Dans un environnement marqué par une situation de polycrise — où s’entremêlent tensions économiques, instabilités politiques, urgences environnementales et mutations sociales — aucune structure n’est totalement à l’abri d’une zone de turbulences. Pour le secteur associatif, ces pressions sont d’autant plus vives qu’elles s’accompagnent souvent d’une transformation des modes d’engagement et d’une raréfaction des financements traditionnels
Dans les petites et moyennes structures, les difficultés économiques nécessitent de la lucidité, des compétences humaines et techniques au bon endroit et de la réactivité.
Il est essentiel que les dirigeants de structures connaissent les outils du droit français, afin de pouvoir les mobiliser en temps opportun et protéger ainsi au mieux l’activité et les emplois.
Voici les éléments clés à connaître pour réagir de façon adaptée.
#
Des procédures protectrices à connaître
#
Les procédures amiables (anticipation et discrétion)
Les procédures amiables sont encadrées par le Code de commerce; elles permettent à une structure de résoudre ses difficultés en amont, sous l’égide d’un tiers indépendant (souvent un administrateur judiciaire).
Le mandat Ad Hoc (Art. L. 611-3 du Code de commerce)
C’est la procédure la plus souple. Le dirigeant demande au Président du Tribunal la désignation d’un mandataire pour l’aider à négocier avec ses créanciers (banques, bailleurs, fournisseurs). La seule condition est de ne pas être en état de cessation des paiements. La procédure est strictement confidentielle et n’a pas de durée légale maximale, ce qui permet de mener des discussions de long terme sans pression judiciaire.
La Conciliation (Art. L. 611-4 à L. 611-15 du Code de commerce)
Elle est ouverte aux structures qui éprouvent une difficulté juridique, économique ou financière, avérée ou prévisible, et qui ne sont pas en cessation des paiements depuis plus de 45 jours. Elle est limitée dans le temps (4 mois, prorogeable 1 mois). Si un accord est trouvé, il peut être soit constaté par le Président du Tribunal (confidentialité maintenue), soit homologué par le Tribunal (publicité restreinte mais sécurité accrue).
Le privilège de conciliation (Art. L. 611-11 du Code de Commerce)
C’est l’atout majeur de l’homologation d’un accord de conciliation. Ce dispositif, aussi appelé « privilège de New Money », garantit aux personnes qui apportent de nouveaux fonds, des biens ou des services pour soutenir la structure, qu’elles seront payées par priorité avant toutes les autres créances (à l’exception des salaires et des frais de justice) si la structure venait ultérieurement à tomber en redressement ou en liquidation judiciaire. Ce privilège est un argument de négociation décisif pour rassurer les partenaires financiers et obtenir une injection de trésorerie en période de crise.
Les procédures collectives (sous protection)
Lorsque les solutions amiables ne suffisent plus ou que l’urgence financière est trop grande, le recours au Tribunal (de Commerce ou Judiciaire) permet de placer la structure sous protection judiciaire. L’ouverture d’une procédure collective entraîne immédiatement l’arrêt des poursuites individuelles : les créanciers ne peuvent plus engager de saisies pour des dettes antérieures.
La Sauvegarde (Art. L. 620-1 du Code de commerce) : L’anticipation volontaire
C’est la seule procédure collective qui ne peut être ouverte que par le dirigeant lui-même.
Condition : La structure ne doit pas être en cessation des paiements, mais justifier de difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter.
L’objectif : Réorganiser la structure pour assurer sa pérennité. Elle permet de geler le passif et d’élaborer un « plan de sauvegarde » pouvant s’étaler sur 10 ans, tout en laissant le dirigeant aux commandes (souvent assisté d’un administrateur).
Le Redressement Judiciaire (Art. L. 631-1 du Code de commerce) : La restructuration subie
Il est obligatoire dès que la structure est en état de cessation des paiements (lorsque l’actif disponible ne permet plus de faire face au passif exigible).
Le principe : Une période d’observation s’ouvre pour dresser un bilan économique et social. Durant cette phase, la structure continue son activité.
L’issue : Soit la mise en place d’un plan de continuation (apurement de la dette), soit la cession totale ou partielle de la structure à un tiers pour sauvegarder l’activité et l’emploi.
La Liquidation Judiciaire (Art. L. 640-1 du Code de commerce) : La fin de l’activité
Elle intervient lorsque le redressement est manifestement impossible. Le rôle du liquidateur : Il remplace le dirigeant pour vendre les actifs (matériel, stocks, droit au bail) et rembourser les créanciers selon leur rang. La spécificité associative : En cas de liquidation d’une association, l’actif net restant (après paiement des dettes) ne peut être partagé entre les membres. Il doit être dévolu à une autre structure ayant un objet similaire, conformément aux statuts. Point de vigilance : Le passage de la sauvegarde au redressement, ou du redressement à la liquidation, peut être décidé par le tribunal si la situation de la structure ne s’améliore pas durant la période d’observation. L’anticipation reste donc le meilleur moyen de garder la main sur le destin de l’organisation.
Les acteurs de la procédure
Pour naviguer dans ce cadre, le dirigeant interagit avec des interlocuteurs clés :
Le Juge-Commissaire : Il veille au déroulement rapide de la procédure et à la protection des intérêts en présence. Il autorise les actes importants (ventes, licenciements).
L’Administrateur Judiciaire (AJ) : Il assiste le dirigeant dans sa gestion ou le surveille. Son rôle est d’aider à la survie de la structure.
Le Mandataire Judiciaire (MJ) : Il représente l’intérêt des créanciers. C’est auprès de lui que les dettes doivent être déclarées.
Vérifiez vos pratiques avec la Check List Pilotage Financier
##
Le Dialogue Social : une relation partenariale à bâtir avant la crise
##
La qualité du dialogue social ne s’improvise pas le jour où les comptes passent dans le rouge. Elle se construit par un fonctionnement régulier, sain et transparent en période de stabilité.
L’importance de la qualité de la relation
Avant même l’apparition des difficultés, la mise en place de processus éprouvés (réunions régulières, partage d’indicateurs clairs, écoute active) crée un climat de confiance. Une structure où le dialogue est fluide saura traverser une crise avec des partenaires sociaux constructifs, capables de comprendre les enjeux et de participer à l’effort de sauvetage. À l’inverse, un dialogue social rompu ou purement formel avant la crise devient un facteur d’instabilité majeur au moment des premières difficultés.
Un CSE avec des attributions qui diffèrent en fonction de l’effectif
Structures de 11 à 49 salariés : des attributions ciblées
Dans ces structures, le CSE a une mission d’alerte et de relais d’information.
Information et Consultation : Il doit être informé et consulté avant toute décision relative à un licenciement économique collectif ou à l’ouverture d’une procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation).
Droit de saisine : Si le CSE constate que l’employeur abuse de ses droits ou porte atteinte à la santé des salariés (stress lié à la crise), il peut saisir l’inspection du travail.
Obligations : Les membres du CSE sont tenus à une obligation de discrétion concernant les informations présentant un caractère confidentiel et données comme telles par l’employeur (Art. L. 2315-3).
Structures de 50 salariés et plus : un rôle stratégique étendu
Ici, le CSE dispose de moyens d’action beaucoup plus puissants (Art. L. 2312-8).
Le droit d’alerte économique (Art. L. 2312-63) : C’est l’outil majeur. Lorsque le CSE a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de la structure, il peut demander des explications à l’employeur. Si les réponses sont insuffisantes, il rédige un rapport qui peut être transmis aux administrateurs ou au commissaire aux comptes.
Le recours à l’expertise (Art. L. 2315-80) : Le CSE peut se faire assister par un expert-comptable (financé à 100% par la structure dans le cadre des consultations récurrentes sur la situation financière ou lors d’un PSE) pour analyser les bilans et les causes réelles de la crise.
Désignation d’un représentant des salariés (Art. L. 621-4 du Code de commerce) Lors de l’ouverture d’une procédure collective, le CSE désigne un représentant qui sera l’interlocuteur du juge-commissaire et du tribunal. Il a accès à tous les documents transmis par l’administrateur judiciaire.
Vérifiez vos pratiques avec la Check List RH & Dialogue Social
###
Licenciement économiques : quelques repères
###
Le licenciement pour motif économique (Art. L. 1233-1 et suivants du Code du travail) est une mesure de dernier recours qui exige une rigueur absolue. Une erreur de procédure ou de fond peut transformer une mesure de sauvetage en un risque financier majeur pour la structure.
Les trois niveaux de licenciement selon l’ampleur du projet
La complexité de la procédure dépend du nombre de salariés concernés sur une période de 30 jours :
Le licenciement individuel : Concerne un seul salarié. La procédure repose sur un entretien préalable, une recherche de reclassement et la notification du motif économique.
Le licenciement collectif de 2 à 9 salariés : La structure doit obligatoirement consulter le CSE (si existant) sur le projet de licenciement et les critères d’ordre.
Le licenciement collectif de 10 salariés ou plus : La procédure devient lourde avec une notification à l’administration (DREETS). Si la structure emploie 50 salariés ou plus, elle doit obligatoirement élaborer un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE).
Les deux piliers de la validité du licenciement
Le respect de ces deux obligations est le premier rempart contre le risque prud’homal :
L’obligation de reclassement (Art. L. 1233-4) : Avant toute rupture, la structure doit chercher activement à repositionner le salarié sur des postes disponibles de même catégorie (ou équivalente), au sein de la structure ou du groupe. Une recherche superficielle ou l’absence de preuves écrites de ces démarches rendent le licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Les critères d’ordre (Art. L. 1233-5) : Le dirigeant ne choisit pas librement qui part. Il doit appliquer des critères objectifs (ancienneté, charges de famille, situation de handicap, qualités professionnelles) à l’ensemble des salariés de la catégorie professionnelle concernée. L’inobservation de cet ordre ouvre droit à des dommages et intérêts pour le salarié.
Point de vigilance : dans le secteur associatif (notamment), il y a souvent un raccourci _ qui ne tient pas la route juridiquement _ entre le projet qui n’est plus financé et le licenciement des salariés affectés à ce projet. Même dans ce cas de figure, il convient d’appliquer les critères d’ordre.
Les dispositifs d’accompagnement à connaître : CSP et PSE
Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) : Obligatoire pour les structures de moins de 1000 salariés (Art. L. 1233-65). L’employeur doit le proposer individuellement. Le non-respect de cette obligation entraîne une pénalité financière égale à deux mois de salaire par salarié, versée à l’organisme collecteur.
Le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) : Dans les structures de 50 salariés et plus (pour ≥ 10 licenciements), le PSE doit prévoir des mesures concrètes de reclassement, de formation ou d’aide à la création d’activité. L’absence de validation ou d’homologation du PSE par l’administration entraîne la nullité des licenciements.
Les risques de contestation et sanctions
Le Conseil de Prud’hommes vérifie scrupuleusement trois points :
La réalité de la cause économique : La structure doit prouver que ses difficultés (baisse de commandes, pertes d’exploitation) sont réelles et contemporaines du licenciement.
Le respect du formalisme : Un défaut de consultation du CSE ou un oubli dans la lettre de licenciement peut entraîner des indemnités pour irrégularité de procédure.
L’insuffisance du reclassement : C’est le motif de condamnation le plus fréquent.
####
Focus Structures Associatives
####
La culture participative et démocratique est l’ADN du secteur associatif. Elle favorise l’engagement, l’horizontalité et la légitimité des décisions. Cependant, lors d’une crise économique brutale (baisse de subventions, inflation des coûts, déficit imprévu), ce qui est habituellement une force peut devenir un frein majeur à la survie de l’organisation. La tension entre les valeurs militantes et les impératifs de gestion crée alors des points de rupture spécifiques.
Le conflit des temporalités : l’urgence contre la délibération
La gestion de crise exige une unité de commandement et une rapidité d’exécution immédiate. À l’inverse, le modèle associatif repose sur le débat et la recherche de consensus.
Le temps démocratique : Les organisations participatives s’appuient sur des routines délibératives lentes (convocation du Bureau, du Conseil d’Administration, voire de l’Assemblée Générale);
Le risque de paralysie : En période de crise, un retard de plusieurs semaines pour valider une restructuration peut mener à la faillite. La démocratie est intrinsèquement chronophage, là où l’état d’urgence exige l’instantanéité.
L’épreuve des décisions « difficiles » pour des administrateurs bénévoles
La crise économique transforme radicalement les relations humaines au sein de la structure.
Le déni et le biais d’optimisme
Comme le souligne la sociologie des organisations, l’entre-soi des pairs peut renforcer un déni collectif. Les administrateurs, n’étant pas des professionnels de la gestion de crise, peuvent minimiser les signaux d’alerte financiers pour préserver l’harmonie du projet militant.
La recherche de consensus et le risque de paralysie décisionnelle
Prendre des décisions de rigueur (coupes budgétaires, suppression de projets ou de postes) est extrêmement difficile quand on cherche le consensus. Le dirigeant peut craindre de perdre sa légitimité ou de briser le lien social, menant à une paralysie décisionnelle où l’on préfère ne pas trancher plutôt que de diviser.
L’émergence du rapport de force
Selon les travaux de Matthieu Hély sur le travail associatif, il existe une « illusion spécifique » dans les associations qui tend à masquer les rapports de force employeur/employé derrière des valeurs communes. La crise brise cette « fiction d’égalité » militante : les administrateurs doivent soudainement endosser un rôle de patron « froid » (licenciements, gel des salaires), ce qui provoque souvent une crise de sens majeure pour des bénévoles qui ne s’étaient pas engagés pour gérer des plans sociaux.
Alors que salariés et bénévoles se perçoivent comme des co-militants, le redressement judiciaire replace le droit du travail au centre du jeu. Les salariés, exclus des votes du CA, se sentent victimes de décisions opaques. La « communauté d’action » laisse place à un rapport classique Employeur/Travailleur, vécu comme une trahison.
L’asymétrie d’information
La gestion de crise impose souvent une confidentialité stratégique. Or, dans une structure participative, la rétention d’information est immédiatement perçue par les salariés comme une dérive autoritaire. Cela génère un climat de suspicion : les salariés, exclus des votes du CA, se sentent otages de décisions prises « en haut » par des bénévoles qu’ils jugent parfois moins compétents qu’eux sur la réalité technique du dossier.
Le risque de démission collégiale
L’administrateur, n’ayant pas d’intérêt financier, peut choisir de démissionner pour fuir sa responsabilité juridique ou morale. Pour les salariés, cette démission en bloc est vécue comme un abandon pur et simple, laissant la structure (et leurs emplois) sans représentant légal face au tribunal.
Le rôle pivot (et délicat) de la Direction salariée
Dans une association en crise, la Direction salariée se retrouve dans une position de « tampon » inconfortable, elle est l’architecte de mesures qui peuvent, à terme, s’appliquer à elle-même et aller à l’encontre de ses intérêts individuels.
L’interface entre expertise technique et bénévolat politique
Le directeur doit guider un Conseil d’Administration (CA) bénévole souvent démuni face à la technicité du droit des procédures collectives.
Le risque : Il porte seul la charge mentale du redressement. S’il prend les devants pour sauver la structure, il peut être accusé de dérive technocratique ; s’il attend les décisions d’un CA hésitant, il met en péril la survie des emplois, y compris le sien.
Le paradoxe du « liquidateur-salarié »
Contrairement au dirigeant d’entreprise qui peut avoir des intérêts financiers (parts sociales), le directeur associatif est un salarié qui travaille souvent à l’organisation de sa propre suppression de poste.
Dans un plan de sauvegarde ou de restructuration drastique, la direction est souvent le poste le plus coûteux. Pour sauver les fonctions de terrain et la mission sociale, le directeur peut être amené à proposer au CA la suppression de sa propre fonction.
Cette situation crée une tension psychologique extrême : il doit rester le moteur du redressement et le garant de la motivation des équipes, tout en sachant qu’il est potentiellement le prochain sur la liste des départs.
Une solitude managériale exacerbée
En période de crise, le directeur perd son statut de « co-militant » aux yeux des équipes pour devenir le visage des mesures de rigueur.
Le conflit de loyauté : Il est perçu comme « le patron » par les salariés, alors qu’il subit la même angoisse de l’avenir.
La conséquence : Il se retrouve isolé, ne pouvant partager ses doutes ni avec ses subordonnés (pour ne pas les inquiéter), ni totalement avec ses administrateurs (qui attendent de lui une solidité sans faille).
Quelques préconisations pour une gestion de crise au sein d’une association
Pilier Politique : maintenir le sens et la cohésion
L’enjeu est ici de transformer une contrainte subie en une stratégie partagée, afin de limiter le sentiment de trahison des valeurs associatives.
Le « Mandat de Crise » explicite : Il est crucial de faire voter par le Conseil d’Administration une résolution actant officiellement l’état d’urgence. Cette délibération délègue des pouvoirs clairs et temporaires à une cellule de crise (ex : Président, Trésorier, Directeur). Cela légitime la verticalité par un acte démocratique préalable : le pouvoir se resserre avec l’accord de ceux qui le détiennent.
La contrainte légale comme « tiers médiateur » : La direction doit expliquer que le mode de fonctionnement restreint est imposé par le cadre des procédures (Sauvegarde, Redressement, CSP). Le droit devient ici un bouclier : ce n’est pas le dirigeant qui décide seul par arbitraire, mais parce que le Code de commerce ou le Code du travail l’y obligent pour préserver la personne morale.
Sanctuariser l’information à défaut de la décision : Si le cercle des décideurs se réduit, le flux d’information doit, lui, rester constant. Maintenir des points d’information réguliers permet de transformer la frustration de « ne plus décider » en une compréhension partagée des enjeux vitaux.
L’objet social comme boussole : Chaque arbitrage douloureux doit être systématiquement rattaché à la pérennité de la mission. On ne coupe pas dans un budget pour la rentabilité, mais pour garantir que l’utilité sociale de l’association survive à la crise.
Pilier Opérationnel : Protéger les acteurs clés
La crise fragilise les individus, en particulier ceux qui sont en première ligne.
Anticiper la fin de mission de la direction : Si la suppression du poste de direction est envisagée par souci d’économie, cette éventualité doit être discutée avec franchise et dignité au sein du Bureau dès le début du processus. Il faut éviter à tout prix que le directeur, artisan du redressement, ne devienne le simple « fusible » ou le bouc émissaire de la crise.
Soutien psychologique des élus employeurs : (Préconisation complémentaire) Le passage d’un rôle de militant à celui de « patron de crise » est traumatisant. Prévoir un espace de parole ou un accompagnement (DLA, conseil externe) permet aux bénévoles de tenir leur rôle sans s’effondrer sous la charge émotionnelle des décisions sociales.
Pilier Juridique : Sécuriser les fondations
L’anticipation est la meilleure défense contre la paralysie. Une structure juridiquement fragile s’effondre à la première contestation interne.
Audit des statuts et de la chaîne de décision : Des statuts flous (incertitude sur qui convoque le CA ou qui représente l’association en justice) sont une bombe à retardement. Une contestation sur la validité d’une convocation peut paralyser une demande de sauvegarde en justice.
Formalisation des délégations : Les délégations de signature et de pouvoir (notamment vers la direction salariée) doivent être écrites, précises et limitées. Elles sécurisent les actes (contrats, licenciements) contre les risques d’annulation juridique et délimitent précisément la responsabilité de chaque acteur.
Veille sur la responsabilité civile et pénale : (Préconisation complémentaire) Les administrateurs doivent être informés de leurs risques en cas de « faute de gestion ». Cette transparence, bien que stressante, favorise une prise de décision plus rigoureuse et moins émotionnelle.
Conclusion
Piloter une structure dans la tempête ne s’improvise pas. La réussite de votre stratégie de redressement repose sur une alchimie rigoureuse entre droit, transparence et organisation.
La maîtrise du cadre juridique : la méconnaissance du droit est un risque majeur. Comprendre les procédures (amiables ou collectives) et le droit social permet d’utiliser les bons leviers au bon moment. N’hésitez pas à vous faire accompagner par des experts (avocats) pour sécuriser chaque décision.
La qualité du dialogue social : la confiance ne se décrète pas le jour de la crise, elle s’utilise comme un capital. Un dialogue de qualité avec vos représentants du personnel et vos équipes réduit les risques de blocage et transforme les contraintes légales en un projet de survie partagé.
La fiabilité de l’information : l’exactitude et la sincérité de vos données, notamment financières, est un incontounable Des données fiables légitiment vos décisions auprès des tribunaux, des banques et des salariés, tout en protégeant votre responsabilité personnelle.
Une gouvernance adaptée : une chaîne de décision claire, des statuts à jour et des délégations formalisées sont indispensables. En situation de crise, l’organisation doit savoir basculer vers une verticalité protectrice, sans jamais rompre le flux d’information avec ses parties prenantes
En résumé, la résilience de votre structure dépend de votre capacité à conjuguer la rigueur du formalsime avec la force du dialogue.
Les dirigeants et managers des petites et moyennes organisations naviguent dans un paradoxe permanent : concilier productivité et qualité de vie et des conditions de travail, innover plus vite tout en stabilisant les équipes ; intégrer le digital tout en préservant l’humain . . .
Face à ce tourbillon, une question revient souvent : existe-t-il un style de management idéal ?
La réponse de Dominique Tissier, s’appuyant sur les sciences de l’organisation, est sans appel : non. Le véritable talent du manager réside dans sa capacité à s’adapter aux situations et aux personnes qu’il rencontre.
Ce concept, enrichi et approfondi depuis les travaux pionniers de Jacques Piveteau à la fin des années 1970, est plus pertinent que jamais pour naviguer dans l’individualisation et la complexité croissantes de nos organisations.
Cet article s’appuie sur l’ouvrage de Dominique TISSIER (ingénieur des Mines et diplômé en psychologie) « Le management situationnel, vers l’autonomie et la responsabilisation ».
#
La « Boussole du Manager »
#
Le management situationnel n’est pas une recette, mais une boussole pour construire, étape par étape, la responsabilisation de vos équipes.
Comprendre les quatre modes d’action
Le management situationnel ne propose pas une solution miracle, mais un cadre de référence précis basé sur l’articulation de deux variables : l’orientation organisationnelle (structurer l’action) et l’orientation relationnelle (nourrir le lien).
De cette combinatoire émergent quatre modes de management que vous devez savoir alterner :
M1 : Structurer / Piloter (Directif)
Dans ce mode, fortement organisationnel et faiblement relationnel, votre rôle est d’établir et de faire vivre un cadre clair : définir les missions, les rôles, les systèmes de gestion, et les règles du jeu.
C’est le mode de la sécurité psychologique indispensable en phase de crise ou d’intégration. Le risque : une surcharge cognitive si le manager reste le seul cerveau de l’équipe.
M2 : Dynamiser / Entraîner (Persuasif)
Ce mode, à la fois fortement organisationnel et fortement relationnel, est celui du leadership.
Il s’agit de fixer un cap et de donner une vision. Vous expliquez le « Pourquoi » (le Golden Circle de Simon Sinek) pour susciter l’adhésion.
Vous suscitez l’engagement en créant un sentiment de fierté et d’appartenance autour d’une ambition commune.
M3 : Associer / Faire Collaborer (Participatif)
Ici, l’accent est mis sur le relationnel (fortement) et l’organisationnel (faiblement).
Ce mode vise à mobiliser l’énergie collective et à faire émerger le potentiel de chacun. Il implique d’orchestrer des débats constructifs, de favoriser l’innovation, et de rechercher la meilleure contribution de chacun.
Pour les relations individuelles, cela se traduit par une écoute active et une posture de mentorat, où vous aidez les personnes à trouver leurs propres solutions sans les leur donner directement.
En Sciences Humaines et Sociales, on parle ici de posture de médiateur : vous ne donnez plus la solution, vous créez l’espace pour qu’elle émerge.
C’est le mode privilégié pour l’innovation.
M4 : Responsabiliser / Déléguer (Délégatif)
C’est l’objectif ultime.
Caractérisé par une faible orientation organisationnelle et relationnelle, ce mode permet aux collaborateurs d’exercer de réelles responsabilités.
Il s’agit de confier des activités, missions et projets adaptés aux capacités de vos équipes, en vous assurant de leur bonne réalisation.
La clé n’est pas « quoi déléguer », mais « ce que vous voulez garder ».
Pour le manager, ce mode exige un « travail de deuil » de sa propre importance opérationnelle pour se concentrer sur la vision de long terme.
##
Au cœur de l’adaptation aux changements (et de la santé au travail) : l’autonomie professionnelle
##
Qu’est-ce que l’autonomie professionnelle ?
💡L’efficacité du management situationnel repose sur une compréhension fine de l’autonomie professionnelle de vos collaborateurs.
L’autonomie n’est pas un trait de caractère, mais la conséquence d’une situation donnée. Elle combine deux facteurs clés : la compétence (savoir et savoir-faire); l’engagement (vouloir et oser-faire).
Il est crucial de reconnaître que l’autonomie est relative à une situation précise et qu’elle se manifeste à différents niveaux :
🔴A1 : Autonomie très faible (sait peu et ne veut pas plus).
🟠A2 : Autonomie faible (sait un peu et veut plus).
🟡A3 : Autonomie modérée (sait et veut, mais à certaines conditions).
🟢A4 : Autonomie forte (sait et veut).
Quel est le rôle du manager ?
🚦Votre rôle en tant que manager est de faire progresser cette autonomie vers les niveaux les plus élevés compatibles avec les contraintes de l’environnement de travail.
Cela s’opère à travers des cycles progressifs et régressifs :
➡️Le cycle progressif : Vous accompagnez la montée en puissance. Vous commencez par sécuriser (M1), puis vous donnez du sens (M2), vous soutenez (M3) et enfin vous libérez (M4). La clé est de placer « la barre » juste assez haut pour stimuler sans créer d’anxiété.
⬅️ Le cycle régressif : C’est ici que le management situationnel prend tout son sens. Face à un signal de fatigue ou un échec, le manager doit savoir « redescendre » dans les modes (revenir au M2 ou M1) pour ré-engager le collaborateur, sans pour autant le culpabiliser.
###
Mettre en œuvre le management situationnel : comment passer de la théorie à la pratique ?
###
Le management situationnel est une démarche de progrès continu. Voici comment l’intégrer concrètement dans votre quotidien de dirigeant :
Les différentes étapes
📌 L’auto-diagnostic (ou diagnostic partagé)
La première étape est la lucidité.
Quel est votre mode « naturel » ?
Trop de managers s’épuisent en restant en M1/M2 par peur du vide. Osez demander à vos collaborateurs : « De quel niveau de cadre ou de soutien avez-vous besoin sur ce dossier ? »
Donnez-vous un but à moyen terme : Confronté à votre diagnostic et aux besoins de l’entreprise, définissez un objectif clair pour votre management. Ce « fil conducteur » guidera vos actions et celles de vos équipes.
📌 Le contrat annuel
Profitez des entretiens annuels pour définir un « contrat annuel » avec chacun de vos collaborateurs sur la manière de travailler ensemble.
Calibrez les missions en les inscrivant dans une perspective de développement, équilibrant activité courante, progrès et développement de compétences.
Cela clarifie les attentes réciproques et réduit les malentendus.
Transformer la tension en opportunité
Provoquez le changement : Profitez des périodes de changement (nouvelle stratégie, acquisition, déménagement) pour repenser le management et trouver des réponses innovantes.
Exploitez les insatisfactions : Utilisez les tensions et les problèmes existants comme des opportunités de progrès. Établissez un diagnostic partagé, définissez des lignes de progrès claires et identifiez des « points d’ancrage » concrets pour solidifier l’évolution vers les modes M3/M4.
Conclusion :
Le manager, chef d’orchestre de la robutesse
Le Management Situationnel est un investissement humain. En développant l’autonomie, vous ne vous contentez pas d’améliorer la productivité ; vous construisez une organisation robuste et agile, capable de s’auto-organiser face aux imprévus. Vous quittez l’habit de l' »homme-orchestre » pour celui de chef d’orchestre, garant de l’harmonie et du sens.
🌪️Dans un monde en perpétuelle mutation, où les crises s’enchaînent et s’entrechoquent, le paradigme de la performance à tout prix montre ses limites. Et si la clé pour naviguer dans ces eaux tumultueuses résidait non pas dans l’optimisation constante, mais dans la robustesse ? 🚀💡Inspirée des travaux d’Olivier HAMANT, cette réflexion nous pousse à repenser en profondeur les approches de management et d’organisation du travail ; je ne peux m’empêcher d’établir un parallèle entre robustesse et clinique du travail, je vous explique pourquoi dans la suite de cet article. La question de la robustesse (et non plus uniquement de la performance économique et sociale) sera au programme de mes prochains accompagnements.
#
Le piège de la performance : pourquoi il est temps de changer de paradigme
#
Qu’est-ce que la performance ? Quelles sont ses limites ?
💡La performance, définie comme la somme de l’efficacité (atteindre son objectif) et de l’efficience (avec le moins de moyens possibles), nous a enfermés dans une voie étroite et fragile.
👉La performance n’est plus la réponse adaptée aux défis actuels :
🔻Fragilité et burn-out : la suroptimisation mène à l’épuisement des humains et des écosystèmes. Des organisations sous tension constante génèrent des démissions, des burn-out et un désengagement croissant, comme en témoigne la double épidémie de ce premier quart de siècle.
🔻Pensée réductionniste : pour être performante, une organisation doit réduire les problèmes complexes en sous-problèmes, créant ainsi de nouveaux nœuds ailleurs. Penser « efficacité » nous empêche d’embrasser la perplexité, pourtant « le début de la connaissance ».
🔻Autojustification : On finit par travailler pour l’indicateur (le chiffre) plutôt que pour la mission (le sens). La performance devient une coquille vide.
🔻Déshumanisation et contrôle exacerbé : le culte de la performance, alimenté par la digitalisation, nous pousse vers l’hyperdisponibilité et des systèmes de contrôle indirects toujours plus puissants, réduisant les interactions humaines et le sens même du travail.
🔻Illusions de croissance et de stabilité : la croissance infinie sur une planète finie est absurde et crée des pénuries. La performance se justifie dans un monde stable, abondant et en paix, hypothèse qui n’est plus vérifiée.
🔻Limites de la RSE et de l’agilité : Si l’Agilité et la RSE sont nées d’une intention louable, elles sont souvent détournées pour devenir de nouveaux outils d’optimisation (le ‘faire plus vite’ ou le ‘verdir sans changer’). La robustesse propose d’aller plus loin : il ne s’agit pas de polir la machine, mais de s’assurer qu’elle peut continuer à rouler même si la route s’effondre
L’autre approche possible : la robustesse, inspirée du vivant pour faire face à un monde fluctuant
💡« La robustesse est la capacité d’un système à se maintenir stable à court terme et viable à long terme malgré les fluctuations. Elle offre une réponse opérationnelle aux turbulences et s’inspire directement du fonctionnement des systèmes vivants, experts des incertitudes. »
Contrairement à une idée reçue, le vivant n’est pas performant au sens d’efficacité et d’efficience maximales. Il « gâche énormément d’énergie et de ressources » selon Olivier HAMANT. Sa force réside dans ses contre-performances constitutives :
✳️Hétérogénéité et redondance : multiplier les options, créer des chemins alternatifs dans un environnement imprévisible vs les pratiques de standardisation qui aliènent et dévitalisent le travail
✳️Aléas et lenteur : accepter l’imprévu, prendre le temps de l’expérimentation et de la diversification. La lenteur, le « temps perdu », est un prérequis indispensable avant de décider dans un monde robuste vs les transformations permanentes au pas de course, sans même prendre le temps de s’assurer qu’on va dans la bonne direction ou que tout le monde suit.
✳️Incohérence et erreurs : les contradictions internes, loin d’être des faiblesses, sont des sources de stabilité et de souplesse, permettant de résister aux fluctuations externes et d’éviter les escalades sans fin.
✳️Sous-optimalité : viser le satisfaisant plutôt que le maximum. Le vivant fonctionne bien en dessous du maximum de performance pour pouvoir répondre à une attaque inattendue, s’autorisant la performance de manière transitoire uniquement.
💨La robustesse, en ouvrant le champ des possibles, nous invite à un « contre-programme » qui inverse les paradigmes de notre temps.
##
La robustesse, un atout majeur pour les structures de l’ESS et les « marges pionnières »
##
💡Les structures de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), que j’accompagne, sont souvent des exemples précurseurs de cette transition vers la robustesse. Elles opèrent aux « marges » du système dominant, des marges qui, selon Olivier HAMANT, sont les premières à percevoir les fluctuations et à développer des stratégies pour s’y adapter, devenant ainsi les pionnières des bifurcations futures.
Pour autant, les structures de l’ESS sont aussi confrontées à cette injonction à la performance : il faut faire mieux ou plus avec toujours moins de ressources, et j’en constate chaque jour les effets sur les organisations et les équipes …
Les inversions proposées par la robustesse
Voici quelques-unes des inversions que la robustesse propose et qui résonnent fortement avec les valeurs de l’ESS :
🔖 Questionner avant de répondre
👉Au lieu de chercher la meilleure réponse à la mauvaise question, la robustesse nous invite à passer plus de temps à définir les problèmes, à les soumettre à des « stress tests », à embrasser la perplexité.
🏋️♀️En pratique : La prochaine fois qu’un problème urgent survient, interdisez-vous de chercher une solution pendant les 15 premières minutes. Utilisez ce temps uniquement pour poser des questions : « De quoi ce problème est-il le symptôme ? », « Que se passe-t-il si on ne fait rien ? »
🔖 Produire pour nourrir les écosystèmes
👉L’agroécologie, la bioéconomie circulaire, le tout-réparable remplacent l’exploitation des écosystèmes par une production qui les nourrit et les régénère. La circularité prend le pas sur l’efficience, rendant le gaspillage non problématique.
🏋️♀️En pratique : Lors des bilans annuels ou de fin de mission, ne regardez pas seulement le livrable. Posez la question : « Ce projet a-t-il épuisé l’équipe ou a-t-il renforcé ses compétences et ses liens ? » (L’idée est de régénérer le capital humain plutôt que de le consommer)
🔖 De la propriété à l’usage et au partage
👉 L’économie de l’usage, le partage de ressources et d’outils (comme les ateliers de réparation citoyens) remplacent le « tout jetable » et la propriété individuelle. Cela favorise la coopération et réduit l’obsolescence programmée.
🏋️♀️En pratique : Plutôt que chaque service possède son propre budget ou ses propres outils qu’il garde « jalousement », créez un système de prêt de compétences ou de matériel entre départements. Cela favorise la coopération plutôt que la compétition pour les ressources
🔖 Faire commun : relier grâce aux contradictions
👉 Plutôt que d’éviter les conflits, les utiliser comme levier d’équilibre collectif, favorisant la démocratie robuste et l’intelligence collective. La conflictualité constructive devient une ressource pour la cohésion
🏋️♀️En pratique : Organisez une réunion mensuelle où l’on ne parle pas de ce qui va bien, mais des injonctions contradictoires reçues (ex: « On me demande d’être rapide ET qualitatif, comment je fais ? »). Le manager n’apporte pas la réponse, il anime le débat pour que le collectif décide d’un arbitrage acceptable
🔖 Low-tech citoyenneté et innovation robuste
👉 Promouvoir des solutions low-tech qui allient durabilité et technologie, valorisant la techno-diversité, les savoir-faire locaux, et l’hybridation des connaissances. L’innovation devient un choix stratégique orienté par la robustesse, non par la rentabilité financière immédiate.
🏋️♀️En pratique : Pour chaque nouvel outil digital ou processus, demandez à l’équipe : « Si ce logiciel tombe en panne demain, comment continue-t-on à travailler ? » Valorisez les solutions simples et dégradables (papier, discussion directe) qui garantissent la continuité du service sans dépendre d’une hyper-technologie fragile.
🔖Travailler moins pour vivre mieux
👉 La robustesse invite à redonner du sens au travail en favorisant une meilleure qualité de vie, en limitant la surcharge et en valorisant l’épanouissement collectif.
🏋️♀️En pratique : Supprimez la valorisation des « heures sup » visibles. Un manager robuste félicite celui qui termine son travail dans les temps impartis, car cela prouve que le système est bien calibré et que le salarié préserve sa capacité de travail sur le long terme (sa robustesse personnelle).
🔖La santé commune comme levier économique
👉Un projet robuste doit alimenter la santé humaine, la santé sociale et la santé des milieux naturels, sans exception. Le modèle économique devient un produit de cette « santé commune », et non une contrainte d’entrée. Cela ancre la structure dans une logique de soin au territoire.
🏋️♀️En pratique : Intégrez un indicateur de santé (physique et mentale) dans vos tableaux de bord de pilotage, au même titre que le CA. Si les objectifs sont atteints mais que l’indicateur santé est dans le rouge, le projet est considéré comme un échec « non robuste »
🔖La valorisation de la coopération
👉Développer l’apprentissage collectif, la réflexion critique, et la densité des interactions, pour construire des réseaux résilients et renforcer le sentiment d’appartenance.
🏋️♀️En pratique :
Des exemples concrets
Des organisations à taille humaine ancrées localement
Olivier HAMANT cite des exemples concrets de structures illustrant déjà cette démarche :
👉 Pocheco (fabricant d’enveloppes écologiques axé sur l’écolonomie, le bien-être des salariés et la circularité);
👉 Entropy (restaurant axé sur le zéro gaspillage, produits locaux, financement d’associations);
👉 La Louve (supermarché participatif, prix bas, bio, circuits courts).
Le modèle des SCOP favorise la robustesse
Les principes fondamentaux qui sous-tendent le modèle des SCOP, sont des leviers essentiels pour construire la robustesse dans un monde fluctuant :
La coopération prime sur la compétition;
La gouvernance démocratique et participative;
La recherche de résilience plutôt que de rendement maximal;
L’ancrage local et l’économie de l’usage;
La prise en compte de la santé et de l’environnement comme piliers fondamentaux.
###
Développer la robustesse des organisations en mettant la qualité du travail au coeur des débats
###
💡La transition vers la robustesse est un processus qui exige d’élargir notre cadre de référence et de repenser nos conceptions de la performance, de l’incertitude et de la croissance. Cette évolution, bien que progressive, apparaît inéluctable. L’objectif n’est pas d’abandonner toute notion de performance, mais de la repositionner comme un élément secondaire, transitoire et au service d’une viabilité durable.
Quels parallèles entre la robustesse et l’approche clinique du travail ?
Je ne peux m’empêcher d’établir des parallèles entre le modèle de la robustesse et les principes de la clinique du travail (objet de ma formation de ces derniers mois). Voici les principaux points de convergence que j’identifie :
🔖 Créer des marges de manœuvre
❌La quête incessante de performance et la suroptimisation enferment les organisations dans une voie non viable, engendrant épuisement professionnel et désengagement des salariés
✅À l’inverse, la robustesse se construit sur des éléments souvent perçus comme des « contre-performances » (hétérogénéité, aléas, erreurs, lenteur). Elle vise à maintenir la stabilité et la viabilité du système malgré les fluctuations. Cette approche génère des « marges de manœuvre considérables », essentielles pour naviguer dans l’imprévisible.
👉 En clinique du travail, on distingue souvent le travail prescrit (ce qui est écrit sur la fiche de poste) du travail réel (ce que l’on fait vraiment pour s’en sortir). La course à la performance écrase cet écart : on veut que le réel colle parfaitement au prescrit. C’est là que naît la souffrance.
Cultiver la robustesse, c’est redonner de l’oxygène aux salariés. C’est accepter que le « vrai » travail demande des ajustements, des tâtonnements et de l’imprévu. En reconnaissant cette complexité, on ne protège pas seulement la santé des équipes, on renforce la viabilité de toute l’entreprise
🔖 Valoriser les contradictions et le débat
✅La robustesse encourage à « identifier les questions d’abord » et à « consacrer plus de temps à leur analyse », même si cela peut sembler contre-productif en termes de rapidité. Elle valorise la « discussion ouverte » et les « critiques constructives », reconnaissant que la robustesse organisationnelle se construit sur les « contradictions internes ». Les « incohérences » sont même considérées comme garantes de la stabilité à long terme.
👉Ce principe fait écho à la clinique du travail, qui promeut la création d’espaces de discussion collective sur le travail. Ces espaces permettent aux salariés d’expliciter les dilemmes, les imprévus et les ajustements qu’ils rencontrent au quotidien. En partageant et en débattant de ces contradictions inhérentes à l’activité réelle, le collectif peut élaborer de nouvelles connaissances et solutions. Ce processus favorise non seulement une meilleure compréhension et maîtrise du travail, mais il permet également de transformer la souffrance liée à ces contradictions en un développement du pouvoir d’agir et une amélioration de la santé psychologique des travailleurs, la verbalisation étant essentielle pour « réorganiser ses pensées ».
🔖 Renforcer le collectif en créant les conditions de la coopération
✅La valorisation de la coopération et du collectif permet aux travailleurs de développer des « compétences relationnelles » et de s’entraider, renforçant le « sentiment d’appartenance ». Cette dynamique collective est un puissant levier pour la qualité du travail, car les solutions aux problèmes complexes émergent souvent de l’intelligence collective.
👉Elle constitue également une ressource précieuse pour la santé au travail, en offrant un soutien social face aux difficultés et en favorisant la reconnaissance mutuelle du travail réel, souvent invisible dans les systèmes axés sur la performance quantitative
🔖Redéfinir la valeur du travail et de la santé
👉Il devient urgent de lutter contre la « double épidémie de démissions et de burn-out » en « libérant certaines activités du marché du travail » et en redonnant du sens au travail.
✅Le concept de « santé commune » (englobant la santé humaine, sociale et environnementale) implique la protection de la santé mentale et physique des travailleurs. Il invite à concevoir le travail de manière holistique, intégrant le bien-être des travailleurs comme une condition fondamentale de la viabilité de la structure, et non comme un coût ou une simple conformité réglementaire. Cette approche représente une revalorisation fondamentale de la qualité du travail, tant en termes de résultats que d’expérience vécue par le travailleur, et une reconnaissance de l’interdépendance entre santé individuelle, collective et environnementale.
🔖Favoriser l’expérimentation et l’adaptabilité
✅La robustesse valorise une « culture de l’apprentissage » où les difficultés et les échecs sont perçus comme des opportunités d’amélioration. Cette approche encourage l’expérimentation et considère les tentatives infructueuses comme des ressources précieuses pour stimuler la créativité et l’ingéniosité face à l’incertitude.
👉 La clinique du travail, quant à elle, met l’accent sur l’analyse collective des situations de travail, y compris les obstacles et les contraintes rencontrés. Elle encourage le développement de stratégies d’adaptation innovantes à travers le dialogue et la réflexion partagée sur l’activité réelle.
Ces deux perspectives favorisent un environnement où l’adaptabilité est valorisée, où les travailleurs se sentent en sécurité pour explorer de nouvelles approches, et où l’apprentissage continu est intégré dans la culture organisationnelle. Cette dynamique contribue non seulement à la résilience de l’organisation, mais aussi à la santé collective en réduisant le stress lié à la peur de l’erreur et en renforçant le sentiment d’efficacité et d’autonomie des équipes.
Conclusion
📝 En synthèse, la transition vers la robustesse, telle qu’elle est proposée par Olivier HAMANT, consiste en une véritable inversion de paradigmes : sortir d’une logique de performance effrénée pour s’ancrer dans une dynamique de résilience, de coopération et d’adaptabilité.
Elle résonne profondément avec les principes de la clinique du travail, qui privilégie les interactions humaines, le dialogue, la prise en compte des contradictions et une conception élargie de la santé.
🚀En abandonnant le culte de la performance, les organisations peuvent non seulement assurer leur pérennité dans un contexte fluctuant, mais aussi offrir un cadre plus humain, plus épanouissant, permettant à chaque individu de se dépasser avec l’aide des autres, tout en retrouvant du sens dans leur activité.
🫶Le futur appartient à ces structures qui sauront s’adapter et innover par la coopération et la robustesse, plutôt que par la compétition et la surperformance.
Et vous, dans votre organisation, quelle ‘contre-performance’ seriez-vous prêt à accepter pour gagner en pérennité ? »
Dans un environnement économique marqué par l’incertitude permanente, les organisations font face à un défi de taille : changer sans s’épuiser. Si la littérature managériale regorge de modèles sur la « conduite du changement », beaucoup échouent à produire les résultats escomptés.
Pourquoi ? Parce qu’ils oublient souvent une variable essentielle : le travail réel. Pour réussir une transformation, il ne suffit pas de piloter des indicateurs techniques ; il faut devenir un expert de l’usage et de l’activité et accompagner les individus dans la reconstruction de leur métier.
#
Recontextualiser le changement : Au-delà de la « résistance »
#
Le changement dans le monde du travail est souvent abordé sous l’angle réducteur de la « résistance ». Pourtant, la psychologie et la sociologie du travail nous offrent une lecture bien plus nuancée : le refus n’est pas un blocage psychologique individuel, mais souvent un acte de défense de la qualité du travail. En réalité, la résistance en tant que telle n’existe pas : ce qui existe, c’est la résistance à ce que l’on pense perdre (moyens, compétences, sens).
Tordre le cou aux idées reçues
« Seuls les grands changements suscitent de grands problèmes »
📍Le changement est perçu de façon très subjective et souvent irrationnelle : le même changement pourra sembler anecdotique à l’un et insurmontable à l’autre.
« Pour un changement réussi, il faut vite oublier le passé et se concentrer sur l’avenir »
📍Tout changement implique des pertes et des regrets, les étapes doivent donc être progressives.
« Le changement peut s’effectuer instantanément »
📍Le processus de changement prend du temps, chacun passe par ces différentes phases, au rythme qui lui est propre.
« Ce sont surtout les moins compétents qui ont du mal à s’adapter au changement »
📍Paradoxalement les plus investis ont souvent plus de mal a supporter le changement car ils vont au fond des choses et se sont approprié les processus existants pour accomplir leur mission au mieux.
Le changement comme rupture d’équilibre
Pour le psychologue social Kurt Lewin, tout système est en état de « quasi-équilibre » entre des forces motrices et des forces restrictives. Changer, ce n’est pas seulement pousser plus fort vers l’objectif (ce qui augmente la tension) ; c’est d’abord identifier et lever les freins qui maintiennent l’équilibre actuel. Dans une organisation, personne ne s’engage facilement s’il a le sentiment « de perdre au change »
La souffrance de « l’empêchement » et le conflit de critères
En psychologie du travail, notamment chez Yves Clot, le bien-être est intrinsèquement lié au « pouvoir d’agir ». Un changement imposé qui empêche un professionnel de faire ce qu’il considère être du « bon travail » génère un conflit de critères. Ce n’est pas au changement que le salarié résiste, mais à l’impossibilité de rester fier de son métier. Si l’outil change mais que les aléas ne sont pas recalculés, le salarié se retrouve « empêché ».
L’apport de la sociologie : zones d’incertitude et stratégie
Michel Crozier et Erhard Friedberg ont démontré que les acteurs ne sont pas de simples exécutants, mais des agents stratégiques. Chaque changement modifie les « zones d’incertitude » et déplace les lignes de pouvoir. Pour obtenir un projet efficace et durable, il est décisif d’associer les managers, les salariés et leurs représentants dès la phase de conception.
#
Approche du changement par le travail réel : méthodologie
#
La méthodologie propoposée par l’ANACT invite à concevoir l’organisation de demain en s’appuyant sur l’intelligence du terrain. Cette méthode repose sur l’articulation de trois fonctions clés :
I
La Maîtrise d’Ouvrage (MOA) : porte la décision stratégique et politique
I
La Maîtrise d’Œuvre (MOE) : porte la conception technique et opérationnelle
I
La Maîtrise d’Usage (MUS) : porte le processus de « mise à l’épreuve » par les salariés concernés
La simulation : anticiper pour dé-risquer
La simulation permet de se projeter dans l’activité future avant que les décisions ne deviennent irréversibles.
⚙️ Méthodologie :
Cadrage du projet de transformation en intelligence collectif
Identification des métiers potentiellement impactés par les changements
Identification des situations critiques
Réalisation de simulations pour identifier les ajustements nécessaires
🎯L’objectif : Valider les options techniques et corriger les dysfonctionnements potentiels avant la mise en service. C’est une assurance contre l’inefficacité opérationnelle.
L’expérimentation : le droit à l’essai et l’ajustement
L’écart entre le projet imaginé et le déploiement réel est inévitable. L’ANACT prône donc des phases de tests en conditions réelles.
⚙️ Le cadre paritaire : mettre en place un groupe projet associant salariés et représentants du personnel, basé sur le droit à l’erreur et la bienveillance.
🎯L’objectif : tester à petite échelle (périmètre pilote) permet de rassurer les salariés qui craignent souvent de ne plus pouvoir faire évoluer une situation insatisfaisante.
L’évaluation embarquée : le pilotage par le réel
Un projet ne se termine pas le jour de la réception.
L’évaluation doit se poursuivre pour accompagner le développement des usages.
⚙️ Les Espaces de Discussion (#EDT) : réunions structurées où l’on analyse les écarts entre le travail « prescrit » (le plan) et le travail « réel » (la pratique).
⚙️ La régulation : Le manager devient celui qui facilite l’ajustement face aux aléas, réduisant ainsi les tensions sociales et la fatigue excessive
Cas pratique : déploiement d’un SIRH dans une structure peu digitalisée de 50 salariés
Le projet :
Dématérialisation totale de la gestion RH (dossier du personnel, gestion du temps et des congés, entretiens, . . . ).
Le contexte :
faible culture de la digitalisation en interne
des process RH qui ne sont pas construits ou stabilisés
un service RH qui n’a jamais conduit de déploiement de SIRH et qui n’est pas formé à la gestion de projet
des managers de proximité qui ne maîtrisent pas le droit du travail
SCENARIO 1
Approche techno-centrée et top-down
Dans ce modèle, le projet est piloté par le haut (Top-Down). La direction considère que l’outil est la solution en soi et que l’organisation doit s’y adapter, sans questionner les usages réels.
Une phase de conception déconnectée du terrain
Le choix du logiciel est guidé uniquement par des considérations techniques et économiques (coût de la licence, fonctionnalités théoriques).
🟠Absence de diagnostic participatif : Le cahier des charges est rédigé par la direction et le prestataire sans consulter les éducateurs ou les administratifs.
🟠Processus RH « plaqués » : Comme les processus internes ne sont pas stabilisés, on adopte les réglages standards du logiciel par défaut. On ignore alors que ces standards sont incompatibles avec les spécificités de la convention collective (horaires coupés, astreintes, besoins de mobilité).
Le choc de l’implémentation (Le « Rejet de greffe »)
Le déploiement se fait rapidement. On annonce aux salariés que « prochainement, tout passera par le SIRH ».
🟠La fracture numérique : Pour des équipes ayant une faible culture digitale, l’interface devient une barrière insurmontable. Faute d’avoir été associés à la conception, ils vivent l’outil comme une contrainte supplémentaire plutôt que comme une aide.
🟠Le sentiment de « travail empêché » : Le salarié qui passait 5 minutes à poser un congé sur papier passe désormais 20 minutes à se battre avec un formulaire numérique complexe. Il a le sentiment de « perdre son temps » au détriment de sa mission auprès des bénéficiaires.
La surcharge managériale et la dégradation du dialogue
Les managers de proximité, qui ne maîtrisent pas toujours les subtilités du droit du travail, se retrouvent seuls face à l’outil.
🟠Mise en risque de la fonction employeur : les managers valident les déclarations de temps de travail sans comprendre l’impact juridique potentiel.
🟠Bureaucratisation de la fonction managériale : Ils deviennent les « guichets d’assistance » du logiciel. Ils passent leur temps à corriger des erreurs de saisie au lieu d’animer leurs équipes.
🟠Érosion de la confiance : Les erreurs de calcul (compteurs d’heures, jours de repos) génèrent des tensions sociales immédiates. La direction répond par plus de communication descendante pour « expliquer le sens », mais comme les problèmes de terrain ne sont pas résolus, la méfiance s’installe.
Un service RH et financier dans l’impasse
Le service RH, n’ayant jamais conduit de tel projet, subit les injonctions d ela Direction, la pression du prestataire et les plaintes des collègues.
🟠Données inexploitables : Le service administratif reçoit des extractions financières incohérentes et non fiables.
🟠Coûts cachés : Pour rattraper les erreurs, la structure doit payer des prestations de maintenance urgentes ou passer des nuits blanches à recalculer les variables paies sur Excel.
👉 Pourquoi ce scénario échoue-t-il ?
En traitant le projet comme un simple sujet informatique, on a oublié que la performance d’un investissement dépend avant tout de son usage réel par les humains qui le font vivre au quotidien.
SCENARIO 2
Approche co-conception
Dans ce modèle, la direction accepte que le projet ne se termine pas le jour de la réception de l’outil, mais qu’il se construit dans l’usage. On passe d’un projet « descendant » à une démarche itérative et ascendante
Amont : Définition participative et enrichissement du projet
Plutôt que de choisir un outil sur catalogue, on commence par analyser l’activité réelle.
🟢Analyse de l’existant : Un groupe projet mixte (salariés, RH, administratifs) identifie les ressources actuelles (ex: la souplesse de l’informel) et les contraintes (ex: la ressaisie multiple des données).
🟢Enrichissement des objectifs : Le projet n’est plus seulement « informatique » ; il intègre des objectifs de Qualité de Vie et Conditions de Travail (QVCT) et de montée en compétences.
🟢 Effet : On rédige un cahier des charges adaptés aux besoins et on ajuste les process, les outils et les compétences pour sécuriser le fonctionnement
Conception : La Simulation pour « faire jouer » le futur
On ne se contente pas de valider des plans ; on met le système à l’épreuve de l’activité probable.
🟢Scénarios réalistes : On simule des situations critiques : « Comment un salariés gère-t-il une absence de dernière minute un dimanche soir via son smartphone ? ».
🟢Dialogue avec l’éditeur : des retours sont faits à l’éditeur pour qu’il puisse ajuster l’interface.
🟢Effet : On évite d’investir dans une solution inapplicable. L’anxiété liée à l’outil diminue car les salariés voient que leurs difficultés sont prises en compte.
Réalisation : L’expérimentation et le droit à l’erreur
L’organisation accepte de sortir du cadre habituel sur un périmètre restreint.
🟢Périmètre pilote : Un service volontaire teste le SIRH pendant 2 mois avec un contrat de réversibilité (possibilité de revenir à l’ancien système si l’outil bloque le travail).
🟢Ajustements permanents : On s’autorise à modifier les règles de gestion durant cette phase.
🟢Effet : Les salariés du pilote deviennent des « ambassadeurs ». Ils rassurent leurs collègues car ils ont pu « dompter » l’outil avant le déploiement général.
Déploiement : L’évaluation embarquée et les Espaces de Discussion (EDT)
Après le lancement, on installe des boucles de rétroaction courtes pour réguler les usages.
🟢EDT réguliers : Des réunions brèves permettent aux managers et salariés d’analyser les écarts entre le travail prévu et la réalité.
🟢Rôle du manager : Le manager n’est plus celui qui impose, mais celui qui facilite le test et fait remonter les bugs.
🟢Effet : Le service RH et le service financier collaborent pour corriger les extractions de données dès le premier mois. On ne laisse pas les problèmes s’enkyster.
👉Pourquoi ce scénario sécurise-t-il votre projet de changement ?
En suivant scrupuleusement ces étapes, vous ne vous contentez pas d’installer un logiciel ; vous renforcez la robustesse de votre organisation.
🟢Fiabilisation de l’investissement : Vous évitez les surcoûts liés aux corrections tardives et coûteuses.
🟢Préservation de la santé : En maintenant le « pouvoir d’agir » des salariés, vous prévenez les risques psychosociaux liés au sentiment de « travail empêché ».
🟢Montée en compétences : Le service RH et les managers apprennent la gestion de projet et le droit du travail par la pratique, soutenus par un outil qu’ils ont aidé à construire.
Conclusion
L’accompagnement du changement implique une évolution de la posture managériale :
Approche Classique
Focus sur les outils techniques
Communication descendante visant à convaincre
Déploiement massif et rigide
Management du contrôle
Approche prenant en compte le travail réel
Focus sur l’activité des travailleurs
Espaces de discussion visant à analyser et à réguler
Expérimentations et ajustements
Management du soutien
Accompagner le changement selon les principes de l’ANACT, c’est accepter que la solution optimale ne naît pas sur un tableau blanc, mais se forge dans l’expérience collective. En misant sur la co-conception, vous ne vous contentez pas d’installer un nouvel outil ; vous cultivez la résilience et la performance de votre structure face aux défis de demain.
👋Vous menez un projet de transformation ? J’accompagne les organisations dans la mise en œuvre de ces dispositifs de simulation et d’espaces de discussion. Contactez-moi pour un diagnostic de votre projet.
Dans un monde du travail en constante évolution, où les défis se multiplient et les exigences s’intensifient, la cohésion et la coopération au sein des collectifs de travail apparaissent comme des éléments clés de la réussite des organisations.
La cohésion et la coopération sont souvent utilisées de manière interchangeable. Cependant, bien qu’étroitement liées, elles représentent deux concepts distincts avec des enjeux spécifiques. Cet article explore ces deux notions, leurs enjeux et comment les favoriser au sein de votre organisation.
Cohésion : le ciment d’une équipe solide
La cohésion se définit comme le degré d’unité et d’harmonie au sein d’un groupe.
Elle repose sur des relations interpersonnelles positives, un sentiment d’appartenance, de confiance et de respect mutuel. La cohésion favorise une communication de qualité et une volonté commune de réussir ensemble.
Les enjeux de la cohésion ♟️:
👍Création d’un environnement de travail positif: la cohésion favorise le bien-être des salariés, réduit le stress et améliore la satisfaction au travail.
🤝Amélioration de la communication et de la collaboration : les membres d’une équipe soudée communiquent plus ouvertement et efficacement, partagent leurs idées sans crainte et s’entraident mutuellement.
🪷Réduction des conflits et des tensions : une bonne cohésion d’équipe permet de prévenir et de gérer les conflits de manière constructive, favorisant ainsi un climat de travail serein et positif.
😃Renforcement de la motivation et de la satisfaction : des salariés qui se sentent valorisés, appréciés et soutenus par leurs collègues sont plus motivés et plus impliqués dans leur travail.
⚓Fidélisation : les salariés sont plus susceptibles de rester dans une organisation où ils se sentent valorisés et intégrés.
📈Amélioration de la performance globale: une équipe soudée est plus efficace, plus résiliente face aux défis et plus apte à atteindre ses objectifs.
🧲 Attractivité : une organisation où règne une bonne cohésion d’équipe attire et retient les meilleurs talents, et renforce sa réputation vis-à-vis de ses clients, usages, partenaires…
Comment favoriser la cohésion 🚀:
🧌 Valoriser la diversité et l’inclusion : créer un environnement de travail où chacun se sent respecté et valorisé, quelles que soient ses origines, ses opinions ou ses différences.
👂Promouvoir une communication transparente et bienveillante: encouragez l’écoute active, le respect mutuel et la résolution constructive des conflits.
🎊Célébrer les succès individuels et collectifs: reconnaissez les contributions de chacun et valorisez les réalisations de l’équipe.
🪅Organiser des événements sociaux: créez des occasions informelles pour que les membres de l’équipe puissent se connaître et tisser des liens en dehors du cadre professionnel.
🫸Gérer les conflits avec réactivité : les conflits sont inévitables dans la vie en équipe. Il est important de les gérer de manière constructive afin qu’ils n’entravent pas la cohésion du groupe.
Coopération : l’union fait la force
La coopération, quant à elle, se réfère à l’action de travailler ensemble vers un objectif commun.
Elle implique la coordination des efforts, le partage des connaissances et des ressources, une complémentarité des compétences et la communication ouverte entre les individus ou les équipes.
Les enjeux de la coopération ♟️ :
📈Amélioration de la productivité: en combinant les compétences et les expertises, la coopération permet de réaliser des tâches plus complexes et d’atteindre des objectifs plus ambitieux.
💡Stimulation de l’innovation et de la créativité : un environnement de travail collaboratif favorise la prise de risque, l’expérimentation et la recherche de nouvelles solutions.
🧭Meilleure prise de décision : la diversité des points de vue et l’échange d’idées au sein d’une équipe soudée permettent de prendre des décisions plus éclairées et plus stratégiques.
Comment favoriser la coopération 🚀:
🎯Définir des objectifs clairs et partagés : Il est important que tous les membres de l’équipe comprennent les objectifs communs et qu’ils se sentent impliqués dans leur réalisation.
🌌Mettre en place une culture de collaboration: encouragez la communication ouverte, le partage d’informations et la reconnaissance des succès collectifs.
🌱Encourager le développement personnel et professionnel: offrez des opportunités de formation et de mentorat pour aider les employés à progresser et à se sentir valorisés.
🎯Mettre à disposition des espaces et des outils qui facilitent la collaboration : réinterrogez la configuration de vos espaces de travail et mettez à disposition des outils de communication et de gestion de projet adaptés.
🤲Favoriser le travail d’équipe : intégrez des techniques d’animation basées sur l’intelligence collective (brainstorming, design thinking, …).
Conclusion
En favorisant la coopération et en renforçant les liens entre les membres de votre équipe, vous créez un environnement de travail propice à l’épanouissement, à l’innovation et à la réussite collective.
Cela nécessite un engagement et des efforts concrets et sur la durée de la part de la direction et de l’encadrement.
N’oubliez pas que ces deux concepts se nourrissent mutuellement : une coopération efficace renforce la cohésion, tandis qu’une équipe soudée est plus encline à collaborer de manière productive. Investissez dans le développement de ces deux piliers et vous ouvrirez la voie à une organisation plus forte, plus agile et plus performante.
Le concept « d’organisation apprenante » fait pleinement sens dans ma pratique depuis de nombreuses années.
Je le mettais en oeuvre intuitivement avant même de connaître les travaux de Peter SENGE, et la conceptualisation de l’apprenance. Comme toute démarche d’étude, une terminologie particulière est utilisée, il suffit de l’apprivoiser un peu pour aller au-delà.
Aussi, ne vous arrêtez pas « au jargon », voyez le comme une façon de structurer votre pensée et de faire des liens entre différentes notions qui, de mon point de vue, sont pleinement en phase avec l’approche Qualité de Vie et Conditions de Travail.
SURVIVRE DANS UN « MONDE VUCA » . . .
La volatilité, l’incertitude, la complexité et l’ambiguïté inhérentes au monde d’aujourd’hui représentent la nouvelle donne.
Si tous les individus ont la capacité d’apprendre, les structures dans lesquelles ils se trouvent ne favorisent pas toujours la réflexion et l’engagement.
Le management traditionnel, consistant à agir perpétuellement en mode « pompier » plutôt qu’à anticiper en analysant la situation dans sa globalité, n’est pas adapté à un monde VUCA.
. . . EN DEVENANT UNE ORGANISATION APPRENANTE ?
Peter SENGE, professeur de management au MIT (Massachusetts Institute of Technology), décrit le concept d’organisation apprenante dans son livre « La cinquième discipline », publié en 1990 et qui fait toujours référence aujourd’hui.
« Les organisations apprenantes sont des organisations où les gens développent continuellement leur capacité à créer les résultats qu’ils désirent vraiment, où des modes de pensée nouveaux et expansifs sont nourris, où l’aspiration collective est libérée, et où les gens apprennent continuellement à voir le tout ensemble. La raison d’être de ces organisations est que, dans des situations de changement rapide, seules les organisations flexibles, adaptatives et productives peuvent exceller. «
L’APPRENANCE
« L’apprenance, c’est grandir en faisant des choses qu’on n’a jamais faites auparavant et se mettre en question. C’est s’interroger sur ce que l’on a appris autant que sur le résultat atteint. C’est se détacher de ses habitudes et investir sur soi, sur ses propres talents, sur son propre avenir. Cela permet de s’enrichir de sa propre réflexion dans l’action, des découvertes des uns et des autres, des enseignements en groupe, de fluidifier la circulation de l’expérience, et de s’adapter aux changements. C’est travailler en transparence dans des réseaux transverses formels ou informels. » (Wikipédia)
LE SYSTEME DES « 5 DISCIPLINES »
Organisation apprenante (SOL FRANCE)
Les 5 disciplines représentent des principes qui, combinés les uns aux autres, permettent l’émergence de l’intelligence individuelle et collective, et le fonctionnement continu de la boucle Agir – Apprendre.
🔖La maîtrise personnelle : processus progressif d’apprentissage tout au long de la vie
Objectif : apprendre / s’améliorer / progresser
💡Comment ?
En clarifiant en permanence ce qui est vraiment important pour soi
En analysant avec lucidité sa réalité personnelle
🔖La vision partagée : représentation collective du but à atteindre
Objectif : intégrer la diversité des points de vue pour faire émerger une vision globale et partagée
💡Comment ?
En encourageant les membres d’une organisation à développer leur vision personnelle
En croisant, en intelligence collective, ces visions personnelles
En travaillant sur la vision (le quoi), la raison d’être (le pourquoi) et les valeurs (le comment)
🔖Les modèles mentaux : nos représentations du monde
Objectif : identifier et questionner les modèles mentaux qui façonnent notre façon de voir la réalité pour les analyser et les faire évoluer
💡Comment ?
En repérant les écarts entre pensées / théories et pratiques / actions
En exprimant les non-dits
En développant sa réflexivité (observer sa manière de penser)
🔖Apprendre en équipe : culture et processus au service de l’intelligence collective
Objectif : développer l’intelligence collective d’une équipe, sa capacité à travailler ensemble
💡Comment ?
En induisant la cohésion, la réciprocité et la confiance
En maîtrisant les expertises
En favorisant l’exploration et le dialogue
🔖La pensée systémique : l’interconnexion
Objectif : comprendre l’origine des situations et identifier des leviers d’action dans des organisations toujours plus complexes
💡Comment ?
En appréhendant les interrelations et les interdépendances entre les différentes composantes du système
En analysant les dynamiques et les processus
🗒️ Les 11 lois de la pensée systémique (Peter SENGE) :
Les problèmes d’aujourd’hui viennent des solutions d’hier (les solutions qui consistent à déplacer le problème passent souvent inaperçues parce que celui qui règle le premier problème n’est pas le même que celui qui hérite du second)
Plus vous poussez dans un sens, plus le système pousse dans l’autre (des actions bien intentionnées provoquent dans le système des effets qui annulent leurs retombées positives. Par exemple, plus vous dépensez d’énergie pour améliorer une situation, plus vous devez en dépenser)
Un peu de progrès précède beaucoup d’inconvénients (les premières initiatives sont séduisantes parce qu’elles paraissent efficaces à court terme)
La solution de facilité vous ramène au problème de départ (appliquer toujours plus de remèdes traditionnels à des problèmes de fond qui persistent est un exemple typique de pensée non systémique)
Le remède peut être pire que le mal (il arrive que la solution la plus facile soit non seulement inefficace, mais nuisible)
Qui va plus lentement va plus vite (toutes les structures, des écosystèmes et communautés animales aux organisations humaines, ont des taux optimaux de croissance. Quand la croissance devient trop forte, le système recherche son propres équilibre en ralentissant)
Les « causes » et les « effets » ont des rapports lointains, dans le temps et dans l’espace
Des petits changements peuvent provoquer de grands résultats (des actions limitées mais bien ciblées peuvent donner lieu à des améliorations réelles et durables. On appelle cela « l’effet de levier »)
Vous pouvez avoir le beurre et l’argent du beurre mais pas en même temps (par exemple, on présente souvent le choix nécessaire entre qualité élevée et coûts réduits. Pourtant, à terme, la qualité élevée doit permettre la réduction des coûts)
Un éléphant coupé en deux ne fait pas deux petits éléphants (les organisations sont des ensembles complexes. Pour comprendre les défis qui se posent à elles, il faut les considérer dans leur totalité. Les frontières artificielles (fonctions marketing, production . . .) empêchent l’examen complet d’un problème)
Les reproches ne sont pas de mise (l’extérieur est un mythe. Nous, et la cause de nos problèmes faisons partie d’un seul et même système)
LA NECESSAIRE EVOLUTION DES CULTURES ET DES PRATIQUES MANAGERIALES
Devenir une organisation apprenante implique de transformer en profondeur sa culture et ses pratiques, à tous les niveaux.
LES DIFFRENTS ROLES
Au niveau des Directions Générales
Cela implique :
d’avoir de donner et d’incarner une vision et des valeurs
de comprendre finement les dynamiques à l’oeuvre au sein de l’organisation,
d’être en capacité de remettre en question, d’ajuster, …
d’instaurer le droit à l’erreur,
d’impliquer les managers pour leur donner une vision d’ensemble
. . .
Au niveau des managers de proximité
Cela implique, notamment :
de travailler sur les représentations,
d’oser tester de nouvelles approches,
de transformer les difficultés en opportunités d’apprendre,
d’alimenter la Direction Générale pour faire évoluer les objectifs stratégiques au regard de la réalité du terrain,
de favoriser les temps d’échanges qui permettent de faire émerger des idées,
de contribuer à la construction d’une vision partagée,
de transformer ces idées en actions
. . .
Au niveau des personnes ressources (RH, experts techniques, …)
Cela implique, notamment :
de soutenir,
de faire des liens entre les sujets et les personnes,
de capitaliser,
de diffuser pour faciliter et amplifier « l’apprenance »,
. . .
Au niveau des équipes
Cela implique, notamment :
de s’intéresser à ce qui va au-delà de son périmètre
de s’exprimer pour donner son point de vue, faire des propositions
d’avoir envie d’apprendre et de se développer
de « jouer collectif »
. . .
UN VRAI CHANGEMENT DE PARADIGME !
Quelques pistes pour passer aux travaux pratiques :
Construire des parcours d’intégration qui permettent aux individus de s’approprier la vision et le métier, de se former, de s’exprimer et de faire des propositions, de s’impliquer dans des collectifs, …
Favoriser la transversalité et le partage d’une vision globale où chacun peut est au clair sur son rôle, sa contribution, …
Expérimenter des formats de temps d’échange qui mobilisent l’intelligence collective
Encourager la pratique du feedback
Identifier et valoriser les compétences disponibles en interne et organiser le partage du savoir
Investir dans la formation professionnelle en mobilisant, notamment, des formats plus adaptés à la réalité de l’activité (AFEST, codéveloppement, …) et en valorisant toutes les initiatives de développement des compétences
Promouvoir le rôle de facilitateur, de catalyseur, d’expérimentateur, de ressource pour son équipe des managers (et abandonner le management fondé sur le pouvoir, l’autorité et le contrôle)
Considérer les difficultés et les erreurs en autant d’opportunités de se remettre en question et d’apprendre (plutôt que de passer du temps à rechercher les responsabilités pour « sauver ses fesses »)
Instaurer un processus d’identification et d’analyse des problèmes intégrant la pensée systémique et bannissant les présuppositions
Prendre soin des individus (au sens de la QVCT) pour leur donner envie de s’investir dans un collectif (plutôt que d’isoler par crainte du collectif)
Donner du sens aux transformations, en les expliquant, en identifiant collectivement les ajustements nécessaires, en expérimentant (plutôt que d’essayer de gagner du temps en « décrétant que » avec mise en application au plus vite)
. . .
N’hésitez pas, en complément, à partager ce que vous vous avez mis en oeuvre !
Dans le paysage complexe des relations de travail, les managers de proximité occupent une position centrale. Véritables courroies de transmission entre la Direction et les salariés, ils sont amenés à prendre des décisions quotidiennes qui impactent directement les conditions de travail des salariés, et qui engagent donc in fine la responsabilité employeur.
Pour autant, rares sont ceux qui disposent des connaissances juridiques suffisantes leur permettant de comprendre les enjeux ou impacts de leurs décisions.
Cela est d’autant plus exacerbé lorsqu’il n’y a pas, au sein de la structure, de fonction Ressources Humaines pour construire un cadre clair, fournir des outils et des repères aux managers. Ce qui est souvent le cas dans les plus petites structures.
Pourquoi former les managers de proximité au droit du travail ?
Même s’ils ne disposent ni du pouvoir de direction, ni parfois de délégation de pouvoir, les managers de proximité jouent un rôle crucial dans la qualité de la relation, tant humaine que contractuelle, entre la structure et les salariés. Au-delà de leur mission d’organiser le travail et de veiller aux conditions de travail (sans toujours savoir ce que cela recouvre vraiment), les managers sont souvent les premiers interlocuteurs des salariés pour expliquer les règles, répondre aux différentes questions, trouver des solutions aux problématiques rencontrées, . . .
Or peu de managers connaissent les différentes obligations de l’employeur, induites notamment par le lien de subordination. Souvent, lors des ateliers que j’anime, je constate que les managers ont quelques connaissances sur les questions relatives au temps de travail (sans disposer pour autant de tous les repères), très peu de connaissances sur les obligations employeur en matière de santé et de sécurité ou sur le dialogue social. Ils connaissent rarement les principes fondamentaux découlant du bloc de constitutionnalité, pourtant utiles pour s’assurer que leurs pratiques managériales les respectent à toutes les étapes de la vie du contrat . . .
Quel intérêt, pour la structure, de former les managers de proximité au droit du travail ?
Disposer d’une connaissance minimale en droit du travail est indispensable pour :
📜 Comprendre, appliquer et faire appliquer les règles relatives au contrat de travail : cela inclut notamment les droits et obligations découlant du contrat de travail, la modification des conditions de travail ou du contrat et la rupture du contrat
🕰️ Gérer le temps de travail : les managers doivent être en mesure de respecter l’ensemble des règles relatives au temps de travail (durée légale, heures supplémentaires / complémentaires, amplitudes maximales, repos minimal, …) et aux congés payés
☠️ Veiller à la santé et à la sécurité des salariés : cela implique notamment d’être en capacité d’évaluer les risques professionnels (ou d’y contribuer efficacement), de mettre en place des mesures de prévention pour protéger la santé physique et mentale des salariés
🕊️Prévenir les litiges : en comprenant les règles du jeu, les managers peuvent éviter de prendre des décisions qui pourraient conduire à des conflits avec les salariés ou à des sanctions de la part de l’inspection du travail
🧰Améliorer la gestion des ressources humaines : des connaissances en droit du travail facilitent la compréhension de certains processus RH et donc la capacité à les expliquer, à les faire respecter voire à les faire évoluer
🤝Développer la confiance : les salariés qui peuvent s’en remettre à leur manager pour le respect de leurs droits auront naturellement davantage confiance dans ses propos et décisions
🪷Favoriser un climat social apaisé : lorsque les règles du droit du travail sont connues et respectées, les relations sont justes et équitables, ce qui réduit le risque de tensions ou de conflits internes
↪️En résumé, outiller les managers en droit du travail permet :
d’améliorer les conditions de travail et la santé des salariés
de sécuriser les relations de travail et prévenir les contentieux
de gérer plus efficacement les différentes situations rencontrées
de renforcer la confiance et le dialogue social
Comment former les managers de proximité au droit du travail ?
Modalités de formation
🧭 Il existe plusieurs modalités de formation, avec chacune leurs avantages et inconvénients :
📌la formation inter-entreprises : est intéressante pour, au-delà des apports pédagogiques, pouvoir échanger avec des pairs qui évoluent dans d’autres organisations. Par contre, le contenu ne pourra pas être sur-mesure.
Il est facile de trouver des formations standardisées (ex. droit des contrats, dialogue social, …) dispensées par les grands organismes de formation. En tant que RH, j’en ai suivi certaines et cela m’a bien aidée. Cependant, d’une part, le coût est élevé et, d’autre part, j’ai parfois ressenti de la frustration de ne pas pouvoir précisément identifier comment je pouvais mettre en place telle ou telle chose dans ma structure, en raison de telle ou telle spécificité.
📌la formation intra-entreprise : est intéressante pour créer, au sein de la structure, une communauté de managers disposant d’un socle de connaissances commun et harmoniser les pratiques managériales.
Un parcours de modules sur-mesure, adaptés précisément aux besoins de la structure et des managers me semble plus pertinent dans ce contexte : comprendre les règles de droit est essentiel, mais comprendre aussi ce qui est lié à sa convention collective et/ou aux accords et/ou aux usages en interne l’est tout autant. Par ailleurs, les besoins ne seront pas les mêmes s’il y a une fonction RH en interne ou pas, le curseur ne sera pas positionné au même endroit.
📌l’auto-formation : est intéressante pour les personnes qui sont familières des formations en distanciel et suffisamment autonomes pour s’y tenir dans la durée. Il existe de nombreux MOOC (voir le post au sujet des MOOC) très bien conçus qui traitent du droit du travail ou de sujets spécifiques (santé et sécurité par exemple). Beaucoup sont gratuits, certains sont même certifiants.
C’est un très bon outil qui vient amorcer ou compléter un parcours de formation.
Contenu de formation
🏗️ J’ai construis des modules de formation au fil des demandes spécifiques que m’adressaient les structures accompagnées. Aujourd’hui, avec l’expérience, je pense qu’il est essentiel d’intégrer a minima les thématiques suivantes dans un parcours de formation :
L’environnement juridique du travail
La relation contractuelle
Le temps de travail et les congés
Le cadre de la santé et sécurité au travail
Par la suite, les évolutions tant législatives que conventionnelles nécessiteront sans doute des actualisations de connaissances, mais elles seront davantage susceptibles d’être comprises et intégrées. Il revient à la structure de mettre en place une veille adaptée pour les repérer et en informer les managers.
🚀 Une fois les bases en droit du travail intégrées, il peut être intéressant d’outiller les managers sur d’autres thématiques (en fonction des priorités ou problématiques de la structure) : le recrutement, l’intégration, la qualité de vie et des conditions de travail, le dialogue social et professionnel, les entretiens, . . . Toutes ces thématiques ont des connexions avec le droit du travail, dont il faut maîtriser les bases pour en tirer pleinement profit.
En conclusion
De mon point de vue, il est crucial que les managers de proximité disposent d’un socle de connaissances relatifs à l’environnement juridique du travail. Pour autant, soyons clairs, l’objectif n’est pas de transformer les managers en juristes ! Juste de les équiper pour qu’ils développent les bons réflexes🚨.
💡Par ailleurs, si peu de managers sautent spontanément de joie à l’idée de se former sur ces sujets (mais il y en a !), tous reconnaissent à l’issue que c’est indispensable et que ces apports leur auraient été fort utiles dès leur prise de poste.
💯Former les managers de proximité au droit du travail est certes un investissement, mais qui présente des bénéfices importants pour les individus comme pour le collectif.
Le télétravail, une pratique autrefois marginale, est désormais au cœur des politiques RH et des discussions (tiraillements ?) sur l’organisation du travail.
Cette évolution s’est accélérée avec la pandémie mondiale, forçant de nombreuses organisations à adopter le travail à distance, sans préparation et sans recul sur les impacts potentiels. Des questions cruciales ont commencé à émerger sur l’articulation vie privée / vie professionnelle, la santé, la qualité de vie et des conditions de travail, le management, les dynamiques collectives, … touchant ainsi à la fois à la sphère personnelle et à la sphère professionnelle.
S’il y a une première leçon à tirer de cette expérience, c’est que le déploiement du télétravail ne peut pas s’improviser. Dans beaucoup d’organisations, le télétravail est encore trop souvent dans une zone grise, qu’il convient de clarifier tant dans l’intérêt des employeurs que des salariés.
Force est de constater que les attentes des salariés sont très variables d’un individu à l’autre : entre ceux qui refusent catégoriquement de faire du télétravail et ceux qui ne s’imaginent plus fonctionner sans, voire qui réclament du 100% télétravail.
De leur côté, les structures font le constat que cela devient difficile de trouver des candidats et/ou de fidéliser des salariés sans offrir de télétravail.
A titre personnel, je pratique le télétravail depuis 20 ans, autant dire que j’y suis a priori plutôt favorable et que j’y ai trouvé mon compte. Pourtant, entre ce que j’observe au sein des structures que j’accompagne, ce que m’en disent dirigeants et managers, ce qu’on entend sans trop savoir ce qui est fondé ou non, j’ai eu envie d’investiguer un peu plus le sujet.
Je ne traite pas dans cet article des impacts territoriaux et environnementaux, qui sont pourtant significatifs.
Le télétravail sous l’angle juridique
De l’Europe à la France
Les partenaires sociaux européens ont négocié un accord cadre relatif au télétravail en date du 16 juillet 2002.
Cet accord a été transposé en France par l’accord national interprofessionnel du 19 juillet 2005. Ce dernier ne porte que sur le télétravail exercé de façon régulière. Le cadre juridique du télétravail défini par l’ANI de 2005 a été intégré tardivement par le législateur dans le code du travail. En effet, les premières dispositions spécifiques portant sur le télétravail ont été codifiées en 2012 avec la loi Warsmann (loi n° 2012-387 du 22 mars 2012 relative à la simplification du droit et à l’allégement des démarches administratives) définissant un cadre juridique sécurisé. Cette loi a été modifiée par l’une des ordonnances dites « Macron » réformant le droit du travail (ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017).
À ces règles de portée nationale s’ajoutent les accords collectifs (CCN, entreprise) ou chartes applicables aux salariés en situation de télétravail.
Eléments de définition
Selon l’Accord-cadre européen du 16 juillet 2002, le télétravail est « une forme d’organisation et/ou de réalisation du travail, utilisant les technologies de l’information, dans le cadre d’un contrat ou d’une relation d’emploi, dans laquelle un travail, qui aurait également pu être réalisé dans les locaux de l’employeur, est
effectué hors de ces locaux de façon régulière ».
Définition reprise par l’article L1222-9 du Code du Travail : […] le télétravail désigne toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication.
Modalités de mise en œuvre
Article L1222-9 du Code du Travail : […] Le télétravail est mis en place dans le cadre d’un accord collectif ou, à défaut, dans le cadre d’une charte élaborée par l’employeur après avis du comité social et économique, s’il existe.
En l’absence d’accord collectif ou de charte, lorsque le salarié et l’employeur conviennent de recourir au télétravail, ils formalisent leur accord par tout moyen.
L’accord collectif applicable ou, à défaut, la charte élaborée par l’employeur précise:
1° Les conditions de passage en télétravail, en particulier en cas d’épisode de pollution mentionné à l’article L. 223-1 du code de l’environnement, et les conditions de retour à une exécution du contrat de travail sans télétravail ;
2° Les modalités d’acceptation par le salarié des conditions de mise en œuvre du télétravail ;
3° Les modalités de contrôle du temps de travail ou de régulation de la charge de travail ;
4° La détermination des plages horaires durant lesquelles l’employeur peut habituellement contacter le salarié en télétravail ;
5° Les modalités d’accès des travailleurs handicapés à une organisation en télétravail, en application des mesures prévues à l’article L. 5213-6 ;
6° Les modalités d’accès des salariées enceintes à une organisation en télétravail;
7° Les modalités d’accès des salariés aidants d’un enfant, d’un parent ou d’un proche à une organisation en télétravail.
Les situations où le télétravail s’impose
Article L1222-11 du code du travail : En cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie, ou en cas de force majeure, la mise en œuvre du télétravail peut être considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés.
Au-delà du cadre lié au code du travail, l’Accord National Interprofessionnel (ANI) du 26 novembre 2020 relatif à la mise en œuvre réussie du télétravail vient, notamment, rappeler le contexte de l’essor du télétravail, les conditions de réussite à sa mise en œuvre, l’importance du dialogue sociale dans la mise en place du télétravail, les modalités d’organisation du télétravail, le nécessaire accompagnement des collaborateurs et des managers, les enjeux autour de la préservation de la relation au salarié.
Le télétravail selon l’approche organisationnelle de l’ANACT
Selon l’Agence Nationale d’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT), « la mise en place du télétravail a besoin d’être organisée et discutée. Plusieurs éléments sont en jeu : les besoins de l’entreprise et la continuité des activités, le maintien d’une vie collective et le partage de l’expérience au travail, les besoins des salariés d’effectuer une partie de leurs temps de travail hors les murs de l’entreprise, etc. »
L’ANACT a modélisé les différentes approches du télétravail comme suit :
Approches
Objectifs
Orientation sociale
enrichir la politique sociale, favoriser l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle, favoriser le maintien dans l’emploi de personnes « vulnérables »
Orientation organisationnelle
développer de nouveaux modes d’organisation, faire évoluer les pratiques managériales, s’adapter aux crises
Approche individuelle
répondre aux besoins / demandes au cas par cas
Approche collective
penser et organiser le télétravail collectivement pour le mettre en œuvre selon des règles partagées
Le réseau Anact-Aract promeut une approche collective et organisationnelle du télétravail, au-delà ou en complément d’une approche du télétravail individuelle et sociale.
Le télétravail sous l’angle de la santé et des conditions de travail
Dans le cadre de négociations au niveau européen fin 2023
« Aujourd’hui, les organisations européennes de travailleurs appellent la Commission européenne à lancer une action législative rapidement. Selon la Confédération européenne des syndicats (CES), réglementer le télétravail est devenu encore plus urgent depuis la pandémie. “Les personnes travaillant régulièrement à domicile sont six fois plus susceptibles de travailler pendant leur temps libre et deux fois plus de travailler 48 heures”. Une directive devrait permettre de :
garantir le droit existant à la déconnexion ;
assurer l’égalité de rémunération et de traitement pour les télétravailleurs ;
protéger la vie privée et prévenir la surveillance invasive ;
veiller à ce que la décision de télétravailler soit entre les mains du travailleur et ne vise pas à remplacer les lieux de travail ;
garantir la participation des syndicats à travers la négociation collective dans la conception et la mise en œuvre du télétravail. »
Le dernier rapport de l’ANSES
En 2023, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a publié un rapport de 2021 « TELETRAVAIL : EFFETS SUR LA SANTE ET LES CONDITIONS DE TRAVAIL – Revue de la littérature ».
La synthèse des données de la littérature (pendant et après la crise sanitaire) sur les conditions de travail, l’activité, le bien-être et la santé des télétravailleurs fait ressortir les éléments suivants :
Usage du numérique et du digital
Effets principalement négatifs :en raison de l’absence d’accompagnement aux usages sociaux des TICtechnostress, incivilités numériques et pratiques de contrôle délétères
Performance et productivité
Effets contradictoires contextuels :liens positifs entre télétravail et productivité dépendent de la volonté de télétravailler, de la préparation / expérience et des conditions de travail
Satisfaction au travail
Effets contradictoires contextuels :Satisfaction nuancée, médiée positivement par l’autonomie, la flexibilité ou encore le degré de préparation au télétravailDes formes de conflits décupléesUne satisfaction variable en fonction de la fréquence du télétravail
Equilibre vie privée / vie professionnelle
Effets contradictoires contextuels :Effets positifs sur le maintien d’un équilibre vie professionnelle – vie personnelleEffets négatifs en raison de la fréquence du télétravail et de l’hyper-connexion (génère du débordement)Les femmes ressentent plus de difficultés (conciliation, conditions de travail, tâches domestiques)
(ré)organisation de l’activité
Effets principalement négatifs :Augmentation du temps global de travailIntensification, complexification et densification de l’activitéLes femmes, salariés au statut précaire et salariés vivant seuls expriment davantage cette hausse
Engagement et implication organisationnelle
Effets principalement négatifs en lien avec la fréquence du télétravail
Pratiques managériales
Effets contradictoires contextuels :Des effets ambivalents mais plutôt positifsVecteur de changement et de transition en termes de pratiques managériales
Créativité et innovation
Des effets principalement négatifs et nuancés en fonction du type d’innovation (de produit, de procédé, etc.)
Dynamiques relationnelles
Effets principalement négatifs :Délitement des collectifs, diminution de la quantité et qualité des échangesAbsence d’espaces d’échanges informelsLes relations sociales ont représenté la dimension la plus difficilement vécue par les télétravailleurs
Inégalités sociales
Effets principalement négatifs :De nouvelles inégalités introduites et exacerbées (PCS, niveau de qualification, lieu de vie, statut, âge, genre, revenus, habitat, etc.)61 % des espaces de télétravail au domicile ont été aménagés
Employabilité des salariés fragilisés
Effets contradictoires contextuels :Effets négatifs car utilisé pour faire face à l’intensification de l’activité, augmentation du présentéisme, dégradation de la santé individuelle sur le long termeEffets positifs car utilisé comme dispositif de pré-retraite, pour les salariés aidants familiaux
Sédentarité
Effets principalement négatifs:Majoration de la durée de travail en position assise et des postures sédentairesRéduction des déplacements actifsRéduction de l’activité physiqueRisque d’augmentation du surpoids et de l’obésité, des maladies cardiovasculaire
Troubles Musculosquelettiques (TMS)
Effets principalement négatifs :Effet positif : réduction de la fatigue et douleurs liée aux déplacements et aux situations d’hypersollicitation biomécaniqueEffets négatifs : augmentation des douleurs et TMS non spécifiques du cou, des épaules et du haut du dos, augmentation des lombalgie
Bien-être, qualité de vie et stresse
Effets contradictoires contextuels :Diminution ou augmentation du bien-être psychologique selon les études et situations de télétravailRisque de fatigue psychologiqueTechnostress – Stress accru en lien avec la quantité hebdomadaire de télétravail
Santé mentale
Effets principalement négatifs:Augmentation de la prévalence de l’anxiété et des états dépressifsRisque accru de stress et de troubles de santé mentale pour les femmes et les salariés ayant des revenus faibles
Comportements de santé-alimentation
Effets contradictoires contextuels :Amélioration qualité des repas (préparation à domicile)Risque accru de grignotage
Comportements de santé-addictions
Effets contradictoires contextuels :Risque accru d’addiction aux écrans Augmentation du tabagisme, mésusage de boissons alcoolisés et autres substances psychoactives
Accidentologie au travail
Effets principalement positifs:Réduction des accidents liés aux déplacementsMais augmentation des arrêts de travail pour motifs psychologiquesRisque de « sick home syndrome »
🙏Merci aux auteurs de ce rapport pour ce travail de recherche qui nous permet de sortir des représentations superficielles.
La balance entre effets positifs et négatifs vécus par les employeurs et les travailleurs
Effets positifs potentiels
Autonomie et flexibilité accrue pour les salariés: Le télétravail peut offrir aux salariés plus de flexibilité quant à leurs horaires et à leur lieu de travail, réduire les temps de trajet, ce qui peut améliorer leur équilibre entre vie professionnelle et vie privée et leur bien-être général.
Gain de productivité: Des études ont montré que le télétravail peut conduire à une augmentation de la productivité pour certains types de tâches. Cela est dû à la réduction des distractions et des interruptions en milieu de travail.
Meilleur accès aux talents: Le télétravail permet à certaines entreprises de recruter des talents dans une zone géographique plus large, ce qui peut élargir le vivier de candidats et favoriser la diversité des équipes.
Réduction des coûts immobiliers: En réduisant le nombre de salariés présents au bureau, certaines entreprises peuvent économiser de l’argent sur les loyers, les charges et autres frais immobiliers.
Effets négatifs potentiels
Isolement social et sentiment de solitude: Le télétravail peut entraîner un sentiment d’isolement social et de solitude chez certains salariés, ce qui peut nuire à leur moral et à leur productivité.
Difficultés de communication et de collaboration: La communication et la collaboration peuvent être plus difficiles entre collègues qui ne se voient pas régulièrement en personne.
Erosion de la culture d’entreprise: Le télétravail peut fragiliser la culture d’entreprise si les salariés n’ont pas l’occasion d’interagir régulièrement les uns avec les autres (interactions informelles et occasions de socialisation entre collègues sont réduites).
Difficultés à manager des équipes à distance: Le management d’équipes à distance peut être plus difficile pour les managers, qui doivent s’assurer que leurs salariés restent motivés et productifs.
Difficultés de communication et de coordination: La communication et la coordination peuvent être plus difficiles dans les équipes où les membres travaillent à distance. Cela peut entraîner des malentendus, des retards et une diminution de l’efficacité.
Moindre régulation des conflits : En cas de tensions ou de conflits, il y a une tendance encore plus forte à l’évitement « en restant chez soi ». Ce qui ne favorise pas le « travailler ensemble »
Difficultés à maintenir l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée: Le fait de travailler à domicile peut brouiller les frontières entre la vie professionnelle et la vie privée, ce qui peut entraîner du stress et de l’épuisement professionnel.
Rappel de quelques conditions de réussite (essentielles mais pas toujours suffisantes) pour la mise en œuvre du télétravail
Poser la question du télétravail sur la table des échanges dans le cadre du dialogue social
Construire un cadre clair et partagé
Intégrer l’évaluation des risques professionnels spécifiques au télétravail dans le DUERP
Investir dans des outils de communication et de collaboration efficaces
Accompagner les managers et les salariés
Penser et organiser différemment les différents espaces spatio-temporels (travail individuel, temps manager-salarié, temps collectifs, projets en mode collaboratif …)
Renforcer les processus d’intégration (binôme, parrainage, tutorat) pour créer des liens
Créer des opportunités pour les salariés de se rencontrer en personne régulièrement
Partager régulièrement les valeurs et les objectifs de l’organisation pour renforcer le sentiment d’appartenance
Combattre le risque d’invisibilité en misant sur la valorisation des contributions de chacun et sur les réussites collectives
Favoriser une culture de la communication ouverte et bienveillante
Miser sur la confiance et l’autonomie, favoriser la prise d’initiatives
Vérifier périodiquement avec chaque salarié les conditions de réalisation du travail (autonomie, charge, soutien, …), notamment en télétravail
Garder à l’esprit que le travail n’est pas adapté à tout le monde …
En conclusion
En conclusion, le télétravail représente à la fois des opportunités et des défi pour les entreprises et les travailleurs. Bien géré, il peut contribuer à améliorer la qualité de vie et des conditions de travail, faire évoluer positivement les pratiques managériales, renforcer la cohésion d’équipe en créant de nouvelles formes de collaboration, …
Cependant, il nécessite une réflexion approfondie sur l’organisation, le management et les pratiques de travail au niveau individuel et collectif.
Il n’y a pas de formule magique, et il se peut que l’équilibre soit difficile à trouver, c’est pourquoi il est intéressant de se laisser un temps d’expérimentation.
Dans un monde du travail en constante évolution, où les compétences techniques ne suffisent plus à distinguer les talents, l’intelligence émotionnelle s’impose comme une qualité essentielle pour les managers et les collaborateurs. Elle désigne la capacité d’un individu à identifier, comprendre et gérer ses propres émotions, ainsi que celles des autres.
En matière de management, l’intelligence émotionnelle est une qualité essentielle pour les managers qui souhaitent créer un environnement de travail positif et stimuler la performance collective.
Pourquoi l’intelligence émotionnelle est-elle si importante pour les managers ?
Meilleure communication et relations interpersonnelles : Un manager doté d’une grande intelligence émotionnelle sait communiquer efficacement, écouter activement et résoudre les conflits de manière constructive. Il instaure ainsi un climat de confiance et de respect au sein de son équipe.
Motivation et engagement des collaborateurs : Un leader émotionnellement intelligent sait comprendre les besoins et les motivations de ses collaborateurs. Il peut ainsi les encourager, les valoriser et les aider à s’épanouir professionnellement, ce qui se traduit par une meilleure implication et une plus grande productivité.
Gestion du stress et des conflits : Face aux situations difficiles et aux moments de pression, un manager émotionnellement intelligent sait garder son calme et gérer son stress de manière efficace. Il est également capable de désamorcer les conflits et de trouver des solutions constructives. Ce qui contribue à réduire le turnover et à améliorer la santé mentale des collaborateurs.
Prise de décision plus éclairée : L’intelligence émotionnelle permet aux managers de prendre en compte les dimensions émotionnelles des situations et de faire des choix plus justes et plus pertinents.
Adaptabilité et leadership situationnel : Un leader émotionnellement intelligent sait adapter son style de communication et de management en fonction des situations et des individus. Il est ainsi plus efficace dans la gestion de son équipe et l’atteinte des objectifs.
Comment développer son intelligence émotionnelle en tant que manager ?
L’intelligence émotionnelle se compose de compétences concrètes et mesurables.
Prendre conscience de ses propres émotions : La première étape est d’apprendre à identifier et à comprendre ses propres émotions. Cela passe par l’observation de soi et l’analyse de ses réactions dans différentes situations.
Développer l’empathie : L’empathie est la capacité de se mettre à la place des autres et de comprendre leurs sentiments. Pour développer son empathie, il est important de s’intéresser aux autres, de les écouter attentivement et de chercher à comprendre leur point de vue.
Gérer ses émotions : Il est important de savoir gérer ses émotions de manière constructive, afin qu’elles n’influencent pas négativement son comportement ou ses décisions. Cela peut passer par des techniques de relaxation, de respiration ou de méditation.
Communiquer efficacement : Une communication claire, concise et respectueuse est essentielle pour un manager. Il est important de savoir formuler ses messages de manière à être compris par tous, en tenant compte des émotions des interlocuteurs.
Faire preuve de leadership situationnel : Un leader situationnel sait adapter son style de management en fonction des situations et des individus. Il est important de savoir identifier les besoins et les motivations de chaque collaborateur pour les accompagner de manière optimale.
En conclusion
En conclusion, l’intelligence émotionnelle est un atout majeur pour les managers et les organisations. Elle permet d’améliorer le leadership, la collaboration, la satisfaction au travail, la productivité et la réduction du stress. En développant son intelligence émotionnelle, chacun peut contribuer à créer un environnement de travail plus positif et plus performant.
L’intelligence émotionnelle n’est pas une qualité innée, mais elle peut être développée par l’apprentissage et la pratique. Il existe de nombreuses formations et de nombreux outils disponibles pour aider les managers à développer leur intelligence émotionnelle.
En investissant dans le développement de cette compétence, les organisations peuvent créer un environnement de travail plus performant et plus positif.
Enfin, si l’intelligence émotionnelle est un élément important du leadership, elle ne doit pas se substituer aux autres compétences managériales, telles que les compétences techniques ou stratégiques.
Recourir au management de transition signifie faire appel à un intervenant externe expérimenté pour conduire une mission clé au sein de la structure, sur une durée définie.
Ce métier, apparu au moment des fermetures massives des grandes industries, a longtemps été associé à l’image du « nettoyeur ».
Aujourd’hui, il accompagne les différentes formes de changement qui font partie de la vie de toutes les organisations.
Le management de transition, pour quels types de situation ?
Généralement, le recours au management de transition s’envisage lorsque la bonne conduite de l’activité, voire sa pérennité, est menacée et que les difficultés portent sur des aspects organisationnels, managériaux, fonctionnels et/ou de gestion des ressources financières et humaines.
Par exemple :
le départ ou l’absence d’une personne clé,
une crise sociale, économique ou de la gouvernance,
un projet déterminant pour lequel il manque les compétences en interne,
la conduite d’une restructuration,
la remobilisation autour du collectif autour du projet
Autant de situations dans lesquelles les petites et moyennes structures se retrouvent parfois démunies.
L’intervention peut prendre la forme d’un relais complet ou d’un soutien direct au(x) dirigeant(s) (parfois des administrateurs bénévoles dans une association) en place.
Quelles sont les spécificités du secteur associatif ?
En France, il existe environ 1,3 millions d’associations actives. Parmi elles, 167 505 associations employeuses salarient 1 834 640 personnes, pour une masse salariale totale de 38,314 milliards d’euros. Le secteur associatif représente aujourd’hui près d’un salarié privé sur dix.
Or l’articulation entre l’intervention des bénévoles et des salariés n’est pas toujours simple et est parfois source de remous … plus ou moins importants.
Par ailleurs, certaines structures ont grossi au fil des ans, sans forcément adosser cette croissance à une stratégie bien définie (et partagée), sans se doter des compétences clés (salariées ou bénévoles) pour atteindre leurs objectifs, sans diversifier leurs sources de financement, sans faire évoluer leur projet au regard des évolutions sociétales, sans mettre en place des outils de gestion qui leur donnent une visibilité, indispensable pour anticiper.
Les enjeux des associations sont nombreux aujourd’hui : renouvellement de la gouvernance, préservation de l’indépendance de leur projet, développement de nouveaux modèles économiques, mobilisation autour d’un projet fédérateur, mutualisation de ressources voire regroupement de structures, mise en conformité avec les différentes réglementations, …
Quel type de profil peut conduire ces missions ?
Le manager de transition est un professionnel aguerri mettant à disposition son expérience, son savoir-être et savoir-faire au service d’une organisation, pour solutionner une situation.
Il a développé à la fois des compétences métiers solides dans différents environnements, par exemple dans le domaine des ressources humaines ou de l’accompagnement de la gouvernance ; et des compétences transversales telles que le management, la gestion de projet, la conduite du changement, le travail en équipe, la capacité d’analyse de situations complexes, etc.
Il est immédiatement opérationnel : en quelques jours, il prend ses marques au sein de la structure, rencontre les différents acteurs, recueille tous les éléments qui lui permettent de fonder son diagnostic et de proposer un plan d’actions.
Il est engagé jusqu’au bout de la mission et s’assure de passer le relais dans les meilleures conditions possibles pour les bénéfices de son intervention s’inscrivent dans la durée.
Comment se déroule une mission de management de transition ?
Une première rencontre avec le donneur d’ordre pour comprendre le contexte, les enjeux et les objectifs.
Dès la prise de fonction, un audit de la situation est réalisé et un plan d’actions est proposé.
Les actions validées par le donneur d’ordre sont mises en œuvre, seul ou avec l’appui des équipes, en fonction de la situation.
Un rapport hebdomadaire est réalisé afin de rendre compte de l’avancée de la mission, des freins éventuels et des réajustements le cas échéant.
Une fois les objectifs atteints, le manager de transition prépare la passation de relais voire participe au recrutement d’une nouvelle recrue en cas de vacance de poste.
Chaque mission est unique et s’inscrit dans une durée limitée. En général, elle varie en moyenne entre 2 et 6 mois. Elle peut s’exercer sur un rythme de 2, 3 ou 4 jours par semaine.
Dans certaines situations, il est possible d’intervenir en binôme pour combiner des expertises complémentaires.
Quels sont les avantages du management de transition ?
L’a structure qui fait appel à un manager de transition ne recrute pas un salarié, elle a recours à une ressource qualifiée qui va mettre son savoir-faire, son expérience, ses qualités humaines et son objectivité au service de l’intérêt général de l’organisation accompagnée.
Au sein de la structure, le manager de transition n’a ni passé, ni avenir. Il se situe donc en dehors des enjeux de pouvoir, de l’emprise de l’histoire ou de l’affect des relations interpersonnelles.
Il redonne du souffle aux équipes internes qui, bien souvent dans des situations complexes qui durent, ne parviennent plus à entrevoir de nouvelles perspectives.
En résumé :
Expertise ponctuelle : accès à des compétences et à une expérience pointues pour des besoins spécifiques et temporaires, sans avoir à embaucher un salarié permanent.
Flexibilité et réactivité : solution rapide et adaptable à des situations changeantes ou à des pics d’activité.
vision externe et impartiale : un regard neuf et objectif sur les problématiques de la structure, sans les biais internes.
Maîtrise des coûts : réduction des frais liés au recrutement, à la formation et aux charges sociales d’un salarié permanent.
Gestion de crise : accompagnement dans des situations difficiles ou transitoire.
Continuité d’activité : maintien de la performance et du moral des équipes pendant les périodes de transition.
Quelles sont les limites du management de transition ?
Le management de transition est une solution parmi d’autres. Elle n’est pas LA solution à toutes les situations. L’important avant de se lancer est de bien définir ce qu’on attend du manager de transition. Quelle est sa mission ? sa feuille de route ? sur quelle durée ses services vont-ils être nécessaires ? qu’est-il envisagé pour la suite ?
Les points de vigilance :
Choix du bon profil : sélection cruciale du manager de transition dont les compétences et l’expérience correspondent aux besoins spécifiques de la mission.
Intégration : nécessité d’une bonne intégration du manager de transition au sein des équipes et de la culture d’entreprise pour une collaboration efficace.
Coût potentiel élevé : le tarif des prestations de management de transition peut être supérieur à celui d’un salarié permanent, surtout pour des missions longues ou complexes.
Implication à long terme : le caractère temporaire des missions peut limiter l’implication du manager de transition dans la culture et les objectifs à long terme de la structure.
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.