences ou le fait d’être sous-qualifié ;
    • une charge de travail ou un rythme de travail excessif, le manque de personnel ;
    • des horaires prolongés, rigides et incompatibles avec la vie sociale ;
    • le manque d’influence sur la définition des tâches ou la charge de travail ;
    • des conditions de travail dangereuses ou pénibles ;
    • une culture organisationnelle qui permet des comportements négatifs ;
    • le soutien limité des collègues ou un encadrement autoritaire ;
    • la violence, le harcèlement ou l’intimidation ;
    • la discrimination et l’exclusion ;
    • des fonctions mal définies ;
    • une sous-promotion ou une surpromotion ;
    • l’insécurité de l’emploi, un salaire insuffisant ou un manque d’investissement dans l’organisation des carrières ; et
    • l’incompatibilité entre les exigences professionnelles et familiales.
    ✴️ Agir pour la santé mentale au travail

    Améliorer la santé mentale au travail nécessite une action concertée. Employeurs, pouvoirs publics, organisations syndicales et patronales, ainsi que les acteurs de la santé et sécurité au travail, doivent collaborer pour prévenir les risques psychosociaux, protéger et promouvoir la santé mentale des employés, soutenir ceux confrontés à des problèmes de santé mentale, et favoriser un environnement de travail favorable au changement. Cette démarche doit impérativement impliquer les travailleurs, leurs représentants et les personnes ayant vécu des problèmes de santé mentale.

    ✴️ Redonner du pouvoir d’agir pour favoriser la (bonne) santé mentale ?

    La santé mentale au travail est un enjeu majeur, impactant à la fois le bien-être des employés et la performance des entreprises. Au-delà des mesures préventives classiques, une approche novatrice gagne du terrain : redonner du pouvoir d’agir aux travailleurs. Cette approche, ancrée dans les travaux de la clinique du travail, met l’accent sur l’autonomie et la participation active des employés dans la gestion de leur environnement de travail et de leur propre santé mentale.

    📌Traditionnellement, les interventions en santé mentale au travail se focalisent sur l’identification et la réduction des risques psychosociaux (ce sont d’ailleurs les recommandations de l’OMS). Bien que cruciales, ces approches restent parfois limitées, car elles placent le travailleur dans une position passive, dépendant des actions de la direction ou des services de prévention.

    Redonner le pouvoir d’agir, en revanche, place le travailleur au cœur de la démarche. Il devient un acteur à part entière, capable d’influencer son environnement et de participer activement à la résolution des problèmes qui affectent sa santé mentale.

    📌Concrètement, cela se traduit par plusieurs actions :

    • Favoriser la participation et l’expression : mettre en place des canaux de communication efficaces, des groupes de travail inclusifs, et encourager l’expression des besoins et des préoccupations des salariés.
    • Développer les compétences et l’autonomie : équiper les travailleurs d’outils et de compétences leur permettant de mieux gérer les exigences du travail.
    • Promouvoir l’autonomie et la responsabilisation : donner aux travailleurs une marge de manœuvre dans l’organisation de leur travail, en favorisant la flexibilité, l’autonomie dans les tâches et la prise de décision.
    • Créer un environnement de travail juste et équitable : lutter contre les injustices, les discriminations et le harcèlement, en mettant en place des politiques claires et des procédures de signalement efficaces.
    • Intégrer les aspects de la santé mentale dans la culture d’entreprise : faire de la santé (mentale et physique) une priorité, en la promouvant activement et en la reconnaissant comme un élément essentiel de la performance et du bien-être collectif.

    📌Les travaux en cliniques du travail apportent une dimension essentielle à cette approche. L’écoute active, l’analyse des situations individuelles et collectives, et la co-construction de solutions permettent d’identifier les leviers d’action les plus pertinents et d’adapter les interventions aux besoins spécifiques de chaque situation.

    📌Redonner le pouvoir d’agir aux travailleurs n’est pas seulement une question d’éthique, mais aussi de performance. Des salariés engagés, autonomes et en bonne santé mentale sont plus productifs, plus créatifs et plus engagés envers leur entreprise.

    💡L’investissement dans une telle approche est donc un investissement à long terme pour le bien-être des individus et la réussite des organisations. Il s’agit d’un changement de paradigme, passant d’une approche paternaliste à une approche collaborative et responsabilisante, au cœur de laquelle se trouve le bien-être du travailleur.

    🔗Etude de la DARES – Impact de l’intensification et de l’autonomie au travail sur la santé mentale

    🔗Prévenir la santé mentale au travail, un enjeu majeur de santé publique – Fondation Jean Jaurès

    🔗Les enjeux psychosociaux liés au travail. Santé mentale et expériences du travail, du chômage et de la précarité – RFAS

    👆Violences sexistes et sexuelles (#VSS) sous relation d’autorité : des pratiques persistantes

     

    dialogue

    DIALOGUE SOCIAL & PROFESSIONNEL

    La qualité des relations socioprofessionnelles

    👆 Au-delà du dialogue social, l’importance du dialogue professionnel

    dialogue professionnel

    Contrairement au dialogue social qui se réfère à la négociation entre employeurs et syndicats au niveau de la branche ou de l’entreprise, le « dialogue professionnel » se focalise sur les relations au sein même de l’entreprise, entre les managers, les employés, et parfois, des représentants des travailleurs (mais sans la structure formelle et les enjeux de la négociation collective du dialogue social).

    💡Son objectif est d’améliorer la communication, la coopération et la résolution de problèmes au quotidien.

    🔗 Dialogues social et professionnel : comment les articuler ? – La Fabrique de l’Industrie

    🔗 Etude RDS Le dialogue social au service de la qualité du travail ?

    👆 Et si vous évaluiez la qualité de votre dialogue social ?

    Dialogue social dans les petites structures

    👆Données sur le dialogue social dans les #TPE

    ✴️Les petites structures, qui comptent moins de 10 salariés, représentent 18 % de l’emploi dans le secteur privé (non agricole). Elles ne sont pas soumises aux seuils légaux exigeant l’élection de représentants du personnel ou la tenue de négociations collectives. Ainsi, le dialogue social y est essentiellement informel.

    📌En 2022, 81 % des TPE ayant 2 à 9 employés ont déclaré avoir mis en place des mesures concernant au moins un des quatre domaines suivants : salaires, emploi, conditions de travail et temps de travail. Cela représente une augmentation d’un point par rapport à 2018.

    📌 Dans 36 % de ces entreprises, les salariés participent collectivement aux décisions sur au moins un de ces sujets, principalement sur les conditions et le temps de travail, soit une hausse de quatre points par rapport à 2018.

    📌En 2022, 5 % des TPE avec plusieurs salariés ont signalé des conflits entre certains employés et la direction, et 4 % des conflits entre collègues.

    📌Enfin, 12 % des TPE à plusieurs salariés font face à des problèmes d’absentéisme de la part de certains employés.

    Source DARES 2024

    👆 Le rôle du CSE sur les questions de santé, sécurité et conditions de travail (#SSCT) et les difficultés rencontrées dans les petites structures

    Le CSE a un rôle crucial à jouer sur les questions de santé, de sécurité et conditions de travail (#SSCT) des salariés. Sa mission s’étend à la fois à la prévention des risques professionnels et à l’amélioration des conditions de travail.

    🤔Cependant, la mise en œuvre de ces responsabilités peut s’avérer particulièrement complexe pour les petites structures, souvent limitées en ressources humaines et matérielles. Autrefois, au sein des #CHSCT, on trouvait des élus particulièrement intéressés (et formés) par les questions de santé. La fusion des instances, ayant abouti au CSE sous sa forme actuelle, induit que les élus doivent être compétents (au-delà du métier exercé) sur tout un ensemble de sujets pour lesquels une formation (obligatoire) de quelques jours ne suffit pas.

    CSE INRS

    💡L’#INRS met à la disposition de nombreuses ressources gratuites et plutôt bien conçues pour aider les membres du CSE.

    ✴️Procéder à l’analyse des risques professionnels
    INRS analyse des risques professionnels
    ✴️Participer à l’analyse des accidents du travail
    INRS analyse de accidents
    ✴️Réaliser une inspection
    INRS inspection
    ✴️Avoir recours à un expert
    INRS recours expert
    ✴️Informer et sensibiliser les salariés
    INRS information sensibilisation salariés

    🔗Brochure INRS sur le CSE

    🔗Kit ANACT Faire du comité social et économique un levier d’amélioration des conditions de travail

    👆 Les petites structures ont plus de mal à intégrer la négociation dans leurs pratiques

    Lien de subordination et pouvoir de direction : comprendre ces notions centrales dans la relation contractuelle

    Lien de subordination et pouvoir de direction : comprendre ces notions centrales dans la relation contractuelle

    Le lien de subordination est un concept fondamental en droit du travail, étroitement lié au pouvoir de direction de l’employeur. Au cours de mes accompagnements au sein de petites et moyennes organisations, je constate que les notions de « pouvoir de direction » et de « lien de subordination », et surtout ce qui en découle, sont encore très largement méconnues. J’espère que cet article permettra une meilleure appropriation.

    Le pouvoir de direction : un équilibre délicat entre liberté d’entreprendre et protection des salariés

    Le pouvoir de direction de l’employeur, pierre angulaire de la relation de travail, est étroitement lié avec le lien de subordination.

    définition

    Le pouvoir de direction : définition et fondements

    Le pouvoir de direction, bien que non explicitement défini par un article unique du Code du travail, est implicitement reconnu et encadré par de nombreuses dispositions. Il permet à l’employeur d’organiser l’entreprise, de donner des instructions et de contrôler le travail des salariés afin d’atteindre les objectifs fixés. Ce droit découle notamment du principe de la liberté d’entreprendre, garanti par l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui permet, notamment, à toute personne de créer et de gérer une entreprise, impliquant le droit de prendre des décisions organisationnelles et de gestion. Il se met en place dès lors qu’un contrat de travail est établi, induisant de fait le lien de subordination.

    bateau en papier

    Les trois facettes du pouvoir de direction

    📌 Le pouvoir d’organisation et de gestion : l’employeur définit la structure de l’entreprise, les méthodes de travail, et l’affectation des tâches.⚠️ Cependant, cet aspect doit tenir compte des consultations obligatoires avec les représentants du personnel.

    📌 Le pouvoir de donner des ordres et des directives : il s’agit de la capacité de l’employeur à donner des ordres et des instructions aux salariés, leur fixant les objectifs à atteindre et le cadre de leur travail. ⚠️ Cette prérogative doit respecter les lois et la réglementation sur le temps de travail, la santé et la sécurité au travail.

    📌 Le pouvoir d’en contrôler l’exécution et de sanctionner en cas de manquement : l’employeur a le droit de contrôler le travail réalisé par les salariés et de prendre des mesures disciplinaires en cas de manquement, conformément à la législation. ⚠️ L’employeur doit s’appuyer sur l’échelle des sanctions prévue au règlement intérieur.

    autorisation

    Les limites du pouvoir de direction

    La liberté d’entreprendre n’est pas absolue. Le pouvoir de direction est limité par :

    📌 Le respect des droits fondamentaux des salariés : l’article L1121-1 du Code du travail garantit la protection des droits et libertés individuelles et collectives des salariés. Toute restriction doit être justifiée par la nature de la tâche et proportionnée au but recherché.

    📌 Le respect de la législation et de la réglementation : les conventions collectives, les accords d’entreprise et les lois en matière de santé, sécurité, et temps de travail encadrent strictement l’exercice du pouvoir de direction.

    📌 Le dialogue social : le respect des prérogatives des représentants du personnel et un impératif. Une consultation régulière et constructive avec les représentants du personnel est essentielle et permet d’assurer un exercice équilibré du pouvoir de direction.

    itinéraire

    L’évolution du pouvoir de direction

    ✴️ Contexte historique et changement de paradigme

    Traditionnellement, le pouvoir de direction était souvent associé à une hiérarchie rigide et à un modèle de commandement centralisé. Cela est souvent issu d’une culture interne où les décisions sont prises par un nombre restreint de dirigeants, laissant peu de place à l’initiative individuelle. La montée en puissance du télétravail, accentuée par des événements comme la pandémie de COVID-19, a forcé les structures à repenser leur modèle de management. Le modèle hiérarchique est de plus en plus challengé par des structures plus plates qui favorisent davantage la collaboration et l’implication des salariés dans le processus décisionnel.

    ✴️ Place de la confiance

    Le passage à un mode de travail à distance souligne l’importance de la confiance entre les dirigeants et leurs équipes. Dans un environnement où la supervision directe est limitée, la confiance (ou dans le pire des cas, le contrôle) devient un élément fondamental pour garantir la performance et la productivité. Cela nécessite une approche de leadership plus mature, où les managers doivent apprendre à déléguer et à croire en la capacité des salariés à atteindre leurs objectifs sans un contrôle constant.

    ✴️ Autonomie et responsabilisation

    En favorisant l’autonomie, les structures reconnaissent que les salariés peuvent être plus efficaces lorsqu’ils ont la possibilité d’organiser leur travail. Cela peut également contribuer à une meilleure satisfaction au travail, car les salariés se sentent valorisés et respectés pour leurs compétences et leur jugement.

    La responsabilisation des salariés implique également un changement dans la manière dont les performances sont évaluées. Plutôt que de se concentrer uniquement sur des indicateurs quantitatifs, il devient crucial d’évaluer les résultats en fonction des objectifs et des résultats globaux atteints.

    👉En résumé, l’évolution du pouvoir de direction vers une approche davantage axée sur la confiance, l’autonomie et la responsabilisation des salariés représente une réponse à un environnement de travail en mutation. Cependant, cela nécessite un ajustement des mentalités et des pratiques managériales pour naviguer avec succès dans ces changements. Les organisations qui réussiront à instaurer ces nouvelles dynamiques pourront non seulement améliorer leur productivité, mais aussi renforcer l’engagement et le bien-être des salariés .

    Le lien de subordination : une protection qui peut faire mal

    Le lien de subordination est une notion fondamentale en droit du travail, qui caractérise la relation entre un employeur et un salarié. Ce concept, essentiel pour identifier la nature de la relation de travail, a des implications juridiques significatives en matière de droits et d’obligations des parties.

    définition

    Le lien de subordination : définition et fondements

    Des trois éléments définissant la qualité de salarié (lien de subordination, rémunération et contrat) seul le premier constitue un critère décisif. En effet, le lien de subordination juridique permet de distinguer le travailleur indépendant du travailleur salarié.

    Le lien de subordination se caractérise par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné.

    rouages

    Implications du lien de subordination sur la relation de travail

    ✴️ Droits et obligations des parties

    ➡️ Pour l’employeur :

    • Responsabilité : l’employeur est responsable de la santé et la sécurité des salariés et des dommages causés par ses salariés dans le cadre de leur mission.
    • Pouvoir disciplinaire : l’employeur peut sanctionner les salariés en cas de mauvaise exécution, ce qui inclut les avertissements, la mise à pied ou le licenciement.

    ➡️ Pour le salarié :

    • Droit à la protection : le salarié bénéficie de protections juridiques, y compris le droit à un salaire, à la sécurité au travail et à des conditions de travail décentes.
    • Obligation de loyauté : le salarié doit agir dans l’intérêt de l’entreprise, respecter les règles internes et exécuter son travail avec diligence.

    ✴️ Conséquences en cas de démonstration d’un lien de subordination dans une relation commerciale

    Ce sont les circonstances de fait qui déterminent l’existence d’un rapport de subordination ; celui-ci ne dépend ni de la volonté exprimée par les parties, ni de la dénomination qu’elles ont donnée à leur convention (« prestation de service », « contrat commercial », …).

    Dans leur démarche pour conclure à l’existence d’un lien de subordination, les juges utilisent la méthode du faisceau d’indices : ils relèvent des éléments qui, pris isolément, ne suffiraient pas à caractériser le lien de subordination, mais dont la réunion induit le caractère salarial de l’activité (rémunération, horaires de travail, fourniture du matériel, le lieu de travail…).

    Lorsqu’il est démontré qu’il existe un lien de subordination entre une structure et un travailleur indépendant, plusieurs conséquences juridiques peuvent survenir :

    • Requalification du contrat de travail : si le lien de subordination est établi, la relation entre la structure et le travailleur indépendant peut être requalifiée en contrat de travail salarié. Cela signifie que le travailleur peut être considéré comme un employé plutôt que comme un prestataire de services indépendant.
    • Application du Code du Travail : en cas de requalification, le travailleur acquiert les droits et protections prévues par le Code du travail, notamment en matière de congés payés, d’horaires de travail, et de protection contre le licenciement abusif.
    • Paiement des cotisations sociales : la structure peut être tenue de payer les cotisations sociales et contributions patronales qui auraient dû être versées si le travailleur avait été considéré comme un salarié depuis le début de la relation de travail.
    • Sanctions pour la structure : la structure peut faire face à des sanctions financières, notamment des amendes pour non-respect du droit du travail, et éventuellement à des rappels de cotisations sociales par l’URSSAF en France.
    • Indemnisation pour le travailleur : le travailleur peut être en droit de réclamer des indemnités, notamment pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, et d’autres avantages sociaux auxquels il aurait eu droit en tant que salarié.

    Pour la structure, la requalification peut avoir d’importantes conséquences financières et juridiques. Il est donc essentiel que ce risque soit connu et compris. Je rencontre encore trop souvent des associations, notamment (mais pas que), qui font appel à des auto-entrepreneurs et où les juges n’auraient aucune difficulté à réunir le fameux faisceau d’indices.

    ✴️ Un statut qui fait exception

    Le statut de Salarié Entrepreneur Associé, définit dans le Livre 3 Titre 3 du Code du Travail.

    Cela concerne les salariés de coopérative d’activité et d’emploi (#CAE) qui sont à la fois salariés, mais complètement autonomes (dès lors que la CAE ne leur impose pas un cadre et une organisation de travail). C’est par exemple le cas au sein de ma CAE ELYCOOP.

    subordination

    Les « effets pervers » du lien de subordination

    En reprenant mes études en psychologie du travail, j’ai tout d’abord été interpellée en entendant certains de nos enseignants affirmer que le lien de subordination jouait un rôle prépondérant dans les risques sur la santé mentale des salariés.

    Jusqu’alors, je n’avais que l’approche juridique qui, de ma compréhension, visait à protéger la santé des salariés qui mettaient leur force et temps de travail à la disposition d’un employeur disposant du pouvoir de direction …qui, en contrepartie devait les protéger.

    🔎 Constat

    Il est vrai que, lorsque ce pouvoir est exercé de façon stricte, cela peut conduire à des effets pervers significatifs, impactant la santé mentale des travailleurs. La clinique de l’activité, notamment, éclaire ces dynamiques et leurs répercussions.

    📌 Quelques cas de figures assez fréquents :

    • Lorsque les décisions sont unilatérales et la communication descendante
    • Lorsque les directives sont données (nous l’avons, c’est un droit), sans discussion possible
    • Lorsque l’évaluation est réalisée sur le travail prescrit sans prendre en compte le réel de l’activité
    • Lorsque le dialogue social est réalisé a minima et qu’il n’y a pas réellement de contre-pouvoir
    • Lorsqu’il n’existe aucun espace pour pouvoir s’exprimer et agir sur son travail
    • . . .

    Toutes ces situations peuvent induire un environnement qui impacte la santé mentale des travailleurs.

    🔖Les différentes approches en psychologie du travail soulignent l’importance de l’autonomie et des marges de manoeuvre : lorsque les salariés sont privés de l’autonomie nécessaire pour organiser et réaliser leurs tâches, cela peut engendrer un sentiment de perte de sens et conduire à de la frustration, du désengagement et du mal-être. La clinique de l’activité, notamment, met en exergue comment l’absence d’espace pour l’initiative personnelle et l’expression des compétences peut nuire à la satisfaction au travail et à la santé mentale des salariés .

    💡 Certains travaux font apparaître que le manque de reconnaissance, l’impossibilité de réaliser un travail de qualité, . . . couplés à la pression constante pour atteindre des objectifs souvent fixés sans concertation, contribue à l’érosion de l’estime de soi et peut conduire à des troubles psychosociaux, tels que le burnout ou la dépression.

    👍Les bonnes pratiques

    Pour atténuer les effets négatifs du lien de subordination, il est essentiel que les employeurs adoptent des pratiques managériales qui encouragent la participation active des salariés dans toutes les questions concernant l’organisation et la réalisation du travail. L’instauration de méthodes de travail flexibles, la valorisation des compétences, ainsi qu’une communication ouverte et bidirectionnelle, restaurent aux travailleurs leur « pouvoir d’agir » et donnent un sens à leur activité, éléments cruciaux pour leur bien-être psychologique.

    💫 En somme, pour transformer la relation de subordination en un levier de développement personnel et professionnel, il est indispensable de mettre en œuvre des pratiques managériales qui privilégient l’écoute, la communication de qualité, le feedback et la reconnaissance. Promouvoir une culture organisationnelle valorisant l’autonomie et la concertation se révèle bénéfique non seulement pour les individus, mais aussi pour la performance globale de l’organisation.

    Conclusion

    📝 Maîtriser les concepts de lien de subordination et de pouvoir de direction, leurs implications et les points de vigilance à garder à l’esprit pour éviter toute dérive est indispensable pour toute personne en situation de Direction.

    Dans le secteur associatif, souvent, le problème remonte jusqu’aux statuts qui manquent de précision sur la responsabilité autour de la fonction employeur (qui peut faire quoi, qui peut déléguer quoi, etc.). Les structures s’aperçoivent parfois trop tard que certaines choses essentielles ne sont pas (suffisamment) formalisées dans leurs statuts.

    Il peut y avoir du flou sur, par exemple, la chaine de décision ou les délégations. Or, en cas de contentieux, il faut pouvoir définir précisément qui était responsable de quoi.

    Actualités juridiques – Droit du travail [09/2024]

    Actualités juridiques – Droit du travail [09/2024]

    Retrouvez régulièrement un concentré d’informations qui vous permet, en un coup d’oeil, d’identifier ce qu’il y a à retenir en matière de droit du travail et d’approfondir ce qui vous intéresse particulièrement.

    Pour ce faire cliquer sur le sujet qui vous intéresse 👆 et consulter les ressources mises à disposition 🔗.

    droit

    CONTRAT DE TRAVAIL

    Embauche

    👆 Rupture de la période d’essai

    ✴️ La rupture de la période d’essai par l’employeur après son expiration s’analyse en un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

    🔗Cass. soc. 3-7-2024 n° 22-17.452

    👆 La durée des CDD, même discontinus, s’impute sur la période d’essai prévue au CDI ultérieur

    Exécution du contrat

    👆Les critères qui définissent la nature de la relation de travail

    ✴️ Comme l’a rappelé la Cour de cassation, dans une décision du 3 juillet 2024, l’existence d’une relation de travail ne dépend ni de la volonté exprimée par les parties ni de la dénomination qu’elles ont donnée à leur convention mais des conditions de fait dans lesquelles est exercée l’activité des travailleurs. Le lien de subordination est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements.

    Le lien de subordination est le critère essentiel à la reconnaissance du contrat de travail.

    🔗 Cass.soc, 3 juillet 2024, n° 22-14.714

    Rupture

    👆 Modalités de rupture de la clause de non-concurrence

    ✴️ Dès lors que la clause de non-concurrence prévoit la possibilité pour l’employeur de renoncer à cette clause par lettre recommandée avec avis de réception dans un délai de 15 jours maximum après la notification de la rupture du contrat de travail, l’envoi d’un courriel ne peut pas avoir cette conséquence

    🔗Cass. soc. 3-7-2024 n° 22-17.452

    👆 Refus d’un CDI et indemnité de fin de contrat en CDD

    ✴️ Selon l’article L 1243-10 du Code du travail, l’indemnité de fin de contrat n’est pas due lorsque le salarié refuse d’accepter la conclusion d’un contrat de travail à durée indéterminée pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, assorti d’une rémunération au moins équivalente. Une cour d’appel ne saurait donc condamner l’employeur au paiement d’une indemnité de fin de contrat, en retenant que la proposition de l’employeur de transformation du contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée a été faite après la demande de non-renouvellement du contrat de travail de la salariée, alors que l’employeur avait offert la conclusion d’un contrat de travail à durée indéterminée avant le terme du contrat à durée déterminée.

    🔗 Cass. soc. 3-7-2024 n° 23-12.340

    👆 Rupture conventionnelle et vice de consentement de l’employeur

    👆 Avertir par téléphone un salarié de son licenciement peut rendre la rupture abusive

    Remuneration

    REMUNERATION

    Partage de la valeur

    👆 Le partage de la valeur au sein des TPE

    ✴️ Pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025, les entreprises d’au moins 11 salariés, non soumises à l’obligation de mettre en place la participation, devront mettre en place un dispositif de partage de la valeur dès lors qu’elles réalisent un bénéfice net fiscal positif au moins égal à 1 % du chiffre d’affaire pendant trois exercices consécutifs.

    🔗LOI n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 portant transposition de l’accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur au sein de l’entreprise

    🔗Guide du partage de la valeur ajoutée dans TPE /PME

    formation

    FORMATION

    👆 Le reste à charge Compte Personnel de Formation (#CPF) est fixé à 100 euros

    ✴️ Depuis le 2 mai 2024, le salarié qui mobilise son CPF doit s’acquitter d’une participation financière obligatoire. Un décret du 29 avril 2024 fixe le montant de ce reste à charge à 100 euros et précise les cas d’exonération.

    Concrètement, le titulaire du compte sera débité du coût de la formation après déduction de ces 100 euros. Cette somme devra être payée via la plateforme Mon Compte Formation.

    Cette participation financière peut être prise en charge par l’employeur ou par un Opco.

    Selon l’article L.6323-7 du code du travail, cette participation financière n’est pas due :

    • par les demandeurs d’emploi ;
    • par les salariés dont le coût de la formation est supérieur au montant de leur solde CPF et fait à ce titre l’objet d’un abondement de l’employeur.

    Selon le décret du 29 avril, elle ne l’est pas non plus lorsque le titulaire du CPF :

    • décide de mobiliser tout ou partie des points inscrits sur son compte professionnel de prévention (C2P) pour financer tout ou partie des frais d’une action de formation professionnelle continue en vue d’accéder à un emploi non exposé ou moins exposé aux facteurs de risques professionnels mentionnés au I de l’article L.4163-1
    • fait usage de l’abondement qui lui a été versé en tant que victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle atteinte d’une incapacité permanente supérieure ou égale à 10 %

    🔗 Moncompteformation

    congés agenda

    TEMPS DE TRAVAIL & CONGES

    👆 Acquisition de congés pendant un arrêt maladie

    ✴️L’acquisition de droits à congés payés pendant un arrêt maladie est expressément prévue par loi, qui, par ailleurs, fixe une période de report des congés non pris du fait de l’arrêt de travail et impose à l’employeur d’informer sur le sujet. Elle règle également la situation pour le passé.

    🔗Loi 2024-364 du 22-4-2024 art. 37 : JO 23

    👆Refus par le salarié du temps partiel préconisé par le médecin du travail

    ✴️ Le salarié peut refuser d’être réintégré à temps partiel comme préconisé par le médecin du travail. L’employeur est tenu de réintégrer un salarié déclaré apte en tenant compte des préconisations du médecin du travail. Si celles-ci ont pour conséquence une modification de son contrat de travail, le salarié peut refuser et a droit au maintien de son salaire jusqu’à la rupture du contrat.

    🔗 Cass. soc. 19-6-2024 n° 22-23.143

    👆Un salarié peut refuser un changement d’horaire portant une atteinte excessive à sa vie personnelle

    👆 Respect des temps de pause : la charge de la preuve repose sur l’employeur

    dialogue

    REPRESENTATION DU PERSONNEL & DIALOGUE SOCIAL

    👆Les heures de délégations

    ✴️Les heures de délégation considérées de plein droit comme temps de travail, qu’elles soient prises pendant ou hors les heures habituelles de travail, doivent être payées à l’échéance normale, et l’employeur ne peut saisir la juridiction prud’homale pour contester l’usage fait du temps alloué aux représentants du personnel pour l’exercice de leur mandat qu’après les avoir payées. Une cour d’appel ne saurait débouter le salarié de ses demandes tendant à la requalification de la prise d’acte de la rupture en licenciement nul et au paiement de diverses sommes à titre de rappel de salaire et de dommages-intérêts en retenant qu’il appartient à celui-ci d’indiquer le nombre d’heures qu’il a consacré à son mandat en précisant ses jours et ses heures d’intervention afin que l’employeur soit mis en mesure de les régler en sachant si elles ont été accomplies durant le temps de travail du salarié ou en dehors du temps de travail et que le salarié ne donne pas d’indication sur les temps et heures de délégation qu’il a accomplies, alors qu’il résultait de ses constatations que le salarié, délégué du personnel dans une entreprise de moins de 50 salariés, disposait d’heures de délégation, que sa demande n’excédait pas le crédit d’heures dont il bénéficiait à ce titre et que l’employeur, qui contestait l’utilisation de ces heures de délégation, ne les avaient pas payées à l’échéance normale

    🔗Cass. soc. 26-6-2024 n° 23-12.112

    👆 Abus de droit de retrait d’un salarié protégé

    👆 Le contenu minimal de l’invitation à négocier le protocole d’accord préélectoral est fixé

    👆 Elections du CSE : le dépôt tardif d’une candidature la rend irrégulière

    👆La négociation d’un Accord de Performance Collective est soumise à une exigence générale de loyauté

    SSCT

    SANTE & SECURITE AU TRAVAIL

    Médecine du travail

    👆Visite médicale de reprise

    ✴️Il résulte de l’article R. 4624-31 du code du travail, dans sa rédaction applicable au litige, issue du décret n° 2016-1908 du 27 décembre 2016, que l’initiative de la saisine du médecin du travail appartient normalement à l’employeur dès que le salarié, qui remplit les conditions pour bénéficier de cet examen, en fait la demande et se tient à sa disposition pour qu’il y soit procédé. Doit être cassé l’arrêt qui, après avoir constaté que le salarié avait informé l’employeur de la fin de son arrêt de travail, demandé l’organisation de la visite de reprise et réitéré cette demande, retient que l’employeur, qui a le droit de demander au salarié de revenir dans l’entreprise et de reprendre son travail aux fins de passer la visite de reprise dès lors qu’elle renseigne avec précision sur l’aptitude, n’avait pas à organiser cet examen et n’avait pas à lui verser de salaire dès lors que le salarié n’avait fourni aucun travail

    🔗 Cass. soc. 3-7-2024 n° 23-13.784 F-B

    👆 Avis d’inaptitude

    Droit de retrait

    👆Légitimité de l’exercice du droit de retrait malgré les mesures mises en oeuvre par l’employeur

    ✴️ Le respect par l’employeur des mesures prescrites par les autorités gouvernementales à l’occasion d’une pandémie, au regard des connaissances scientifiques et des recommandations nationales, n’exclut pas la légitimité de l’exercice de son droit de retrait par un salarié qui justifie d’un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé.

    🔗Cass. soc. 12-6-2024 n° 22-24.598

    Harcèlement moral

    👆La prise en compte d’une preuve obtenue de façon déloyale servant à prouver les faits de harcèlement

    ✴️ Dans un procès civil, l’illicéité ou la déloyauté dans l’obtention ou la production d’un moyen de preuve ne conduit pas nécessairement à l’écarter des débats. Le juge doit, lorsque cela lui est demandé, apprécier si une telle preuve porte une atteinte au caractère équitable de la procédure dans son ensemble, en mettant en balance le droit à la preuve et les droits antinomiques en présence, le droit à la preuve pouvant justifier la production d’éléments portant atteinte à d’autres droits à condition que cette production soit indispensable à son exercice et que l’atteinte soit strictement proportionnée au but poursuivi. Dès lors, doit être censurée la cour d’appel qui, pour écarter des débats un enregistrement clandestin d’un entretien avec l’employeur, retient que le salarié avait d’autres choix que d’enregistrer cet entretien pour prouver la réalité du harcèlement subi depuis plusieurs mois et que l’atteinte portée aux principes protégés en l’espèce n’était pas strictement proportionnée au but poursuivi, alors qu’il lui appartenait de vérifier si la production de l’enregistrement de l’entretien, effectué à l’insu de l’employeur, était indispensable à l’exercice du droit à la preuve du harcèlement moral allégué, au soutien duquel le salarié invoquait, au titre des éléments permettant de présumer l’existence de ce harcèlement, les pressions exercées par l’employeur pour qu’il accepte une rupture conventionnelle, et, dans l’affirmative, si l’atteinte au respect de la vie personnelle de l’employeur n’était pas strictement proportionnée au but poursuivi.

    🔗Cass. soc., 10 juill. 2024, n° 23-14.900, B

    disciplinaire

    DISCIPLINAIRE

    👆Délai pour engager des poursuites disciplinaires après la connaissance d’une faute

    ✴️ Selon l’article L. 1332-4 du code du travail : « Aucun fait fautif ne peut donner lieu à lui seul à l’engagement de poursuites disciplinaires au-delà d’un délai de 2 mois à compter du jour où l’employeur en a eu connaissance ». Ce dernier s’entend non seulement du titulaire du pouvoir disciplinaire mais également du supérieur hiérarchique du salarié, même non titulaire de ce pouvoir. Quelles que soient son ancienneté, son expérience et son intégration localement, le directeur des ressources humaines de la filiale singapourienne d’une entreprise ne peut pas être considéré comme le représentant de l’employeur à Singapour ni comme le supérieur hiérarchique du directeur de la filiale, de sorte que la prescription a commencé à courir non pas à compter du jour où des rumeurs sur le comportement inapproprié dudit directeur lui ont été rapportées, mais à compter du signalement adressé par l’une des collaboratrices victimes à la direction générale.

    🔗Cass. soc. 26-6-2024 n° 23-12.475

    👆 Conséquences du non-respect par l’employeur de la procédure disciplinaire

    ✴️ L’irrégularité commise dans le déroulement de la procédure disciplinaire, prévue par une disposition conventionnelle ou un règlement intérieur, est assimilée à la violation d’une garantie de fond lorsqu’elle a privé le salarié des droits de sa défense ou lorsqu’elle est susceptible d’avoir exercé en l’espèce une influence sur la décision finale de l’employeur, et justifie l’annulation de la sanction prononcée.

    🔗 Cass. soc. 26-6-2024 n° 23-13.352

    👆 Caractéristiques de la faute lourde

    ✴️ La faute lourde est caractérisée par l’intention de nuire à l’employeur, laquelle implique la volonté du salarié de lui porter préjudice dans la commission du fait fautif et ne résulte pas de la seule commission d’un acte préjudiciable à l’entreprise. Dès lors qu’il résulte de ses constatations que le salarié, malgré sa clause d’exclusivité, a travaillé pour une société tierce, au profit de laquelle il a recruté des salariés en utilisant les moyens et informations fournis par son employeur, débauché des salariés employés par ce dernier et détourné des candidatures adressées à son employeur, en sorte que l’intention de nuire est caractérisée, la cour d’appel ne peut pas écarter la faute lourde

    🔗 Cass. soc. 26-6-2024 n° 22-10.709

    👆 Les propos sexistes répétés d’un salarié sont fautifs et justifient un licenciement

    ✴️ Il résulte des article L. 4121-1 et L. 4121-2 du code du travail que l’employeur, tenu d’une obligation de sécurité envers les salariés, doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs et faire cesser notamment les agissements sexistes définis par l’article L. 1142-2-1 du même code comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. Doit en conséquence être censuré l’arrêt qui condamne un employeur à payer des dommages-intérêts à son ancien salarié licencié pour avoir tenu des propos à connotation sexuelle, insultants et dégradants envers deux autres salariées, aux motifs que le licenciement apparaît disproportionné, aucune sanction antérieure n’ayant été prononcée pour des propos similaires tenus par le passé, quand l’employeur en avait connaissance, alors qu’elle avait constaté que le salarié avait proféré envers deux de ses collègues, de manière répétée, des propos à connotation sexuelle, insultants et dégradants, ce qui était de nature à caractériser, quelle qu’ait pu être l’attitude antérieure de l’employeur tenu à obligation de sécurité en matière de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs, un comportement fautif constitutif d’une cause réelle et sérieuse fondant le licenciement décidé par ce dernier.

    🔗 Cass. soc. 12-6-2024 n° 23-14.292

    Appui Conseil RH des TPE-PME : prendre en compte les spécificités pour un accompagnement de qualité

    Appui Conseil RH des TPE-PME : prendre en compte les spécificités pour un accompagnement de qualité

    Les TPE-PME présentent des spécificités qu’il est important de prendre en compte lors d’un accompagnement RH, afin que celui-ci ait un impact concret sur la performance économique et sociale de ces structures et qu’elles en tirent un maximum de bénéfices.

    Les TPE-PME en quelques chiffres

    données chiffrées

    Selon l’INSEE, en 2023, les TPE-PME représentaient 99,8% des entreprises françaises. Elles jouent un rôle prépondérant dans le tissu économique national, cela n’est plus à démontrer.

    Pour rappel, une TPE a un effectif compris entre 0 et 10 salariés (le chiffre d’affaires ou le total bilan est inférieur à 2 millions d’euros.), tandis qu’on parle de PME pour les entreprises employant de 11 à 249 salariés (le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 50 millions d’euros ou un total bilan inférieur à 43 millions d’euros).

    Cette appellation de TPE-PME recouvre différents types de statuts juridiques, dont le statut associatif (en fonction des critères d’effectifs).

    Ces structures emploient 4,3 millions de salariés (en équivalent temps plein – ETP) et réalisent 23 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des entreprises en France.

    Le chiffre d’affaires des PME est réalisé à 42 % dans le secteur du commerce, 22 % dans les services, 19% dans l’industrie.

    61 % des TPE-PME ont moins de 20 salariés et seules 12 % emploient au moins 50 salariés.

    Les spécificités des TPE-PME par rapport aux grandes entreprises

    Les TPE-PME ont (à quelques exceptions près) les mêmes obligations que les grandes entreprises, notamment par rapport au Droit du Travail, sans toutefois disposer des mêmes ressources.

    Il convient de bien appréhender les spécificités des TPE-PME pour pouvoir leur proposer un accompagnement RH adapté et pertinent 🔎 : 

    • 🪐l’importance et l’impact de leur écosystème sur leur structuration et leur développement, 
    • 🌌leur hétéroclicité et leur nombre très important qui rendent impossible une solution / approche unique,
    • 👑un chef d’entreprise concentrant toutes les fonctions (« homologie ») et souvent isolé,
    • 🤝la place prépondérante des relations informelles conduisant à peu de formalisme,
    • 🦑une grande polyvalence des salariés, impliquant flexibilité et adaptabilité,
    • 🪛un manque de moyens et de compétences un peu pointues sur certaines fonctions support, notamment RH,
    • 💟une culture d’entreprise forte, où les valeurs et l’engagement personnel revêtent une grande importance,
    • 💭une faible représentation du personnel et une culture du dialogue social peu développée,
    • 🥽une gestion « court-termiste » faute de moyens et/ou de visibilité,
    • ☔une plus grande vulnérabilité aux aléas économiques,
    • 🤑une prépondérance de la vision économique et financière (“le nerf de la guerre”), par rapport à des enjeux de plus long terme,
    • 🧲des difficultés de recrutement et d’attractivité, liées aux difficultés à se démarquer (communication) ou à proposer des salaires supérieurs au marché,
    • . . .

    Ces facteurs sont modulables, en fonction notamment de la maturité organisationnelle de la structure et de ses moyens.

    Impact des spécificités des TPE-PME sur leur gestion RH

    Une gestion surtout administrative et souvent déléguée à un tiers

    polyvalence

    Souvent, dans les structures de moins de 20 salariés, il n’y a pas d’expertise interne dédiée aux RH et la gestion administrative RH est souvent déléguée ou “supervisée” par le cabinet d’expertise comptable, qui est un interlocuteur privilégié des TPE-PME.

    Le souci, c’est que le cabinet d’expertise comptable : 

    • n’est pas sur place au quotidien (la structure ne l’interroge donc que sur ce qu’elle est elle-même en capacité d’identifier), 
    • n’a lui-même pas toujours l’ensemble des compétences juridiques en matière de droit du travail ou en management RH (ne parlons pas de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail ou des questions de santé et sécurité), 
    • voire que sa lettre de mission évoque un “accompagnement social”, sans plus de précisions; ce qui laisse penser au dirigeant de TPE-PME que ces questions-là sont gérées par son Expert-Comptable . . .  alors que pas forcément !

    Entendons-nous bien, l’idée n’est pas ici de jeter la pierre aux cabinets d’expertise comptable qui sont des interlocuteurs de qualité et de proximité, mais chacun son métier . . . Certains l’ont bien compris et embauchent des DRH externalisés, qu’ils mettent à disposition de leurs clients pour approfondir davantage les sujets RH.

    L’importance de la vision du dirigeant

    dirigeant

    Ce que nous constatons également c’est que la place des RH et les pratiques managériales sont très dépendantes de la vision / culture du dirigeant et de sa sensibilité aux sujets y sont rattachés.

    Trop souvent encore, les RH signifient « gestion administrative du personnel”. Or, en 2024 . . . ça ne suffit plus !

    La difficulté à répondre aux attentes des salariés

    question

    Les salariés ont des attentes et des besoins auxquels les TPE-PME doivent pouvoir répondre.

    Parmi ceux qui sont le plus souvent exprimés : 

    • que le droit du travail soit respecté (!),
    • que le management se professionnalise,
    • de pouvoir développer des compétences,
    • d’avoir un dialogue social structuré qui ne repose pas uniquement sur l’affect,
    • d’avoir un équilibre entre vie professionnelle et vie privée,
    • . . . 

    Comment adapter l’accompagnement RH aux spécificités des TPE-PME ?

    Les critères de qualité d’un accompagnement RH

    qualité

    Un accompagnement RH de qualité doit, de mon point de vue : 

    • prendre en compte les moyens (humains, financiers) de la structure accompagnée et avoir une approche très pragmatique
    • s’adapter au rythme et à la temporalité pour ne pas mettre des équipes en surcharge et décourager
    • être sur-mesure : les solutions toute faites et leur duplication ne fonctionnent pas, les structures sont trop hétérogènes (structuration, moyens, enjeux, écosystème, culture, …)
    • associer l’ensemble des parties prenantes pour que cela ne repose pas sur une seule personne qui ne pourra pas tenir seule les sujets sur la durée
    • permettre aux parties prenantes de s’approprier pleinement les enjeux
    • permettre la montée en compétences et développer l’autonomie, car la structure n’aura pas les moyens d’avoir un recours à un prestataire externe
    • sensibiliser à l’importance de la formalisation (des outils, des process, …) en prenant garde à ne pas (trop) rigidifier pour ne pas détruire ce qui fonctionne
    • doit parfois bousculer pour faire prendre conscience de certaines choses
    • . . . 

    Le profil de l’intervenant RH

    profil

    L’intervenant en TPE-PME est un expert qui endosse parfois le rôle de guide, parfois le rôle de coach, parfois le rôle d’arbitre, parfois le rôle de médiateur. 

    Il ou elle doit savoir transmettre et progressivement se retirer.

    Il ou elle doit avoir conscience que le temps investi par l’entreprise est précieux compte tenu de ses moyens et qu’il est important que cela aboutisse à des améliorations concrètes. Pour autant, une partie du résultat dépend de la structure. Il faut donc savoir aussi accepter d’avoir parfois un effet limité.

    Appui Conseil RH des associations : prendre en compte les spécificités pour un accompagnement de qualité

    Appui Conseil RH des associations : prendre en compte les spécificités pour un accompagnement de qualité

    Le rôle des associations dans l’économie française, et dans le fonctionnement de la société, est souvent méconnu. Le secteur associatif est pourvoyeur d’emplois (notamment depuis la professionnalisation des associations dans les années 2000) et joue un rôle crucial dans de nombreux domaines.

    Les associations sont des entreprises comme les autres” : si cette petite phrase peut heurter certains militants, c’est une réalité aujourd’hui ; les associations relèvent du secteur privé, elles sont assujetties au droit du travail, elles doivent suivre des règles de gestion et rendre des comptes sur leurs activités, …

    Pour autant, elles ont quelques spécificités qu’il est nécessaire de prendre en compte lors d’un accompagnement RH, afin que celui-ci ait un impact concret sur la performance économique et sociale de ces structures et qu’elles en tirent un maximum de bénéfices.

    Qu’est-ce qu’une association ?

    loi 1901

     » l’association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices. »

    ⚖️Dès le premier article de cette loi, le législateur fait connaître sa volonté d’inscrire le régime juridique des associations dans l’esprit et les principes de droit commun des contrats régis par le code civil.

    Les associations en quelques chiffres

    données chiffrées

    La France compte 1,5 million d’associations en activité.

    Le budget des associations s’élève à 125,3 milliards d’euros.

    financement associatif

    Les financements privés représentent plus de la moitié du budget des associations.

    🫶90% des associations ne fonctionnent que grâce aux bénévoles, elles en mobilisent près de 12,5 millions. On observe un engagement croissant des jeunes, un repli de leurs aînés, une faible participation des moins diplômés et des actions ponctuelles qui prennent le pas sur le bénévolat régulier.

    service civique

    En 2023, les associations accueillaient 144.000 volontaires en service civique, qui participent à la mise en oeuvre de leur projet associatif.

    répartition des associations employeuses par effectif

    1,86 million de salariés sont employés par 153.000 associations (la masse salariale s’élève à 46,5 milliards d’euros).

    👩Le secteur associatif emploie 71% de femmes.

    ⏭️ 45% des salariés des associations (emploi principal) sont en CDI. 41 % sont en CDD, soit deux fois plus que l’ensemble des salariés tous secteurs confondus.

    33% des contrats correspondent à un temps partiel.

    💸[En 2020] Le salaire annuel moyen brut des salariés associatifs est de 23 680 euros (contre 30.060€ tous secteurs confondus – INSEE 2020)

    Les secteurs d’activité dans lesquels les associations interviennent

    secteur d'activité des associations

    Les spécificités des associations par rapport aux entreprises

    Il convient de bien appréhender les spécificités des associations pour pouvoir leur proposer un accompagnement RH adapté et pertinent 🔎 : 

    • 🪐l’importance et l’impact de leur écosystème sur leur structuration et leur développement, 
    • 🌌leur hétéroclicité et leur nombre très important qui rendent impossible une solution / approche unique,
    • 👑une gouvernance partagée, imbriquant des administrateurs bénévoles et des salariés, pouvant générer un manque de clarté sur les missions et responsabilités,
    • 🤝la place prépondérante des relations informelles conduisant à peu de formalisme,
    • 💥des difficultés à prévenir et gérer les conflits dans des environnements où l’affect tient une grande place,
    • 🦑une grande polyvalence des salariés, impliquant flexibilité et adaptabilité, et une charge de travail parfois très conséquente faute d’avoir les moyens d’embaucher,
    • 🪛un manque de moyens et de compétences un peu pointues sur certaines fonctions support, notamment RH,
    • 💟 les valeurs et l’engagement personnel revêtent une grande importance,
    • 💭une faible représentation du personnel et une culture du dialogue social peu développée,
    • 🥽une gestion « court-termiste » faute de moyens et/ou de visibilité, ou d’actualisation du modèle économique
    • 🧮 une recherche de financements permanente, très consommatrice de temps,
    • ☔une plus grande vulnérabilité aux aléas économiques ou politiques,
    • 🧲des difficultés de recrutement et d’attractivité, liées aux difficultés à proposer des contrats pérennes ou des salaires alignés au marché,
    • . . .

    Impact des spécificités des associations sur leur gestion RH

    Un fonctionnement contraint qui complexifie la gestion RH

    complexité

    Dans les associations plus d’ailleurs (de mon point de vue), on se confronte à des difficultés systémiques.

    Voici un des scénarios que je rencontre fréquemment :

    ♾️les financements sont insuffisants mais le projet doit être mis en oeuvre, notamment parce qu’il y a des engagements à tenir vis-à-vis des bénéficiaires, des partenaires institutionnels et financiers, …

    ♾️la structure ne peut pas embaucher le niveau de compétences dont elle a réellement besoin (faute de pouvoir le rémunérer à sa juste valeur),

    ♾️elle va donc recruter un profil plus junior, qu’il faudra accompagner,

    ♾️ce qu’elle ne peut pas faire, puisque le temps est compressé, que tout le monde est occupé à 150%, qu’il n’y a pas toujours les compétences managériales disponibles, …

    ♾️notre salarié junior va donc essayer de compenser en travaillant plus, mais ses heures supplémentaires ne pourront pas lui être payées,

    ♾️il va finir pas s’épuiser au travail, se désengager, s’abîmer la santé ou quitter la structure,

    ♾️la structure devra de nouveau recruter,

    ♾️ . . .

    Cet enchaînement (que je vois dans nombre d’associations) a les conséquences RH suivantes :

    ⚠️recrudescence des risques psychosociaux

    ⚠️non conformité au droit du travail (gestion du temps de travail, règlement des heures supplémentaires, prévention des risques professionnels,…)

    ⚠️détérioration du climat social

    ⚠️atteinte à la notoriété de la structure

    ⚠️ explosion du temps consacré au recrutement, à l’intégration, à la formation

    Il faut arriver à détricoter tous les fils qui génèrent ces situations, à planifier les actions correctives sur du moyen/ long terme, à identifier des ressources à mobiliser, . . . pour pouvoir sortir de cette spirale.

    Une gestion surtout administrative et souvent déléguée à un tiers

    polyvalence

    Souvent, dans les associations de moins de 20 salariés, il n’y a pas d’expertise interne dédiée aux RH et la gestion administrative RH est souvent déléguée ou “supervisée” par le cabinet d’expertise comptable, qui est un interlocuteur privilégié des associations.

    Le souci, c’est que le cabinet d’expertise comptable : 

    • n’est pas sur place au quotidien (la structure ne l’interroge donc que sur ce qu’elle est elle-même en capacité d’identifier), 
    • n’a lui-même pas toujours l’ensemble des compétences juridiques en matière de droit du travail ou en management RH (ne parlons pas de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail ou des questions de santé et sécurité), 
    • voire que sa lettre de mission évoque un “accompagnement social”, sans plus de précisions; ce qui laisse penser au dirigeant associatif que ces questions-là sont gérées par son Expert-Comptable . . .  alors que pas forcément !

    Entendons-nous bien, l’idée n’est pas ici de jeter la pierre aux cabinets d’expertise comptable qui sont des interlocuteurs de qualité et de proximité, mais chacun son métier . . . Certains l’ont bien compris et embauchent des DRH externalisés, qu’ils mettent à disposition de leurs clients pour approfondir davantage les sujets RH.

    L’importance de la vision du dirigeant associatif

    dirigeant

    Ce que nous constatons également c’est que la place des RH et les pratiques managériales sont très dépendantes de la vision / culture du dirigeant associatif et de sa sensibilité aux sujets y sont rattachés.

    Trop souvent encore, les RH signifient « gestion administrative du personnel”. Or, en 2024 . . . ça ne suffit plus !

    La difficulté à répondre aux attentes des salariés

    question

    Les salariés ont des attentes et des besoins auxquels les associations doivent pouvoir répondre.

    Parmi ceux qui sont le plus souvent exprimés : 

    • que le droit du travail soit respecté (!),
    • que le management se professionnalise,
    • de pouvoir développer des compétences,
    • d’avoir un dialogue social structuré qui ne repose pas uniquement sur l’affect,
    • d’avoir un équilibre entre vie professionnelle et vie privée,
    • . . . 

    Comment adapter l’accompagnement RH aux spécificités des associations ?

    Les critères de qualité d’un accompagnement RH

    qualité

    Un accompagnement RH de qualité doit, de mon point de vue : 

    • intégrer le cadre régissant le fonctionnement associatif,
    • identifier les dispositifs complémentaires à mobiliser en fonction des sujets, connaître l’écosystème associatif
    • prendre en compte les moyens (humains, financiers) de la structure accompagnée et avoir une approche très pragmatique,
    • s’adapter au rythme et à la temporalité pour ne pas mettre des équipes en surcharge et décourager,
    • être sur-mesure : les solutions toute faites et leur duplication ne fonctionnent pas, les structures sont trop hétérogènes (structuration, moyens, enjeux, écosystème, culture, …),
    • intégrer la complexité liée à la gouvernance partagée,
    • associer l’ensemble des parties prenantes pour que cela ne repose pas sur une seule personne qui ne pourra pas tenir seule les sujets sur la durée,
    • permettre aux parties prenantes de s’approprier pleinement les enjeux,
    • permettre la montée en compétences et développer l’autonomie, car la structure n’aura pas les moyens d’avoir un recours à un prestataire externe,
    • sensibiliser à l’importance de la formalisation (des outils, des process, …) en prenant garde à ne pas (trop) rigidifier pour ne pas détruire ce qui fonctionne,
    • doit parfois bousculer pour faire prendre conscience de certaines choses,
    • . . . 

    Le profil de l’intervenant RH

    profil

    L’intervenant en association est un expert qui endosse parfois le rôle de guide, parfois le rôle de coach, parfois le rôle d’arbitre, parfois le rôle de médiateur. 

    Une connaissance fine du secteur associatif, et notamment des modes de relation et de communication, est vraiment un plus (j’ai connu de bons consultants qui étaient complètement déboussolés face à ce qu’ils découvraient en association).

    Il ou elle doit savoir transmettre et progressivement se retirer.

    Il ou elle doit avoir conscience que le temps investi par l’association est précieux compte tenu de ses moyens et qu’il est important que cela aboutisse à des améliorations concrètes. Pour autant, une partie du résultat dépend de la structure. Il faut donc savoir aussi accepter d’avoir parfois un effet limité.

    Ressources

    🔖 ASSOCIATIONS.GOUV

    🔖 AVISE : Centre national de compétences de l’innovation sociale pour la France en Europe

    🔖Dispositif local d’accompagnement (DLA) : accompagnement personnalisé pour les associations employeuses

    🔖 IMPACT EMPLOI (URSSAF)

    🔖 INJEP : observatoire de la jeunesse, du sport, de la vie associative et de l’éducation populaire

    🔖 Le Compte Asso : site officiel de gestion des associations

    🔖 Le Mouvement associatif : réseau d’accompagnement et de représentation des associations.

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    🔖 VIE PUBLIQUE

    Externalisation RH pour les TPE-PME et les associations : une bonne idée ?

    Externalisation RH pour les TPE-PME et les associations : une bonne idée ?

    Pour les petites et moyennes organisations, qu’il s’agisse des TPE PME ou des associations, la gestion des ressources humaines (GRH) peut s’avérer être une tâche complexe et chronophage.

    En effet, cela mobilise un champs de compétences techniques étendu allant de la paie, au recrutement, à la formation, à la gestion des embauches et des contrats, à l’évaluation des risques professionnels et leur prévention . . . jusqu’à l’accompagnement des salariés face aux différentes problématiques rencontrées.

    Les petites et moyennes organisations ne disposent généralement pas en interne des ressources leur permettant de remplir correctement leurs obligations, ni de proposer un bon niveau d’accompagnement à leurs managers et salariés comme pourraient le faire des entreprises de plus grande taille, avec plus de moyens.

    Face à ces défis, certaines structures s’interrogent sur la pertinence de l’externalisation de la fonction / gestion RH.

    Cet article à vocation à faire le point sur les différentes formes d’externalisation ainsi que sur les avantages et les inconvénients, afin d’aider les dirigeants de structure à faire des choix éclairés.

    Qu’est-ce que l’externalisation de la gestion RH ?

    externalisation

    L’externalisation de la gestion (ou de la fonction) Ressources Humaines consiste à confier tout ou partie de la gestion ressources humaines d’une organisation à un ou plusieurs prestataires externes spécialisés.

    En fonction des sujets, l’externalisation pourra prendre différentes formes. Par exemple :

    • La structure peut faire le choix de déléguer intégralement la réalisation de ses paies à un cabinet spécialisé, qui réalise donc les paies et déclarations sociales de façon récurrente sur une durée indéterminée,
    • En matière de recrutement, la structure peut faire appel à un spécialiste du recrutement qui l’accompagnera sur ses recrutements les plus sensibles ou les plus complexes,
    • En matière de relations contractuelles, certaines structures délèguent de façon systématique la rédaction des contrats de travail et avenants à un cabinet juridique,
    • En matière de santé et sécurité, il est possible de faire appel, notamment à chaque mise à jour du DUERP, à un Intervenant en Prévention des Risques Professionnels (IPRP),
    • Certaines structures font le choix d’avoir recours à un professionnel RH en temps partagé qui peut les accompagner sur le spectre de leur choix, sur un temps (voire une durée) défini. Pour en savoir plus sur le fonctionnement du temps partagé, je vous invite à lire l’article dédié à ce sujet.

    ⚠️Pour chacune de ces formes, il y a des avantages et des inconvénients à prendre en considération.

    Quels sont les avantages de l’externalisation de la gestion RH ?

    avantages

    L’externalisation de la gestion (ou de la fonction) RH présente certains avantages pour les petites et moyennes organisations, notamment :

    • Gain de temps et d’argent : en externalisant la gestion RH, les structures peuvent se concentrer sur leur cœur de métier et gagner un temps précieux. L’externalisation peut également permettre de réduire, d’une part, les coûts directs liés notamment à la masse salariale et aux investissements en logiciels (paie) et matériel informatique; et, d’autre part, de réduire les coûts indirects liés au manque d’optimisation, aux éventuelles pénalités en cas de manquement à des obligations.
    • Accès à une expertise professionnelle : les prestataires externes disposent d’une expertise métier pointue qu’il est difficile d’acquérir en interne. Ils sont à jour des dernières législations et des meilleures pratiques en matière de RH. Ils peuvent ainsi apporter aux structures un soutien technique et humain qui contribue à réduire les risques juridiques et financiers, mais également à fluidifier les relations internes (en apportant des réponses adaptées à chacun).
    • Optimisation de la fonction ressources humaines : les prestataires externes peuvent aider les structures à améliorer leurs pratiques RH en mettant en place des processus et des outils plus efficaces, tout en restant adaptés à leurs besoins et à leurs moyens. Ils s’assurent également qu’elles sont conformes aux réglementations en vigueur.
    • Amélioration de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT): les prestataires externes peuvent aider les structures à améliorer QVCT de leurs salariés en favorisant le dialogue social, en étant à l’écoute des besoins de chacun, en clarifiant les règles de fonctionnement, en accompagnant les managers, en mettant en place des actions de prévention des risques psychosociaux, . . . Cela peut booster l’attractivité et la fidélisation.
    • Réduction des risques : l’externalisation de la gestion RH peut permettre aux structures de fiabiliser leurs pratiques et donc contribuer à réduire le nombre de litiges et à protéger la réputation de la structure.

    Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et très variable en fonction des situations.

    Quels sont les inconvénients de l’externalisation de la gestion RH ?

    inconvénients

    Si l’externalisation de la gestion RH peut présenter de nombreux avantages, elle comporte également certains inconvénients potentiels, dont :

    • Perte de contrôle : en externalisant la gestion RH, les structures perdent une certaine part de contrôle sur leur fonctionnement. Il est donc important de mesurer si c’est opportun, si c’est transitoire pour atteindre un certain stade de développement, si ça ne fragilise pas trop la structure, etc. Il peut être important d’internaliser certaines compétences clés pour le développement de la structure.
    • Coûts supplémentaires : l’externalisation de la gestion RH engendre des coûts supplémentaires (notamment si le sujet externalisé n’était pas traité / traité correctement auparavant). Il est donc important de comparer les coûts de l’externalisation avec les coûts d’une gestion RH interne (au même niveau de traitement) avant de prendre une décision. Il est également essentiel de s’interroger sur le seuil (besoin, effectif, temps, tarif, …) à partir duquel il peut être plus intéressant d’internaliser.
    • Fluidité : le recours à un prestataire externe doit vous faciliter la vie. Si pour quelques raisons, cela complexifie vos process, ralentit votre fonctionnement, génère des situations complexes sur lesquelles vous n’avez plus la main . . . il est important de réinterroger le fonctionnement.
    • Qualité de l’accompagnement : la qualité de la relation ou de l’accompagnement peut ne pas être au rendez-vous. Dans ce cas, il est important de pouvoir changer « facilement » de prestataire, il ne faut donc pas être dépendant d’outils, de contrats, … bloquants

    Quelques conseils pour choisir un prestataire externe

    prestataire

    Si vous envisagez de recourir à l’externalisation, voici quelques conseils pour trouver celui ou celle qui deviendra votre partenaire RH :

    • Définissez précisément vos besoins : avant de commencer votre recherche, il est important de définir clairement vos besoins en matière de gestion RH. Que souhaiteriez-vous externaliser ? Pourquoi ? Avec quelles attentes ? Sur quelle échéance vous projetez-vous ? Cela vous permettra de cibler votre recherche, d’exprimer clairement vos besoins et vos attentes. Un seul prestataire ne pourra peut-être pas couvrir tous vos besoins
    • Rencontrez et comparez les prestataires : une fois que vous avez défini vos besoins, il est intéressant de rencontrer et de comparer plusieurs prestataires externes. Dans vos critères, au-delà du prix, pensez à prendre en compte :
      • le champ d’expertise (spécialiste d’un sujet ou généraliste),
      • la méthodologie d’intervention (package standardisé ou sur mesure),
      • la connaissance de votre secteur d’activité ou de votre typologie de structure,
      • la proximité géographique (pour plus de réactivité, e présence en fonction des besoins/urgences),
      • l’expérience et la réputation,
      • la durée d’existence, . . .
      • la qualité de l’échange que vous aurez est également un indicateur précieux (dépliez toutes vos antennes).
    • Vérifiez les références : demandez aux prestataires consultés des références de clients satisfaits. Vous pouvez également consulter les avis et recommandations en ligne pour vous faire une idée de la qualité des accompagnements.
    • Contractualisez : formalisez vos engagements réciproques et tout ce qui contribue à cadrer votre relation. Cela vous permettra de tout poser sur la table et de construire une relation saine et authentique. Evitez les engagements bloquants de part et d’autre. Si la relation est satisfaisante, elle sera pérenne sinon il vaut mieux qu’elle prenne fin sans trop de complexité.

    💡Une fois votre choix fait, pour qualité de la relation et de l’accompagnement, apprenez à considérer ce prestataire comme un véritable partenaire.

    ⚡Un point de vigilance : il peut être tentant (et justifié) de chercher à négocier pour baisser les coûts. Attention cependant à ce que vous proposez, il faut que cela soit équitable et tenable dans la durée (des 2 côtés). Un freelance qui se lance pourrait accepter un tarif qui ne lui permettra pas de tenir son engagement sur la durée. Le risque est alors de devoir recommencer le process.

    Conclusion

    👍L’externalisation de la gestion RH peut être une solution intéressante pour les petites et moyennes organisations qui souhaitent professionnaliser leurs pratiques sans disposer des ressources internes nécessaires.

    🎯L’objectif est variable d’une structure à l’autre :

    • fiabilisation et sécurisation (réduction des risques),
    • amélioration de l’accompagnement des salariés (attractivité et fidélisation),
    • amélioration du dialogue social (respect du droit des personnes et des prérogatives de chacun),
    • amélioration du fonctionnement général en se consacrant au coeur de métier,
    • . . .

    🕵️ Cependant, il est important de bien identifier les différents enjeux avant de décider de ce qui est externalisable et ce qui ne l’est pas.

    🚧 De mon côté, d’une part, j’invite toujours les structures à sécuriser ce qu’elles ne peuvent pas maîtriser et qui représente un risque significatif. Ainsi, je considère par exemple que la gestion de la paie demande des compétences techniques importantes et une veille permanente que les petites et moyennes organisations ne sont pas (sauf exception) en capacité d’assumer correctement et de façon sécurisée.

    Sur un autre registre, la conformité des pratiques au droit du travail, je ne pense pas possible de gérer des RH sans recourir à des conseils juridiques sur certaines problématiques rencontrées. Il peut s’agir du syndicat employeur ou d’un abonnement à un conseil juridique en droit social, mais le cadre législatif est trop complexe pour s’y retrouver sans être spécialiste.

    Parfois, il peut y avoir un enjeu à sécuriser les recrutements (quand on ne trouve pas de candidats ou qu’il y a eu plusieurs échecs par exemple). Mais dans ce cas, il peut être intéressant de s’interroger : aurais-je besoin de cette compétence à l’avenir ? Si oui, peut-être que je dois l’acquérir pour ne pas être dépendant d’un tiers extérieur ? Aurais-je le temps et l’appétence pour le faire correctement ? La réponse peut encore être différente.

    🚀D’autre part, je les invite à monter en compétences sur les sujets à enjeux pour lesquels, de mon point de vue, elles ne doivent pas être dépendantes de tiers extérieur. Dans les accompagnements, je mise toujours sur le transfert de compétences. Ensuite, il revient aux structures de décider si elles veulent / peuvent le faire par elles-mêmes ou si elles ont besoin d’un appui. Par ailleurs, une toute petite structure sans perspective de développement à court terme ne peut pas avoir la même stratégie qu’une structure qui se développe rapidement.

    Chaque situation doit donc être analysée soigneusement pour déterminer ce qu’il est pertinent d’externaliser, de quelle façon et à quelles conditions.